Auteur/autrice : CH91
The verb of life par Michel Honaker

Fiche de The verb of life
Titre : The verb of life (Tome 2 sur 9 – Le Commandeur)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir
Première page de The verb of life
« Entre le moment où il avait ramassé cette fille, celui où ils avaient couru sous la pluie à perdre haleine et celui où ils s’étaient engouffrés dans l’escalier de cet immeuble lépreux, la conquête de Ricky avait perdu une grande partie de son charme. La jupe plissée à fleurs exotiques n’était plus qu’une serpillière bonne à essorer. Le chemisier collait au soutien-gorge rembourré de coton. Les cheveux noirs permanentés par l’averse tombaient droit sur la nuque avec la grâce de cordes à linge. Et pire que tout, le maquillage trop généreux avait coulé sur ses joues creuses en rigoles noirâtres.
Elle avait prétendu s’appeler Wilma, tout à l’heure, au comptoir du bar où ils s’étaient rencontrés par semelles de chaussures interposées. Mais Ricky n’en croyait pas un mot. Elle avait le teint trop bistre, les pommettes trop hautes et les yeux trop noirs pour porter un tel prénom. Il penchait plutôt pour Rosita ou Asuncion. C’était à coup sûr une Porto en quête d’un petit cadeau pour sa dose de crack nocturne. »
Extrait de : M. Honaker. « The Verb of Life – Le Commandeur. »
Bronx ceremonial par Michel Honaker

Fiche de Bronx ceremonial
Titre : Bronx ceremonial (Tome 1 sur 9 – Le Commandeur)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir
Première page de Bronx ceremonial
« Il y avait une chose que Long Ben détestait par-dessus tout lorsqu’il s’enfouissait dans son tas d’ordures pour trouver un peu de réconfort dans la froideur de novembre. Pas tellement les papiers gras de délicatessen fraîchement léchés qui venaient s’afficher contre sa nuque. Ni les chats crevés qu’on avait jetés là par charité chrétienne. Ni les rats affamés qui dévoraient les chats crevés et mordaient au passage la toile rapiécée de son pantalon.
Non.
Long Ben – il avait porté bien d’autres noms par le passé, mais pour l’heure préférait ne se souvenir que de celui-ci –, Long Ben détestait qu’on lui pisse dessus. Et c’était cette détestable sensation qui l’avait tiré de la somnolence éthylique dans laquelle il végétait depuis le début de la soirée. Le chaud liquide ruisselait avec un doux chuintement de cascade sur sa cuisse gauche. Il cligna des yeux dans l’obscurité nauséabonde des feuilles de journaux dont il s’était prudemment recouvert. »
Extrait de : M. Honaker. « Bronx Ceremonial – Le Commandeur. »
Scott Westerfeld

Présentation de Scott Westerfeld :
Né le 5 mai 1963 sous le soleil ardent de Dallas, dans l’État du Texas, Scott Westerfeld s’est d’abord illustré dans des métiers fort divers, concevant des programmes informatiques et prêtant même, dit-on, sa plume à d’autres auteurs en tant que « nègre littéraire », avant de signer de son propre patronyme des œuvres d’anticipation appelées à un vif succès.
Si Scott Westerfeld s’est essayé avec brio au space opera destiné à un public adulte — on retiendra l’imposant diptyque de Succession (composé de L’I.A. et son double et Le Secret de l’Empire) —, c’est incontestablement auprès de la jeunesse qu’il a trouvé sa plus vibrante renommée. Au début de notre millénaire, il a en effet livré une tétralogie d’une redoutable intelligence, baptisée Uglies. Dans cette sombre vision de l’avenir, l’auteur dépeint une société où chaque adolescent, le jour de son seizième anniversaire, se voit contraint de subir de lourdes interventions chirurgicales afin de se conformer à un idéal de beauté absolu et d’intégrer la caste des « Pretties ». Sous couvert d’une intrigue palpitante, Scott Westerfeld y livre une critique féroce de la superficialité, du conformisme et des dérives de notre société de consommation.
Mais le lecteur épris d’aventures romanesques retiendra également sa formidable trilogie Léviathan. Dans une veine qui n’est pas sans rappeler des œuvres d’inspiration « steampunk » et « biopunk », l’auteur réinvente de fond en comble le premier conflit mondial. L’Europe s’y trouve déchirée entre les puissances « darwinistes » (telles que la Grande-Bretagne), qui utilisent des créatures génétiquement manipulées à des fins militaires, et les puissances « clankers » ou « mécanistes » (l’Empire austro-hongrois et l’Allemagne), qui misent sur de gigantesques machines à vapeur et autres engins blindés. C’est là une uchronie d’une étourdissante maestria, magnifiée, il faut le souligner, par les superbes illustrations à la plume de Keith Thompson.
Partageant sa vie entre l’effervescence de New York et les rivages de Sydney, aux côtés de son épouse, la romancière australienne Justine Larbalestier, Scott Westerfeld demeure un feuilletoniste de grand talent, capable de captiver les esprits curieux de tous âges.
Livres de Scott Westerfeld :
Horizon :
Leviathan :
Midnighters :
- L’heure secrète (2004)
- L’étreinte des ténèbres (2005)
- Le long jour bleu (2006)
Peeps :
- V Virus (2005)
- A Apocalypse (2005)
Succession :
- Les légions immortelles (2003)
- Le secret de l’empire (2003)
Uglies :
Intégrales :
- Succession (2012)
Afterworlds (2015)
Impostors (2012)
L’I.A. et son double (2000)
Pour en savoir plus sur Scott Westerfeld :
La page Wikipédia sur S. Westerfeld
La page Noosfere sur S. Westerfeld
La page isfdb de S. Westerfeld
Une seconde peau par Paul McAuley

Fiche de Une seconde peau
Titre : Une seconde peau
Auteur : Paul J. McAuley
Date de parution : 1997
Traduction : J-D Brèque
Editeur : Le Monde
Première page de Une seconde peau
« Le transporteur, jadis propriété d’un cartel des planètes extérieures et confisqué par la Communauté du Pacifique terrienne à l’issue de la Guerre tranquille, parcourait une orbite continue et immuable entre Saturne, Uranus et Neptune. Il n’accostait jamais nulle part. Il recueillait l’hydrogène du vent solaire, qu’il mélangeait avec le nanogramme d’antimatière capable de l’alimenter en énergie pendant un siècle et, une ou deux fois par an, au cours de la trajectoire sinueuse que la gravité lui faisait décrire parmi les lunes de Saturne, des drones de maintenance se fixaient à sa coque telles des barnaches et réparaient les dégâts que ses systèmes internes étaient impuissants à traiter.
Ben Lo et les six autres membres de la première délégation commerciale envoyée sur Protée depuis la guerre furent transférés sur le transporteur alors qu’il effectuait une boucle autour de Titan, toujours endormis dans les nacelles d’hibernation où ils avaient pris place en orbite terrestre. »
Extrait de : P. McAuley. « Une seconde peau. »
Une invasion martienne par Paul McAuley

Fiche de Une invasion martienne
Titre : Une invasion martienne
Auteur : Paul J. McAuley
Date de parution : 2001
Traduction : B. Sigaud
Editeur : Robert Laffont
Première page de Une invasion martienne
« Comme disait votre hebdo favori, toute la vie humaine est là.
Il a beau être presque minuit, des douzaines de péniches labourent encore les eaux noires du Houang-pou Chang ; dans le clignotement rouge et vert de leurs feux de position, elles passent à gauche et à droite de clippers cargos hydrodynamiques oscillant sur leurs ancres dans le chenal central. Sur les clippers, les hauts cylindres blancs des voiles rotatives sont illuminés à répétition par les feux d’artifice qui éclatent au-dessus d’un concert de rock dans un amphithéâtre sur la rive de Poudong, près de la tour-minaret de l’Oriental Pearl Television. Des réseaux de lumière laser blanche s’arc-boutent contre le ciel sombre. Le hurlement des guitares agglutinées et le rugissement guttural du public franchissent le Houang-pou et portent jusqu’à Shanghai où, tout au long du Bund, l’avenue qui borde le fleuve, sous les strates du néon, des foules tourbillonnantes abandonnent sur place les véhicules englués dans les embouteillages. »
Extrait de : P.J McAuley. « Une invasion martienne. »
Sable rouge par Paul J. McAuley

Fiche de Sable rouge
Titre : Sable rouge
Auteur : Paul J. McAuley
Date de parution : 1993
Traduction : N. Serval
Editeur : J’ai lu
Première page de Sable rouge
« Mars était en train de mourir.
D’année en année, les pluies d’été se faisaient plus rares et le ciel d’un rose intense n’apparaissait plus que piqueté d’éclairs. Hiver après hiver, les tempêtes de sable gagnaient en violence et le printemps survenait plus tardivement.
Au cours de la seconde année du Silence de l’Empereur, il fallut attendre le quarante-sixième jour du mois d’avril pour jouir d’un ciel plus serein. Les mille et quelques résidents du danwei des Eaux Amères découvrirent d’un coup qu’ils étaient las du confinement auquel les avait contraints l’hiver, las de s’enthousiasmer pour les combats de criquets, les opéras épiques et la confection de ces étoffes bordées de fourrure qui représentait à la fois pour eux un passe-temps et une source de profit. Quoique le risque d’une tempête tardive fût de soixante-dix pour cent, le technicien agronome intérimaire Wei Lee n’eut aucun mal à réunir une demi-douzaine de volontaires pour nettoyer les filtres encrassés du Dôme Agricole Numéro Huit. »
Extrait de : P.J McAuley. « Sable rouge. »
Les diables blancs par Paul McAuley

Fiche de Les diables blancs
Titre : Les diables blancs
Auteur : Paul J. McAuley
Date de parution : 2004
Traduction : B. Sigaud
Editeur : Robert Laffont
Première page de Les diables blancs
« Nicholas Hyde travaille tard et seul lorsque Tremaine gravit la colline pour lui poser sa question. Le soleil couchant projette l’ombre de Tremaine droit devant lui tandis qu’il monte au milieu des champs en mosaïque inclinés vers l’affluent peu profond du Congo et les ruines du village. La chaleur emmagasinée durant la journée pulse depuis la terre africaine rouge. Le chaume desséché craque sous ses bottes. Dans la forêt-galerie à la lisière des champs, des foules de papillons, leurs ailes frappées du logo bleu, rouge et blanc d’une célèbre boisson non alcoolisée, s’affairent à bombarder de pollen les plantes grimpantes en fleurs, aussi indifférents aux événements qui se sont déroulés ici qu’aux avatars subis par leurs gènes.
Quatorze mois plus tôt, une bande d’hommes armés en haillons a jailli de la forêt et a pris le contrôle du village. Des soldats fidèles à la dictature militaire du sergent Samuel Nyibizo, qui fuyaient dans une retraite éperdue devant les forces victorieuses d’une coalition démocratique soutenue par Obligate, la plus grosse et la plus présomptueuse de la nouvelle vague de transnationales à vocation écologique. Les soldats ont abattu deux hommes qui essayaient de résister, ont rassemblé le reste des villageois et les ont forcés à se déshabiller. »
Extrait de : P. McAuley. « Les diables blancs. »
Les conjurés de Florence par Paul J. McAuley

Fiche de Les conjurés de Florence
Titre : Les conjurés de Florence suivi de La tentation du Dr Stein
Auteur : Paul J. McAuley
Date de parution : 1994
Traduction : O. Deparis, M-C Caillava
Editeur : Gallimard
Sommaire de Les conjurés de Florence :
- Les conjurés de Florence
- La tentation du Dr Stein
Première page de Les conjurés de Florence
« Le matin, peu après l’aube. Le ciel, pour une fois dégagé des fumées vomies par les fonderies et les manufactures, d’un bleu aussi intense que le meilleur outremer à quatre florins l’once. Des hommes qui s’en vont travailler d’un pas tranquille dans la rue des Teinturiers, en tablier de cuir, de longs gants jetés autour du cou, les cheveux tirés en arrière et rentrés sous des casquettes en cuir. Des sabots qui claquent sur les dalles, des cris joyeux, le fracas des rideaux levés pour l’ouverture des échoppes qui jalonnent la rue. Des apprentis qui pendent des écheveaux de laine colorée aux crochets des devantures : rouges, bleus, jaunes, frémissants dans la lumière vive qui tombe en oblique sur les murs bruns et décrépis. Puis un halètement caverneux et rapide comme on lance la machine d’Héron qui, par un système complexe de poulies et de courroies, fait tourner les palettes des cuves de teinture et entraîne la vis d’Archimède qui tire de l’eau du fleuve. Un toussotement, un soupir, un petit nuage de vapeur qui s’élève au-dessus des toits gauchis en terre cuite, le halètement se réduisant à un ronronnement lent et régulier. »
Extrait de : P.J McAuley. « Les conjurés de Florence. »
La guerre tranquille par Paul McAuley

Fiche de La guerre tranquille
Titre : La guerre tranquille
Auteur : Paul J. McAuley
Date de parution : 2008
Traduction : J.-D. Brèque
Editeur : Bragelonne
Première page de La guerre tranquille
« Les garçons se réveillaient chaque jour à 6 heures quand les lumières s’allumaient. Ils se douchaient et s’habillaient, faisaient leur lit et rangeaient leur dortoir, puis subissaient l’inspection de l’un de leurs lecteurs. En guise de petit déjeuner, ils avalaient une portion de brouet de maïs et une petite tasse de thé vert. Ils mangeaient vite, chacun assis à la longue table face à l’un de ses frères, et on n’entendait que le bruit des cuillers en plastique raclant les bols en plastique. On comptait quatorze garçons en tout, aussi grands, pâles et élancés que de jeunes arbres écorchés. Leurs yeux étaient bleus. Leurs crânes rasés luisaient sous la lumière froide tandis qu’ils se penchaient sur leur repas frugal. Âgés de deux mille six cents jours, ils étaient pleinement formés mais conservaient des vestiges de gaucherie adolescente. Ils portaient une chemise et un pantalon en papier gris, et des sandales en plastique. Leur chemise était frappée d’un numéro en chiffres rouges, sur le torse comme sur le dos. Ces numéros ne formaient pas une séquence continue, car plus de la moitié du contingent originel avait été éliminée durant les premières phases du programme. »
Extrait de : P.J McAuley. « La Guerre Tranquille. »
L’Homme par Paul J. McAuley

Fiche de L’Homme
Titre : L’Homme
Auteur : Paul J. McAuley
Date de parution : 2012
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Bélial
Première page de L’Homme
« L’homme lui vint une nuit, en pleine tempête de flux.
Dans la zone crépusculaire, il faisait aussi sombre que possible. Les nuages bas formaient un couvercle mouvant. Les vents mugissants projetaient les vagues sur le rivage et soufflaient des écharpes de neige dans la forêt où les pales des arbres éoliens claquetaient et où les décharges coronales sautillaient et crépitaient. Réfugiée dans sa cabane, Cho Ziyi regardait un film vénérable — une histoire d’amour parmi les gangsters des légendaires Chungking Mansions à Hong Kong. Le feu sifflait dans l’âtre. Affalés sur le tapis en peau de borometz, ses huskies, Jung et Cheung, levèrent soudain la tête ; ce dernier, le plus jeune, se dressa sur ses pattes et aboya lorsqu’un choc ébranla la porte avant de se répéter. »
Extrait de : P.J McAuley. « L’Homme. »