Auteur/autrice : CH91

 

Thomas par Dominique Douay

Fiche de Thomas

Titre : Thomas
Auteur : Dominique Douay
Date de parution : 1975
Editeur : Editions Armada

Première page de Thomas

« Phase 1 – observation

— Un homme, on dirait, suppute Alduce en plissant les yeux.

— Une femme, peut-être, suggère Thomas avec un espoir non déguisé.

Les mains enfouies dans les poches de son pantalon informe, il caresse sa verge qu’il sent durcir sous l’étoffe râpeuse.

— Ta gueule.

Alduce lui expédie une bourrade au jugé, le regard toujours fixé sur la silhouette – une silhouette, vraiment ? Non, son imagination lui joue encore un tour. Un point noir, tout au plus ; un point d’ombre mobile posé sur l’extrême bord de la coupelle. Mais à supposer que ce point soit l’amorce d’une silhouette et non une illusion d’optique due par exemple à la réverbération dont l’intensité croît au fur et à mesure que l’on s’éloigne du centre de la coupelle, il faut alors admettre que cette silhouette paraît s’approcher des observateurs. »

Extrait de : D. Douay. « Thomas. »

Deux vertiges par Dominique Douay

Fiche de Deux vertiges

Titre : Deux vertiges (et autres malaises)
Auteur : Dominique Douay
Date de parution : 2023
Editeur : Les moutons électriques

Sommaire de Deux vertiges :

  • La vie comme une course de chars à voile
  • Car les temps changent
  • Cochise d’AméNord Dix
  • La fin de l’hiver
  • Froide est ta peau, Sytia. Morne mon désir
  • Thomas
  • Le rêve amoureux

Strates par Dominique Douay

Fiche de Strates

Titre : Strates
Auteur : Dominique Douay
Date de parution : 1978
Editeur : Denoël

Première page de Strates

« Rémi se dressa d’un bond, la bouche béante sur un cri qui refusait de sortir. Les paupières toujours closes, il tâtonna quelques secondes à la tête de sa couche, trouva enfin le minuscule interrupteur. Le pressa.
« Tu t’appelles Rémi Marsaut », fit une voix, la sienne, quoique à ce moment il n’en fût pas très sûr. « Tu as trente-deux ans, souviens-toi : trente-deux ans. Nous sommes en dix-neuf cent quatre-vingt-dix… »
« Dix-neuf cent quatre-vingt-dix, haleta-t-il. Dix-neuf cent quatre-vingt-dix ! »
« Tu t’appelles Rémi Marsaut, reprit sa voix après un court instant de silence. Tu as… » L’homme arrêta le défilement de la bande sans fin d’un nouveau coup de pouce.
— … trente-deux ans, poursuivit-il à mi-voix. Quelque part dans le tréfonds de son esprit, des ombres s’insurgèrent contre cette affirmation, mais Rémi était cette fois trop réveillé pour se laisser abuser. D’ailleurs, deuxième obstacle dressé contre les illusions malignes, un grand miroir volontairement placé à cet endroit lui renvoyait son image, de plus en plus nette à mesure que la lumière se faisait plus vive. Paupières lourdes, yeux rouges, visage fatigué, sali par une barbe têtue et irrégulière. Trente-deux ans… »

Extrait de : D. Douay. « Strates. »

Gaston Leroux

Présentation de Gaston Leroux :

Gaston Leroux, qui poussa son premier cri aux premiers jours du mois de mai de l’an 1868 au cœur de notre capitale, s’inscrit au panthéon des lettres françaises comme l’un des maîtres incontestés et flamboyants du roman populaire. Avant de régner en monarque absolu sur l’imaginaire de ses concitoyens, ce fils de la bourgeoisie provinciale fut d’abord promis au prétoire. Toutefois, mû par une soif inextinguible d’aventures, il ne tarda point à jeter sa robe d’avocat aux orties pour embrasser la carrière, alors fort trépidante, de journaliste.

Grand reporter pour les colonnes du quotidien Le Matin, Gaston Leroux courut le monde avec une verve infatigable, relatant à ses lecteurs ébahis les soubresauts de son époque, depuis les sables de l’Afrique jusqu’aux sanglantes convulsions de l’Empire russe lors de la révolution de 1905. C’est indéniablement de ces années de reportage qu’il puisa ce sens aigu du rythme et cette scrupuleuse précision documentaire qui feront, plus tard, le sel de ses fictions.

C’est à l’aube de la quarantaine, en l’an 1907, que cet homme au tempérament rabelaisien décida de s’adonner pleinement à la chose littéraire, signant un authentique coup de tonnerre dans le ciel du roman policier : « Le Mystère de la chambre jaune ». Avec cette intrigue à la machiavélisme diabolique, il posa les fondations du problème de la chambre close et donna naissance à l’inoubliable Joseph Rouletabille. Ce jeune reporter, armé de la seule puissance de la déduction et des « bons bouts de la raison », triomphe là où les limiers les plus chevronnés s’égarent. Fort d’un immense succès de librairie, l’auteur lui offrit une suite tout aussi vertigineuse, « Le Parfum de la dame en noir », parachevant ainsi son statut de démiurge de l’énigme.

Cependant, l’on aurait tort de cantonner Gaston Leroux à la seule littérature policière. Son imagination fertile le poussa à s’aventurer dans les territoires ombreux du fantastique et du drame gothique. Il convient de citer, pour la bonne bouche, le célébrissime « Fantôme de l’Opéra », paru sous les presses en 1910. En explorant les dédales souterrains de l’Académie nationale de musique, il livre une fresque tragique, mêlant la terreur à l’amour le plus fiévreux. N’oublions pas non plus la figure truculente et pathétique du forçat Chéri-Bibi, dont le cri de ralliement, « Fatalitas ! », résonne encore dans la mémoire des fervents amateurs du roman-feuilleton.

Emporté par la maladie au printemps de l’an 1927 sous le ciel clément de la cité niçoise, Gaston Leroux s’en est allé après avoir noirci des milliers de feuillets avec une prodigalité prodigieuse. En cette époque où les cénacles universitaires redécouvrent enfin la noblesse des littératures dites de genre, il apparaît plus que jamais indispensable de saluer le génie de cet artisan de l’illusion. Par son art consommé du suspense, son écriture truculente et son sens inné du mystère, Gaston Leroux a su élever le divertissement populaire aux plus hautes cimes de l’art romanesque.

Livres de Gaston Leroux :

Chéri-Bibi :

Herbert de Renich :

Les ténébreuses :

Rouletabille :

Balaoo (1911)
Coffret 3 (2019)
Confitou (1917)
L’épouse du soleil (1913)
L’homme qui a vu le diable (1908)
L’homme qui revient de loin (1916)
La colonne infernale (1916)
La double vie de Théophraste Longuet (1904)
La machine à assassiner (1923)
La poupée sanglante (1923)
La reine du Sabbat (1910)
Le coeur cambriolé (1920)
Le fantôme de l’Opéra (1926)
Le fauteuil hanté (1909)
Le fils de trois pères (1925)
Le roi mystère (1908)
Le sept de trèfle (1921)
Les mohicans de Babel (1926)
Mister Flow (1927)
Quelques nouvelles terrifiantes (1911-1924)
Tue-la-mort (1920)
Un homme dans la nuit (1910)

Pour en savoir plus sur Gaston Leroux :

La page Wikipédia sur G. Leroux
La page Noosfere sur G. Leroux
La page isfdb de G. Leroux

Gaston de Pawlowski

Présentation de Gaston de Pawlowski :

Gaston de Pawlowski, qui vit le jour au cœur de l’été de l’an 1874, fut l’une des figures les plus foisonnantes et les plus singulières de la scène intellectuelle et journalistique de la Belle Époque. Cet homme d’une rare érudition, qui présida avec une élégance toute mondaine aux destinées du prestigieux quotidien culturel Comœdia et s’illustra d’abord dans la chronique sportive, cachait sous ses habits de dandy un esprit visionnaire d’une envergure proprement vertigineuse.

Si l’histoire littéraire classique retient volontiers ses mots d’esprit et son rôle de grand ordonnateur de la vie théâtrale parisienne, les fervents amateurs de littérature d’anticipation, que l’on nomme de plus en plus couramment « science-fiction » en cette décennie, lui vouent un culte tout particulier. Il convient en effet d’insister avec la plus grande vigueur sur l’apport fondamental de M. de Pawlowski à ce genre littéraire, apport magistralement incarné par son chef-d’œuvre paru sous les presses en 1912 : le célèbre « Voyage au pays de la quatrième dimension ».

Dans cet ouvrage d’une audace conceptuelle inouïe, notre savant polygraphe se fait l’architecte d’un univers où se mêlent l’extrapolation scientifique la plus rigoureuse et la satire sociale. Bien avant les grandes machineries anglo-saxonnes, il y dépeint les étapes futures de la civilisation humaine avec une prescience qui nous laisse aujourd’hui encore pantois. Gaston de Pawlowski y décrit tour à tour l’ère du Léviathan, dominée par le triomphe étouffant de la machine et de la matière, puis l’avènement de l’oiseau d’or, et enfin l’accès de l’humanité à la fameuse « quatrième dimension ». Cette dernière n’est point traitée comme un simple artifice romanesque, mais comme une authentique percée métaphysique, un espace où le temps et l’espace s’abolissent au profit d’une perception simultanée et absolue de l’univers.

L’on ne saurait trop souligner à quel point cette fresque prophétique a su marquer les esprits de son temps, fécondant jusqu’à l’imaginaire des mouvements d’avant-garde, et notamment celui du grand Marcel Duchamp. Par le truchement de ce texte, Gaston de Pawlowski s’est affranchi des limites du simple roman d’aventures vernien pour hisser l’anticipation française vers des cimes philosophiques et métaphysiques.

S’étant éteint dans la capitale au cours de l’an 1933, Gaston de Pawlowski demeure, par-delà les décennies, un authentique pionnier. En mêlant avec une désinvolture toute aristocratique les théories mathématiques non euclidiennes et la poésie de l’irrationnel, il a offert aux lettres de l’imaginaire un monument dont la splendeur spéculative continue d’éblouir les esprits curieux de notre temps.

Livres de Gaston de Pawlowski :

Voyage au pays de la quatrième dimension (1912)

Pour en savoir plus sur Gaston de Pawlowski :

La page Wikipédia sur G. de Pawlowski
La page Noosfere sur G. de Pawlowski
La page isfdb de G. de Pawlowski

Mary Doria Russell

Présentation de Mary Doria Russell :

Mary Doria Russell, qui vit le jour au beau milieu du mois d’août de l’an 1950 dans la bourgade d’Elmhurst, sise dans les plaines de l’Illinois, est une figure fort singulière des lettres d’outre-Atlantique. Avant de s’adonner avec brio à l’art du roman, cette femme d’une grande érudition consacra la première partie de son existence aux rigueurs de la science, œuvrant en tant que paléoanthropologue. C’est de cette formation universitaire qu’elle tira, sans le moindre doute, la sève de ses formidables récits.

Alors qu’elle eut pu se contenter des chaires académiques, Mary Doria Russell fit une entrée des plus remarquées dans le cénacle de la littérature d’anticipation au cours des années quatre-vingt-dix. Son coup d’essai, qui se révéla être un véritable coup de maître, fut publié sous nos latitudes sous le titre « Le Moineau de Dieu » (The Sparrow, 1996). Dans cet ouvrage d’une profondeur inouïe, l’autrice renoue avec la grande tradition philosophique du voyage intersidéral. Elle y narre l’expédition secrète d’une cohorte de pères jésuites vers la lointaine planète Rakhat, à la suite de la captation de chants extraterrestres d’une beauté indicible.

Loin des péripéties belliqueuses ou des tirs de rayons ardents dont nous abreuvent parfois les faiseurs de space opera, l’écrivaine s’attarde, avec la précision de l’anthropologue qu’elle fut, sur les vertigineux écueils de la communication entre les espèces et les abîmes de la foi. Les drames moraux et les chocs culturels y sont dépeints avec une humanité poignante, questionnant la nature de Dieu et la résilience de l’âme face à l’indicible. Elle offrira d’ailleurs une suite à cette tragédie cosmique avec « Enfants de Dieu », achevant ainsi un diptyque salué par les lauriers les plus convoités du genre, tels que le prestigieux prix Arthur C. Clarke.

Refusant de se laisser enfermer dans une unique chapelle littéraire, Mary Doria Russell délaissa par la suite les vaisseaux spatiaux pour explorer avec la même acuité les méandres de l’Histoire humaine, signant de vastes fresques historiques saluées par la critique.

En ces jours d’août de l’an 2026, alors qu’elle s’apprête à célébrer, d’ici quelques jours à peine, son soixante-seizième anniversaire, il convient de rendre un vibrant hommage à cette savante devenue romancière. Par la grâce d’une plume à la fois exigeante et lyrique, Mary Doria Russell a su élever la littérature d’anticipation vers des cimes théologiques et humanistes, prouvant aux esprits les plus chagrins que l’exploration des astres est avant tout une exploration des mystères de notre propre condition.

Livres de Mary Doria Russell :

Le moineau de Dieu (1996)

Pour en savoir plus sur Mary Doria Russell :

La page Wikipédia sur M. D. Russell
La page Noosfere sur M. D. Russell
La page isfdb de M. D. Russell

Carl Sagan

Présentation de Carl Sagan :

Carl Sagan, né à l’automne de l’an 1934 dans les faubourgs new-yorkais de Brooklyn, s’est imposé comme l’un des savants et vulgarisateurs les plus éminents d’outre-Atlantique. Émerveillé dès sa prime jeunesse par les mystères du firmament, il a consacré sa brillante carrière à l’étude des astres et à la quête de la vie extraterrestre, s’érigeant en ardent pionnier de cette discipline moderne que nos doctes assemblées nomment l’exobiologie.

Professeur respecté et collaborateur précieux des grandes agences spatiales de la nation américaine, il n’a eu de cesse de tourner les antennes de l’humanité vers les confins du vide intersidéral, traquant sans relâche le moindre signal venu des étoiles. S’il fut un pédagogue hors pair, sachant toucher le grand public par ses formidables essais de vulgarisation et son éloquence télévisuelle, il convient de saluer bien bas son talent de plumitif.

En effet, Carl Sagan ne s’est pas contenté des froides équations de l’astrophysique ; il s’est également illustré dans les lettres d’anticipation en livrant au public son célèbre roman, « Contact », paru sous les presses en l’an 1985. Dans cet ouvrage d’une rigueur scientifique absolument irréprochable, le savant endosse les habits du romancier pour imaginer, avec une justesse proprement visionnaire, la captation d’un premier message émis par une intelligence tapie dans les profondeurs du cosmos. Il y dépeint avec maestria les bouleversements philosophiques, religieux et politiques qu’engendrerait une telle révélation sur notre globe terrestre. Ce récit puissant, porté par la quête d’une héroïne savante et opiniâtre, témoigne d’une plume à la fois élégante et vertigineuse.

Ayant hélas rejoint les étoiles qu’il chérissait tant au mois de décembre de l’an 1996, cet infatigable arpenteur de l’univers laisse à la postérité une œuvre d’une rare noblesse. Par le truchement de ses essais et de sa mémorable incursion romanesque avec « Contact », Carl Sagan a su démontrer au monde que la stricte rationalité scientifique pouvait fort bien s’allier à l’émerveillement le plus pur face à l’insondable majesté du cosmos.

Livres de Carl Sagan :

Contact (1985)
Cosmos (1980)

Pour en savoir plus sur Carl Sagan :

La page Wikipédia sur C. Sagan
La page Noosfere sur C. Sagan
La page isfdb de C. Sagan

Hubert Mingarelli

Présentation de Hubert Mingarelli :

Hubert Mingarelli, né au tout début de l’année 1956 dans les rudes contrées de la Lorraine, compte parmi ces hommes de lettres dont la trajectoire échappe aux classifications ordinaires. Ayant répondu à l’appel du large dès sa prime jeunesse en s’engageant dans la marine à l’âge de dix-sept ans, il bourlingua sur les vastes océans avant de jeter l’ancre et de consacrer sa vie au noble artisanat de la plume. Si les cénacles germanopratins l’ont maintes fois couronné pour ses récits intimistes — lui décernant notamment le prestigieux prix Médicis au crépuscule de l’an 2003 pour ses « Quatre Soldats » —, il convient de ne point occulter la part d’ombre et de merveilleux qui baigne son œuvre.

En effet, notre prosateur s’est également illustré dans les contrées du fantastique et d’une science-fiction toute métaphorique, où l’étrangeté jaillit non point des astres lointains, mais des abîmes de l’âme humaine. L’exemple le plus saisissant de cette incursion dans l’imaginaire demeure sans conteste son roman « L’Arbre », publié en 1996. Dans ce récit d’une rare puissance évocatrice, l’auteur nous convie à l’exploration d’un monde clos, situé aux lisières de notre réalité. Le jeune protagoniste, flanqué de son fidèle chien Ojo, y arpente un labyrinthe naturel des plus inquiétants, peuplé de chimères et d’« ombres » redoutables. Hubert Mingarelli déploie ici une allégorie vertigineuse, flirtant avec les frontières de l’anticipation intérieure et de l’épouvante fantastique : la forêt y devient un univers insondable, une dimension parallèle où prennent corps les affres de notre frêle condition.

Bien que son style s’éloigne volontiers des grandes machineries technologiques chères aux faiseurs de space opera, l’écrivain parvient, par une économie de mots d’une rigueur toute spartiate, à instaurer un climat de mystère absolu. Ses personnages, souvent en proie à l’errance ou à la survie dans des mondes décharnés et inhospitaliers, semblent évoluer sur les vestiges d’une humanité chancelante, rappelant à bien des égards les fulgurances de l’anticipation post-apocalyptique.

Ayant hélas tiré sa révérence en l’an de grâce 2020, Hubert Mingarelli laisse derrière lui une bibliographie d’une profonde singularité. Par ses excursions subtiles mais entêtantes dans le domaine du fantastique, il a su prouver aux amateurs du genre que l’insolite pouvait parfaitement se nicher dans le murmure du vent et les arcanes de la nature sauvage, s’imposant dès lors comme un architecte des plus délicats des mondes de l’imaginaire.

Livres de Hubert Mingarelli :

L’arbre (1996)
La terre invisible (2019)
Vie de sable (1998)

Pour en savoir plus sur Hubert Mingarelli :

La page Wikipédia sur H. Mingarelli
La page Noosfere sur H. Mingarelli
La page isfdb de H. Mingarelli

Ethan d’Athos par Lois McMaster Bujold

Fiche de Ethan d’Athos

Titre : Ethan d’Athos (Tome 8 sur 20 – Saga Vorkosigan)
Auteur : Lois McMaster Bujold
Date de parution : 1986
Traduction : G. Blattmann
Editeur : J’ai lu

Première page de Ethan d’Athos

« La naissance s’annonçait bien. Les longs doigts d’Ethan dégagèrent en douceur la minuscule canule de son clamp.

— Solution hormonale C, ordonna-t-il au médtech qui l’assistait.

— Tout de suite, docteur Urquhart.

Ethan pressa l’hypovapo contre la membrane circulaire de la canule afin d’administrer la dose. Le placenta se resserrait comme il faut, se contractant dans la matrice qui l’avait porté depuis neuf mois. C’était le moment…

D’un geste précis, il ouvrit le couvercle du caisson et, avec son vibroscalpel, trancha la couche spongieuse des microscopiques tubes d’échanges que le médtech écarta aussitôt à l’aide de clamps. Seules quelques gouttelettes jaunes effleurèrent les mains gantées d’Ethan qui maniait le scalpel avec tant de délicatesse que le sac amniotique sous l’enchevêtrement des tubes n’était même pas abîmé. Une petite forme rose gigotait à l’intérieur.

— Plus que quelques secondes de patience, lui dit-il en souriant. »

Extrait de : L. McMaster Bujold. « Ethan d’Athos – Saga Vorkosigan. »

Cetaganda par Lois McMaster Bujold

Fiche de Cetaganda

Titre : Cetaganda (Tome 7 sur 20 – Saga Vorkosigan)
Auteur : Lois McMaster Bujold
Date de parution : 1996
Traduction : B. Emerich, A. Ramani
Editeur : J’ai lu

Première page de Cetaganda

« — À propos, « La diplomatie, c’est la guerre, poursuivie par la voix des autres », ou bien l’inverse ? demanda
Ivan. « La guerre, c’est la diplo… »

— « La diplomatie, c’est la guerre poursuivie par d’autres voies », psalmodia Miles. Chou En-Lai, xxe siècle,
Terre.

— Qui es-tu ? Les archives galactiques ambulantes ?

— Moi non, mais le commodore Tung, si. Il collectionne les vieux dictons chinois et m’oblige à les apprendre par cœur.

— Et le vieux Chou, était-il un diplomate ou un guerrier ?

Le lieutenant Miles Vorkosigan réfléchit avant de répondre :

— Un diplomate, je crois.

Les courroies du siège retinrent Miles à l’instant de la mise à feu des réacteurs d’altitude. La capsule privée dans laquelle Ivan et lui étaient assis l’un en face de l’autre effectua en douceur son entrée dans une solitude éblouissante. Les deux sièges faisaient la longueur du petit fuselage. Miles tendit le cou par-dessus l’épaule du pilote et jeta un coup d’œil à la planète qui tournait en contrebas. »

Extrait de : L. McMaster Bujold. « Cetaganda – Saga Vorkosigan. »