Auteur/autrice : CH91

 

L’hôte inconnu par Maurice Maeterlinck

Fiche de L’hôte inconnu

Titre : L’hôte inconnu
Auteur : Maurice Maeterlinck
Date de parution : 1917
Editeur : Bibliothèque Charpentier

Première page de L’hôte inconnu

« Mon essai sur La Mort m’a entraîné à faire une enquête consciencieuse et, du moins j’y ai tâché, aussi complète que possible, sur l’état présent du mystère. J’espérais faire tenir en un volume le résultat de ces recherches, qui, du reste, pour le dire tout de suite, n’apprendront rien à ceux qui parcoururent les mêmes régions et n’ont d’autres mérites que leur sincérité, leur impartialité, et une exactitude scrupuleuse. Mais, à mesure que j’avançais, j’ai vu
la matière s’étendre sous mes pas, si bien qu’il m’a fallu diviser mon travail en deux parties qui seront à peu près égales : dans la première, publiée aujourd’hui, j’étudie sommairement les apparitions et hallucinations véridiques et les maisons hantées ou, si l’on veut, les phantasmes des vivants et des morts, les manifestations appelées assez bizarrement et improprement psychométriques, la connaissance de l’avenir : pressentiments, présages, prédictions, prémonitions, précognitions, etc., et enfin les chevaux d’Elberfeld. Dans la seconde, qui paraîtra plus tard, je m’occuperai des miracles de Lourdes et d’ailleurs, des phénomènes dits de matérialisation, de la baguette divinatoire, de l’asepsie fluidique, tout en ne négligeant pas une menue poussière de miracle qui flotte, au-dessus des prodiges principaux, dans l’atmosphère étrange où nous allons entrer. »

Extrait de : M. Materlinck. « L’hôte inconnu. »

La vie des fourmis par Maurice Maeterlinck

Fiche de La vie des fourmis

Titre : La vie des fourmis
Auteur : Maurice Maeterlinck
Date de parution : 1930
Editeur : Epubquest

Première page de La vie des fourmis

« On m’a plus d’une fois demandé pourquoi je ne complétais pas le triptyque des insectes sociaux dont les deux premiers volets, La Vie des abeilles et La Vie des termites, avaient été favorablement accueillis. J’ai longtemps hésité. Je croyais la fourmi antipathique, ingrate et trop connue. Il me semblait assez inutile de répéter à propos de son intelligence, de son industrie, de sa diligence, de son avarice, de sa prévoyance, de sa politique, des notions qui font partie du patrimoine commun que nous acquérons dès l’école primaire et qui traînent dans toutes les mémoires parmi les débris de la bataille des Thermopyles ou de la prise de Jéricho.

Ayant toujours vécu à la campagne beaucoup plus qu’à la ville, je m’étais naturellement intéressé à cet insecte inévitable. À l’occasion, je l’avais même enfermé dans des boîtes vitrées et, sans but et sans méthode, y avais observé ses allées et venues affairées, qui ne m’apprenaient pas grand-chose. »

Extrait de : M. Maeterlinck. « La Vie des fourmis. »

L’homme au sable par Ernst Theodor Amadeus Hoffmann

Fiche de L’homme au sable

Titre : L’homme au sable
Auteur : Ernst Theodor Amadeus Hoffmann
Date de parution : 1816
Traduction : Loève-Veimars
Editeur : Flammarion

Première page de L’homme au sable

« Sans doute, vous êtes tous remplis d’inquiétude, car il y a bien longtemps que je ne vous ai écrit. Ma mère se fâche, Clara pense que je vis dans un tourbillon de joies, et que j’ai oublié entièrement la douce image d’ange si profondément gravée dans mon cœur et dans mon âme. Mais il n’en est pas ainsi ; chaque jour, à chaque heure du jour, je songe à vous tous, et la charmante figure de ma Clara passe et repasse sans cesse dans mes rêves ; ses yeux transparents me jettent de doux regards, et sa bouche me sourit comme jadis lorsque j’arrivai auprès de vous. Hélas ! comment eussé-je pu vous écrire dans la violente disposition d’esprit qui a jusqu’à présent troublé toutes mes pensées ? Quelque chose d’épouvantable a pénétré dans ma vie ! Les sombres pressentiments d’un avenir cruel et menaçant s’étendent sur moi, comme des nuages noirs, impénétrables aux joyeux rayons du soleil. Faut-il donc que je te dise ce qui m’arriva ? Il le faut, je le vois bien ; mais rien qu’en y songeant, j’entends autour de moi comme des ricanements moqueurs. Ah ! mon bien-aimé Lothaire ! comment te ferai-je comprendre un peu seulement que ce qui m’arriva, il y a peu de jours, est de nature à troubler ma vie d’une façon terrible ? »

Extrait de : E.T.A. Hoffmann. « L’Homme au sable. »

Contes nocturnes par Ernst Theodor Amadeus Hoffmann

Fiche de Contes nocturnes

Titre : Contes nocturnes
Auteur : Ernst Theodor Amadeus Hoffmann
Date de parution : 2012
Traduction : Loève-Veimars
Editeur : Gallimard

Sommaire de Contes nocturnes :

  • L’homme au sable
  • Ignace Denner
  • L’église des jésuites
  • Le sanctus
  • La maison déserte
  • Le majorat
  • Le voeu
  • Le coeur de pierre

Première page de Ignace Denner

« Jadis, il y a de longues années, vivait, dans une forêt sauvage et solitaire du territoire de Fulda, un
brave chasseur, nommé Andrès. Il avait été autrefois chasseur de Monseigneur le comte Aloys de Fach, qu’il avait accompagné dans ses longs voyages à travers la belle Italie, et qu’il avait sauvé d’un grand
péril, par sa bravoure et son adresse, un jour qu’ils furent attaqués par des brigands, sur une des routes
dangereuses du royaume de Naples. À Naples, dans l’auberge où ils descendirent, se trouvait une pauvre et ravissante fille orpheline, que l’hôte avait recueillie par charité, et qu’il traitait fort rudement, l’employant aux plus pénibles travaux de la maison. Andrès chercha à la consoler de ses chagrins autant qu’il put se faire comprendre d’elle, et la jeune fille conçut tant d’amour pour lui, qu’elle ne voulut plus le quitter, et résolut de le suivre dans la froide Allemagne. Le comte Fach, touché des prières d’Andrès et des larmes de Giorgina, permit à la jeune fille de prendre place sur le siège de la voiture auprès de son amant, et de faire ainsi ce rude voyage. Déjà avant que de passer les frontières de l’Italie, Andrès se fit marier avec Giorgina ; et le comte, de retour dans ses terres, crut bien récompenser son fidèle serviteur, en le nommant son premier garde-chasse. »

Extrait de : E.T.A. Hoffmann. « Contes nocturnes. »

Marguerite par Delphine de Girardin

Fiche de Marguerite

Titre : Marguerite ou deux amours
Auteur : Delphine de Girardin
Date de parution : 1882
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Marguerite

« Qu’il est doux d’être aimé !
Tout le monde a dit cela et tout le monde l’a pensé ; et cependant, si l’on était de bonne foi avec soi-même, chacun avouerait que toutes les inquiétudes, tous les orages, toutes les larmes, toutes les angoisses, tous les remords de sa vie lui sont venus de ce bonheur si doux.
Inspirer un amour sincère, pur, noble, délicat, exclusivement dévoué, c’est le rêve favori, l’idéale félicité d’une âme chaste et généreuse. On ne commence à vivre que du jour où l’on est aimé ; c’est de ce beau jour seulement que doivent dater les souvenirs ; c’est pour être aimé que l’on cherche la gloire, que l’on aspire à la fortune, que l’on désire la beauté. »

Extrait de : D. de Girardin. « Marguerite. »

La bataille invisible par Gaston Leroux

Fiche de La bataille invisible

Titre : La bataille invisible (Tome 2 sur 2 – Aventures effroyables de M. Herbert de Renich)
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1917
Editeur : Bibebook

Première page de La bataille invisible

« J’ai rencontré quelques figures antipathiques dans ma vie, mais jamais aucune qui pût être comparée à celle de l’amiral von Treischke. Il avait la tête carrée et les cheveux en brosse, des sourcils en buisson sous lesquels perçaient deux petits yeux gris à l’affût, pleins de méchanceté, des rides profondes comme des tranchées, des lèvres minces fermées hermétiquement, et deux loupes poilues : une sur le nez et une autre au coin gauche du menton.

Sa moustache faisait de von Treischke tantôt un tigre, tantôt un phoque. Il sortait quelquefois du cabaret ou de la brasserie. (Je sors du cabaret, mais que la rue a l’aspect étrange ! J’ai beau la chercher à droite, à gauche, je ne la trouve pas. »

Extrait de : G. Leroux. « La Bataille invisible – Aventures effroyables de M. Herbert de Renich. »

Le Capitaine Hyx par Gaston Leroux

Fiche de Le Capitaine Hyx

Titre : Le Capitaine Hyx (Tome 1 sur 2 – Aventures effroyables de M. Herbert de Renich)
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1917
Editeur : Bibebook

Première page de Le Capitaine Hyx

« D’abord je vous dis, moi, Carolus Herbert de Renich, du pays neutre de Gutland en Luxembourg, que je suis un honnête homme, incapable de mentir.

Ceci bien entendu, je commencerai par déclarer que, dussé-je vivre une éternité, je me souviendrai, jusqu’à la fin des temps, de la minute d’effarement et de douleur (que devaient suivre tant d’autres terribles minutes) pendant laquelle je reconnus sur l’une des tables du palais des jeux, à Funchal, et dans la lumière d’une lampe dont l’abat-jour me cachait tout le reste de sa divine personne, les longues mains pâles et frêles, veinées de bleu, de celle que j’avais tant aimée quand elle n’était encore que la belle Amalia Edelman ! »

Extrait de : G. Leroux. « Le Capitaine Hyx – Aventures effroyables de M. Herbert de Renich. »

Le coup d’état de Chéri-Bibi par Gaston Leroux

Fiche de Le coup d’état de Chéri-Bibi

Titre : Le coup d’état de Chéri-Bibi (Tome 5 sur 5 – Chéri-Bibi)
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1925
Editeur : Bibebook

Première page de Le coup d’état de Chéri-Bibi

« — Demandez les nouvelles de la dernière heure : « La République en danger ! Le coup d’État dévoilé ! L’interpellation de cet après-midi ! La mise en accusation des coupables ! »

Les camelots débouchaient au coin des grands boulevards et de la rue Royale.

À la hauteur d’un restaurant où déjeunaient des parlementaires, ceux-ci les appelèrent pour acheter les journaux et rentrèrent hâtivement dans l’établissement où l’on fit groupe autour d’eux.

— Alors, c’est bien pour cet après-midi ?

— Mais, je vous l’ai dit : Carlier a les preuves !

— A-t-il les noms ?

— Les noms sont dans toutes les bouches !

— Moi, je vous dis que Carlier ne marchera pas. Voilà plus de quinze jours qu’on dit qu’il a les preuves… Il n’a rien du tout ! Subdamoun et sa bande sont aussi malins que lui ! »

Extrait de : G. Leroux. « Le coup d’État de Chéri-Bibi – Chéri-Bibi. »

Chéri-Bibi et Cécily par Gaston Leroux

Fiche de Chéri-Bibi et Cécily

Titre : Chéri-Bibi et Cécily (Tome 4 sur 5 – Chéri-Bibi)
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1913
Editeur : Bibebook

Première page de Chéri-Bibi et Cécily

« L’auto s’arrêta au haut de la côte de Dieppe, avant d’arriver au Pollet.
« Dois-je attendre monsieur le marquis ? demanda le chauffeur.
— Non, Carolle, tu vas retourner au Tréport, et là, tu attendras mes ordres. »

Le marquis et son secrétaire descendirent de l’auto.

« Eh bien, mon brave Hilaire, nous voici au bout de nos tribulations.

— Monsieur le marquis doit être bien ému ! » fit Hilaire en regardant son maître, un homme superbe, de grande et forte corpulence, tandis que lui, chétif, flottait dans un complet veston de voyage qui paraissait trop grand pour son étroite poitrine, pour ses membres grêles et fragiles.

« Oui, Hilaire, oui, je suis ému, tu peux le croire, si ému que je ne suis point fâché d’arriver à la nuit tombante dans un pays où chaque pierre, tu entends, chaque pavé de la route évoque pour moi un souvenir. »

Extrait de : G. Leroux. « Chéri-Bibi et Cécily – Chéri-Bibi. »

Fatalitas ! par Gaston Leroux

Fiche de Fatalitas !

Titre : Fatalitas ! (Tome 3 sur 5 – Chéri-Bibi)
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1919
Editeur : Bibebook

Première page de Fatalitas !

« Il y a de certains moments où le mensonge devient une chose sacrée et dérobe à la vérité son éclat, son rayonnement, sa force irrésistible de persuasion. On ne voit point d’ombre alors sur la figure qui ment, ni de trouble dans le regard. Et cependant Françoise ne sait pas mentir. Elle n’a jamais menti. Voilà pourquoi elle ment si bien quand elle ment pour la première fois, soutenue par cette idée terrible que si elle ment mal, elle va déterminer une catastrophe. Laquelle exactement ? Elle l’ignore !… Elle ne comprend rien à ce qui se passe, si ce n’est que la police poursuit son mari, que son mari se cache de la police, et d’elle, Françoise !…Et qu’il a partie liée avec cette espèce de monstre blessé dont il lui semble entendre le souffle au-dessous d’elle.

« Il y a longtemps que vous êtes dans cette pièce, madame ? demanda l’inspecteur… »

Extrait de : G. Leroux. « Fatalitas ! – Chéri-Bibi. »