Catégorie : Livres

 

Anatomik par Serge Brussolo

Fiche de Anatomik

Titre : Anatomik
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2019
Editeur : Bragelonne

Première page de Anatomik

« Juillet 2118. Golfe du Mexique. Zone de guerre. 217e jour d’engagement de la 8e division de Marines des États-Unis contre les forces des Cartels coalisés. Synthèse des opérations : fortes pertes humaines du côté américain. Désorganisation de la logistique. Armement obsolète. Malgré toutes les tentatives de reprise en main, l’ennemi reste maître du feu. Demande de repli stratégique refusée par le Quartier Général. Le mot d’ordre reste : Tenir coûte que coûte et défendre la frontière.
 

Les chasseurs-bombardiers Torpedo-27 déchirent le ciel laiteux comme le feraient les griffes d’un félin mettant en pièces un rideau de soie.
— Duck 1 ! hurle le caporal Alvarez, ça va tomber !
Le sergent-chef Charles « Chuck » Ozzborn se jette dans la tranchée à la suite de ses hommes. C’est un grand type taillé en bûcheron, un montagnard venu d’un trou perdu du Montana : Mawapata, un bled inscrit en troisième position sur la liste des trous du cul du monde. Gueulard, il est tout de même apprécié des bidasses de la compagnie Reco-6. »

Extrait de : S. Brussolo. « Anatomik. »

Abîmes par Serge Brussolo

Fiche de Abîmes

Titre : Abîmes
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1993
Editeur : Fleuve noir

Première page de Abîmes

« David avançait dans la coursive depuis trois jours déjà, et l’écho de ses pas s’envolait devant lui, s’enfonçant dans les ténèbres jusqu’à devenir inaudible. Le jeune homme fit décrire un demi-cercle au halo de sa torche pour tenter de lire les signes inscrits sur les parois par les précédents patrouilleurs. Il distingua des flèches, des injonctions : « Pas par là ! », ou encore « Danger ! ». Ces mots, tracés à la craie, faisaient penser aux commandements placés dans les cases de ces jeux de société sur lesquels on se déplace au moyen de pions et de dés : « Allez en prison », « Payez trois mille francs d’amende »… Leur présence vous donnait l’impression de participer à un grand jeu de piste… ou d’être – par l’entremise d’un inexplicable sortilège – devenu un simple pion perdu sur l’itinéraire d’un wargame de carton.

David s’agenouilla, consultant le plan gainé de plastique transparent. Sa course y figurait sous l’aspect d’un pointillé rouge aux zigzags insolites. Il constata qu’il avait légèrement dévié de sa route initiale et s’en irrita. »

Extrait de : S.Brussolo. « Abîmes. »

A l’image du dragon par Serge Brussolo

Fiche de A l’image du dragon

Titre : A l’image du dragon
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1982
Editeur : Editions du Masque

Première page de A l’image du dragon

« – Tout ce qui est conçu à l’image du dragon est mauvais, dit le prêtre. La seule lueur que vous pourrez entr’apercevoir dans les pupilles de la bête est celle du mal. Pour cette raison vous ne devez avoir qu’un seul but : tuer, encore tuer. Toujours tuer.

Ils étaient dix. Dix jeunes hommes en armure noire agenouillés dans le sable brûlant du désert. Nath n’avait pas besoin de tourner la tête pour les compter. Il en connaissait parfaitement le nombre puisqu’il était l’un d’eux. Comme ses compagnons, il tenait le bouclier rond sur son ventre, comme eux il sentait la morsure du soleil sur le couvre-nuque du casque à large visière, où seule une mince fente laissait filtrer le regard.

L’armure était noire. Le sable beige, décoloré par tant de lumière et d’éblouissement. Le paysage de dunes et de rocailles avait blanchi sous les feux du jour, telle une étoffe oubliée sur un fil, et que cuit et recuit la brûlure de midi.

Devant eux le monde perdait ses lignes pour s’évaporer dans l’intense luminosité du matin. Le soleil gommait les contours jusqu’à les dissoudre dans le néant. »

Extrait de : S. Brussolo. « A l’image du dragon. »

Les mangeurs de murailles par Serge Brussolo

Fiche de Les mangeurs de murailles

Titre : Les mangeurs de murailles (Tome 4 sur 4 – Sigrid et les mondes perdus)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2002
Editeur : Plon

Première page de Les mangeurs de murailles

« C’était comme un champ de bataille à la tombée du jour. Une plaine de corps enchevêtrés, mêlés en un inextricable fouillis de bras, de têtes et de jambes. Parfois, au milieu de ce tapis de membres brisés, une main se mettait à pianoter, une bouche à former des mots sans suite. Mais ni David ni le chef éboueur n’y prenaient garde.

La cave avait les dimensions d’une petite ville. C’était un univers de béton, avec un ciel de béton, un horizon de béton…

— Avec de bonnes jambes, il faut deux jours de marche pour atteindre le bout de la salle ! avait coutume de ricaner Waldo le chef éboueur. Et presque une semaine pour en faire le tour ; une sacrée excursion, pas vrai, petit ?

Généralement, David répondait par un grognement inintelligible. La géographie de la soute d’évacuation avait toujours éveillé en lui une vague angoisse. »

Extrait de : S. Brussolo. « Les Mangeurs de murailles – Sigrid et les mondes perdus. »

Le grand serpent par Serge Brussolo

Fiche de Le grand serpent

Titre : Le grand serpent (Tome 3 sur 4 – Sigrid et les mondes perdus)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2002
Editeur : Editions du Masque

Première page de Le grand serpent

« À bord du bateau tout le monde mourait de faim, Sigrid plus que les autres, peut-être en raison de son jeune âge. À vingt ans, elle était capable d’engloutir des tonnes de riz et de poisson séché sans prendre une once de graisse. Mais les occasions de faire bombance devenaient rares ces temps derniers.

Assis sur le bastingage, les matelots laissaient traîner des lignes, appâtées avec des morceaux de chiffon frottés de graisse à canon, sans jamais rien attraper. Il n’y avait pas de poisson, pas dans ces eaux du moins, car la présence du dragon les avait fait fuir depuis longtemps.

Au début, quand les vivres avaient commencé à manquer, on avait essayé de piéger les cormorans volant dans le sillage du navire. Le stratagème avait fonctionné deux ou trois fois, puis les oiseaux avaient éventé la ruse. Désormais, ils ne commettaient plus l’erreur de se poser sur le pont. »

Extrait de : S. Brussolo. « Le Grand Serpent – Sigrid et les mondes perdus. »

La fiancée du crapaud par Serge Brussolo

Fiche de La fiancée du crapaud

Titre : La fiancée du crapaud (Tome 2 sur 4 – Sigrid et les mondes perdus)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2002
Editeur : Editions du Masque

Première page de La fiancée du crapaud

« — Les monstres apparaissent au sommet de ce mur, grinça Malvina Goodson en désignant la paroi de parpaings qui séparait son jardin de celui du voisin. Tous les matins, ils terrorisent mon fils, Kévin. La fenêtre de sa chambre donne de ce côté, et c’est la première chose qu’il voit en ouvrant les yeux : ces sales monstres se pavanant le long du mur. À 10 ans c’est un spectacle insupportable !
Sigrid examina la plaignante du coin de l’œil. Une femme sèche, à la bouche pincée, désagréable. Visiblement, décidée à en découdre.
— J’ai déjà déposé trois plaintes au service du contrôle des monstres, répéta la dénommée Malvina d’un ton grincheux. On ne peut pas dire que vous soyez prompts à réagir !
Gus, posté dans le dos de Mme Goodson, adressa à Sigrid une grimace que la mère du petit Kévin ne pouvait voir. La jeune fille se mordit la langue pour s’empêcher de rire et baissa les yeux sur le formulaire officiel qu’elle devait remplir. »

Extrait de : S. Brussolo. « La Fiancée du Crapaud – Sigrid et les mondes perdus. »

L’oeil de la pieuvre par Serge Brussolo

Fiche de L’oeil de la pieuvre

Titre : L’oeil de la pieuvre (Tome 1 sur 4 – Sigrid et les mondes perdus)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2002
Editeur : Editions du Masque

Première page de L’oeil de la pieuvre

« Sigrid Olafssen et Gus McQueen dînaient à la cantine du sous-marin. À cette heure avancée de la nuit, il n’y avait guère de monde, et il était déconseillé de se montrer difficile sur la qualité du menu.
Gus et Sigrid avaient fêté leur vingtième anniversaire la semaine précédente. Pour célébrer ce mémorable événement, le chef cuistot leur avait accordé une part de purée supplémentaire… et deux yaourts.
Gus était un grand garçon maigre, aux cheveux rouges.
— Je suis un légume-garou, avait-il coutume d’affirmer. À chaque pleine lune, je me change en carotte vivante. C’est pour ça que les lapins sont mes pires ennemis.
Sigrid avait les yeux bridés, d’un vert très clair, et bien qu’elle eût le crâne tondu, on devinait au duvet repoussant sur ses tempes que sa chevelure avait la couleur pâle du miel. Des taches de rousseur criblaient ses pommettes de minuscules éclaboussures roses. »

Extrait de : S. Brussolo. « L’oeil de la pieuvre – Sigrid et les mondes perdus. »

Les dieux du Grand Crâne par D. Morlok

Fiche de Les dieux du Grand Crâne

Titre : Les dieux du Grand Crâne (Tome 3 sur 3 – Shag l’idiot)
Auteur : D. Morlok
Date de parution : 1998
Editeur : Denoël

Première page de Les dieux du Grand Crâne

« La solitude retrouvée provoqua chez Shag une panique à laquelle il ne s’attendait pas. Il prit conscience qu’il s’était sottement fortifié dans la conviction illusoire de pouvoir continuer son chemin en solitaire. Le départ de ses compagnons de voyage le plongeait dans un malaise proche du désespoir. Galopant dans le labyrinthe des roches, il chercha à rattraper Aldabar, le cheval… ou Aka, la jeune fille après qui il avait tant soupiré, mais il ne vit ni l’un ni l’autre. Les fuyards avaient bien évidemment pris la précaution de se déplacer à couvert, et Shag, malgré tous ses efforts, ne put les localiser. Sa précipitation le fit s’engager dans un éboulis instable ; il fut happé par une avalanche de cailloux crayeux qui le roula jusqu’au bas du versant nord de la montagne. Quand il se redressa il était meurtri, perdant son sang par mille estafilades. »

Extrait de : D. Morlok. « Shag l’idiot – Les dieux du Grand Crâne. »

Les guerriers du Grand Crâne par D. Morlok

Fiche de Les guerriers du Grand Crâne

Titre : Les guerriers du Grand Crâne (Tome 2 sur 3 – Shag l’idiot)
Auteur : D. Morlok
Date de parution : 1998
Editeur : Denoël

Première page de Les guerriers du Grand Crâne

« La planète Gurtä vit depuis plusieurs siècles à l’âge des cavernes. Ses habitants – dont les ancêtres ont été jadis à l’origine d’un holocauste nucléaire – sont génétiquement manipulés par une mystérieuse puissance supérieure (les Juges) de manière que leur intelligence ne puisse se développer et finir par accéder à un savoir dangereux. Le cerveau des survivants du grand hiver nucléaire reste ainsi bridé, bloqué à un stade de développement néandertalien, ce qui les conduit à vivre comme des bêtes. Gurtä est un enfer primitif, de violence et de danger. Un âge des cavernes truqué, une sorte de Disneyworld où la mort et le carnage règnent en despotes absolus.

Paradoxalement, les animaux ont fini par y devenir plus intelligents que les hommes et souffrent de voir l’ordre des choses ainsi bouleversé, car ils ne peuvent supporter une telle atteinte aux lois naturelles. »

Extrait de : D. Morlok. « Les guerriers du Grand Crâne – Shag l’idiot. »

Le clan du Grand Crâne par D. Morlok

Fiche de Le clan du Grand Crâne

Titre : Le clan du Grand Crâne (Tome 1 sur 3 – Shag l’idiot)
Auteur : D. Morlok
Date de parution : 1998
Editeur : Denoël

Première page de Le clan du Grand Crâne

« Gort leva la hache vers la lune, pour que la lumière de l’astre fasse scintiller le tranchant de la pierre polie. C’était une arme très lourde, que seul son bras pouvait manier, et il en éprouvait une grande fierté. La horde frissonna de terreur. Gort était grand, épais. Comme le voulait la coutume, il avait cessé de se laver du jour où il était devenu chef de clan, de manière que le sang de ses ennemis lui couvre le corps d’une pellicule coagulée d’un brun noir qui s’écaillait aux plis de la peau. Ses mains, ses bras, sa barbe, avaient tous cette même couleur d’hémorragie, à tel point qu’il semblait avoir été immergé dans un lac de sang. Au premier regard on savait qu’il s’agissait d’un tueur, d’un meneur d’hommes, d’un casseur de crânes.

Gort possédait des membres aussi épais que des troncs d’arbre, sa barbe s’étalait sur sa poitrine en un éventail rigide aux poils soudés par le jus des viandes et les débris de ses derniers repas. Il était très fier de sa tête qu’il estimait plus grosse que celle des autres membres de la tribu, et qu’il mesurait chaque semaine au moyen d’un morceau de ficelle pour voir si elle continuait à grossir. »

Extrait de : D. Morlok. « Le clan du Grand Crane – Shag l’idiot. »