Auteur/autrice : CH91

 

L’allumeuse d’étoiles par Hervé Jaouen

Fiche de L’allumeuse d’étoiles

Titre : L’allumeuse d’étoiles
Auteur : Hervé Jaouen
Date de parution : 1996
Editeur : Denoël

Première page de L’allumeuse d’étoiles

« Je les tiens. Une chanteuse sait bien quand elle les tient, les gens qui l’écoutent, qu’ils soient deux, quatre, cent ou cinq cents. Mille ou dix mille, est-ce que cela m’arrivera jamais ?

Je les tiens en mon pouvoir. Un bien grand mot, « pouvoir ». Plus un mot de Roparz qu’un des miens. Roparz aurait dit : « Tu les tiens, tu es le cobra et la flûte, le panier d’osier et le charmeur de serpents, tu es l’univers et le non-univers, le Grand Tout et le grand rien du tout, néant, fermons le ban ! » Et il aurait ricané.

Je ferme les yeux pour ne pas le voir, Roparz, de l’autre côté de la vitre. Pourtant, ce sont ses mots à lui que je chante. Mais je l’entends murmurer à mon oreille, dans le casque : « Tu les tiens par ta peau, par tes cheveux, par tes paupières closes et ton visage de porcelaine, par ta voix et par mes paroles.  »

Extrait de : H. Jaouen. « L’allumeuse d’étoiles.  »

L’adieu aux Iles par Hervé Jaouen

Fiche de L’adieu aux Iles

Titre : L’adieu aux Iles
Auteur : Hervé Jaouen
Date de parution : 1996
Editeur : Mazarine

Première page de L’adieu aux Iles

« L’homme de l’administration est venu me chercher dans l’amphi. Sur sa face plate, le masque de componction des estafettes de la mort.
Tandis qu’il trottinait derrière moi le long du couloir qui sentait la poussière d’été, ses lèvres de poupée qui parle ont bredouillé votre femme c’est grave, enfin je crois, excusez-moi, le téléphone est là.
Et la secrétaire le portait aussi ce masque breveté pompes funèbres, fatales nouvelles, faut compatir, si possible avoir l’air, et moi j’avais envie de les mordre parce que je crevais de peur, il était cinq heures, notre petite Charlotte sortait de l’école à moins le quart, Louisa me faisait appeler en plein cours, je me suis dit c’est comme ça qu’une vie bascule, une fin d’après-midi banale, un coup de fil, accident, et voilà, tout est foutu.
Je leur en voulais, aux deux stratifs, de me regarder par en dessous, de guetter ma voix brisée, mes cernes creusés, les perles de sueur froide sur mon front comme des boutons ou des gouttes de gomme arabique, oui ça y était, j’étais le troisième larron masqué, je m’allongeais sur un lit de bitume fumant et j’attendais le rouleau compresseur qui m’écraserait les traits. »

Extrait de : H. Jaouen. « L’adieu aux Îles. »

L’adieu au Connemara par Hervé Jaouen

Fiche de L’adieu au Connemara

Titre : L’adieu au Connemara
Auteur : Hervé Jaouen
Date de parution : 2003
Editeur : Presses de la cité

Première page de L’adieu au Connemara

« Comme il avait perdu l’espoir qu’un seul d’entre eux survive, Sean Maloney usa ses dernières forces à creuser leurs tombes à tous sur le chemin du lac, dans le petit cimetière d’Inishconga, en face de l’îlot du même nom. Courbé sur sa houe, à l’intérieur de l’enclos cerné d’ifs, sous un rejet de frêne, de Kathleen, sa femme, Sean Maloney creusa, creusa la fosse. Jour après jour, alors que ses bras et ses jambes faiblissaient, de chacun de leurs six enfants Sean Maloney creusa, creusa le trou. Épuisé, il creusa le sien, en espérant bien succomber le dernier. Comme il n’y aurait plus personne pour l’ensevelir, il n’attendait du Très-Haut que la grâce ultime de lui accorder la force de ramper sous la bruyère jusqu’à sa douve où il s’aplatirait comme un crapaud pour rendre l’âme, recroquevillé sur lui-même comme tous les morts de faim. »

Extrait de : H. Jaouen. « L’adieu au Connemara. »

Hôpital souterrain par Hervé Jaouen

Fiche de Hôpital souterrain

Titre : Hôpital souterrain
Auteur : Hervé Jaouen
Date de parution : 1990
Editeur : Gallimard

Première page de Hôpital souterrain

« Du plus loin qu’il se souvînt, l’angoisse était présente, changeante, protéiforme – parfois colombe apprivoisée qui se niche au creux de la poitrine et respire faiblement ; tantôt cafard qui ronge, lime ses pattes les unes contre les autres, écrivant une musique aux aigus métalliques ; souvent fleur vénéneuse éclose le soir et fanée au matin ; toujours livre impénétrable dont les pages de papier bible s’envolent au moindre souffle et desquelles s’échappent, ainsi que des moucherons, des hiéroglyphes en grappes, angoisses illisibles.

Oui, du plus loin qu’il se souvînt, il avait craint que ces angoisses des matins et des soirs ne se réunissent un jour jusqu’à former une boule qui l’étoufferait.

Et dès que sa fille vint au monde, il craignit pour sa vie.

Il avait craint l’accident à la sortie de l’école, l’empoisonnement, la strangulation, la noyade et autres peurs somme toute normales et banales d’un père fou d’amour, mais jamais il n’aurait imaginé, du fond du puits de ses terreurs nocturnes, qu’Angeline eût pu disparaître sans laisser de traces. »

Extrait de : H. Jaouen. « Hôpital souterrain. »

Histoire d’ombres par Hervé Jaouen

Fiche de Histoire d’ombres

Titre : Histoire d’ombres
Auteur : Hervé Jaouen
Date de parution : 2004
Editeur : Denoël

Première page de Histoire d’ombres

« Juin 1984, Pierrelégier (Suisse).
Je ne m’appelle plus Ralph Bakchine.
J’ai changé d’identité et c’est drôle de le dire.
De l’écrire…
Aujourd’hui, c’est presque un anniversaire : voilà un an que je vis en Suisse, avec Jeanne. Jeanne et sa sœur. Mais la sœur n’est que l’ombre de Jeanne et elle n’a aucune importance dans cette histoire.
Je les aide à tenir le Café-restaurant de la Poste. Je suis devenu barman, pizzaïolo, plongeur, homme à tout faire.
Jeanne est une fille étrange, je parlerai d’elle plus tard.
Si j’ai entrepris de terminer ce journal, de mettre un point final à cette histoire, c’est pour que nul n’ignore la vérité.
Que je ne laisse rien dans l’ombre, après moi. »

Extrait de : H. Jaouen. « Histoire d’ombres. »

Gwaz-Ru par Hervé Jaouen

Fiche de Gwaz-Ru

Titre : Gwaz-Ru
Auteur : Hervé Jaouen
Date de parution : 2013
Editeur : Presses de la cité

Première page de Gwaz-Ru

« À la grande surprise du jeune brigadier qui tenait le volant, la Juvaquatre de la gendarmerie de Quimper déboucha route de Bénodet, près du lieu-dit Moulin des Landes.
— Merde alors, dit-il, c’est la fin de la garenne.
— Ouais, tour nul, dit son supérieur, un maréchal des logis blanchi sous un képi lustré par quelque vingt ans de fidélité à des régimes antagoniques.
D’origine rurale, le chef maniait naturellement des tournures vernaculaires, parfois hermétiques à l’entendement du brigadier, un Brestois non bretonnant. Mais là, c’était clair. Tour nul : chou blanc. Ils étaient passés devant la ferme de Goarem-Treuz sans la voir. Pourtant, d’après la carte d’état-major, il n’y avait pas trente-six fermes le long de cette garenne qu’ils avaient parcourue d’un bout à l’autre, à partir de la route de Concarneau. »

Extrait de : H. Jaouen. « Gwaz-Ru. »

Flora des Embruns par Hervé Jaouen

Fiche de Flora des Embruns

Titre : Flora des Embruns
Auteur : Hervé Jaouen
Date de parution : 1991
Editeur : Presses de la cité

Première page de Flora des Embruns

« Jamais Grand-rue n’avait mieux mérité son nom. Elle était née au pont sur la Virgule – maigre ruisseau côtier qui prenait sa source dans les collines au-dessus de la palud pour se jeter dans l’aber et y perdre son identité au rythme des marées – en même temps que le moulin à mer construit sous le règne de Louis XIV, sa première borne. Sa seconde borne extrême avait été élevée un siècle plus tard : sur la grève, épaulée aux rochers, une digue où venaient accoster les sardiniers et les chalutiers à voiles couleur tabac. Les pêcheurs y vendaient leur marée à une poignée de commerçants et hôteliers venus des bourgs ruraux alentour. Bientôt l’on avait bâti des abris, des maisons de pêcheurs – une pièce en bas, une pièce en haut éclairée par une mansarde ou un chien assis –, et puis au gré des ventes de terrains et des bonnes fortunes de mer, les lèvres de l’aber s’étaient chaussées de dents disparates, blanches et bleu ardoise, jusqu’à former une ligne continue de l’océan au Moulin du Pont. »

Extrait de : H. Jaouen. « Flora des embruns. »

Fleur d’achélème par Hervé Jaouen

Fiche de Fleur d’achélème

Titre : Fleur d’achélème
Auteur : Hervé Jaouen
Date de parution : 2007
Editeur : Editions diabase

Première page de Fleur d’achélème

« C’est à l’occasion de son vingtième anniversaire, en 1966, que Bernard reçut la première lettre de Lucienne. Contrairement à l’indifférence qu’il feignit devant Marie-Claude, il fut flatté et amusé d’y lire sous l’autodérision une espèce de regret amoureux – sans doute Lucienne l’avait-elle aimé, et peut-être l’aimait-elle encore, après tout, ce qui serait assez drolatique. À vingt ans, il portait déjà un regard sans faiblesse sur le passé récent, et pourtant si lointain, de leur bande de copains.

Comme beaucoup de couples de leur génération, Marie-Claude et Bernard étaient entrés brutalement dans l’âge adulte. À force de faire l’amour à la sauvette dans des conditions et des postures rendant périlleuse la pratique du coït interrompu, ils avaient fabriqué un gosse. Ils ne le prirent pas comme une tuile. Puisqu’ils s’aimaient depuis leur quinzième printemps, quoi de plus naturel que de se marier à dix-neuf ans, quand on y gagne en plus son indépendance vis-à-vis du milieu familial ? »

Extrait de : H. Jaouen. « Fleur d’achélème. »

Par où commencer avec Robert Silverberg ?

Robert Silverberg est le genre d’auteur chez qui la question « par où commencer ? » se pose assez naturellement. Avec une œuvre qui s’étend sur plusieurs décennies, il a exploré des territoires très différents de la science-fiction : voyages dans le temps, mutations, mondes futurs, sociétés transformées, exploration spatiale, histoire alternative, fantasy et récits plus intimistes.

Il n’existe donc pas forcément un seul bon point d’entrée dans son œuvre. Le meilleur choix dépend surtout de ce que l’on a envie de découvrir chez lui.

Un auteur aux multiples visages

Silverberg n’est pas un écrivain que l’on peut réduire à une seule série ou à un seul univers. Son œuvre disponible sur mais-encore.fr permet déjà de mesurer cette diversité.

On peut par exemple entrer dans son univers par Majipoor, son vaste cycle mêlant science-fiction et fantasy. Le Château de Lord Valentin, publié en 1980, constitue le premier titre de la série présente sur le site, avant Chroniques de Majipoor, Valentin de Majipoor et les romans consacrés aux différentes époques de ce monde.

On peut aussi découvrir un Silverberg beaucoup plus tourné vers les grandes idées de la science-fiction avec des romans comme L’Homme dans le labyrinthe, L’Homme stochastique, Les Monades urbaines ou Le Temps des changements.
Et son goût pour l’histoire et les uchronies apparaît également dans des titres comme La Porte des mondes, Roma Aeterna ou Les Éléphants d’Hannibal.
Cette diversité est précisément ce qui peut rendre son œuvre un peu intimidante au premier abord. Mais elle constitue aussi l’un de ses principaux attraits : si un premier roman ne correspond pas à vos goûts, cela ne signifie pas nécessairement que Silverberg n’est pas fait pour vous. Il suffit peut-être d’emprunter un autre chemin.

Alors, quel Silverberg voulez-vous découvrir ?

Pour un premier contact, il est donc plus intéressant de partir de ce que l’on recherche que de vouloir suivre l’ensemble de sa bibliographie dans l’ordre.

Vous aimez les grands mondes imaginaires et les récits au long cours ? L’univers de Majipoor offre une porte d’entrée évidente, avec plusieurs romans et recueils disponibles sur le site.

Vous préférez une science-fiction plus conceptuelle, centrée sur les transformations de l’être humain et de la société ? Plusieurs de ses romans indépendants permettent d’aborder cet aspect de son œuvre sans avoir à commencer une longue série.

Vous êtes davantage attiré par l’histoire, les civilisations disparues ou les jeux avec le passé ? Là encore, Silverberg possède plusieurs portes d’entrée, notamment parmi ses romans indépendants et ses récits de voyage dans le temps.

Enfin, si vous souhaitez simplement goûter à son écriture avant de vous lancer dans un roman, ses recueils de nouvelles constituent une autre possibilité. Le Chemin de la nuit, Les Jeux du Capricorne, Voile vers Byzance et Mon nom est Titan figurent notamment parmi les recueils présents sur mais-encore.fr.

L’idée n’est donc pas de chercher le livre par lequel tout lecteur devrait commencer, mais de trouver celui qui correspond le mieux à ce que vous avez envie de lire aujourd’hui.

La suite de ce guide va justement permettre de transformer ces différentes possibilités en parcours de lecture concrets.

En attendant, découvrez les livres de Robert Silverberg répertoriés par Mais-Encore.fr !

1. Commencer par Majipoor : le grand univers de Silverberg

Si vous aimez les univers vastes, les civilisations anciennes et les récits qui donnent véritablement l’impression de voyager dans un autre monde, Majipoor est probablement la porte d’entrée la plus naturelle vers une partie importante de l’œuvre de Robert Silverberg.

Le cycle occupe d’ailleurs une place considérable dans sa bibliographie. Sur mais-encore.fr, on trouve notamment Le Château de Lord Valentin, Chroniques de Majipoor, Valentin de Majipoor, Les Montagnes de Majipoor, Les Sorciers de Majipoor, Prestimion le Coronal, Le Roi des rêves et Dernières nouvelles de Majipoor.

Le meilleur point de départ : Le Château de Lord Valentin

Pour découvrir Majipoor, le choix le plus simple est de commencer par Le Château de Lord Valentin.

Le roman ouvre la série présente sur mais-encore.fr et constitue donc un point de départ particulièrement pratique pour découvrir cet univers sans avoir besoin de connaître les autres livres auparavant.

Majipoor est un monde immense, peuplé de différentes espèces et marqué par une histoire particulièrement longue. Silverberg y mélange des éléments que l’on associe aussi bien à la science-fiction qu’à la fantasy, ce qui donne au cycle une atmosphère assez différente de celle de ses romans de science-fiction les plus directement tournés vers les idées.

Le voyage est ici aussi important que l’intrigue : on découvre progressivement les paysages, les peuples, les institutions et les multiples facettes de Majipoor.

Pourquoi commencer par ce roman ?

Le Château de Lord Valentin présente un avantage évident pour un nouveau lecteur : il permet de découvrir Majipoor avant de se confronter à l’ampleur de l’ensemble du cycle.

Il n’est pas nécessaire de vouloir lire immédiatement tous les romans consacrés à cet univers. Vous pouvez commencer par ce premier voyage, puis décider ensuite si vous souhaitez poursuivre.

C’est d’ailleurs une bonne manière d’aborder Silverberg en général : plutôt que de considérer son œuvre comme une bibliographie qu’il faudrait parcourir intégralement, il vaut mieux identifier les univers ou les thèmes qui vous attirent le plus.

Et après ?

Si le premier voyage à Majipoor vous a convaincu, plusieurs autres livres permettent de prolonger l’exploration.

Chroniques de Majipoor et Valentin de Majipoor figurent immédiatement après Le Château de Lord Valentin dans la série proposée sur mais-encore.fr. Plus loin, d’autres romans reviennent sur différentes périodes et personnages de l’histoire de ce monde, notamment Les Montagnes de Majipoor, Les Sorciers de Majipoor, Prestimion le Coronal et Le Roi des rêves.

Il existe donc une différence intéressante entre découvrir Majipoor et vouloir explorer toute son histoire. Pour un premier lecteur, la première démarche suffit largement : commencez par Le Château de Lord Valentin, voyez si l’univers vous séduit, puis poursuivez votre lecture selon votre envie.

Et si Majipoor ne vous attire pas particulièrement, pas d’inquiétude : ce n’est qu’une des nombreuses facettes de Silverberg. Ses romans indépendants offrent une tout autre manière d’aborder son œuvre.

2. Commencer par un roman indépendant

Vous n’avez pas forcément envie de vous lancer dans un cycle de plusieurs volumes ? C’est peut-être même la meilleure raison de commencer par un roman indépendant de Robert Silverberg.

Son catalogue disponible sur mais-encore.fr en propose un grand nombre, couvrant plusieurs périodes de sa carrière : L’Homme dans le labyrinthe, L’Homme stochastique, Les Monades urbaines, Le Temps des changements, Les Ailes de la nuit, Le Livre des crânes ou encore Shadrak dans la fournaise.
L’avantage est simple : un seul livre suffit pour se faire une idée de Silverberg, sans avoir à mémoriser un univers ou à suivre une chronologie complexe.

L’Homme dans le labyrinthe : une première rencontre avec Silverberg

Parmi les romans indépendants présents sur le site, L’Homme dans le labyrinthe constitue un choix particulièrement intéressant pour découvrir l’auteur.

Publié en 1968, il appartient à cette période particulièrement féconde de la carrière de Silverberg et permet d’aborder une science-fiction davantage centrée sur l’individu que sur la construction d’un vaste univers. Le titre lui-même annonce d’ailleurs une situation fondée sur l’enfermement et la recherche d’une issue.

Ce n’est pas nécessairement le livre à choisir si vous cherchez une aventure spatiale classique ou un grand cycle romanesque. En revanche, si ce qui vous attire dans la science-fiction est la confrontation entre une idée forte et un personnage, il constitue une porte d’entrée intéressante.

Les Monades urbaines : découvrir son regard sur la société

Autre possibilité, Les Monades urbaines, publié en 1971 et présent lui aussi parmi les romans indépendants du site.

Le point de départ est très différent. Ici, Silverberg s’intéresse davantage à l’organisation d’une société future et à la manière dont les individus vivent au sein de celle-ci.

C’est donc un titre à privilégier si vous aimez la science-fiction qui utilise le futur pour interroger les normes sociales, les relations humaines et la façon dont une civilisation peut organiser la vie quotidienne.

Il permet surtout de découvrir un autre Silverberg : celui qui observe une société et en examine les conséquences, plutôt que celui qui construit avant tout une aventure.

L’Homme stochastique : pour les amateurs d’idées

Avec L’Homme stochastique, publié en 1975, on retrouve encore une autre facette de l’auteur.

Ce roman peut intéresser les lecteurs qui apprécient les récits construits autour d’une idée spéculative centrale et de ses conséquences.

Il illustre bien une caractéristique que l’on retrouve dans plusieurs œuvres de Silverberg : partir d’une possibilité scientifique ou sociale et se demander jusqu’où elle pourrait transformer l’existence humaine.

Le Temps des changements : pour une approche plus personnelle

Le Temps des changements, paru en 1971, constitue une autre possibilité parmi les romans indépendants disponibles sur mais-encore.fr.

Si vous cherchez un récit davantage tourné vers l’identité et la transformation personnelle, ce titre mérite également votre attention.

Il montre une nouvelle fois pourquoi il est difficile de définir Silverberg à partir d’un seul livre : d’un roman à l’autre, le décor, le type de récit et le sujet peuvent changer considérablement.

Quel roman choisir ?

Il n’est donc pas nécessaire de chercher un hypothétique « meilleur » roman pour commencer. Ces différents titres permettent plutôt d’entrer dans des aspects différents de son écriture :

Et surtout, contrairement à un cycle, vous pouvez vous arrêter après un seul de ces romans sans avoir l’impression de laisser une histoire inachevée.

C’est probablement la manière la plus simple de tester Silverberg : choisir le sujet qui vous attire le plus, lire un roman, puis décider ensuite quelle autre facette de son œuvre vous souhaitez explorer.

3. Pour les amateurs de voyages dans le temps et d’histoire alternative

Le voyage dans le temps est une autre porte d’entrée intéressante dans l’œuvre de Robert Silverberg. Son catalogue ne se contente pas d’utiliser le temps comme simple mécanisme d’aventure : il lui permet également de modifier notre rapport à l’Histoire et d’imaginer ce qui aurait pu se produire si certains événements avaient pris une autre direction.

Plusieurs titres disponibles sur mais-encore.fr permettent d’explorer cette facette de son œuvre, notamment Fugues dans le temps, La Porte des mondes, Les Déportés du Cambrien, Pavane au fil du temps et Roma Aeterna.

Fugues dans le temps : commencer directement par le voyage temporel

Fugues dans le temps rassemble notamment Les Déserteurs temporels, publié en 1967, et Les Temps parallèles, publié en 1969.

C’est donc une possibilité naturelle pour celui qui souhaite avant tout retrouver le plaisir du voyage temporel.

Le titre a également l’avantage de réunir deux textes autour de cette thématique. Si c’est précisément cette dimension de la science-fiction qui vous attire, il peut constituer une manière directe d’aborder Silverberg sans passer par ses autres univers.

La Porte des mondes : quand l’Histoire prend une autre direction

La Porte des mondes propose une autre façon d’utiliser l’histoire alternative.

C’est un choix particulièrement adapté si vous aimez les récits qui partent d’un « et si ? » historique : au lieu de simplement envoyer un personnage dans une autre époque, Silverberg imagine un monde dans lequel l’Histoire elle-même a suivi une trajectoire différente.

Le plaisir de lecture vient alors autant de la découverte de ce monde que des événements qui s’y déroulent.

Roma Aeterna : observer une civilisation sur la durée

Avec Roma Aeterna, publié en 2003, Silverberg pousse encore plus loin le principe de l’histoire alternative.

Le titre annonce déjà le point de divergence : que serait devenue Rome si son histoire avait continué ?

Ce livre constitue donc une piste intéressante pour les lecteurs qui aiment moins le voyage temporel en lui-même que les conséquences d’une modification historique.

Il s’agit d’une autre manière de découvrir Silverberg : non plus en suivant un personnage qui voyage dans le temps, mais en observant une civilisation et les transformations que produit une autre trajectoire historique.

Les Déportés du Cambrien : pour une autre forme de voyage temporel

Les Déportés du Cambrien ait publié en 1968.

Le titre permet d’aborder une autre variation du thème : le déplacement dans une époque extrêmement éloignée de la nôtre.

C’est une bonne piste si ce qui vous attire dans les récits temporels est avant tout le dépaysement provoqué par la rencontre avec un passé radicalement différent.

Quel choix selon vos envies ?

Cette partie de l’œuvre peut donc se découvrir de plusieurs manières :

  • Fugues dans le temps → si vous voulez commencer par le voyage temporel lui-même.
  • La Porte des mondes → si vous préférez l’histoire alternative et les mondes issus d’une autre trajectoire historique.
  • Roma Aeterna → si l’idée d’imaginer la survie et l’évolution d’une civilisation historique vous attire.
  • Les Déportés du Cambrien → si vous recherchez avant tout le dépaysement temporel.

Ces livres ont en commun de montrer que, chez Silverberg, le temps peut être bien davantage qu’un décor : il devient un moyen de modifier les règles du monde et de regarder autrement notre propre histoire.

4. Commencer par les nouvelles

Si vous hésitez encore à vous lancer dans un roman de Robert Silverberg, les recueils de nouvelles constituent une autre manière de découvrir son œuvre.

L’intérêt est assez simple : une nouvelle permet d’entrer rapidement dans une idée, un univers ou une situation, sans demander le même investissement qu’un roman. Pour un auteur aussi prolifique que Silverberg, c’est aussi une façon de découvrir plusieurs facettes de son imagination au sein d’un même livre.

Mais-Encore.fr contient plusieurs recueils qui permettent justement cette approche : Le Chemin de la nuit, Les Jeux du Capricorne, Voile vers Byzance et Mon nom est Titan.

Le Chemin de la nuit

Le Chemin de la nuit ait publié en 1996.

C’est un choix pertinent si vous souhaitez découvrir Silverberg à travers plusieurs récits plutôt qu’à travers une seule histoire longue.

Le format permet notamment de prendre le temps de voir comment l’auteur construit une idée ou une situation en peu de pages. Si une nouvelle vous séduit particulièrement, vous pourrez ensuite vous tourner vers d’autres romans ou recueils de son œuvre.

Les Jeux du Capricorne

Les Jeux du Capricorne, publié en 1986, constitue une autre possibilité.

Comme pour les autres recueils, l’intérêt principal est de pouvoir aborder Silverberg par une succession de textes courts, plutôt que de choisir immédiatement un roman de plusieurs centaines de pages.

C’est notamment une bonne solution pour les lecteurs qui aiment découvrir progressivement un écrivain : quelques pages peuvent suffire pour savoir si son style et sa manière de construire ses récits vous donnent envie d’aller plus loin.

Voile vers Byzance

Voile vers Byzance fait également partie des recueils disponibles sur Mais-Encore.fr.

Le titre offre une autre possibilité pour explorer son travail sous la forme courte. Ici encore, il n’est pas nécessaire de considérer le recueil comme une étape obligatoire avant les romans : il peut tout simplement constituer votre première rencontre avec Silverberg.

Mon nom est Titan

Enfin, Mon nom est Titan, publié en 2006, complète cette sélection de recueils.

Il peut intéresser les lecteurs qui préfèrent commencer par une œuvre plus tardive plutôt que par les textes des premières décennies de sa carrière.

Pourquoi choisir un recueil ?

Le principal avantage de cette approche est finalement sa souplesse.

Avec un roman, vous vous engagez dans une histoire et dans un univers pendant toute la durée du livre. Avec un recueil, vous pouvez lire une nouvelle, faire une pause, puis reprendre plus tard.

C’est également une bonne manière de découvrir un auteur dont la bibliographie est aussi abondante : vous n’avez pas besoin de choisir immédiatement le roman qui représentera Silverberg pour vous.

Si vous appréciez le format court, les recueils présents sur Mais-Encore.fr offrent donc une entrée parfaitement autonome dans son œuvre. Et si vous accrochez à certaines nouvelles, elles pourront naturellement vous conduire vers ses romans.

5. Robert Silverberg est-il fait pour vous ?

Après avoir parcouru les différentes portes d’entrée dans son œuvre, reste une question essentielle : Robert Silverberg est-il le genre d’auteur que vous pourriez aimer ?

La réponse dépend évidemment de ce que vous recherchez dans la science-fiction.

Si vous aimez les auteurs qui explorent des idées, des sociétés, des civilisations et les transformations de l’être humain, Silverberg a de nombreuses chances de vous intéresser. Son œuvre permet de passer d’un récit à l’autre avec des approches très différentes, sans rester enfermé dans un seul type de science-fiction.

En revanche, si vous recherchez avant tout une œuvre parfaitement homogène, avec un univers unique et une continuité constante d’un livre à l’autre, son abondante bibliographie peut demander un peu plus de temps pour trouver votre point d’accroche.

C’est justement pour cela qu’il vaut mieux choisir son premier Silverberg en fonction de ses propres goûts, plutôt que de chercher à commencer par un livre présenté comme incontournable pour tout le monde.

Vous aimez les grands univers ? Essayez Majipoor.

Vous préférez les romans indépendants et les idées de science-fiction ? Plusieurs de ses œuvres permettent de l’aborder directement de cette manière.

Vous êtes passionné par les voyages dans le temps ou l’histoire alternative ? Son œuvre offre également plusieurs possibilités.

Et si vous préférez les formats courts, les recueils de nouvelles constituent une façon beaucoup moins engageante de faire connaissance avec l’auteur.

En résumé

Il n’est donc pas nécessaire de connaître toute la bibliographie de Robert Silverberg avant de commencer.

Voici l’essentiel à retenir :

L’important est donc moins de trouver un ordre de lecture définitif que de trouver la porte d’entrée qui correspond à vos envies.

Conclusion

Robert Silverberg est un auteur dont la bibliographie peut impressionner au premier regard. Avec plusieurs décennies d’écriture et des dizaines de titres, on peut facilement avoir l’impression qu’il faut savoir par où commencer avant même d’ouvrir un de ses livres.

En réalité, son œuvre permet justement l’inverse.

On peut entrer par un monde aussi vaste que Majipoor, choisir un roman indépendant, se laisser entraîner par une histoire alternative ou simplement commencer par quelques nouvelles.
Il n’est donc pas nécessaire de chercher le parcours parfait.

Choisissez simplement le Silverberg qui correspond le mieux à ce que vous avez envie de lire aujourd’hui. Si le voyage vous plaît, son immense bibliographie vous donnera ensuite largement de quoi poursuivre.

Et c’est peut-être finalement la meilleure façon de découvrir un auteur aussi prolifique : ne pas chercher à tout lire immédiatement, mais trouver un premier livre qui donne envie d’en ouvrir un deuxième.

Orcs par Stan Nicholls

Fiche de Orcs

Titre : Orcs
Auteur : Stan Nicholls
Date de parution : 2001
Traduction : I. Troin
Editeur : Bragelonne

Sommaire de Orcs :

  • La compagnie de la foudre
  • La légion du tonnerre
  • Les guerriers de la tempête