Auteur/autrice : CH91

 

Glyphes par Paul McAuley

Fiche de Glyphes

Titre : Glyphes
Auteur : Paul J. McAuley
Date de parution : 2005
Traduction : B. Sigaud
Editeur : Robert Laffont

Première page de Glyphes

« Le lendemain de l’anniversaire d’Alfie, son dixième, son père vint le chercher au pensionnat et l’emmena au bord de la mer. En ce dernier samedi de novembre, l’air était d’un froid boréal, mais lumineux et limpide, et ils roulaient la capote baissée dans la Morgan. Le petit roadster sportif rouge était de loin la voiture préférée d’Alfie, à des années-lumière de l’Austin Métro exiguë de sa grand-mère ou de la vieille et lourde Rover qui sentait le moisi et lui donnait toujours un peu le mal de mer. Calé à l’intérieur du cockpit encombré et surbaissé de la Morgan, aux robustes cadrans étincelants sur le tableau de bord en bois verni, avec l’air glacial qui déferlait sur l’étroit pare-brise, on avait presque l’impression d’être dans un avion de chasse. Et tandis que son père négociait à tombeau ouvert les virages de la route secondaire, Alfie se prenait pour un as de la RAF et mitraillait les ennemis tapis dans les haies. »

Extrait de : P.J McAuley. « Glyphes. »

Féerie par Paul J. McAuley

Fiche de Féerie

Titre : Féerie
Auteur : Paul J. McAuley
Date de parution : 1995
Traduction : V. Guilbaud
Editeur : J’ai lu

Première page de Féerie

« La pièce est pleine de fantômes.

Translucides comme des méduses, en dépit de leurs costumes édouardiens d’apparat, ils valsent langoureusement, seuls ou par deux, dans le Fumoir des Dames récemment restauré de l’hôtel Grand Midland, à la station Saint-Pancrace, tout autour des passagers – sans toutefois jamais les toucher – qui attendent le TransEurope Express de seize heures. Alex Sharkey est le seul à accorder aux fantômes un quelconque intérêt car, pour passer le temps, il tente de dériver l’algorithme qui régit leur ballet faussement
aléatoire. Il est arrivé vingt minutes en avance et maintenant, à en croire la montre achetée en chemin, il est quinze heures douze. Son client est en retard. »

Extrait de : P.J McAuley. « Feerie. »

Cowboy angels par Paul McAuley

Fiche de Cowboy angels

Titre : Cowboy angels
Auteur : Paul J. McAuley
Date de parution : 2007
Traduction : B. Sigaud
Editeur : Robert Laffont

Première page de Cowboy angels

« — C’est des Américains, Adam. Des Américains comme toi et moi. Des Américains qui veulent débarrasser leur patrie de la tyrannie communiste. Des Américains qui sont prêts à risquer leur vie pour rendre indépendance et liberté à leur version des USA. Leur gouvernement n’est peut-être pas un modèle parfait de démocratie, je te l’accorde, mais ils défendent la Constitution, ils veillent depuis cinquante ans à ce que la flamme de la liberté ne s’éteigne pas, ils méritent qu’on les soutienne à fond, nom de Dieu. Et te voilà, déguisé en croque-mort, prêt à vendre leur peau.

— Ne me tape pas dessus, Tom. Je ne suis que le messager.

— Ah oui ? Alors je crois que tu te contentes d’obéir aux ordres, comme ces bureaucrates exsangues qui ont pris le pouvoir à la Compagnie. Et merde, Adam, j’aimerais mieux apprendre que t’es passé du côté de Jimmy Carter et de sa bande de joyeux dégonflés. Au moins, ça voudrait dire que tu crois encore à quelque chose. »

Extrait de : P.J McAuley. « Cowboy angels. »

Austral par Paul McAuley

Fiche de Austral

Titre : Austral
Auteur : Paul J. McAuley
Date de parution : 2017
Traduction : S. Baert
Editeur : Bragelonne

Première page de Austral

« Ma naissance a été un geste politique. Conçue dans une boîte de Petri par injection directe d’un spermatozoïde dans un ovule, j’ai été personnalisée par une série de gènes ciblés, j’ai grandi dans une jolie petite éprouvette jusqu’à ce que j’atteigne une centaine de cellules, et, le cinquième jour, on m’a transférée dans l’utérus de ma mère. J’ai pris mon premier souffle dans les neiges du Sud, passé la majeure partie de mon enfance en exil sur une île volcanique, et le reste du temps à travailler dans les champs d’un orphelinat d’État. J’ai été détenue, surveillante pénitentiaire, je suis sortie avec un criminel, j’ai prétendument commis le kidnapping du siècle, mais je suis avant tout une husky. Un individu modifié. Plus qu’une humaine, d’après ma mère et les autres écopoètes libres. Une victime de discrimination et d’inégalités intersectionnelles, d’après les bonnes âmes qui tentaient de trouver des excuses à mon comportement. Un monstre implacable guidé par la cupidité et une soif de vengeance irraisonnée, selon les médias qui ont décortiqué mon histoire jusqu’à la moelle. »

Extrait de : P.J McAuley. « Austral. »

La lumière des astres par Paul J. McAuley

Fiche de La lumière des astres

Titre : La lumière des astres (tome 3 sur 3 – Quatre cents milliards d’étoiles)
Auteur : Paul J. McAuley
Date de parution : 1991
Traduction : V. Guilbaud
Editeur : J’ai lu

Première page de La lumière des astres

« Tout commença lorsque l’onde de choc d’une supernova désintégra le soleil rouge supergéant qui régulait le milieu planétaire des Aleas, contraignant ainsi dix mille nations sœurs à fuir vers le cœur de la Galaxie et son condensé d’étoiles à la recherche d’univers plus hospitaliers. Il se peut également que tout ait commencé lors de la collision entre l’étoile binaire et le trou noir au cœur de la Galaxie, bien après qu’une branche de la famille des Aleas eut massacré la quasi-totalité des autres et forcé les survivants à se réfugier au cœur de la Galaxie. Mais il est également fort possible que tout ait commencé un demi-million d’années plus tard, lorsque les Aleas détruisirent le drone itinérant lancé par le Grand Brésil au moment où il s’apprêtait à survoler leur nouveau sanctuaire et plus précisément les astéroïdes infectieux qui ceinturaient la naine rouge de B.D. + 20° 2465. Quoi qu’il en soit, c’est à ce moment précis que tout commença pour Dorthy Yoshida, bien qu’en réalité le premier acte d’une guerre futile due à l’incompréhension et qui devait culminer dans un spasme génocidaire parfaitement gratuit se soit produit douze ans avant sa naissance. »

Extrait de : P.J McAuley. « La lumiere des astres. »

Quatre cents milliards d’étoiles par Paul J. McAuley

Fiche de Quatre cents milliards d’étoiles

Titre : Quatre cents milliards d’étoiles (tome 1 sur 3 – Quatre cents milliards d’étoiles)
Auteur : Paul J. McAuley
Date de parution : 1988
Traduction : J.P Roblain
Editeur : J’ai lu

Première page de Quatre cents milliards d’étoiles

« Ils emportèrent les vêtements de Dorthy Yoshida et lui donnèrent une combinaison antigravité, puis ils lui administrèrent un calmant et l’installèrent dans un module de descente saturé de gel anti-impact, avant de fermer le cockpit et de l’expédier cul par-dessus tête dans l’espace pour l’arracher à l’orbite.

Pendant une longue minute elle tomba en chute libre. L’oxygène sifflait dans son masque et des voyants mystérieux, déformés par le gel, clignotaient à quelques centimètres de son visage. Elle avait l’impression de regarder un trivia show. Elle savait que son indifférence était due au tranquillisant, mais elle s’en moquait. Elle flottait loin de tout, libre.

C’était bon d’être enfin seule. Malgré son implant, elle n’avait jamais été entièrement protégée des émotions de l’équipage et de celles des autres passagers entassés dans les quartiers exigus du vaisseau, leurs pensées colorant sans cesse les siennes et s’insinuant dans ses rêves comme un gaz putride. Une des raisons, et non des moindres, qui l’avait poussée à vouloir devenir astronome à l’expiration de son contrat avec l’institut Kamali-Silver avait été la possibilité d’échapper aux énergies bouillonnantes de la civilisation et aux flots d’émotions qui s’abattaient sur elle jour après jour, érodant ses forces aussi sûrement que la mer érode les rochers. Les semaines de transfert s’étaient avérées aussi épuisantes qu’une année entière dans une quelconque ville. »

Extrait de : P.J McAuley. « Quatre Cents Milliards D’étoiles. »

Le choix par Paul J. McAuley

Fiche de Le choix

Titre : Le choix (tome 1 sur 2 – Jackaroo)
Auteur : Paul J. McAuley
Date de parution : 2011
Traduction : G. Goullet
Editeur : Bélial

Première page de Le choix

« Poussé par la marée et un vent vif, un amas d’herbe-bulle traversa le Flot durant la nuit pour s’échouer au nord de l’île. Lucas entreprit peu après l’aube de le ratisser pour aller le jeter, brouettée après brouettée, dans une des fosses à compost où il se décomposerait en un engrais liquide saturé de nutriments. L’adolescent redescendait ainsi, pour la trentième ou quarantième fois, le raidillon qui menait à la rive, quand il aperçut quelqu’un en train de marcher sur l’eau avec des gestes de skieur de fond : Damian, qui franchissait le bras de mer séparant l’île des citernes flottantes et cabanes en pilotis de la ferme crevetticole que possédait son père. Il était encore tôt, mais il faisait déjà chaud. Une superbe journée de septembre, sans le moindre nuage dans le dôme bleu du ciel. Sur l’eau dansaient des points lumineux, reflets de soleil renvoyés par les lames de l’éolienne de la ferme. Lucas salua son ami d’un geste de la main ; ce dernier faillit chavirer en voulant lui rendre la pareille, moulina des bras afin de retrouver son équilibre puis reprit sa progression. »

Extrait de : P.J McAuley. « Le Choix – Jackaroo. »

Stephen King à l’écran : films et séries adaptés de ses livres

Avec plusieurs dizaines de romans, de nouvelles et de novellas publiés depuis le début des années 1970, Stephen King possède une œuvre particulièrement riche. Il n’est donc pas surprenant que ses histoires aient inspiré un nombre considérable de films, de téléfilms et de séries.

Certaines adaptations sont devenues de véritables classiques du cinéma fantastique et horrifique. D’autres ont connu un succès plus discret, tandis que quelques-unes se sont éloignées assez fortement du texte original. Il existe même des histoires de Stephen King qui ont été adaptées plusieurs fois, comme Carrie, Ça, Simetierre ou Salem.

Mais quelles sont les principales adaptations de Stephen King à l’écran ? Et surtout, quels livres se cachent derrière les films et les séries les plus célèbres ?

Voici un petit tour d’horizon des adaptations les plus importantes de l’œuvre du maître de l’horreur.

Stephen King au cinéma

Carrie au bal du diable

En 1976, Brian De Palma adapte Carrie, le premier roman publié de Stephen King.

Avec Sissy Spacek dans le rôle de Carrie White, le film raconte l’histoire d’une adolescente maltraitée par ses camarades et dominée par une mère fanatique. Carrie possède également des pouvoirs télékinétiques qui vont transformer une humiliation en véritable cauchemar.

Le film connaît un immense succès et devient rapidement un classique de l’horreur.

Carrie connaîtra par la suite plusieurs nouvelles adaptations, notamment un téléfilm en 2002 et un film réalisé par Kimberly Peirce en 2013. Une nouvelle adaptation sous forme de série est également annoncée pour 2026.

Shining

Difficile de parler de Stephen King à l’écran sans évoquer Shining.

Réalisé par Stanley Kubrick en 1980, le film met en scène Jack Torrance, sa femme Wendy et leur fils Danny, qui s’installent dans un hôtel isolé pendant l’hiver.

Le film est devenu l’un des monuments du cinéma fantastique, notamment grâce à l’interprétation de Jack Nicholson et à l’atmosphère oppressante de l’Overlook Hotel.

Il faut toutefois rappeler que l’adaptation de Kubrick s’éloigne sensiblement du roman Shining, l’enfant lumière. Stephen King a d’ailleurs toujours été assez critique envers cette version de son histoire.

Le roman connaîtra finalement une suite avec Doctor Sleep, adaptée elle aussi au cinéma en 2019.

Christine

En 1983, John Carpenter adapte Christine, l’histoire d’une Plymouth Fury rouge capable de comportements pour le moins inquiétants.

Le film mêle horreur, fantastique et histoire d’adolescence, tandis que la voiture semble développer une véritable personnalité.

L’association entre Stephen King et John Carpenter fonctionne particulièrement bien et Christine reste aujourd’hui l’une des adaptations les plus connues de l’écrivain.

Cujo

Toujours en 1983, Lewis Teague réalise Cujo.

Cette fois, pas de pouvoirs surnaturels ni de monstre venu d’un autre monde : la menace prend la forme d’un énorme chien devenu dangereux après avoir été contaminé par la rage.

Le film conserve l’une des grandes forces du roman : transformer une situation apparemment banale en un huis clos particulièrement angoissant.

Firestarter

En 1984, Mark L. Lester adapte Charlie, le roman de Stephen King publié en 1980, sous le titre Firestarter. Le film met en scène Drew Barrymore dans le rôle de Charlie McGee, une jeune fille capable de déclencher et de contrôler des incendies par la pensée.

Charlie et son père sont poursuivis par une organisation gouvernementale qui cherche à exploiter les pouvoirs de la jeune fille. Le film mêle ainsi fantastique, science-fiction et thriller, avec une dimension particulièrement sombre autour des expériences menées sur les enfants.

Firestarter connaîtra une nouvelle adaptation en 2022, avec Ryan Kiera Armstrong dans le rôle de Charlie et Zac Efron dans celui de son père.

Dead Zone

David Cronenberg adapte en 1983 Dead Zone, l’un des romans les plus singuliers de Stephen King.

Après plusieurs années passées dans le coma à la suite d’un accident, Johnny Smith découvre qu’il possède la capacité de voir certains événements futurs.

Avec Christopher Walken dans le rôle principal, le film s’intéresse autant au fantastique qu’aux conséquences morales de ce pouvoir.

Les Évadés

Avec Les Évadés, on quitte complètement l’horreur.

Le film de Frank Darabont, sorti en 1994, adapte la novella Rita Hayworth et la rédemption de Shawshank, publiée dans le recueil Différentes Saisons.

Andy Dufresne est condamné à la prison à vie pour un meurtre qu’il affirme ne pas avoir commis. Dans l’univers carcéral, il se lie d’amitié avec Red et tente de conserver une forme d’espoir malgré les années qui passent.

Le film est devenu l’une des adaptations les plus appréciées d’une œuvre de Stephen King.

Stand by Me

Autre adaptation de Différentes Saisons, Stand by Me est très éloigné de l’image traditionnelle de Stephen King.

Le film de Rob Reiner adapte la novella Le Corps, dans laquelle quatre adolescents partent à la recherche du corps d’un garçon disparu.

L’horreur y laisse surtout la place au récit initiatique et à l’amitié. Le film est devenu un classique du cinéma américain des années 1980.

Misery

En 1990, Rob Reiner adapte Misery avec James Caan et Kathy Bates.

Paul Sheldon est un écrivain victime d’un accident de voiture. Recueilli par Annie Wilkes, une admiratrice de ses romans, il découvre rapidement que sa prétendue bienfaitrice n’a aucune intention de le laisser repartir.

Kathy Bates livre une interprétation particulièrement marquante d’Annie Wilkes et remporte l’Oscar de la meilleure actrice pour ce rôle.

La Ligne verte

Après Les Évadés, Frank Darabont revient à Stephen King avec La Ligne verte, adaptée du roman-feuilleton du même nom.

Le film raconte l’histoire de Paul Edgecombe, gardien dans le couloir de la mort d’une prison, et de John Coffey, un détenu condamné pour le meurtre de deux fillettes mais dont les pouvoirs semblent indiquer qu’il n’est pas un homme comme les autres.

Sorti en 1999, La Ligne verte rencontre un immense succès et devient l’une des adaptations les plus populaires de Stephen King.

La Part des ténèbres

En 1993, George A. Romero adapte La Part des ténèbres, un roman dans lequel Stephen King s’interroge sur le rapport entre un écrivain et son double littéraire.

Thad Beaumont est un écrivain qui publie des romans policiers violents sous le pseudonyme de George Stark. Lorsqu’il décide de révéler publiquement l’identité de Stark, il organise symboliquement les funérailles de son pseudonyme.

Mais les événements prennent rapidement une tournure inquiétante : George Stark semble avoir pris une existence propre et entreprend de se débarrasser de tous ceux qui ont contribué à sa disparition.

Ça

Le roman Ça a connu plusieurs vies à l’écran.

La première grande adaptation est une mini-série diffusée en 1990, avec Tim Curry dans le rôle de Pennywise.

Plus de vingt-cinq ans plus tard, Andy Muschietti revient sur l’histoire avec deux films : Ça en 2017 et Ça : Chapitre 2 en 2019.

Le premier film se concentre principalement sur l’enfance du Club des Ratés, tandis que le second retrouve les personnages devenus adultes.

Pennywise est ainsi devenu l’une des figures les plus reconnaissables de l’univers de Stephen King.

Simetierre

Simetierre est adapté une première fois au cinéma en 1989.

L’histoire raconte l’installation de la famille Creed dans une maison située près d’un ancien cimetière indien auquel est associé un pouvoir particulièrement dangereux : celui de ramener les morts à la vie.

Une nouvelle adaptation sort en 2019, sous le titre Simetierre, en reprenant les grandes lignes du roman tout en modifiant certains éléments importants de l’histoire.

Dolores Claiborne

Avec Dolores Claiborne, Stephen King montre une nouvelle fois qu’il ne se limite pas à l’horreur.

Le film de Taylor Hackford, sorti en 1995, met en scène Kathy Bates dans le rôle de Dolores, une femme accusée du meurtre de sa patronne.

L’adaptation privilégie le drame psychologique et le mystère plutôt que le fantastique.

La Tour sombre

L’adaptation de La Tour sombre était particulièrement attendue par les lecteurs de Stephen King.

Le film de 2017 réunit notamment Idris Elba dans le rôle de Roland Deschain et Matthew McConaughey dans celui de l’Homme en noir.

Il ne s’agit toutefois pas d’une adaptation fidèle de l’ensemble de la saga littéraire, mais plutôt d’une relecture condensée de son univers.

Le résultat a reçu un accueil très mitigé et n’a pas donné naissance à la grande adaptation de la saga que beaucoup de lecteurs espéraient.

Le Running Man

Publié sous le pseudonyme de Richard Bachman, Marche ou crève n’est pas le seul roman de Stephen King publié sous ce nom à avoir connu une adaptation. Le Running Man est porté une première fois à l’écran en 1987, avec Arnold Schwarzenegger dans le rôle de Ben Richards.

Dans cette dystopie, des participants prennent part à une émission de télévision où ils sont traqués par des chasseurs professionnels sous les yeux de millions de téléspectateurs. Le film de 1987 prend cependant de grandes libertés avec le roman.

Une nouvelle adaptation, réalisée par Edgar Wright, sort en 2025 avec Glen Powell dans le rôle principal. Cette version revient davantage au principe imaginé par Stephen King dans son roman.

1408

Avec 1408, le réalisateur Mikael Håfström adapte une nouvelle issue du recueil Tout est fatal.

Mike Enslin est un écrivain spécialisé dans les lieux prétendument hantés. Lorsqu’il décide de passer une nuit dans la chambre 1408 d’un hôtel new-yorkais, il découvre que les avertissements qui lui ont été adressés étaient loin d’être exagérés.

Le film repose essentiellement sur un huis clos et sur la capacité de la chambre à transformer les peurs de son occupant en réalité.

Fenêtre secrète

En 2004, David Koepp adapte la nouvelle Vue imprenable sur jardin secret, publiée dans le recueil Minuit 2, sous le titre Fenêtre secrète.

Johnny Depp y interprète Mort Rainey, un écrivain retiré dans une maison isolée après une séparation difficile. Sa tranquillité est brutalement interrompue par l’arrivée d’un mystérieux homme qui l’accuse d’avoir plagié l’une de ses histoires.

Le film joue alors sur les thèmes chers à Stephen King : la culpabilité, la création littéraire, la paranoïa et la frontière de plus en plus floue entre réalité et fiction.

Le Jeu de Gerald

En 2017, Mike Flanagan adapte Le Jeu de Gerald, l’un des romans les plus difficiles de Stephen King à transposer à l’écran.

Jessie se retrouve menottée au lit de sa maison de campagne après que son mari Gerald est victime d’une crise cardiaque. Seule, incapable de se libérer et confrontée à ses propres souvenirs, elle doit lutter pour survivre.

Sorti directement sur Netflix, le film transforme ce huis clos particulièrement oppressant en un thriller psychologique qui conserve une grande partie de la noirceur du roman.

1922

En 2017, Netflix adapte 1922, une nouvelle publiée dans le recueil Nuit noire, étoiles mortes.

Wilfred James est un fermier qui décide de tuer sa femme afin d’empêcher celle-ci de vendre leurs terres. Mais le meurtre ne met pas fin à ses problèmes : la culpabilité, les conséquences de son acte et des événements de plus en plus inquiétants transforment progressivement son existence en cauchemar.

Réalisé par Zak Hilditch, 1922 fait partie des adaptations les plus sombres de Stephen King et montre une nouvelle fois que l’écrivain peut être particulièrement efficace sans avoir recours à un fantastique spectaculaire.

Dans les hautes herbes

Dans les hautes herbes est une adaptation assez particulière puisqu’il s’agit à l’origine d’une nouvelle écrite par Stephen King avec son fils Joe Hill.

Le film, réalisé par Vincenzo Natali et diffusé sur Netflix en 2019, commence lorsqu’un frère et une sœur entendent les appels à l’aide d’un jeune garçon depuis un immense champ d’herbes.

En pénétrant dans le champ pour lui porter secours, ils découvrent rapidement qu’il est impossible d’en sortir. L’espace lui-même semble alors se jouer de leurs repères et de leur perception du temps.

Ça, le remake de Simetierre… et les autres

Les adaptations de Stephen King ne se limitent évidemment pas aux grands classiques.

Son œuvre a également donné naissance à Les Enfants du maïs, Charlie, Peur bleue, La Part des ténèbres, Le Fléau, Dreamcatcher, Fenêtre secrète, Cell Phone, Jessie, Dans les hautes herbes, Le Téléphone de M. Harrigan et bien d’autres encore.

Certaines adaptations sont directement tirées de romans tandis que d’autres adaptent des nouvelles ou des novellas. Le site officiel de Stephen King recense plusieurs dizaines de productions cinématographiques liées à son œuvre.

Les séries adaptées de Stephen King

Le petit écran occupe lui aussi une place importante dans l’histoire des adaptations de Stephen King.

Salem

Salem’s Lot, publié en français sous le titre Salem, est adapté une première fois en mini-série dès 1979.

L’histoire raconte le retour de l’écrivain Ben Mears dans la petite ville de Jerusalem’s Lot, où des événements inquiétants commencent à se produire après l’arrivée d’un mystérieux antiquaire.

Une nouvelle adaptation télévisée est produite en 2004. En 2024, Salem revient à l’écran sous la forme d’un nouveau film, réalisé par Gary Dauberman.

Les Langoliers

En 1995, ABC adapte Les Langoliers, l’une des novellas du recueil Minuit 2, sous la forme d’une mini-série en deux parties.

Après s’être réveillés pendant un vol transcontinental, plusieurs passagers découvrent que la plupart des autres personnes présentes dans l’avion ont mystérieusement disparu. Lorsqu’ils atterrissent à Bangor, dans le Maine, l’aéroport est lui aussi totalement désert.

Ils comprennent progressivement qu’ils sont pris au piège dans une étrange anomalie temporelle et doivent tenter de retrouver leur époque avant qu’il ne soit trop tard.

Le Fléau

Le Fléau a lui aussi connu plusieurs adaptations.

Une première mini-série est diffusée en 1994. Une nouvelle version, développée par Josh Boone et Benjamin Cavell, arrive en 2020.

Le roman étant particulièrement volumineux, le format de la mini-série permet de mieux restituer l’ampleur de son intrigue et la multiplicité de ses personnages.

The Stand

Le Fléau a connu deux grandes adaptations télévisées. Après la mini-série de 1994, une nouvelle version est produite en 2020 sous la forme d’une mini-série diffusée en streaming.

Cette nouvelle adaptation reprend l’univers post-apocalyptique du roman : une pandémie a décimé une grande partie de l’humanité et les survivants se retrouvent entraînés dans une lutte entre les forces représentées par Mère Abigaël et Randall Flagg.

Stephen King a lui-même écrit une nouvelle conclusion pour cette version, ce qui lui donne une place particulière parmi les adaptations de son œuvre.

The Shining

En 1997, Stephen King participe à une nouvelle adaptation de Shining, cette fois sous la forme d’une mini-série en trois épisodes.

Contrairement au film de Stanley Kubrick, cette version cherche à rester beaucoup plus proche du roman original. On y retrouve Jack Torrance, Wendy et Danny dans l’Overlook Hotel, ainsi que les différents éléments surnaturels qui jouent un rôle important dans le livre.

Cette adaptation est donc particulièrement intéressante pour les lecteurs qui souhaitent découvrir à l’écran une version plus fidèle de Shining, l’enfant lumière.

Les Tommyknockers

En 1993, Stephen King voit son roman Les Tommyknockers adapté en mini-série par ABC.

Dans la petite ville de Haven, Bobbi Anderson découvre par hasard un étrange objet enterré dans les bois. Avec son ami Jim Gardener, elle finit par mettre au jour un vaisseau spatial extraterrestre.

À mesure que les habitants sont exposés à son influence, ils développent d’étonnantes capacités technologiques, mais leur santé et leur comportement commencent également à se dégrader.

Dôme / Under the Dome

En 2013, CBS adapte Dôme, le roman de Stephen King publié en 2009, sous la forme de la série Under the Dome. Produite notamment par Steven Spielberg et son équipe d’Amblin Television, la série raconte comment la petite ville de Chester’s Mill se retrouve soudainement enfermée sous un immense dôme transparent et infranchissable.

Les habitants doivent alors apprendre à survivre dans cet environnement totalement coupé du monde extérieur, tandis que les tensions et les luttes de pouvoir s’intensifient.

La série compte trois saisons et 39 épisodes. Elle reprend le point de départ du roman, mais prend rapidement de nombreuses libertés avec l’histoire originale. Elle constitue donc davantage une réinterprétation télévisuelle de Dôme qu’une adaptation strictement fidèle du livre.

11.22.63

En 2016, Hulu adapte 22/11/63 sous la forme d’une mini-série.

Jake Epping découvre la possibilité de voyager dans le passé et se voit confier une mission : empêcher l’assassinat de John F. Kennedy.

Mais modifier le passé n’est évidemment pas aussi simple qu’il y paraît.

Cette adaptation est particulièrement intéressante pour les lecteurs qui apprécient le Stephen King de l’uchronie, du voyage temporel et du fantastique plutôt que celui de l’horreur.

Mr. Mercedes

Mr. Mercedes devient une série à partir de 2017.

L’histoire suit Bill Hodges, un ancien policier confronté à un tueur qui le provoque en utilisant une série de messages particulièrement inquiétants.

La série adapte plusieurs romans mettant en scène le personnage de Bill Hodges et constitue donc une véritable plongée dans l’un des univers policiers de Stephen King.

The Mist

Après le film de 2007, The Mist devient à son tour une série en 2017.

L’histoire conserve le principe de base de la nouvelle : une mystérieuse brume recouvre une petite ville et semble cacher des créatures terrifiantes.

La série développe toutefois une histoire largement distincte de celle de la nouvelle originale.

Castle Rock

Castle Rock occupe une place particulière.

La série n’est pas l’adaptation d’un roman précis de Stephen King. Elle utilise plutôt les personnages, les lieux et les mythologies de plusieurs de ses œuvres pour créer une nouvelle histoire.

Le titre lui-même fait référence à la ville fictive de Castle Rock, présente dans plusieurs récits de l’écrivain.

Pour les amateurs de l’univers de King, la série fonctionne donc davantage comme une exploration de son imaginaire que comme une adaptation classique.

The Outsider

En 2020, HBO adapte L’Outsider.

L’enquête commence autour d’un meurtre particulièrement brutal, dont les éléments semblent pourtant impossibles à concilier.

La série mélange enquête policière, thriller et fantastique, à l’image du roman dont elle est tirée.

Lisey’s Story

Lisey’s Story est adaptée en mini-série en 2021.

Stephen King a lui-même participé à l’écriture des scénarios, ce qui donne à cette adaptation une place particulière dans sa filmographie.

L’histoire mêle deuil, souvenirs, traumatisme et monde fantastique, autour de Lisey, veuve d’un écrivain célèbre.

IT: Welcome to Derry

L’univers de Ça est revenu sur les écrans avec IT: Welcome to Derry.

Cette série se déroule dans l’univers du roman et explore l’histoire de Derry et de la créature qui terrorise périodiquement ses habitants.

Elle vient ainsi prolonger l’importance de Ça dans les adaptations audiovisuelles de Stephen King, après la mini-série de 1990 et les deux films de 2017 et 2019.

The Institute

L’Institut, l’un des romans plus récents de Stephen King, a également été adapté en série.

L’histoire suit des enfants dotés de capacités particulières, enfermés dans une mystérieuse institution où des expériences sont menées sur eux.

La série confirme une nouvelle fois que les œuvres récentes de King sont désormais adaptées beaucoup plus rapidement après leur publication.

Les adaptations les plus récentes

L’histoire des adaptations de Stephen King est loin d’être terminée. Ces dernières années, plusieurs de ses romans et nouvelles ont encore été portés à l’écran, au cinéma comme à la télévision.

Le Téléphone de M. Harrigan

En 2022, Netflix adapte Le Téléphone de M. Harrigan, une nouvelle publiée dans le recueil Si ça saigne.

Craig, un adolescent, se lie d’amitié avec M. Harrigan, un vieil homme fortuné pour lequel il lit régulièrement des livres. Lorsque celui-ci meurt, Craig conserve secrètement son ancien téléphone portable.

Lorsqu’il commence à lui envoyer des messages, des événements étranges se produisent. Le film mêle ainsi récit initiatique, fantastique et histoire de vengeance, dans un registre plus intimiste que les adaptations horrifiques les plus célèbres de Stephen King.

Le Croque-mitaine

En 2023, Rob Savage adapte Le Croque-mitaine, une nouvelle publiée dans le recueil Danse macabre.

L’histoire commence lorsqu’un homme raconte à un psychiatre comment la mort de ses enfants serait liée à une mystérieuse créature qui se cache dans l’obscurité.

Le film développe considérablement l’histoire originale de Stephen King, tout en conservant son idée centrale : la peur d’une créature tapie dans l’ombre et la difficulté à convaincre les autres de son existence.

Salem

En 2024, Salem revient à l’écran dans une nouvelle adaptation réalisée par Gary Dauberman.

Le film reprend l’histoire de Ben Mears, un écrivain qui revient dans sa ville natale de Jerusalem’s Lot et découvre progressivement que ses habitants sont victimes d’un phénomène surnaturel particulièrement inquiétant.

Il s’agit de la troisième grande adaptation de Salem, après la mini-série de 1979 et celle de 2004.

The Life of Chuck

En 2024, Mike Flanagan adapte The Life of Chuck, une nouvelle publiée dans le recueil Si ça saigne.

Le récit suit différentes périodes de la vie de Charles Krantz et adopte une tonalité beaucoup plus intimiste que les adaptations horrifiques habituellement associées à Stephen King.

Le film explore notamment la mémoire, le temps qui passe et la manière dont une existence individuelle peut contenir tout un monde.

The Long Walk

The Long Walk, adaptation du roman publié à l’origine sous le pseudonyme de Richard Bachman, transpose l’un des récits dystopiques les plus sombres de King au cinéma.

Le principe est particulièrement simple et cruel : cent jeunes garçons participent à une marche dont ils ne peuvent s’arrêter sous peine d’être éliminés. Le dernier participant encore en mouvement remporte le prix promis au vainqueur.

Cette nouvelle adaptation permet de redécouvrir l’une des œuvres les plus radicales publiées par Stephen King sous le nom de Richard Bachman.

Le Singe

En 2025, Osgood Perkins adapte Le Singe, une nouvelle publiée à l’origine dans le recueil Brume.

Deux frères découvrent dans le grenier familial un vieux jouet mécanique en forme de singe. Lorsqu’ils comprennent que l’objet semble lié à une série de morts mystérieuses, ils tentent de s’en débarrasser.

Cette adaptation confirme la place toujours importante de Stephen King dans le cinéma fantastique et horrifique, plus de cinquante ans après le début de sa carrière.

Stephen King, un écrivain particulièrement adapté

Pourquoi Stephen King a-t-il donné naissance à autant de films et de séries ?

Une première raison est évidemment la quantité de son œuvre. Depuis Carrie en 1974, l’écrivain a publié un nombre considérable de romans, de recueils et de nouvelles. Son catalogue officiel réunit des œuvres très différentes, allant de l’horreur au thriller, en passant par le fantastique, la science-fiction, l’uchronie ou le récit initiatique.

Mais la principale force de King à l’écran tient peut-être à la variété de ses histoires.

Shining, Misery et Ça permettent de construire des films d’horreur.

Les Évadés et Stand by Me fonctionnent comme des drames ou des récits initiatiques.

11/22/63 peut devenir une histoire de voyage dans le temps.

Mr. Mercedes se transforme en thriller policier.

La Ligne verte mélange drame carcéral et fantastique.

Et des œuvres comme La Tour sombre ou Le Fléau offrent des univers suffisamment vastes pour appeler des adaptations de grande ampleur.

C’est sans doute cette diversité qui explique pourquoi, plus de cinquante ans après ses débuts, Stephen King continue d’alimenter régulièrement le cinéma et la télévision.

De quels livres sont tirés les films de Stephen King ?

Si vous découvrez Stephen King grâce au cinéma, les adaptations peuvent également constituer une excellente porte d’entrée vers ses livres.

Vous avez aimé Shining ? Le roman vous permettra de découvrir une histoire sensiblement différente de celle de Kubrick.

Vous avez aimé Les Évadés ? Différentes Saisons contient la novella originale.

Vous avez été marqué par Ça ? Le roman permet évidemment d’explorer beaucoup plus profondément Derry, le Club des Ratés et Pennywise.

Vous avez apprécié 11/22/63 ? Le roman développe considérablement l’histoire et les conséquences du voyage dans le temps.

Et si vous avez aimé Misery, Christine, Simetierre, La Ligne verte ou Dead Zone, vous pouvez retrouver dans chaque cas une œuvre littéraire particulièrement riche derrière le film.

Conclusion

Stephen King est sans doute l’un des écrivains contemporains dont l’œuvre a le plus profondément marqué le cinéma et la télévision.

Des années 1970 à aujourd’hui, ses histoires ont donné naissance à des classiques comme Carrie, Shining, Christine, Misery, Les Évadés et La Ligne verte, mais aussi à de nombreuses séries et adaptations plus récentes.

Toutes ne sont évidemment pas réussies. Certaines prennent de grandes libertés avec le texte original, d’autres passent complètement à côté de ce qui faisait la force du livre. Mais même les adaptations les plus discutées témoignent de l’incroyable richesse de l’univers de Stephen King.

Et surtout, derrière chacun de ces films ou de ces séries se trouve une nouvelle occasion de revenir aux livres.

Car pour vraiment découvrir Stephen King, le meilleur écran reste peut-être encore… celui d’une page blanche.

Plaine obscure par Philip Reeve

Fiche de Plaine obscure

Titre : Plaine obscure (tome 4 sur 4 – Mécaniques fatales)
Auteur : Philip Reeve
Date de parution : 2006
Traduction : L. Rigoureau
Editeur : Gallimard

Première page de Plaine obscure

« Theo grimpait depuis l’aube. Il avait d’abord emprunté les routes, les chemins et les raides sentiers de berger situés derrière la ville, puis il avait escaladé des pentes d’éboulis avant de terminer en gravissant les flancs nus de la montagne, se cantonnant quand il le pouvait aux cirques et aux crevasses nimbés d’ombres bleues. Lorsqu’il atteignit le sommet, le soleil était haut dans le ciel. Il s’accorda une pause afin de souffler et de se désaltérer. Autour de lui, les cimes vacillaient derrière le voile de chaleur brumeux qui émanait des rochers brûlants.

Prudemment, très prudemment, Theo avança sur un piton étroit qui saillait au-dessus du vide. Il se retrouva à surplomber des falaises vertigineuses qui dominaient un enchevêtrement de roches acérées, d’arbres et de torrents blancs, des centaines de mètres plus bas. Une pierre se déchaussa, qui tomba en tournoyant, sans bruit et pour toujours. Devant Theo s’étendait le vide immense du ciel. »

Extrait de : P. Reeve. « Plaine obscure – Mécaniques fatales. »

Machinations infernales par Philip Reeve

Fiche de Machinations infernales

Titre : Machinations infernales (tome 3 sur 4 – Mécaniques fatales)
Auteur : Philip Reeve
Date de parution : 2005
Traduction : L. Rigoureau
Editeur : Gallimard

Première page de Machinations infernales

« D’abord, il n’y eut rien. Puis une étincelle se produisit ; un grésillement qui ranima des lambeaux effilochés de rêve et de mémoire. Alors, dans un craquement, dans un rugissement, une décharge d’un blanc bleuté le traversa, s’engouffrant dans les canalisations desséchées de son cerveau, comme la marée envahit une grotte marine. Son corps subit une telle secousse que, durant un instant, il s’arqua, en équilibre sur les talons et l’arrière de son crâne blindé. Poussant un hurlement, il se réveilla sous une averse d’électricité statique, en proie à une impression de chute.

Il se souvint d’être mort. Il se souvint du visage couturé d’une jeune fille qui le contemplait, tandis qu’il gisait dans l’herbe humide. Elle était quelqu’un d’important, elle avait compté plus que de raison pour un Traqueur digne de ce nom. Il avait voulu lui dire quelque chose, n’y était pas parvenu. Ne restait d’elle que l’image passée de ses traits abîmés. Comment s’appelait-elle ? Sa bouche se rappela. »

Extrait de : P. Reeve. « Machinations infernales – Mécaniques fatales. »