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Ortog par Kurt Steiner

Fiche de Ortog

Titre : Ortog – l’intégrale
Auteur : Kurt Steiner
Date de parution : 1975
Editeur : Robert Laffont

Sommaire de Ortog

  • Aux armes d’Ortog
  • Ortog et les ténèbres

Première page d’Ortog

« Le soleil venait de disparaître derrière les fougères arborescentes. De l’humus montait une vapeur où tourbillonnaient des mouches dorées, grandes comme la main.

Dâl s’arrêta au pied d’une haute sigillaire. Il regarda le brouillard pernicieux des bas-fonds végétaux et rabattit sur son visage le masque nocturne, le masque aux trois usages. Alors seulement il s’avança vers la combe, dans la direction d’où semblait provenir le barrissement.

Le masque réagissait au moindre photon. Opaque de l’extérieur, sa matière devenait transparente de l’intérieur, et plus que transparente, sensibilisait la rétine en lui envoyant mille particules lumineuses pour une seule reçue – toujours selon la trajectoire initiale. Il faisait de la nuit un crépuscule et du crépuscule un jour ensoleillé. Mais là ne s’arrêtait pas son rôle : le filtre dont il était pourvu détruisait les miasmes. Enfin, il constituait un bouclier contre les mouches. »

Extrait de : K. Steiner. « Ortog – l’intégrale. »

Tunnel par André Ruellan

Fiche de Tunnel

Titre : Tunnel
Auteur : André Ruellan
Date de parution : 1973
Editeur : Robert Laffont

Première page de Tunnel

« Le crucifié entrait en érection.

Carole gifla le montant de la croix, dont l’acier vibra jusqu’au sommet. Elle essuya sa main sanglante sur sa robe chiffonnier coupée par Savard.

— Et on dit qu’ils ne sont bons à rien ?

Elle avait la voix huilée par la fumée du thaber. Et aussi, les yeux légèrement chavirés. Manuel lui adressa un sourire complice, mais il secoua la tête ; ses cheveux bruns volèrent sur ses épaules : depuis peu, on relançait la coiffure de grand-père.

— Ils ne sont bons qu’au meurtre.

Là-haut, le Crâne baissa le menton et tenta de soulager l’un de ses poignets percés par des vis de laiton. Puis il retomba dans sa patience douloureuse. Carole éclata de rire :

— Ils ne se reproduisent que trop !

Elle quitta la croix :

— À propos, je suis enceinte. »

Extrait de : A. Ruellan. « Tunnel. »

La planète des ours par Andre Norton

Fiche de La planète des ours

Titre : La planète des ours
Auteur : Andre Norton
Date de parution : 1974
Traduction : I. Tate
Edition : Robert Laffont

Première page de La planète des ours

«  Que comptes-tu faire de la chatte ? »
« L’envoyer à la Société Protectrice. Nous ne pouvons évidemment pas l’emmener. Et elle attend de nouveau des chatons. »
« Mais tu ne crois pas que Cathy ?… »
« Nous lui avons dit que nous avions trouvé un bon foyer pour Bitsy. Après tout, c’est vrai qu’il leur arrive de caser certains d’entre eux, non ? »
« Une femelle – et sur le point de mettre bas ? »
« De toute façon, il n’y a rien d’autre à faire. Le fils Hawkins a promis de venir la ramasser. Je le vois justement qui s’engage dans l’allée. Il fera un saut jusqu’à la Société pour l’y déposer. Mais ne dis rien à Cathy. Elle s’attache beaucoup trop aux animaux. Vraiment, je me demande ce que je vais faire de cette petite ! J’ai pris une décision irrévocable – plus de bêtes à la maison ! Heureusement, nous emménageons dans un appartement où le règlement interdit d’en avoir.  »

Extrait de : A. Norton. « La Planète des Ours. »

Et la planète sauta… par B. R. Bruss

Fiche de Et la planète sauta…

Titre : Et la planète sauta…
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1946
Editeur : Robert Laffont

Première page de Et la planète sauta…

« Le 10 novembre 1925, deux jeunes hommes rentraient de la chasse, quelque part en Sologne, à l’heure où le crépuscule commence à pouvoir s’appeler la nuit, lorsqu’ils entendirent dans le ciel un bruit singulier.
Il faisait un temps froid et sec. L’atmosphère était limpide. Le silence quasi total. A trois ou quatre reprises, les chasseurs avaient vu promptement glisser et s’évanouir des étoiles filantes. L’un d’eux s’était même écrié : « Dépêchons-nous de faire un vœu! » Mais ces apparitions célestes sont si promptes et fugaces que personne n’a jamais eu l’esprit assez vif pour former une pensée dans l’instant qu’elles se manifestent. D’où vient, sans doute, que nos vœux les plus chers ne sont presque jamais exaucés.
Puis il y avait eu ce bruit. Un bruit si insolite dans la paix du soir, si aigu et si sourd à la fois, si grondant et si menaçant, et qui s’était enflé avec une rapidité si folle, au point d’emplir tout l’espace, que les deux jeunes hommes, mus par un réflexe des années assez récentes encore qu’ils avaient passées à la guerre, s’étaient jetés à plat ventre au milieu du chemin. »

Extrait de : B. R. Bruss. « Et la planète sauta. »

La punition par Anne Rice

Fiche de La punition

Titre : La punition (Tome 2 sur 4 – Les infortunes de la Belle au bois dormant)
Auteur : Anne Rice
Date de parution : 1984
Traduction : A. Calmevent
Editeur : Robert Laffont

Première page de La punition

« APRÈS un paisible sommeil d’un siècle, la Belle au bois dormant ouvrit les yeux au baiser du Prince, pour découvrir ses vêtements ôtés, et son cœur, et son corps, sous la coupe de celui qui l’avait délivrée. Aussitôt attribuée au Prince, à titre d’esclave nue de ses plaisirs, la Belle devait être emmenée de force dans le Royaume de ce dernier.

Dès lors, avec le consentement reconnaissant de ses parents, éperdue de désir pour le Prince, la Belle fut présentée à la Cour de la Reine Éléonore, la mère du Prince, pour y servir, aux côtés de centaines de Princes et Princesses nus, tous en qualité de jouets de la Cour, jusqu’à ce que vienne, avec leur récompense, le temps de les renvoyer chez eux, dans leur Royaume. »

Extrait de : A. Rice. « La Punition – Les infortunes de la Belle au bois dormant. »

L’initiation par Anne Rice

Fiche de L’initiation

Titre : L’initiation (Tome 1 sur 4 – Les infortunes de la Belle au bois dormant)
Auteur : Anne Rice
Date de parution : 1983
Traduction : A. Calmevent
Editeur : Robert Laffont

Première page de L’initiation

« DEPUIS le début de sa jeune existence, le Prince connaissait l’histoire de la Belle au bois dormant, qu’un maléfice avait condamnée, après s’être piqué le doigt sur un fuseau, à dormir cent ans, ainsi que ses parents, le Roi et la Reine, et toute la Cour.

Mais il avait refusé d’accorder foi à cette histoire, jusqu’à son entrée dans le château.

Même les cadavres des autres Princes crucifiés sur les épines qui tapissaient les murs de la demeure n’avaient pu le convaincre. Sans nul doute, chacun de ses prédécesseurs y croyait déjà en approchant du château mais, pour sa part, il éprouvait le besoin de se rendre compte par lui-même.

Insouciant à force de chagrin depuis la mort de son père, et trop investi d’autorité sous le règne de sa mère, il tranchait à la racine ces épines terrifiantes, esquivant leurs pièges avec agilité. Son désir n’était point tant de mourir que de conquérir. »

Extrait de : A. Rice « L’initiation – Les infortunes de la Belle au bois dormant. »

L’île du docteur Mort par Gene Wolfe

Fiche de L’île du docteur Mort

Titre : L’île du docteur Mort
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 1980
Traduction : C. Canet
Editeur : Robert Laffont

Sommaire de L’île du docteur Mort

  • L’île du docteur Mort
  • Les cailloux d’un autre monde
  • La Befana
  • Où le héros apparaît sous les traits d’un loup-garou
  • Trois doigts
  • La mort du Docteur Ile
  • Les tigres de duvet
  • La minute de vérité
  • Chant de chasse
  • Le théâtre de marionnettes
  • Le docteur de l’île de la mort
  • Messages sensoriels
  • Les visions miraculeuses
  • Sept nuits américaines

Première page de L’île du docteur Mort

« L’hiver est venu, sur mer comme sur terre, bien qu’il n’ait plus de feuilles à faire tomber. Hier encore les vagues étaient d’un bleu cru étincelant, et voici qu’aujourd’hui, sous un ciel pâlissant, elles sont d’un vert opaque et froid. Si tu es un garçon qui se sent de trop à la maison, tu parcours la plage pendant des heures pour sentir l’hiver qui a fait son entrée pendant la nuit, le sable qui souffle sur tes souliers, l’écume qui mouille le velours de ton pantalon. Tu tournes le dos à la mer, et avec l’extrémité pointue d’un bâton qu’on a trouvé à moitié enfoui tu écris sur le sable humide : Tackman Babcock.

Puis tu rentres chez toi, sachant que l’Atlantique est en train de détruire ton travail. »

Extrait de : G. Wolfe. « L’Ile du Docteur Mort et autres histoires. »

Les montagnes du soleil par Christian Léourier

Fiche de Les montagnes du soleil

Titre : Les montagnes du soleil
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 1971
Editeur : Robert Laffont

Première page de Les montagnes du soleil

« — Je suis Cal, l’homme aux longs cheveux, à la souple cheville ; celui qui pour la chasse manie l’arc rond, et l’arc long pour la pêche. Celui qui peut dans les rochers suivre le chamois aux cornes aiguës et surprendre la marmotte aux yeux prudents. Celui qui connaît les herbes qui guérissent et sait le langage des oiseaux innombrables. Je suis Cal à la main assurée, à l’œil perçant, et je veux ta fille pour compagne !
Sur le visage impassible du vieux chef pas un trait n’a tressailli, mais l’assistance retient son souffle. C’est à lui, Igol le sage, que revient l’honneur de connaître les plantes médicinales et le langage des animaux, fils de la terre et du ciel. Et l’homme aux cheveux longs prétend posséder les secrets des chefs, ces secrets jalousement gardés, transmis de père en fils avec les précautions les plus minutieuses. »

Extrait de : C. Léourier. « Les montagnes du soleil. »

La planète inquiète par Christian Léourier

Fiche de La planète inquiète

Titre : La planète inquiète
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 1979
Editeur : Robert Laffont

Première page de La planète inquiète

« De la plaine assoiffée s’élève la poussière.
L’air surchauffé racornit narines et gosiers. Des hommes, des femmes luttent. Ils marchent, mécaniques comme ces recrues de fatigue, soldats de la défaite qu’on fait tourner dans l’enceinte barbelée d’un camp disciplinaire. Ils marchent, sans savoir où les mènera tant de souffrance reniée. Sans comprendre ce qui les pousse, ni connaître le but.
De temps en temps, quelqu’un tombe. La horde l’absorbe en une meurtrière phagocytose. Rien ne peut la détourner. Elle a une route à ouvrir, une voie à tracer. Longtemps après que soit tari le flot monotone, la plaine éventrée gardera la cicatrice de son passage. »

Extrait de : C. Léourier. « La planète inquiète. »

Transit par Pierre Pelot

Fiche de Transit

Titre : Transit
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1977
Editeur : Robert Laffont

Première page de Transit

« SON nom était une grosse bulle, ventrue et rebondie, de couleur safran. Il était sur le point de la reconnaître, de l’identifier, lorsqu’elle éclata – vilaine farce – en une multitude d’éclats dont l’apparente composition se trouvait en totale opposition avec celle de la bulle originelle – comme une sphère d’eau savonneuse qui se serait métamorphosée en myriades de cristaux de glace acérés et mauvais. Cette pluie scintillante retomba en gerbe dorée contre son crâne nu, cliquetant sur la peau luisante.
Il savait que l’image n’avait pas de sens ; il savait que ce crâne n’était pas le sien – ne pouvait pas être le sien. Pour une quelconque raison, aux fondements ensevelis sous la boue, il était persuadé que son crâne, s’il en avait un, n’était pas chauve. »

Extrait de : P. Pelot. « Transit. »