Auteur/autrice : CH91
Le souffle de Manon Fargetton

Fiche de Le souffle
Titre : Le souffle (tome 1 sur 3 – June)
Auteur : Manon Fargetton
Date de parution : 2012
Editeur : Mango
Première page de Le souffle
« Recroquevillée sur la plus basse branche de son chêne, une créature se meurt. De fines lignes vertes tracent des symboles en spirales sur la peau d’écorce qui recouvre son corps, aussi petit que celui d’un enfant. Elle est la dernière, la toute dernière représentante du peuple des Sylphes, les fils du vent.
Elle qui a passé son existence à courir les nuages d’un bout à l’autre du globe est à présent réduite à l’insupportable immobilité, prisonnière d’un filet invisible qui se resserre autour de son corps, seconde après seconde. Le moindre de ses mouvements déclenche en elle de violents éclairs de douleur, mais ils retardent l’instant fatal de sa disparition. Se mouvoir lui est encore plus vital que de respirer : l’immobilité la tue, l’efface de ce monde.
Malgré la douleur, la Sylphide attend. Elle espère que quelqu’un ou quelque chose passera à sa portée pour quelle puisse lui transmettre le Souffle et, avec lui, tous les dons de son peuple, afin de permettre un jour le retour des Sylphes. »
Extrait de : M. Fargetton. « June – Le Souffle. »
Hantise par Patrick McSpare

Fiche de Hantise
Titre : Hantise (tome 3 sur 3 – Les héritiers de l’Aube)
Auteur : Patrick McSpare
Date de parution : 2014
Editeur : Scrineo
Première page de Hantise
« Alex poussa un long cri de rage. Sous ses yeux impuissants, la Pierre d’Émeraude venait de quitter le San Francisco de 1906. Entraînant avec eux le corps inanimé de Laure, Tom et Alba s’étaient évaporés à la suite du capitaine truand qui cachait le joyau dans sa poche. Et l’Australien restait piégé sur ce cargo en flammes. Il tâta sa clavicule cassée par la balle du contrebandier et jeta un coup d’œil courroucé vers le quai de Lombard Street. Les quartiers sud de Frisco n’étaient plus qu’un gigantesque brasier. Mort, désolation, cendres, ruines… Selanka la Fomoré et lord Glasdow avaient péri dans leur sanctuaire souterrain, le monstre hybride dénommé Iguane avait coulé à pic, des milliers d’anonymes avaient disparu, soit durant le séisme, soit dans l’incendie… Et lui, Alex Barton, figurerait parmi les dernières victimes de ce que l’histoire allait retenir comme l’une des plus grandes catastrophes du vingtième siècle. »
Extrait de ; P. McSpare. « Héritiers de l’Aube – Hantise. »
Des profondeurs par Patrick McSpare

Fiche de Des profondeurs
Titre : Des profondeurs (tome 2 sur 3 – Les héritiers de l’Aube)
Auteur : Patrick McSpare
Date de parution : 2014
Editeur : Scrineo
Première page de Des profondeurs
« — Mai… Maître Nicolas ?
Tom se redressa sur ses coudes, l’esprit obscurci par une chape de plomb. Mais l’écho de sa voix interrogative et le vacarme environnant l’aidèrent bientôt à se situer dans l’espace. Il se découvrit allongé à plat ventre sur des pavés rugueux et regarda autour de lui. Une seconde auparavant, il récupérait au vol la Pierre d’Émeraude au milieu de la bataille d’Azincourt avant de s’engloutir dans un océan de lumière verte. Et ensuite ? Qu’était-il arrivé ? Plus de combats, de soudards, de chevaliers. Et plus de Laure, d’Alex et de Maître Nicolas, hélas. Cela ne pouvait signifier qu’une chose : la Pierre d’Émeraude avait changé d’époque, l’entraînant avec elle dans son voyage magique. Lui et lui seul ? Ses amis étaient-ils restés piégés en 1415, tandis qu’Hermès Trismégiste périssait des mains de Nicolas Flamel, l’illustre Primo-Sorcier ? »
Extrait de : P. McSpare. « Héritiers de l’Aube – Des profondeurs. »
Le septième sens par Patrick McSpare

Fiche de Le septième sens
Titre : Le septième sens (tome 1 sur 3 – Les héritiers de l’Aube)
Auteur : Patrick McSpare
Date de parution : 2013
Editeur : Scrineo
Première page de Le septième sens
« Alex s’était toujours senti différent. Pas supérieur. Seulement différent. Et cette particularité avait très tôt débouché sur un sentiment de solitude, même au sein de sa propre famille. Sa sœur et ses deux frères menaient une existence classique, entre copains, premiers émois amoureux et études. Ses parents vivaient leur couple et leurs carrières respectives, certes peu excitantes, sans heurts ni surprises. Mais lui ne cessait d’éprouver l’impression étrange de n’être pas à sa place. Enfant, il croyait que ce malaise se dissiperait avec le temps. Maintenant âgé de dix-huit ans, le jeune homme ne se faisait plus d’illusions. Son trouble perdurerait probablement jusqu’à la fin de ses jours.
Bien sûr, il trouvait des motifs de contentement par ailleurs. Moderne et dynamique, sa ville était la première métropole d’Australie et offrait à ses habitants de nombreux attraits culturels et artistiques. Pourvu d’un esprit brillant, Alex avait des amis à sa mesure et son physique avantageux – les grands bruns à yeux bleus délavés n’étaient pas si courants – lui valait parfois de beaux succès féminins. En résumé, une vie très agréable… qui ne suffisait pas à le satisfaire, hélas. »
Extrait de : P. McSpare. « Héritiers de l’Aube – Le Septième Sens. »
Victor London par Patrick McSpare

Fiche de Victor London
Titre : Victor London, l’ordre Coruscant
Auteur : Patrick McSpare
Date de parution : 2015
Editeur : Scrineo
Première page de Victor London
« Depuis près d’une heure, Victor London avait le sentiment d’être épié. Une impression absurde, évidemment. Si les vitres de la manufacture de Old Street Road donnaient sur la rue, aucun passant ne ralentissait à ce spectacle banal. Quant aux misérables qui l’entouraient, pourquoi se seraient-ils intéressés à lui ? Il n’était qu’un enfant parmi d’autres, chargé d’assister les travailleurs adultes de l’aube au crépuscule. Avec, certes, une pause-déjeuner et une heure de cours dispensée à l’École de midi. Mais au final, quand même quatorze heures d’un épuisant labeur consistant à rattacher les fils brisés, à nettoyer les bobines, récolter les déchets de coton… Encore et toujours sous l’œil impatient des ouvriers fileurs plus expérimentés.
Victor songeait souvent au jeune héros de fiction nommé Oliver Twist par son créateur, l’écrivain Charles Dickens. Ces fragments de rêverie l’aidaient à supporter l’atmosphère surchargée de malpropretés, les infectes parcelles cotonneuses amoncelées au sol. Et le sol, Victor le fréquentait de près, décrété ramasseur de débris par un hargneux contremaître dès son arrivée, en 1861. »
Extrait de : P. McSpare. « Victor London et L’ordre Coruscant. »
Aelfic par Patrick McSpare

Fiche de Aelfic
Titre : Aelfic
Auteur : Patrick McSpare
Date de parution : 2017
Editeur : Scrineo
Première page de Aelfic
« Ael aimait bien le changement. Et il y en aurait sans tarder, puisque son père venait d’obtenir un poste à l’université de Rennes. Après un brillant parcours en classe de troisième, Ael poursuivrait donc ses études dans une nouvelle ville et entouré de nouveaux camarades.
Mais d’abord, en ce milieu du mois d’août, il découvrait l’Angleterre. L’occasion de perfectionner son anglais en profitant des vacances, disaient ses parents. Une surprise très excitante pour Ael qui s’était régalé de traverser la Manche et visitait maintenant le comté du Wiltshire.
– Où sommes-nous ? demanda-t-il joyeusement en s’agrippant aux dossiers des sièges avant.
– Près d’Amesbury, répondit sa mère avec un sourire plein d’amour. Nous allons rejoindre la route qui mène à Salisbury.
– C’est là-bas, notre hôtel ?
– Oui.
– Dans combien de temps y serons-nous, maman ? »
Extrait de : P. McSpare. « Aelfic. »
D’Artagnan, agent secret du Roy par Patrick McSpare

Fiche de D’Artagnan, agent secret du Roy
Titre : D’Artagnan, agent secret du Roy
Auteur : Patrick McSpare
Date de parution : 2023
Editeur : Bragelonne
Première page de D’Artagnan, agent secret du Roy
« Quand on est jeune et assoiffé d’aventure, il faut d’abord trouver l’audace de quitter sa province. Fort de cette certitude, je quittai ma Gascogne natale et rejoignis Paris à l’âge de quinze ans. J’étais accompagné de Blaise, un serviteur de ma famille, et muni d’une missive de recommandation.
Elle était destinée au comte de Tréville, apparenté à ma mère et capitaine de la Compagnie des Mousquetaires du Roi. Grâce à lui, je pus intégrer une compagnie de cadets pour apprendre les métiers de la guerre. Je maîtrisais déjà l’art de la rapière, car c’est avec elle qu’un noble peu argenté se fraie un chemin dans l’existence. Par ailleurs, le prêtre Duloquet m’ayant dispensé les bases de l’instruction en notre château familial de Castelmore, je savais écrire, compter et m’exprimer correctement. Tandis que Blaise était reparti servir les miens, je me contentai d’assimiler la façon d’être soldat, de manier un mousquet, d’établir des fortifications.
En règle générale, j’ai le tempérament qui bout facilement et je m’emporte au premier manquement. Je me souviens par exemple de ce gentilhomme qui se moquait de mon allure lors de mon installation à Paris. Son cul piqué par ma rapière lui chauffa longtemps, je le gage, malgré le baquet dans lequel il s’assit pour soulager ses plaies. Néanmoins, mon caractère fougueux ne fit jamais obstacle à mes ambitions. »
Extrait de : P. McSpare. « D’Artagnan, agent secret du Roy. »
Mérovingiens par Patrick McSpare

Fiche de Mérovingiens
Titre : Mérovingiens
Auteur : Patrick McSpare
Date de parution : 2017
Editeur : Pygmalion
Première page de Mérovingiens
« Wyso ignora volontairement les herbes froissées qui trahissaient le passage de son gibier. Personne à l’horizon, l’assaut viendrait donc du ciel. Le grand chêne. Seul poste d’embuscade alentour. Wyso dépassa l’arbre et perçut un frémissement dans les frondaisons. Sans se retourner, il sauta de côté et son assaillant s’écrasa au sol. C’était maintenant que les choses allaient se compliquer, car il voulait éviter de tuer.
— Tu me cherchais ? grinça l’homme en se relevant. Pour ton malheur, tu m’as trouvé !
Hirsute, maigre, les traits déformés par la haine, il braquait un poignard à lame en forme de crochet, pratique pour couper une bourse autant qu’une gorge. Il avança à pas rapides, traçant des arabesques dans l’air. Un habitué du combat au couteau, jugea Wyso en optant pour une garde haute. La vue de ses poings nus encouragea son ennemi qui bondit avec un cri sauvage. Feinte au ventre puis coup droit au niveau du cœur. Wyso avait correctement anticipé la ruse. Il pivota à la dernière seconde, évitant d’un millimètre la lame qui déchira ses haillons. »
Extrait de : P. McSpare. « Mérovingiens. »
Harley King par Patrick McSpare

Fiche de Harley King
Titre : Harley King – Détective de l’invisible
Auteur : Patrick McSpare
Date de parution : 2018
Editeur : Scrineo
Première page de Harley King
« Los Angeles, aujourd’hui
— On se fait remarquer. C’est limite embarrassant, souffla Harley King.
— Vraiment de vraiment ? s’étonna Nosfe, qui observait le liquide coloré dans son verre.
— Vraiment de vraiment. À cause de toi.
— Ça m’étonnerait. J’ai mes lunettes de soleil, une paille pour déguster ma tequila sunrise et je souris du coin des lèvres, genre tranquille et satisfait de la vie.
— On ne porte pas une redingote noire au mois de mai à L.A., Nosfe. Je te l’ai dit en partant du bureau. Tu ne m’as pas écouté, et on se fait remarquer. À cause de toi.
— J’ai le droit de n’avoir jamais chaud, non ?
— Même par vingt-sept degrés à l’ombre ?
— Même ! insista Nosfe en aspirant sa boisson avec un bruit disgracieux. C’est dans ma nature, voilà tout. »
Extrait de : P. McSpare. « Harley King. »
Darryl Ouvremonde par Olivier Peru

Fiche de Darryl Ouvremonde
Titre : Darryl Ouvremonde
Auteur : Olivier Peru
Date de parution : 2017
Editeur : Michel Lafon
Première page de Darryl Ouvremonde
« Comme souvent à cette heure tardive, Darryl se tenait derrière la fenêtre de sa chambre. Face au parc La Fontaine, il se demandait combien d’adolescents de quatorze ans fuyaient le sommeil comme lui. Combien guettaient les signes ? Combien partageaient son secret ?
Hormis le passage de quelques voitures, qui donnaient un peu de voix à la nuit, les rues aux environs de son immeuble étaient désertes et silencieuses. Des lambeaux de brume rampaient aux abords du parc, des lampadaires de la rue Sherbrooke clignotaient à intervalles irréguliers, et d’épais nuages noirs voilaient l’éclat de la lune. Montréal et ses habitants dormaient. Darryl patientait.
Son antique besace de cuir sur les genoux, il attendait son heure, ou plutôt cette « non-heure » qui voyait le temps ralentir et les portes de l’Ouvremonde se déverrouiller. Les aiguilles de sa montre à gousset approchaient de minuit tout en battant la mesure de moins en moins vite. Bientôt, il pourrait passer de l’autre côté. »
Extrait de : O. Peru. « Darryl Ouvremonde. »