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Une seconde peau par Paul McAuley

Fiche de Une seconde peau

Titre : Une seconde peau
Auteur : Paul J. McAuley
Date de parution : 1997
Traduction : J-D Brèque
Editeur : Le Monde

Première page de Une seconde peau

« Le transporteur, jadis propriété d’un cartel des planètes extérieures et confisqué par la Communauté du Pacifique terrienne à l’issue de la Guerre tranquille, parcourait une orbite continue et immuable entre Saturne, Uranus et Neptune. Il n’accostait jamais nulle part. Il recueillait l’hydrogène du vent solaire, qu’il mélangeait avec le nanogramme d’antimatière capable de l’alimenter en énergie pendant un siècle et, une ou deux fois par an, au cours de la trajectoire sinueuse que la gravité lui faisait décrire parmi les lunes de Saturne, des drones de maintenance se fixaient à sa coque telles des barnaches et réparaient les dégâts que ses systèmes internes étaient impuissants à traiter.
Ben Lo et les six autres membres de la première délégation commerciale envoyée sur Protée depuis la guerre furent transférés sur le transporteur alors qu’il effectuait une boucle autour de Titan, toujours endormis dans les nacelles d’hibernation où ils avaient pris place en orbite terrestre. »

Extrait de : P. McAuley. « Une seconde peau. »

Une invasion martienne par Paul McAuley

Fiche de Une invasion martienne

Titre : Une invasion martienne
Auteur : Paul J. McAuley
Date de parution : 2001
Traduction : B. Sigaud
Editeur : Robert Laffont

Première page de Une invasion martienne

« Comme disait votre hebdo favori, toute la vie humaine est là.
Il a beau être presque minuit, des douzaines de péniches labourent encore les eaux noires du Houang-pou Chang ; dans le clignotement rouge et vert de leurs feux de position, elles passent à gauche et à droite de clippers cargos hydrodynamiques oscillant sur leurs ancres dans le chenal central. Sur les clippers, les hauts cylindres blancs des voiles rotatives sont illuminés à répétition par les feux d’artifice qui éclatent au-dessus d’un concert de rock dans un amphithéâtre sur la rive de Poudong, près de la tour-minaret de l’Oriental Pearl Television. Des réseaux de lumière laser blanche s’arc-boutent contre le ciel sombre. Le hurlement des guitares agglutinées et le rugissement guttural du public franchissent le Houang-pou et portent jusqu’à Shanghai où, tout au long du Bund, l’avenue qui borde le fleuve, sous les strates du néon, des foules tourbillonnantes abandonnent sur place les véhicules englués dans les embouteillages. »

Extrait de : P.J McAuley. « Une invasion martienne. »

Sable rouge par Paul J. McAuley

Fiche de Sable rouge

Titre : Sable rouge
Auteur : Paul J. McAuley
Date de parution : 1993
Traduction : N. Serval
Editeur : J’ai lu

Première page de Sable rouge

« Mars était en train de mourir.

D’année en année, les pluies d’été se faisaient plus rares et le ciel d’un rose intense n’apparaissait plus que piqueté d’éclairs. Hiver après hiver, les tempêtes de sable gagnaient en violence et le printemps survenait plus tardivement.

Au cours de la seconde année du Silence de l’Empereur, il fallut attendre le quarante-sixième jour du mois d’avril pour jouir d’un ciel plus serein. Les mille et quelques résidents du danwei des Eaux Amères découvrirent d’un coup qu’ils étaient las du confinement auquel les avait contraints l’hiver, las de s’enthousiasmer pour les combats de criquets, les opéras épiques et la confection de ces étoffes bordées de fourrure qui représentait à la fois pour eux un passe-temps et une source de profit. Quoique le risque d’une tempête tardive fût de soixante-dix pour cent, le technicien agronome intérimaire Wei Lee n’eut aucun mal à réunir une demi-douzaine de volontaires pour nettoyer les filtres encrassés du Dôme Agricole Numéro Huit. »

Extrait de : P.J McAuley. « Sable rouge. »

Les diables blancs par Paul McAuley

Fiche de Les diables blancs

Titre : Les diables blancs
Auteur : Paul J. McAuley
Date de parution : 2004
Traduction : B. Sigaud
Editeur : Robert Laffont

Première page de Les diables blancs

« Nicholas Hyde travaille tard et seul lorsque Tremaine gravit la colline pour lui poser sa question. Le soleil couchant projette l’ombre de Tremaine droit devant lui tandis qu’il monte au milieu des champs en mosaïque inclinés vers l’affluent peu profond du Congo et les ruines du village. La chaleur emmagasinée durant la journée pulse depuis la terre africaine rouge. Le chaume desséché craque sous ses bottes. Dans la forêt-galerie à la lisière des champs, des foules de papillons, leurs ailes frappées du logo bleu, rouge et blanc d’une célèbre boisson non alcoolisée, s’affairent à bombarder de pollen les plantes grimpantes en fleurs, aussi indifférents aux événements qui se sont déroulés ici qu’aux avatars subis par leurs gènes.

Quatorze mois plus tôt, une bande d’hommes armés en haillons a jailli de la forêt et a pris le contrôle du village. Des soldats fidèles à la dictature militaire du sergent Samuel Nyibizo, qui fuyaient dans une retraite éperdue devant les forces victorieuses d’une coalition démocratique soutenue par Obligate, la plus grosse et la plus présomptueuse de la nouvelle vague de transnationales à vocation écologique. Les soldats ont abattu deux hommes qui essayaient de résister, ont rassemblé le reste des villageois et les ont forcés à se déshabiller. »

Extrait de : P. McAuley. « Les diables blancs. »

Les conjurés de Florence par Paul J. McAuley

Fiche de Les conjurés de Florence

Titre : Les conjurés de Florence suivi de La tentation du Dr Stein
Auteur : Paul J. McAuley
Date de parution : 1994
Traduction : O. Deparis, M-C Caillava
Editeur : Gallimard

Sommaire de Les conjurés de Florence :

  • Les conjurés de Florence
  • La tentation du Dr Stein

Première page de Les conjurés de Florence

« Le matin, peu après l’aube. Le ciel, pour une fois dégagé des fumées vomies par les fonderies et les manufactures, d’un bleu aussi intense que le meilleur outremer à quatre florins l’once. Des hommes qui s’en vont travailler d’un pas tranquille dans la rue des Teinturiers, en tablier de cuir, de longs gants jetés autour du cou, les cheveux tirés en arrière et rentrés sous des casquettes en cuir. Des sabots qui claquent sur les dalles, des cris joyeux, le fracas des rideaux levés pour l’ouverture des échoppes qui jalonnent la rue. Des apprentis qui pendent des écheveaux de laine colorée aux crochets des devantures : rouges, bleus, jaunes, frémissants dans la lumière vive qui tombe en oblique sur les murs bruns et décrépis. Puis un halètement caverneux et rapide comme on lance la machine d’Héron qui, par un système complexe de poulies et de courroies, fait tourner les palettes des cuves de teinture et entraîne la vis d’Archimède qui tire de l’eau du fleuve. Un toussotement, un soupir, un petit nuage de vapeur qui s’élève au-dessus des toits gauchis en terre cuite, le halètement se réduisant à un ronronnement lent et régulier. »

Extrait de : P.J McAuley. « Les conjurés de Florence. »

La guerre tranquille par Paul McAuley

Fiche de La guerre tranquille

Titre : La guerre tranquille
Auteur : Paul J. McAuley
Date de parution : 2008
Traduction : J.-D. Brèque
Editeur : Bragelonne

Première page de La guerre tranquille

« Les garçons se réveillaient chaque jour à 6 heures quand les lumières s’allumaient. Ils se douchaient et s’habillaient, faisaient leur lit et rangeaient leur dortoir, puis subissaient l’inspection de l’un de leurs lecteurs. En guise de petit déjeuner, ils avalaient une portion de brouet de maïs et une petite tasse de thé vert. Ils mangeaient vite, chacun assis à la longue table face à l’un de ses frères, et on n’entendait que le bruit des cuillers en plastique raclant les bols en plastique. On comptait quatorze garçons en tout, aussi grands, pâles et élancés que de jeunes arbres écorchés. Leurs yeux étaient bleus. Leurs crânes rasés luisaient sous la lumière froide tandis qu’ils se penchaient sur leur repas frugal. Âgés de deux mille six cents jours, ils étaient pleinement formés mais conservaient des vestiges de gaucherie adolescente. Ils portaient une chemise et un pantalon en papier gris, et des sandales en plastique. Leur chemise était frappée d’un numéro en chiffres rouges, sur le torse comme sur le dos. Ces numéros ne formaient pas une séquence continue, car plus de la moitié du contingent originel avait été éliminée durant les premières phases du programme. »

Extrait de : P.J McAuley. « La Guerre Tranquille. »

L’Homme par Paul J. McAuley

Fiche de L’Homme

Titre : L’Homme
Auteur : Paul J. McAuley
Date de parution : 2012
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Bélial

Première page de L’Homme

« L’homme lui vint une nuit, en pleine tempête de flux.

Dans la zone crépusculaire, il faisait aussi sombre que possible. Les nuages bas formaient un couvercle mouvant. Les vents mugissants projetaient les vagues sur le rivage et soufflaient des écharpes de neige dans la forêt où les pales des arbres éoliens claquetaient et où les décharges coronales sautillaient et crépitaient. Réfugiée dans sa cabane, Cho Ziyi regardait un film vénérable — une histoire d’amour parmi les gangsters des légendaires Chungking Mansions à Hong Kong. Le feu sifflait dans l’âtre. Affalés sur le tapis en peau de borometz, ses huskies, Jung et Cheung, levèrent soudain la tête ; ce dernier, le plus jeune, se dressa sur ses pattes et aboya lorsqu’un choc ébranla la porte avant de se répéter. »

Extrait de : P.J McAuley. « L’Homme. »

Glyphes par Paul McAuley

Fiche de Glyphes

Titre : Glyphes
Auteur : Paul J. McAuley
Date de parution : 2005
Traduction : B. Sigaud
Editeur : Robert Laffont

Première page de Glyphes

« Le lendemain de l’anniversaire d’Alfie, son dixième, son père vint le chercher au pensionnat et l’emmena au bord de la mer. En ce dernier samedi de novembre, l’air était d’un froid boréal, mais lumineux et limpide, et ils roulaient la capote baissée dans la Morgan. Le petit roadster sportif rouge était de loin la voiture préférée d’Alfie, à des années-lumière de l’Austin Métro exiguë de sa grand-mère ou de la vieille et lourde Rover qui sentait le moisi et lui donnait toujours un peu le mal de mer. Calé à l’intérieur du cockpit encombré et surbaissé de la Morgan, aux robustes cadrans étincelants sur le tableau de bord en bois verni, avec l’air glacial qui déferlait sur l’étroit pare-brise, on avait presque l’impression d’être dans un avion de chasse. Et tandis que son père négociait à tombeau ouvert les virages de la route secondaire, Alfie se prenait pour un as de la RAF et mitraillait les ennemis tapis dans les haies. »

Extrait de : P.J McAuley. « Glyphes. »

Féerie par Paul J. McAuley

Fiche de Féerie

Titre : Féerie
Auteur : Paul J. McAuley
Date de parution : 1995
Traduction : V. Guilbaud
Editeur : J’ai lu

Première page de Féerie

« La pièce est pleine de fantômes.

Translucides comme des méduses, en dépit de leurs costumes édouardiens d’apparat, ils valsent langoureusement, seuls ou par deux, dans le Fumoir des Dames récemment restauré de l’hôtel Grand Midland, à la station Saint-Pancrace, tout autour des passagers – sans toutefois jamais les toucher – qui attendent le TransEurope Express de seize heures. Alex Sharkey est le seul à accorder aux fantômes un quelconque intérêt car, pour passer le temps, il tente de dériver l’algorithme qui régit leur ballet faussement
aléatoire. Il est arrivé vingt minutes en avance et maintenant, à en croire la montre achetée en chemin, il est quinze heures douze. Son client est en retard. »

Extrait de : P.J McAuley. « Feerie. »

Cowboy angels par Paul McAuley

Fiche de Cowboy angels

Titre : Cowboy angels
Auteur : Paul J. McAuley
Date de parution : 2007
Traduction : B. Sigaud
Editeur : Robert Laffont

Première page de Cowboy angels

« — C’est des Américains, Adam. Des Américains comme toi et moi. Des Américains qui veulent débarrasser leur patrie de la tyrannie communiste. Des Américains qui sont prêts à risquer leur vie pour rendre indépendance et liberté à leur version des USA. Leur gouvernement n’est peut-être pas un modèle parfait de démocratie, je te l’accorde, mais ils défendent la Constitution, ils veillent depuis cinquante ans à ce que la flamme de la liberté ne s’éteigne pas, ils méritent qu’on les soutienne à fond, nom de Dieu. Et te voilà, déguisé en croque-mort, prêt à vendre leur peau.

— Ne me tape pas dessus, Tom. Je ne suis que le messager.

— Ah oui ? Alors je crois que tu te contentes d’obéir aux ordres, comme ces bureaucrates exsangues qui ont pris le pouvoir à la Compagnie. Et merde, Adam, j’aimerais mieux apprendre que t’es passé du côté de Jimmy Carter et de sa bande de joyeux dégonflés. Au moins, ça voudrait dire que tu crois encore à quelque chose. »

Extrait de : P.J McAuley. « Cowboy angels. »