Auteur/autrice : CH91

 

Les temps changent par Jodi Taylor

Fiche de Les temps changent

Titre : Les temps changent (Tome 2 sur 2 – La police du temps)
Auteur : Jodi Taylor
Date de parution : 2020
Traduction : C. Colin Kapen
Editeur : Editions Hervé Chopin

Première page de Les temps changent

« Je n’arrive pas à croire que je fais toujours partie de la Police du Temps. Et cette fois, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. Les occasions n’ont pas manqué de les envoyer bouler pour de bon. Tout ce que j’avais à faire, c’était ce que mon père voulait – et c’est sans doute là que j’ai merdé, car je n’ai jamais été très doué pour obéir aux ordres de mon cher papa.

Pour que vous compreniez bien la situation : en ce moment même, je pourrais être en train de me prélasser dans un luxueux pied-à-terre à Hong Kong, aux frais de la princesse, avec une jolie petite Asiatique dans une main et quelque chose de long et froid dans l’autre. Cette phrase peut prêter à confusion, j’en ai conscience, mais je suis bien trop frigorifié pour m’en inquiéter. Ce que je veux dire, c’est que je pourrais être là-bas, en train de profiter des joies de la vie cosmopolite et de la douce chaleur d’un soleil éclatant.

J’aurais mon propre bureau, voire plusieurs. Mon propre personnel, une armée de gens magnifiques prêts à répondre à mes moindres désirs. Tous mes besoins seraient satisfaits et, croyez-moi, mes besoins sont nombreux et variés.

Au lieu de quoi, je suis coincé ici, toujours apprenti de la Police du Temps. Je me suis fait tirer dessus et j’ai eu la trouille de ma vie sur une colline égyptienne. J’ai été menacé par une lapine – avant de vous marrer, vous auriez dû voir la taille de cette bestiole. En plus, elle était enceinte. »

Extrait de : J. Taylor. « La Police du Temps – Les Temps changent. »

La police du temps par Jodi Taylor

Fiche de La police du temps

Titre : La police du temps (Tome 1 sur 2 – La police du temps)
Auteur : Jodi Taylor
Date de parution : 2020
Traduction : C. Colin Kapen
Editeur : Editions Hervé Chopin

Première page de La police du temps

« Il y a bien longtemps dans le futur, le secret du voyage dans le temps devint accessible au grand public. Comme il fallait s’y attendre, chacun voulut en profiter, mais personne n’en comprenait réellement toutes les implications. Le monde faillit s’effondrer.

D’anciennes guerres furent menées encore et encore tandis que les dirigeants politiques appuyaient inlassablement sur le bouton « reset » dans l’espoir d’une issue qui, cette fois-ci, leur serait favorable.

De nouvelles nations émergèrent et brillèrent un instant avant de s’éteindre. Les États confédérés d’Amérique, par exemple, surgirent des cendres de l’Amérique du Nord, subirent une lourde défaite, puis se relevèrent pour ensuite résister à toutes les tentatives de démantèlement. La lutte féroce et acharnée qui en découla altéra si profondément le fil du Temps que, pendant une période dangereusement longue, la Confédération et l’Union existèrent de manière simultanée, chacun forgeant sa propre histoire en parallèle.

Partout dans le monde, des individus vivaient, mouraient et vivaient à nouveau. »

Extrait de : J. Taylor. « La police du temps. »

Au commencement par Jodi Taylor

Fiche de Au commencement

Titre : Au commencement (Tome 0,5 sur 14 – Les chroniques de St Mary)
Auteur : Jodi Taylor
Date de parution : 2015
Traduction : M. Labaisse
Editeur : Editions Hervé Chopin

Première page de Au commencement

« Un des événements les plus importants de l’histoire de l’humanité – après la découverte du feu, l’invention de la roue et celle du chocolat, évidemment – s’est produit à Londres lors d’un après-midi pluvieux et froid, et il est tout à fait logique que seuls deux pigeons trempés et un chat rachitique en aient été témoins.
Le chat, qui filait son bout de chemin dans un lieu totalement inédit à Londres – un parking à moitié vide –, s’est arrêté et a observé la petite cabane en pierre qui venait d’apparaître au fond à droite. Les chats étant bien plus intelligents que les humains, il n’a pas trouvé cela anormal, a repris sa route et a disparu du parking et de cette histoire. »

Extrait de : J. Taylor. « Les Chroniques de St Mary – Au commencement. »

Le rossignol se tait à l’aube par Elsa Triolet

Fiche de Le rossignol se tait à l’aube

Titre : Le rossignol se tait à l’aube
Auteur : Elsa Triolet
Date de parution : 1970
Editeur : Gallimard

Première page de Le rossignol se tait à l’aube

« Ils étaient assis dans les signes extérieurs de l’aisance. Confortables. Bien astiqués. Pas de cendres sur les revers. Bien propres. Des dents. Lorsqu’on distinguait un crâne, il luisait. Une peau de poule plumée, un peu jaune, un peu plissée chez les uns, parcheminée chez d’autres, rasée de près, eaudecolognisée. Ils l’attendaient avec vaillance, espérant qu’elle serait en retard au rendez-vous, ils parlaient de leurs projets et intentions comme s’ils avaient un avenir ; ils exprimaient des convictions, émettaient des opinions, discutaient.
Ils venaient de dîner, aux bougies, double-rideaux tirés ; et de rester ainsi physiquement serrés autour de la table ornée d’une foule transparente de verres se remplissant de vins d’années différentes, rivalisant de qualité, les ramenait dans un passé commun, comme si les pans de leur vie vécus séparément n’avaient pas eu lieu. »

Extrait de : E. Triolet. « Le rossignol se tait à l’aube. »

L’âme par Elsa Triolet

Fiche de L’âme

Titre : L’âme (Tome 3 sur 3 – L’âge de nylon)
Auteur : Elsa Triolet
Date de parution : 1963
Editeur : Le livre de poche

Première page de L’âme

« Draculus est un con – Draculus est un brave type – Draculus est un satyre. Tout au long du couloir qui s’enfonçait jusqu’au cœur de l’immeuble, ces graffiti se répétaient comme les Dubonnet du métro. Le couloir était long, coudé et faiblement éclairé par des ampoules nues qui rosissaient les murs sales et des portes clouées ne s’ouvrant pas plus que si elles étaient fausses, et portant des numéros noirs, rapidement peints au pinceau. La seule à s’ouvrir était la porte des Petracci, dans le tournant ultime du couloir avant qu’il débouche sur la cour-puits. Et bien que personne ne sût qui était ce Draculus et que ce qu’on en disait ne fût pas une réclame pour lui, force de voir ce nom sur les murs, on avait baptisé Draculus cet automate distributeur de chewing-gum pour lequel Luigi Petracci avait pris dernièrement un brevet. Quand la femme de Luigi, Nathalie, versait à boire, elle disait : « C’est Draculus qui paye…  »

Extrait de : E. Triolet. « L’âge de nylon – L’âme. »

Luna-Park par Elsa Triolet

Fiche de Luna-Park

Titre : Luna-Park (Tome 2 sur 3 – L’âge de nylon)
Auteur : Elsa Triolet
Date de parution : 1959
Editeur : Le livre de poche

Première page de Luna-Park

« La maison se vendait meublée. Il y avait des lilas dans le jardin, des masses de lilas, avec des grappes lourdes comme du raisin noir. L’épicière du village, qui détenait les clefs de la maison, se battait avec la serrure. L’acheteur la regardait faire. Puis il entra derrière elle dans un petit hall, traversa une salle à manger aux volets fermés, et, arrivé à la cuisine, dit : « C’est bon, je l’achète. »
Un homme plutôt gros et qu’on aurait dit très blond s’il avait encore assez de cheveux pour parler de leur couleur : il en restait juste de quoi faire une auréole derrière sa tête, comme à distance. Le bleu lui remplissait les yeux en entier, des yeux de nouveau-né, et l’insignifiance des cils clairs rendait ce bleu illimité. Il avait le nez court et de petites dents blanches dans une bouche moelleuse. Tel était cet acheteur qui ne prenait pas le temps de la réflexion, et il fallait être épicière d’un lieudit pour ne pas aussitôt reconnaître en lui le cinéaste Justin Merlin. D’habitude, un metteur en scène, c’est bien plus un nom qu’un visage, mais Justin Merlin était si célèbre qu’il avait fini par se matérialiser, et que sa stature rembourrée, son auréole d’or, son regard bleu ne faisaient plus qu’un avec ce nom : Justin Merlin. »

Extrait de : E. Triolet. « L’âge de nylon – Luna-Park. »

La caverne du ciel par Poul Anderson

Fiche de La caverne du ciel

Titre : La caverne du ciel (Dominic Flandry)
Auteur : Poul Anderson
Date de parution : 1977
Traduction : F. Straschitz
Editeur : Opta

Sommaire de La caverne du ciel :

  • Les chasseurs de la caverne du ciel
  • Le fléau des maîtres

Première page de Les chasseurs de la caverne du ciel

« Ruethen de la Longue Main donnait pour ses ennemis une fête et un bal à la Lune de Cristal. Tel était son bon plaisir, et il savait qu’ils étaient obligés de venir. La fierté raciale avait disparu de Terra, et le besoin de paraître sophistiqué et bien né s’était accru d’autant. Le fait que des vaisseaux spatiaux se battaient à cinquante années-lumière au-delà d’Antarès rendait un refus de l’invitation du représentant merséien quasiment impossible. Et puis, ce serait si délicieusement pervers et si agréablement dangereux !
Le capitaine Dominic Flandry, des services secrets de la Flotte Impériale, se permit une légère doléance : « Ce n’est pas que je refuse de boire le vin de qui que ce soit, » dit-il, « et le chef qui prépare les repas de type terrien vaudrait bien une guerre. Mais je croyais être en congé.  »

Extrait de : P. Anderson. « La caverne du ciel. »

Corsaire de l’espace par Poul Anderson

Fiche de Corsaire de l’espace

Titre : Corsaire de l’espace
Auteur : Poul Anderson
Date de parution : 1965
Traduction : P. Billon, P.P Durastanti, O. Girard
Editeur : Bélial

Première page de Corsaire de l’espace

«  Le roi a fait battre tambour,
Le roi a fait battre tambour… »

Gunnar Heim s’arrêta au milieu d’une enjambée et tourna la tête, en quête de la voix qui s’élevait dans l’ombre.

« Pour voir toutes ces dames.
Et la première qu’il a vue… »

Presque couvert par le sourd grondement des machines du côté des docks, le son provenait d’un peu plus loin. Ce soir-là, il n’y avait qu’un homme à San Francisco pour exhaler sa bile en chantant cette ballade aussi vieille que sinistre.

« Lui a ravi son âme.
Rataplan ! Rataplan ! Rataplan-plan-plan-plan !  »

Heim s’élança dans la direction d’où venait le chant. Il savait encore se mouvoir avec rapidité et discrétion lorsqu’il le fallait. Au bout d’un moment, ses oreilles perçurent les notes rageuses et percutantes d’une guitare sous des doigts irrités. »

Extrait de : P. Anderson. «  Corsaire de l’espace. »

Le travail du furet et nouvelles par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Le travail du furet et nouvelles

Titre : Le travail du furet et nouvelles
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 1975
Editeur : ActuSF

Sommaire de Le travail du furet et nouvelles :

  • Le travail du furet
  • Synopsis Le trajet de la taupe sous les pieds des aveugles (Le furet 2)
  • Le dernier dinosaure
  • Exzone Z
  • Un combattant modèle
  • Demain je vais pousser
  • Et si nous allions danser
  • Il y en a des milliers
  • Paysage des morts
  • Interview de Jean-Pierre Andrevon

Première page de Le travail du furet

« Le panneau de propagande du Ministère Pop proclamait :
 
CONDITIONS DE VIE SAINES
MORTALITÉ EN RECUL !
 
Au cours de la dernière décennie,
grâce aux efforts du ministère de la Population :

  • 5,8 % de décès par cancers en moins
  • 9,1 % de décès par maladies cardio-vasculaires en moins
  • 7,8 % de décès par maladies virales en moins

Le baratin se poursuivait, grandiose, sur une dizaine d’autres lignes, mais je n’ai pas lu jusqu’au bout. J’étais bien content pour ceux qui n’étaient pas décédés de tout ça, mais pour l’instant ce n’était pas vraiment mon problème.
Mon problème était même plutôt inverse. »

Extrait de : J.P Andrevon. « Le Travail du Furet. »

Dans les mines de Mars par Jean-Pierre Andrevon

Fiche de Dans les mines de Mars

Titre : Dans les mines de Mars
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Date de parution : 2014
Editeur : ActuSF

Première page de Dans les mines de Mars

« Majestueuse, la fusée Arès 19 s’élève sur son socle tremblant de lumière solaire. Des échafaudages s’écroulent, un puzzle d’éléments rectangulaires de bois ou de métal vole à travers le ciel d’un bleu très pâle, tantôt minces bâtonnets d’un noir d’encre, tantôt particules étincelantes, suivant que leur orbe tournoyante fait coïncider ou non leur surface avec les rayons du soleil matinal. La fusée continue de percer lentement l’azur creux, s’amenuisant peu à peu sans changer d’inclinaison dans sa perspective fixe, sans avoir l’air réellement de monter.
Steve McEnnery saisit dans sa main aux doigts trapus et aux ongles noirs une moitié de brique qui traînait dans le caniveau, balança son bras d’avant en arrière. La brique fusa dans un éclair orangé, traversa la vitre qui s’étoila dans un rire étranglé, vint s’encastrer juste au centre de l’écran de télévision. Des morceaux de verre coupants se répandirent diversement sur le trottoir et sur les étagères de la vitrine recouvertes d’un beau tissu grenat. L’écran se fragmenta en plusieurs rectangles aigus de verre mat, la fusée disparut, soufflée par l’explosion de l’appareil. »

Extrait de : J.P Andrevon. « Dans les mines de Mars. »