Auteur/autrice : CH91
L’immigré par Gudule

Fiche de L’immigré
Titre : L’immigré
Auteur : A. « Gudule » Liger-Belair
Date de parution : 1992
Editeur : Le livre de poche
Première page de L’immigré
« Petit matin de fin d’automne. Dans le ciel blême, les vagues lueurs d’un jour qui tarde à se lever. Une bruine grasse alourdit l’atmosphère.
« On arrive », pense Roberto, en essuyant la vitre du wagon que son souffle a embuée.
Les premiers terrils apparaissent. Du moins, ce qu’il en reste : des monticules verdoyants aux formes érodées vallonnant le paysage ; de minuscules collines couvertes de gazon et d’arbustes, insolites verrues sur l’horizon plat.
SAINT-LÉONARD. Le train longe le quai d’une gare de campagne, freine dans un grincement d’essieux. Roberto se lève, descend sa valise du filet à bagages, enfile son pardessus. Le froid le saisit sur le marchepied ; il frissonne, relève son col de loutre. Une rafale de vent lui rabat le crachin en plein visage.
« Saleté de Nord ! » ronchonne-t-il en mettant pied à terre.
Il longe les bâtiments de brique sombre, les bacs à fleurs vides dont la terre fraîchement remuée a pompé l’humidité de l’air, les bancs destinés aux voyageurs. Leur peinture verte s’écaille par plaques ; au printemps prochain, on les rénovera sans doute, comme chaque année. Dans le hall d’entrée, une horloge sans aiguilles, muette depuis un demi-siècle, trône, inutile et familière, au-dessus du tableau horaire dont l’émail bleu se marbre de taches de rouille. Une odeur de tabac froid imprègne les murs de la salle d’attente, chargée d’impatience, de nervosité, de crainte… »
Extrait de : Gudule. « L’immigré. »
Le chien invisible par Johan Héliot et Alain Grousset
Fiche de Le chien invisible
Titre : Le chien invisible (Tome 2 sur 2 – Le passeur de fantômes)
Auteur : Johan Heliot et Alain Grousset
Date de parution : 2019
Editeur : Editions Auzou
Première page de Le chien invisible
« À l’ombre d’un grand chêne, Silène avait étalé une couverture écossaise. Malo avait aussitôt plongé dessus comme s’il effectuait un saut à la piscine.
— Arrête de faire l’idiot et aide-moi à sortir les affaires du panier.
Malo obéit et disposa les serviettes sur lesquelles il installa une multitude de sandwichs.
Puis il arrangea les boîtes renfermant différents légumes : radis, carottes, concombres…
Le panier devait avoir un fond sans fin, car vint le tour des boissons, des fruits et des pâtisseries. Incroyable que tout cela ait pu tenir à l’intérieur !
Malo était très heureux de ce pique-nique avec son amie Silène dans le parc municipal. Le soleil se donnait du mal pour qu’il fasse chaud, très chaud même. Mais cette chaleur était le signe que les grandes vacances approchaient. Encore une semaine, et plus d’école pendant deux mois !
Tous les jours, après les cours, Malo rejoignait le centre-ville, pénétrait dans la bouquinerie aux étagères débordantes d’ouvrages, saluait le père de Silène, toujours plongé dans un livre, puis grimpait jusqu’au grenier, leur repaire bien à eux. Là, il retrouvait Octave, l’arrière-arrière-grand-père de son amie, assis dans le fauteuil qu’il quittait rarement. »
Extrait de : J. Héliot et A. Grousset. « Le chien invisible – Le passeur de fantômes. »
L’élu par Johan Héliot et Alain Grousset

Fiche de L’élu
Titre : L’élu (Tome 1 sur 2 – Le passeur de fantômes)
Auteur : Johan Heliot et Alain Grousset
Date de parution : 2019
Editeur : Editions Auzou
Première page de L’élu
« — Nous sommes arrivés ! s’écria joyeusement le père de Malo en garant sa voiture derrière un gros camion de déménagement.
Le garçon tourna aussitôt la tête pour découvrir sa nouvelle maison. Elle s’élevait sur deux étages, tout en bois. Peinte d’un gris délavé, avec des volets un peu penchés, on pouvait la croire abandonnée depuis des années. Le jardin confirmait cette hypothèse, car il ressemblait à une jungle perdue en pleine ville.
Malo grimaça, donna un coup de coude à sa grande sœur qui ne s’était même pas aperçue qu’on était arrivé puisque, casque sur les oreilles, elle agitait sans cesse la tête, les yeux fermés.
— Quoi ? demanda-t-elle d’un air hargneux.
Trois ans les séparaient et, entre eux, la guerre était permanente. Pourtant, lorsque Malo lui montra leur nouvelle maison, Sophia le regarda avec affection, puis elle se mit un doigt dans la bouche, comme pour vomir. Elle aussi trouvait leur nouveau foyer pas terrible.
Ils rejoignirent les déménageurs qui avaient commencé à décharger le camion. Les parents oublièrent leurs enfants pour mieux diriger la distribution des meubles dans chaque pièce. »
Extrait de : J. Héliot et A. Grousset. « L’élu. »
Vers un ailleurs meilleur par Johan Héliot

Fiche de Vers un ailleurs meilleur
Titre : Vers un ailleurs meilleur
Auteur : Johan Heliot
Date de parution : 2022
Editeur : Seuil
Première page de Vers un ailleurs meilleur
« AU MOMENT OÙ LE ZÉRO !!! se met à clignoter sur mon permidentité, une alerte résonne dans les couloirs du lycée.
« Maya Tanner, présentez-vous sans attendre au Bureau de la Vie Scolaire et Citoyenne. Tout retard sera considéré comme un acte d’insoumission volontaire. Vous avez cinq minutes, citoyenne Tanner. »
Autour de moi, les autres élèves se décomposent. Certains s’écartent soudain, comme si j’étais porteuse d’un virus infectieux. D’autres, plus rares, m’adressent une grimace de connivence. Je n’ose pas imaginer les expressions sur mon propre visage : la stupeur, la colère, la panique, l’envie de tout casser et de tous les envoyer se faire voir…
La peur, aussi, bien sûr.
J’essaie de faire bonne figure. De crâner ouvertement, comme j’en ai l’habitude. Mais je me sens d’un coup si mal que je crains de m’effondrer…
Non, ça leur ferait trop plaisir !
Alors je me ressaisis et je prends la direction du Bureau de la Vie Scolaire et Citoyenne. »
Extrait de : J. Heliot. « Vers un ailleurs meilleur. »
Nouvelle ère par Johan Héliot

Fiche de Nouvelle ère
Titre : Nouvelle ère
Auteur : Johan Heliot
Date de parution : 2023
Editeur : Seuil
Première page de Nouvelle ère
« – LIS-MOI UNE HISTOIRE, s’te plaît, Eddy… J’arrive pas à me rendormir, chais pas pourquoi, j’ai plus envie…
Coup d’œil sur le portable en charge à portée de main : bientôt cinq heures du matin. Eddy émerge d’un rêve lointain, les yeux englués de sommeil. Sa petite sœur se dresse sur le tapis de jeu qui sépare leurs lits, au milieu de la chambre partagée dans le petit appartement familial. La lueur de la lune, filtrée à travers les stores, nimbe Zora d’un halo gris-bleu. Avec son pyjama licorne, on dirait une créature sortie tout droit d’un songe merveilleux.
– Allez, s’te plaît, insiste-t-elle, écarquillant en grand ses mirettes noisette.
Quand elle lui fait le coup des yeux manga, Eddy sait qu’il ne pourra pas résister. Même s’il préférerait replonger sous la couette, retrouver le néant douillet et le scénario dingo de son périple onirique. Il volait et, surtout, Malou était là, avec lui, accessible, prête à lui offrir ses lèvres – tout le contraire de la réalité, quoi…
Eddy aimerait vraiment retrouver ce monde à l’envers du quotidien, où il n’est plus le type le plus transparent du collège, celui que jamais Malou ne s’abaisserait à remarquer. »
Extrait de : J. Héliot. « Nouvelle ère. »
Crime à grande vitesse par Johan Héliot
Fiche de Crime à grande vitesse
Titre : Crime à grande vitesse
Auteur : Johan Heliot
Date de parution : 2026
Editeur : Rageot
Première page de Crime à grande vitesse
« Le départ de notre TGV est imminent. Attention à la fermeture des portes ! »
L’annonce de la cheffe de bord résonne dans la voiture numéro 3. Confortablement assis en première classe à leurs places en vis-à-vis, Louise et Maël agitent la main pour saluer leurs parents, restés sur le quai en gare de Bordeaux.
C’est la première fois qu’ils prennent seuls le train pour Paris, où les attendent leurs grands-parents. Un trajet d’à peine plus de deux heures, direct jusqu’à Montparnasse.
Juste le temps de lire quelques chapitres du roman emporté par Louise : Le Crime de l’Orient-Express, d’Agatha Christie. Une histoire de meurtre à bord d’un célèbre convoi ferroviaire, de quoi passer un bon moment !
Maël, lui, est trop excité pour lire. D’une année plus jeune que sa sœur de treize ans, il profite du voyage pour écouter sa musique préférée. Casque sur les oreilles, il navigue dans sa playlist tout en jetant des coups d’œil sur les autres passagers. Comme souvent, le TGV est rempli. Et on y voit parfois de drôles d’énergumènes ! »
Extrait de : J. Héliot. « Crime à grande vitesse. »
Les mystères d’Anglefer par Johan Héliot
Fiche de Les mystères d’Anglefer
Titre : Les mystères d’Anglefer
Auteur : Johan Heliot
Date de parution : 2023
Editeur : Fleurus
Première page de Les mystères d’Anglefer
« Feu-Vif s’amuse à la narguer. Il est là, flamboyant et rapide, courant si vite qu’il donne l’impression de voler. Son fin museau pointe ici et là, depuis une enfilade de passerelles métalliques jetées par-dessus un précipice sans fin. Altaïr s’avance avec prudence, craignant la chute mortelle. Plusieurs mètres sous ses pieds, un épais brouillard aux reflets de plomb verdâtre s’étend… C’est le Schmock, qui pollue les quartiers inférieurs d’Anglefer. Au moindre faux pas, elle le sait, tout sera terminé. Elle basculera dans le vide. Mais une force irrésistible l’oblige à continuer, à poursuivre le facétieux Feu-Vif vers sa mystérieuse destination…
Soudain, un choc ébranle le pont sur lequel Altaïr se tient. Autour d’elle, les tours tremblent sur leurs longs piliers, dont elle ne peut apercevoir la base, engloutie par le Schmock plusieurs centaines de pieds plus bas. »
Extrait de : J. Héliot. « Les mystères d’Anglefer. »
Symbioses par Johan Heliot

Fiche de Symbioses
Titre : Symbioses : 2094, l’ours et le vaisseau
Auteur : Johan Heliot
Date de parution : 2026
Editeur : L’Atalante
Première page de Symbioses
« — Ils sont très nerveux, ce matin, constate Paula à la lecture des données défilant sur sa manche gauche à l’intérieur de l’avant-bras. Tu as vu ces pics de cortisol ?
Javier pointe la chape sombre des fumées d’incendie au-dessus des collines et des mesas, à l’est de la ville.
— Les feux se rapprochent, dit-il dans son globish encore hésitant. Alors ils sentent le danger.
— Ils ont l’habitude des incendies, depuis le temps. Non, c’est autre chose, cette fois.
Paula secoue la masse sombre de sa tignasse, où s’accrochent des reflets de lumière étincelante. Les babioles de plastique et de métal emmêlées à ses tresses cliquettent comme le trille d’une espèce d’oiseau-bot. Mais dans le ciel sans nuage n’évoluent que les drones de la Sécurité civile et des bases toutes proches de la marine. Les volatiles de chair se sont enfuis, voire ont disparu depuis un moment, déjà.
— Tu imagines, dit Javier en haussant ses épaules râblées, roulant des muscles sous la toile thermodynamique de son T-shirt moulant.
Il tapote le siège passager de la voiturette et sourit de toutes ses dents, d’une blancheur parfaite – avantage d’un job encore doté d’une mutuelle. »
Extrait de : J. Heliot. « Symbioses : 2094, l’ours et le vaisseau. »
Greg Keyes

Présentation de Greg Keyes :
John Gregory Keyes, qui vit le jour à l’orée du printemps de l’année 1963 dans la bourgade de Meridian, au cœur du Mississippi, s’impose aujourd’hui comme un artisan remarquable du merveilleux et de la littérature d’imagination d’outre-Atlantique. Dès sa prime jeunesse, son esprit fut forgé par une expérience singulière, son père ayant entraîné la famille sur les terres arides d’une réserve navajo, en Arizona. Cette immersion précoce au sein d’une culture si riche en légendes et en rites éveilla en lui une passion dévorante pour les mythes, au point qu’il en devint bilingue, jetant là les bases de sa future vocation.
Animé par cette soif de percer les mystères des sociétés humaines, ce jeune homme brillant entreprit de solides études universitaires en anthropologie, qu’il paracheva sur les bancs de l’Université de Géorgie. Fort de ce bagage intellectuel et de sa fine connaissance de la linguistique, Greg Keyes s’éloigna des sentiers académiques pour embrasser pleinement la carrière des lettres, offrant à ses lecteurs des mondes chimériques d’une densité inaccoutumée.
C’est armé d’une plume élégante et d’une rigueur d’historien qu’il donna naissance, sous la signature de J. Gregory Keyes, à des fresques magistrales. Les amateurs de conjecture historique se souviennent avec émoi de son retentissant cycle de « L’Âge de la déraison », où il entremêle avec une audace folle l’alchimie, les sciences naissantes et les destins de messieurs Newton et Franklin. Plus tard, avec le vaste cycle des « Royaumes d’Épine et d’Os », il prouva avec éclat son aisance dans le domaine de la haute fantaisie héroïque, déployant une prose où résonne volontiers le cliquetis des armes — un art de l’escrime que notre romancier, fine lame à la ville, maîtrise d’ailleurs à la perfection.
Par-delà ses créations originales, ce prosateur infatigable a prêté son grand talent à de célèbres sagas de la science-fiction américaine, enrichissant de sa vision humaniste de fameux univers télévisuels et cinématographiques tels que ceux de « La Guerre des Étoiles » ou de « Babylone 5 ». En mêlant l’érudition de l’anthropologue au souffle épique du conteur, Greg Keyes démontre que l’évasion par le fantastique demeure un prisme merveilleux pour explorer l’âme et la culture des hommes.
Livres de Greg Keyes :
Les élus du Changelin :
- Les enfants du fleuve (1996)
- Le Dieu noir (1997)
Royaumes d’épines et d’os :
- Le roi de bruyère (2003)
- Le prince charnel (2004)
- Le chevalier de sang (2006)
- La dernière reine (2008)
Star Wars – L’aurore de la victoire :
- Conquête (2001)
- Renaissance (2001)
Star Wars :
- L’envoyé du vide (????)
- L’ultime prophétie (2003)
The Elder Scrolls :
- La cité infernale (2009)
- Le seigneur des âmes (2009)
Pour en savoir plus sur Greg Keyes :
La page Wikipédia sur G. Keyes
La page Noosfere sur G. Keyes
La page isfdb de G. Keyes
Stephen R. Donaldson

Présentation de Stephen R. Donaldson :
Stephen Reeder Donaldson, né au printemps de l’année 1947 dans la florissante cité de Cleveland, au cœur de l’Ohio, s’impose avec une force peu commune dans le domaine du merveilleux et de la littérature d’imagination d’outre-Atlantique. Fils d’un dévoué médecin missionnaire, il passa les années formatrices de sa prime jeunesse sous le soleil ardent de l’Inde. C’est en ces contrées lointaines qu’il fut le témoin, avec une acuité poignante, des ravages de la lèpre, un fléau que son père combattait âprement au sein de léproseries. Cette fréquentation précoce de la souffrance et de la marginalité devait marquer d’une empreinte indélébile l’âme et l’œuvre de ce futur homme de lettres.
De retour sur le sol natal, ce jeune esprit épris d’absolu poursuivit de brillantes études, couronnées par un diplôme ès lettres anglaises à l’université d’État de Kent. Profondément pacifiste et troublé par les tourments militaires de sa génération, il fit valoir l’objection de conscience lors du conflit vietnamien, préférant l’obscur et noble labeur d’un service civil dans les hospices américains à la carrière des armes.
C’est armé d’une prose d’une rare opulence que Stephen R. Donaldson s’attela à la rédaction de son grand œuvre, lequel vint bouleverser le paysage littéraire à la fin des années soixante-dix : le cycle foisonnant des « Chroniques de Thomas l’Incrédule ». Rompant avec les fables candides et le manichéisme rassurant propres aux imitateurs du professeur Tolkien, notre romancier osa placer au centre de sa geste un anti-héros farouche et désabusé. Son protagoniste, un écrivain frappé par le mal de Hansen et renié par les siens, se trouve projeté dans le Fief, un univers chimérique dont il refuse obstinément d’accepter la réalité, persuadé qu’il n’est que le fruit de son esprit malade.
Par ce récit épique teinté d’allégorie, de noirceur et de doutes métaphysiques, Stephen R. Donaldson démontre avec panache que la littérature d’évasion peut se muer en un miroir vertigineux de nos angoisses existentielles. S’illustrant par la suite dans de vastes fresques d’anticipation et de science-fiction, ce prosateur exigeant bouscule les codes établis. Salué par la critique comme un novateur de génie et couronné par les suffrages d’un public passionné, il redonne, par la vigueur de son style et la profondeur de ses chimères, d’incontestables lettres de noblesse à la fantaisie héroïque américaine.
Livres de Stephen R. Donaldson :
L’appel de Mordant :
- Le miroir de ses rêves (1986)
- Un cavalier passe (1987)
- Le feu de ses passions (1987)
Le cycle des seuils :
- Au seuil du conflit, la véritable histoire (1991)
- Au seuil de la vision, le savoir interdit (1991)
- Au seuil du pouvoir, l’éveil du Dieu noir (1991)
Les chroniques de Thomas Covenant :
- La malédiction du rogue (1977)
- La retraite maudite (1977)
- La terre dévastée (1977)
- Le rituel du sang (1978)
- L’arbre primordial (1982)
- Le pouvoir de l’or blanc (1983)
Pour en savoir plus sur Stephen R. Donaldson :
La page Wikipédia sur S. R. Donaldson
La page Noosfere sur S. R. Donaldson
La page isfdb de S. R. Donaldson