Catégorie : Livres

 

La cité de l’éternelle nuit par Robert Clauzel

Fiche de La cité de l’éternelle nuit

Titre : La cité de l’éternelle nuit
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir

Première page de La cité de l’éternelle nuit

« Il s’avança jusqu’à ce paysage chaotique qu’il ne comprenait pas et qui était fait de piliers démolis et de bâtiments en ruine, de pierres vitrifiées et d’éboulis. Le ciel était lie-de-vin, comme la plupart du temps, et des nuées étranges roulaient comme de la fumée ; comme de la fumée en provenance d’un incendie qui n’en finirait pas. Il était habitué à ça, ainsi qu’à tous les curieux changements qu’opérait ce ciel incompréhensible.

Une dartre noire détala en grinçant comme de la tôle rouillée, ses pinces tendues menaçantes, et feula à plusieurs reprisés. Elle était énorme. Elle creusa une pierre et s’y enfonça, tapissant ensuite son abri d’une paroi aussi duré que le minéral. Il y a longtemps que Aad était habitué aux dartres et réciproquement. Mais un instinct lui disait qu’il ne fallait pas y toucher et une impression de malaise se dégageait toujours de ces crustacés de terre qui vivaient dans les pierres. »

Extrait de : R. Clauzel. « La Cité de l’éternelle nuit. »

L’horrible découverte du Dr Coffin par Robert Clauzel

Fiche de L’horrible découverte du Dr Coffin

Titre : L’horrible découverte du Dr Coffin
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir

Première page de L’horrible découverte du Dr Coffin

« Richard Temple prenait du bon temps avec un groupe de jeunes sirènes dans un motel de la chaîne « Impérial 400 Motels » sur la route d’Annatown, à 17 kilomètres exactement de cette charmante localité californienne, et, bien que son métier l’obligeât à laisser en permanence ses propres coordonnées à ses supérieurs hiérarchiques directs, rien ne l’autorisait à penser que quelque chose se préparait qui allait bouleverser le destin d’une bonne centaine de ses concitoyens à court terme.
La température était encore douce et clémente, l’air était de velours et le calme serein de cette fin septembre se cachait dans l’atmosphère, un peu nostalgique pourtant, d’une saison finissante.
L’eau de la piscine était agréable, bleue et fraîche, et son étendue miroitait au soleil couchant.
Laura était une fille splendide, assise, en maillot saumon, à sa table et sirotant un Damarkin… »

Extrait de : R. Clauzel. « L’horrible découverte du Dr Coffin. »

Et la nuit garda son secret par Robert Clauzel

Fiche de Et la nuit garda son secret

Titre : Et la nuit garda son secret
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1975
Editeur : Fleuve noir

Première page de Et la nuit garda son secret

« Qu’était-il arrivé à Igor Cavendish qui justifie cette convocation mi-suppliante mi-précipitée ? Qu’était-il arrivé qui justifie ce coup de téléphone en catastrophe ? Que se passait-il exactement et où voulait-il en venir ?
Éric terminait de se raser et se vaporisait un de ces after shave fresh up qui encombrent la publicité contemporaine et qui au lieu de l’adoucir lui fit l’effet d’une brûlure sur le visage. Puis il s’examina attentivement dans le grand miroir rond de son cabinet de toilette. Il n’aimait pas les rasoirs électriques aussi se tirait-il de cette corvée quotidienne avec quelques égratignures qui saignaient toujours un peu. Il se tamponna minutieusement, après quoi il se lava les mains avec une savonnette au tilleul. Éric était vraiment préoccupé par le coup de téléphone de Cavendish. Ils ne s’étaient pas revus depuis une quinzaine d’années environ et voilà que soudain Igor Cavendish surgissait à nouveau dans sa vie, de façon plutôt extraordinaire. »

Extrait de : R. Clauzel. « Et la nuit garda son secret. »

Comme un orgue d’enfer… par Robert Clauzel

Fiche de Comme un orgue d’enfer…

Titre : Comme un orgue d’enfer…
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir

Première page de Comme un orgue d’enfer…

« Harry Durban sursauta violemment et écrasa la pédale de frein. Les pneus crièrent sur le macadam brûlant. La Mercury Cougar chassa un peu et finit par stopper. Harry Durban lâcha l’embrayage et le moteur cala.
— Merde ! Merde ! Merde !… gronda-t-il.
Il descendit sans aucune précaution, faisant hurler le conducteur d’une voiture qui passa en trombe près de lui. Durban fit le tour de la conduite intérieure, étincelante sous les feux du couchant, et fit quelques pas.
Des voitures cinglaient sur la grande route bordée de doux halliers et de buissons verts. Durban considéra la marque des pneus sur la route. « Il n’y a guère que dans les accidents qu’on voit ça… », pensa-t-il. Et il ajouta mentalement : « Ce qui aurait bien pu se produire. » Il continua à faire quelques mètres. Il faisait chaud et la température était agréable. Des vagues de fraîcheur, des senteurs de bois et d’humus parvenaient des fourrés et des taillis. »

Extrait de : R. Clauzel. « Comme un orgue d’enfer…. »

A l’aube du dernier jour… par Robert Clauzel

Fiche de A l’aube du dernier jour…

Titre : A l’aube du dernier jour…
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir

Première page de A l’aube du dernier jour…

« Crachin. Crachin sur la ville…
Petite pluie fine qui descend lentement, comme un voile ténu, arachnéen, presque impalpable. Grisaille d’eau qui baigne toutes choses, qui s’abat, enveloppe, mouille, fait jouer et glisser des gouttelettes sur les fils électriques… Des milliers de gouttelettes, perles limpides, diamants ronds qui se poursuivent, se rattrapent, s’englobent et pleuvent encore, une à une, au bout du parcours… Pluie qui fait luire les pavés, le basalte et les trottoirs ; pluie du matin sur la ville, qui efface, adoucit, estompe les contours des toits, des cheminées, des immeubles livides aux façades lépreuses. Temps froid, couvert… emmitouflé de brume et de coton…
Le comptoir du « snack » est poisseux et le journal humide ; les feuilles molles sentent l’encre d’imprimerie. Les vitres du bar sont embuées, le sol est visqueux et plein de sciure. Une femme de ménage cogne son balai contre les pieds des tables. C’est désagréable. »

Extrait de : R. Clauzel. « A l’aube du dernier jour…. »

Plate-forme Epsilon par Robert Clauzel

Fiche de Plate-forme Epsilon

Titre : Plate-forme Epsilon (Tome 2 sur 2 – Pugwash)
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir

Première page de Plate-forme Epsilon

« C’est de la façon la plus simple et la plus anodine que tout a commencé. Les rues de décembre étaient grises et tristes, emmitouflées de neige. Il faisait un froid très vif et les bruits de la circulation étaient étouffés. La neige semblait de sucre candi, sur les trottoirs où elle s’amassait, sur les arbres des avenues, sur les toits et les cheminées… Des milliers de petits points blancs virevoltaient lentement dans l’air glacé et descendaient sur la ville tentaculaire. Les rues de décembre étaient grises et les façades lépreuses. Les passants se hâtaient ; des voitures roulaient avec précaution, rares dans ce quartier de grande banlieue. Le fourmillement formidable et lent des parcelles de neige descendant d’un ciel de grisaille uniforme préludait à la tradition des White Christmas chers à la légende. »

Extrait de : R. Clauzel. « Plate-forme Epsilon – Pugwash. »

La terrible expérience de Peter Home par Robert Clauzel

Fiche de La terrible expérience de Peter Home

Titre : La terrible expérience de Peter Home (Tome 1 sur 2 – Pugwash)
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir

Première page de La terrible expérience de Peter Home

« Orly Sud.

Joyce leva ses grands yeux vers l’homme qui l’accompagnait : une angoisse sourde la pénétrait maintenant, une angoisse inexprimable.

Habituellement, elle aimait l’ambiance de la grande aérogare européenne et son parfum international, mais, cette fois, c’était différent, tellement différent.

Ils dirigeaient leurs pas vers un des bâtiments principaux dont la façade de verre reflétait un jour sale, terne, pluvieux. Il faisait froid. Des flaques d’eau miroitaient au sol.

Une Caravelle roulait sur la piste dans le fracas de ses réacteurs. Un Breguet Deux-Ponts passait, silhouette rapide, à l’horizon lourd et bas.

Ils se présentèrent devant la porte vitrée qui s’ouvrit automatiquement. Une bouffée d’air chaud les assaillit ainsi que la voix reposante, acidulée et voilée, impersonnelle et contenue d’une speakerine annonçant un vol vers Tokyo. »

Extrait de : R. Clauzel. « La terrible expérience de Peter Home. »

Le prince de métal par Robert Clauzel

Fiche de Le prince de métal

Titre : Le prince de métal (Tome 14 sur 14 – Claude Eridan)
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1978
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le prince de métal

« Mandine était accrochée au fil volant comme à une corde lisse et le paysage défilait, rapide, en dessous d’elle. Parfois, elle fermait les yeux, prise d’un étrange vertige, mais la plupart du temps elle les gardait ouverts pour ne rien perdre de l’impressionnant spectacle. Elle se tenait fermement mais ses mains, ses jambes lui faisaient mal. Le fil était épais, fait d’une matière inconnue, cotonneuse, légère, aérée ; il voguait, vertical, et emportait la jeune Mandine au gré de courants atmosphériques mystérieux.
Sa position était inconfortable à l’extrême ; elle était agrippée très fortement, ses jambes nues enroulées pour mieux assurer sa prise. Cela durait longtemps. Peut-être trente minutes et c’était exténuant. Ses mains ne saignaient pas car cette « mèche » était d’une grande douceur, cependant, si cela devait se prolonger, elle sentait qu’elle ne pourrait plus tenir. »

Extrait de : R. Clauzel. « Le prince de métal – Claude Eridan. »

L’oeuf d’antimatière par Robert Clauzel

Fiche de L’oeuf d’antimatière

Titre : L’oeuf d’antimatière (Tome 13 sur 14 – Claude Eridan)
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1977
Editeur : Fleuve noir

Première page de L’oeuf d’antimatière

« Le violent orage qui avait sévi toute la journée s’était un peu calmé et la Planésie, toute mouillée de l’eau du ciel, exhalait des vapeurs éthérées ; le parc était plein d’une brume cotonneuse. Cependant les horizons s’illuminaient toujours de lueurs obliques et les chevaux de l’Apocalypse couraient dans le lointain. Il y avait de grandes mares d’eau, un peu partout, où parfois Séléné descendait, et les grands arbres étaient entourés de fumerolles ainsi que la campagne environnante.

Dans la grande salle de séjour, aucun des spectres de la nuit ne pouvait pénétrer et c’était la quatrième soirée qu’Eridan et ses amis passaient en compagnie du Pr Béranger. La veille, ils avaient eu la visite d’Edmond Sainclair, l’historiographe des Gremchkiens, celui que Béranger avait choisi, et il était reparti enchanté de les avoir tous revus. »

Extrait de : R. Clauzel. « L’Oeuf d’antimatière – Claude Eridan. »

Le cylindre d’épouvante par Robert Clauzel

Fiche de Le cylindre d’épouvante

Titre : Le cylindre d’épouvante (Tome 12 sur 14 – Claude Eridan)
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1977
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le cylindre d’épouvante

« Mandine se releva péniblement et regarda autour d’elle avec stupeur. Mandine était d’une éclatante beauté avec ses yeux de lilas clair et sa chevelure mauve qui croulait sur ses épaules frêles… Sa robe était déchirée. Sa lèvre pulpeuse et tendre tremblait légèrement. Son visage presque juvénile, ses traits adorables étaient empreints de la plus profonde incompréhension. Elle était très pâle… Où se trouvait-elle exactement ? Que s’était-il passé ? Quelle était cette nuit bleue et ces formes floues ?… Cet immense firmament céruléen avec ses myriades d’étoiles dont elle ne reconnaissait pas la configuration ?…
Elle fit quelques pas sur cet étrange sol extrêmement mou et caoutchouteux dans lequel elle s’enfonçait et assez malaisé pour la marche. Pourtant elle arriva à sortir de la cuvette dans laquelle elle se trouvait et parvint jusqu’à un niveau assez plat, non accidenté. Il faisait nuit mais il régnait en cet endroit une luminosité bleutée extrêmement agréable. »

Extrait de : R. Clauzel. « Le cylindre d’épouvante – Claude Eridan. »