Catégorie : Livres

 

La mer éclatée – intégrale par Joe Abercrombie

Fiche de La mer éclatée – intégrale

Titre : La mer éclatée – intégrale
Auteur : Joe Abercrombie
Date de parution : 2016
Traduction : J. Parichet
Editeur : Bragelonne

Sommaire de La mer éclatée – intégrale

  • La moitié d’un roi
  • La moitié d’un monde
  • La moitié d’une guerre

Première page de La moitié d’un roi

« La tempête faisait rage la nuit où Yarvi apprit qu’il était roi. Ou du moins, la moitié d’un roi.

Il soufflait un vent fureteur, comme le nommaient les Gettlandais : il s’élevait depuis père Océan en gémissant tel un damné, s’insinuait dans chaque fissure de chaque demeure pour glacer ses habitants, blottis les uns contre les autres au coin du feu.

Il faisait claquer les volets aux étroites fenêtres des quartiers de mère Gundring, trembler la porte en bois et acier dans son cadre. Il taquinait les flammes dans l’âtre, qui crachotaient de colère en retour, projetant sur les murs les sinistres ombres frémissantes des bouquets d’herbes séchées pendus au plafond ainsi que des racines que tenait mère Gundring dans ses doigts noueux.

— Et ceci ?

« Ceci » avait l’allure d’une simple motte de terre, mais Yarvi n’était pas dupe.

— De la racine de Langue-noire. »

Extrait de : J. Abercrombie. « La Mer Éclatée – L’Intégrale. »

J. Abercrombie – L’intégrale Collector par Joe Abercrombie

Fiche de L’intégrale Collector

Titre : L’intégrale Collector
Auteur : Joe Abercrombie
Date de parution : 2016
Traduction : J. Parichet, B. Mariot, M. Ssossé
Editeur : Bragelonne

Sommaire de L’intégrale Collector

  • Servir froid
  • Les héros
  • Pays rouge
  • Double tranchant
  • La mer éclattée
    • La moitié d’un roi
    • La moitié d’un monde
    • La moitié d’une guerre
  • La première loi
    • Premier sang
    • Haut et court
    • Dernier combat

Double tranchant par Joe Abercrombie

Fiche de Double tranchant

Titre : Double tranchant
Auteur : Joe Abercrombie
Date de parution : 2016
Traduction : J. Parichet
Editeur : Bragelonne

Première page de Double tranchant

« — Allez ! s’écria Salem Rews, quartier-maître du premier régiment de son Auguste Majesté. Massacrez-les !

Glokta massacrait invariablement ses adversaires, que ce soit à l’entraînement d’escrime, sur le champ de bataille ou dans le cadre bien plus féroce des relations sociales.

Ses trois malheureux condisciples le poursuivaient avec aussi peu d’efficacité que les maris cocus, les créanciers ignorés ou les camarades délaissés le faisaient partout où il passait. Le sourire aux lèvres, Glokta dansait parmi eux, pleinement à la hauteur de ses réputations conjointes d’épéiste et de poseur le plus renommé de toute l’Union. Paradant entre eux, il bondissait, agile comme une sauterelle, feintait, imprévisible comme un papillon, et quand l’envie lui prenait, chargeait, vindicatif comme une guêpe contrariée.

— Faites un effort ! lança-t-il, évitant un coup malhabile puis administrant une fessée à l’un de ses assaillants, déclenchant ainsi les rires moqueurs de la foule.

— Beau spectacle ! commenta joyeusement le lord maréchal Varuz qui observait la scène depuis sa chaise pliante.

— Sacrément beau ! renchérit le colonel Kroy à sa droite. »

Extrait de : J. Abercrombie. « Double tranchant. »

Pays rouge par Joe Abercrombie

Fiche de Pays rouge

Titre : Pays rouge (Tome 3 sur 3 – Terres de sang)
Auteur : Joe Abercrombie
Date de parution : 2012
Traduction : J. Parichet
Editeur : Bragelonne

Première page de Pays rouge

« — L’or… (Dans la bouche de Trist, le mot semblait un mystère insondable.) … rend les hommes fous.

Farouche acquiesça.

— Ceux qui le sont pas déjà.

Ils discutaient assis devant Le Grill de Stupfer, non pas un bordel comme on aurait pu le croire, mais la pire gargote à soixante-dix kilomètres à la ronde, et ce malgré une compétition acharnée. Farouche était installée sur les sacs chargés dans sa charrette et Trist perché sur la clôture. Il semblait ne jamais en bouger. Peut-être s’était-il enfoncé une telle écharde dans l’arrière-train qu’il en était incapable. Ils observaient la foule.

— Si je suis venu ici, c’est pour fuir les gens, rappela Trist.

Farouche hocha la tête.

— Quel succès…

L’été précédent, on aurait pu passer la journée en ville sans croiser deux inconnus. On aurait même pu passer la journée en ville sans croiser deux êtres vivants. Quelques mois et une mine d’or avaient renversé la situation. »

Extrait de : J. Abercrombie. « Pays rouge – Terres de sang. »

Les héros par Joe Abercrombie

Fiche de Les héros

Titre : Les héros (Tome 2 sur 3 – Terres de sang)
Auteur : Joe Abercrombie
Date de parution : 2011
Traduction : J. Parichet
Editeur : Bragelonne

Première page de Les héros

« — Je suis bien trop vieux pour ça, murmura Craw qui grimaçait un pas sur deux.

Son genou lui faisait un mal de chien. Il était grand temps qu’il prenne sa retraite – plus que temps. Contempler le coucher de soleil en fumant sa pipe, le sourire aux lèvres, assis sous le porche de sa maison après une honnête journée de travail. Non qu’il eût une maison. Mais lorsqu’il en aurait une, elle serait drôlement belle.

Il se fraya un chemin à travers une brèche dans les ruines du mur, le cœur battant à tout rompre. Essoufflé d’avoir monté la colline escarpée, sans compter les croche-pieds des hautes herbes et les rafales de vent. Mais surtout, en réalité, affolé à l’idée de se faire tuer en haut. Il ne s’était jamais prétendu courageux et l’âge n’avait en rien diminué sa couardise. Étrange phénomène : moins il nous reste d’années à vivre, plus on a peur de les perdre. Peut-être qu’on reçoit à la naissance une quantité limitée de courage qui s’use à chaque écorchure.

Or, Craw avait été sacrément écorché. Et c’était loin d’être fini. »

Extrait de : J. Abercrombie. « Les Héros – Terres de sang. »

Servir froid par Joe Abercrombie

Fiche de Servir froid

Titre : Servir froid (Tome 1 sur 3 – Terres de sang)
Auteur : Joe Abercrombie
Date de parution : 2009
Traduction : J. Parichet
Editeur : Bragelonne

Première page de Servir froid

« Le soleil se levait couleur sang d’encre. S’échappant de l’horizon, à l’est, il tachait de rouge le ciel sombre et marquait d’or les quelques nuages effilochés. Plus bas, la route serpentait vers le sommet de la montagne, vers la forteresse de Fontezarmo, amas de tours saillantes noir cendré se découpant dans ce ciel blessé. L’aube était rouge, noire et or.

Les couleurs de leur métier.

— Tu es particulièrement belle ce matin, Monza.

Elle soupira, comme si c’était un accident. Comme si elle n’avait pas passé une heure à se pomponner devant le miroir.

— Les faits sont les faits. Savoir les énoncer n’est pas un don. Ça prouve simplement que tu n’es pas aveugle. (Elle bâilla, s’étira sur sa selle, ce qui l’obligea à attendre encore un peu.) Mais tu peux continuer.

Il se racla bruyamment la gorge et leva une main, mauvais acteur se préparant pour sa grande tirade.

— Tes cheveux sont tel… un voile de jais scintillant. »

Extrait de : J. Abercrombie. « Servir froid – Terres de sang. »

Les rejetons de l’ombre par Orson Scott Card

Fiche de Les rejetons de l’ombre

Titre : Les rejetons de l’ombre (Tome 5 sur 5 – La saga des ombres)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 2011
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : L’Atalante

Première page de Les rejetons de l’ombre

« Le vaisseau Hérodote quitta la Terre en 2210 avec quatre passagers ; il accéléra pour parvenir aussi vite que possible à une vitesse proche de celle de la lumière, puis conserva cette allure et laissa la relativité faire son œuvre.
À bord de l’Hérodote, un peu plus de cinq années s’étaient écoulées ; sur Terre, quatre cent vingt et une.
À bord de l’Hérodote, les trois enfants âgés de treize mois avaient désormais six ans, et le Géant avait dépassé de deux ans son espérance de vie.
Sur Terre, on avait lancé des vaisseaux pour fonder quatre-vingt-treize colonies, en commençant par les mondes naguère tenus par les doryphores pour s’étendre aux autres planètes habitables au fur et à mesure qu’elles étaient découvertes.
À bord de l’Hérodote, les enfants étaient petits pour leur âge mais plus intelligents que la normale, comme le Géant en son temps, car chez tous la clé d’Anton avait été activée, à la fois défaut et amélioration génétiques. Leur intelligence dépassait dans tous les domaines celle des meilleurs spécialistes, sans qu’ils souffrent de la débilitation de l’autisme. Mais ils grandissaient sans cesse ; à vingt-deux ans, ils auraient la taille du Géant, et le Géant serait mort depuis longtemps – car il était à l’agonie, et, à son décès, les enfants se retrouveraient seuls. »

Extrait de : O.S Card. « Les rejetons de l’ombre – Saga des ombres. »

L’ombre du géant par Orson Scott Card

Fiche de L’ombre du géant

Titre : L’ombre du géant (Tome 4 sur 5 – La saga des ombres)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 2005
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : L’Atalante

Première page de L’ombre du géant

« Han Tzu attendit que la voiture blindée eût disparu avant de s’aventurer dans la rue encombrée de piétons et de cyclistes. Dans la foule, on peut devenir invisible à condition de se déplacer dans la même direction qu’elle, or Han Tzu n’y arrivait plus parfaitement depuis son retour en Chine de l’École de guerre.

Il ne donnait pas l’impression d’aller contre le courant, non, mais plutôt de le couper en biais, comme s’il se guidait sur une carte du monde complètement différente de ceux qui l’entouraient.

Il quitta donc la porte de son immeuble, en évitant les vélos et en se frayant un chemin dans la multitude qui marchait d’un pas pressé à la poursuite de ses dizaines de milliers de buts individuels, pour accéder au petit restaurant de l’autre côté de la rue. »

Extrait de : O.S Card. « L’ombre du géant – Saga des ombres. »

Les marionettes de l’ombre par Orson Scott Card

Fiche de Les marionettes de l’ombre

Titre : Les marionettes de l’ombre (Tome 3 sur 5 – La saga des ombres)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 2002
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : L’Atalante

Première page de Les marionettes de l’ombre

« Bean savourait sa grande taille, même s’il savait devoir en mourir.

Et, vu sa vitesse de croissance, l’échéance serait assez brève. Combien de temps lui restait-il ? Un an ? Trois ? Cinq ? Comme chez un enfant, l’extrémité de ses os continuait à bourgeonner, à s’allonger ; sa tête aussi grossissait, si bien qu’à l’instar d’un nourrisson les sections de sa boîte crânienne se bordaient de cartilage et d’os fraîchement créé.

Cela l’obligeait à s’adapter constamment, car d’une semaine à l’autre ses gestes changeaient d’amplitude, ses pieds grandissaient et le faisaient trébucher dans les escaliers et sur les seuils de porte, ses jambes le portaient plus loin et plus vite, et il fallait presser le pas pour le suivre. Quand il s’entraînait avec ses hommes, la compagnie d’élite qui constituait à elle seule l’armée de l’Hégémonie, il pouvait désormais courir devant eux d’une foulée plus longue.

Il avait acquis depuis longtemps le respect de ses soldats, mais à présent sa taille lui permettait de les regarder de haut, littéralement. »

Extrait de : O.S Card. « Les marionnettes de l’ombre – La saga des ombres. »

L’ombre de l’Hégémon par Orson Scott Card

Fiche de L’ombre de l’Hégémon

Titre : L’ombre de l’Hégémon (Tome 2 sur 5 – La saga des ombres)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 2000
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : L’Atalante

Première page de L’ombre de l’Hégémon

« Quand elle rentra chez elle, Petra Arkanian ne reconnut pas l’Arménie. Les montagnes offraient certes un décor spectaculaire, mais elles ne faisaient pas vraiment partie des expériences de sa prime jeunesse. C’est seulement en arrivant à Maralik qu’elle commença d’entrevoir des détails qui éveillaient des souvenirs. Son père l’attendait à Erevan tandis que sa mère était restée à la maison en compagnie de son fils de onze ans et du petit dernier, manifestement conçu avant même l’allégement des restrictions sur le contrôle des naissances à la fin de la guerre. Ils avaient sans doute vu Petra à la télévision. Alors que le tacot les emportait par les rues étroites de la ville, son père, à côté d’elle, prit un ton d’excuse. « Ça ne va pas te paraître bien impressionnant, après avoir vu le monde entier.

— On ne nous montrait pas beaucoup la Terre, papa. Il n’y avait pas de fenêtres à l’École de guerre. »

Extrait de : O.S Card. « L’ombre de l’Hégémon. »