Catégorie : Livres
Millénium par John Varley

Fiche de Millénium
Titre : Millénium
Auteur : John Varley
Date de parution : 1983
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Denoël
Première page de Millénium
« Témoignage de Louise Baltimore.
Le DC-10 n’avait pas une chance. C’était un bon appareil, bien qu’à ce point dans le temps sa réputation fût encore entachée par les controverses résultant des incidents de Paris et Chicago. Mais quand vous perdez cette longueur d’aile, vous n’êtes plus un engin volant, vous êtes un pavé d’aluminium. Car c’est ainsi que le Dix descendit : tout droit, en vrille.
Mais le 747, comme je le disais à Wilbur Wright pas plus tard que l’autre jour, se classe, avec le DC-3 Gooney Bird et le Fokker-Aérospatiale HST, parmi les plus fiables tas de boulons jamais dessinés. Certes celui-ci était sorti de la collision en meilleur état que le DC-10 et il ne fait aucun doute qu’il était mortellement blessé. Mais l’imposant vieux cachalot parvint quand même à rétablir son assiette pour reprendre un vol horizontal et s’y maintenir. Qui sait ce qui aurait pu advenir s’il n’y avait pas eu cette montagne en travers de sa route ?
L’intégrité structurelle de la cellule s’était remarquablement bien maintenue malgré l’impact sur le ventre suivi d’un roulé-boulé, manœuvre que personne chez Boeing n’avait envisagé d’intégrer dans les contraintes de construction. »
Extrait de : J. Varley. « Millénium. »
Les mannequins par John Varley

Fiche de Les mannequins
Titre : Les mannequins
Auteur : John Varley
Date de parution : 1980
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Denoël
Sommaire de Les mannequins :
- Bagatelle
- L’effet des fondus
- Barbie tuerie
- Equinoxiale
- Les mannequins
- Beatnik Bayou
- Adieu, Robinson Crusoé
- Sucre d’orge et bébé noir
- Pique-nique au clair de Terre
Première page de Bagatelle
« Il y avait une bombe sur la Leystrasse, niveau 45, juste devant la Boutike Bagatelle (Fleurs & Cadeaux) sur la promenade, à cent mètres environ de Prosperity Plaza.
« Je suis une bombe, disait la bombe aux passants. Je vais sauter dans quatre heures, cinq minutes et dix-sept secondes. Ma puissance équivaut à cinquante mille tonnes (anglaises) de trinitrotoluène. »
Un petit attroupement se forma.
« Je vais sauter dans quatre heures, quatre minutes et trente-sept secondes. »
Quelques badauds commencèrent à s’inquiéter à mesure que la bombe continuait de parler : le brusque souvenir de quelque affaire urgente les faisait se hâter de déguerpir — le plus souvent en direction des métros conduisant à King-City. Au bout du compte, les rames finirent par être bondées ce qui n’alla pas sans quelques bourrades et quelques bousculades. »
Extrait de : J. Varley. « Les mannequins. »
Champagne bleu par John Varley

Fiche de Champagne bleu
Titre : Champagne bleu
Auteur : John Varley
Date de parution : 1981
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Denoël
Sommaire de Champagne bleu :
- Frappez : entrée
- Champagne bleu
Première page de Champagne bleu
« Megan Galloway se pointa dans la Bulle accompagnée d’une équipe de tournage de trois hommes. Avec son respirateur et son acolyte, elle était la femme nue la moins dénudée qu’on ait jamais vue de mémoire de maître-nageur.
« Je parie qu’elle trimbale encore plus de matos que le reste de son équipe, nota Glen.
— Ouais, mais ça se voit à peine, non ? »
Q.M. Cooper réfléchit à la chose tout en la regardant accepter la traditionnelle ampoule de champagne. « Ça serait pas un genre de record ? Une équipe de trois ?
— La Présidente brésilienne avait bien amené vingt-neuf personnes avec elle, observa Anna-Louise. Et le roi d’Angleterre vingt-cinq.
— Ouais, mais avec une seule caméra du réseau intégré.
— Alors, c’est ça la Gitane dorée », dit Leah.
Reniflement d’Anna-Louise : « Dis plutôt la Transistordue. »
Extrait de : J. Varley. « Champagne bleu – Frappez : entrée. »
Frappez : entrée par John Varley

Fiche de Frappez : entrée
Titre : Frappez : entrée
Auteur : John Varley
Date de parution : 1984
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Denoël
Sommaire de Frappez : entrée :
- Frappez : entrée
- Champagne bleu
Première page de Frappez : entrée
« Ceci est un enregistrement. Vous êtes prié de ne pas raccrocher avant la… »
Je raccrochai le combiné si violemment qu’il alla s’écraser par terre. Puis je me relevai, trempé de sueur et tremblant de colère. Finalement, le téléphone se mit à produire la sempiternelle sonnerie « occupé » indiquant que l’appareil est décroché. Elle est vingt fois plus forte que tout ce que peut normalement produire un téléphone et je me suis toujours demandé pourquoi. Comme si le désastre annoncé était si terrible que ça : « Alerte ! Votre téléphone est décroché ! »
Les répondeurs téléphoniques sont un des tracas mineurs de la vie. Franchement : ça vous plaît, vous, de causer à une machine ? Mais ce qui venait de m’arriver était plus qu’une irritation mineure. Je venais d’être appelé par une composeuse automatique.
C’est un truc assez nouveau. Je reçois deux trois appels de la sorte chaque mois. La plupart proviennent de compagnies d’assurances. Elles vous débitent deux minutes de boniment puis un numéro à appeler au cas où vous seriez intéressé. »
Extrait de : J. Varley. « Champagne bleu – Frappez : entrée. »
Démon par John Varley

Fiche de Démon
Titre : Démon (Tome 3 sur 3 – Trilogie de Gaïa)
Auteur : John Varley
Date de parution : 1984
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Gallimard
Première page de Démon
« L’éclaireur de repérage fut le premier arrivé dans la vallée.
À l’instar de la plupart des créatures produites par les manipulations génétiques de Gaïa, l’éclaireur était dépourvu de sexe. Il n’avait ni bouche ni système digestif. Ce dont il était pourvu, c’était d’une paire d’yeux cinémascopes et d’un prodigieux sens de l’espace.
L’éclaireur survola la vallée dans le crépitement de ses rotors fuselés puis s’immobilisa pour pivoter lentement. Il aperçut un torrent qui coulait au pied de falaises hautes de vingt mètres. Au-dessus s’étendait un plateau de taille convenable et entouré d’arbres en nombre plus que suffisant pour les besoins de l’Équipe qui approchait. Il en éprouva une chaude satisfaction, tel un chaton devant une jatte de lait : c’était l’endroit idéal.
Il survola les arbres, les aspergeant d’une phéromone attractive. Cela fait, il effectua plusieurs passages au-dessus du plateau afin d’y lâcher des spores. Puis il alla s’installer à sa lisière, sentant déjà la lassitude le gagner. »
Extrait de : J. Varley. « Démon – Trilogie de Gaia. »
Sorcière par John Varley

Fiche de Sorcière
Titre : Sorcière (Tome 2 sur 3 – Trilogie de Gaïa)
Auteur : John Varley
Date de parution : 1980
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Denoël
Première page de Sorcière
« Depuis trois millions d’années, Gaïa tournait dans son splendide isolement.
Parmi ceux qui vivaient en son sein, certains connaissaient l’existence d’un espace plus vaste à l’extérieur de la grande roue. Bien longtemps avant la création des anges, des créatures ailées avaient parcouru les hautes voûtes de ses rayons et considéré, par les arcatures de ses fenêtres, la forme de Dieu. Nulle part ailleurs l’obscurité ne révélait un être identique à Gaïa.
Tel était l’ordre naturel des choses :
Dieu était le monde, le monde une roue et la roue était Gaïa.
*
Gaïa n’était pas une divinité jalouse.
Nul n’avait à l’adorer et personne d’ailleurs n’y avait songé. Elle n’exigeait ni sacrifices, ni temples, ni chœurs pour chanter ses louanges.
Gaïa s’enivrait d’effluves énergétiques dans les parages de Saturne. Elle avait des sœurs dans toute la Galaxie. Déesses elles aussi, mais si lointaines que la distance ne faisait que renforcer la théologie de Gaïa. Ses conversations avec elles prenaient des siècles à la vitesse de la lumière. Elle avait des enfants en orbite autour d’Uranus. Considérées également comme des déesses pour ceux qui vivaient en leur sein, elles n’avaient toutefois que peu d’importance : Gaïa était le Titan suprême ; elle était la plus belle du bal.
Pour ses habitants, Gaïa n’était pas un concept lointain. On pouvait la voir. On pouvait lui parler. Pour la joindre, il suffisait de grimper six cents kilomètres. Un voyage formidable, mais une distance concevable. Voilà qui mettait le paradis à portée de ceux qui avaient le cran d’effectuer l’ascension. Elle recevait en moyenne une visite par millénaire. »
Extrait de : J. Varley. « Sorcière. »
Titan par John Varley

Fiche de Titan
Titre : Titan (Tome 1 sur 3 – Trilogie de Gaïa)
Auteur : John Varley
Date de parution : 1979
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Denoël
Première page de Titan
« Rocky, tu voudrais pas jeter un coup d’œil ?
— Appelle-moi cap’taine Jones. On verra ça demain.
— C’est plutôt important. »
Cirocco était au lavabo, le visage couvert de savon. Elle saisit une serviette à tâtons pour essuyer la mélasse verdâtre. C’était le seul genre de savon que les recycleurs veuillent bien digérer.
Elle loucha vers les deux photos que lui tendait Gaby.
« Qu’est-ce que c’est ?
— Simplement le douzième satellite de Saturne. » Gaby n’arrivait pas à cacher entièrement son excitation.
« Sans blague ? » Les sourcils froncés, elle passait d’un cliché à l’autre. « Pour moi, ce n’est qu’un tas de petits
points noirs.
— Ben oui. On peut pas voir grand-chose sans comparomètre. C’est juste là. » Elle pointa le petit doigt.
« Allons jeter un œil. »
Cirocco fourragea dans son armoire pour y dénicher une combinaison vert pois qui en valait bien une autre : la plupart des fermetures en velcro s’effilochaient.
Sa cabine était située au pied du carrousel, à mi-chemin des échelles trois et quatre. Elle suivit Gaby sur le plancher incurvé et gravit les échelons à sa suite. »
Extrait de : J. Varley. « Titan – Trilogie de Gaïa. »
Blues pour Irontown par John Varley

Fiche de Blues pour Irontown
Titre : Blues pour Irontown (Tome 4 sur 4 – Les huit mondes)
Auteur : John Varley
Date de parution : 2018
Traduction : P. Marcel
Editeur : Denoël
Première page de Blues pour Irontown
« La frangine entra dans mon bureau comme une brise chaude exhalée par le Pacifique. En d’autres circonstances, je l’aurais invitée à danser le jitterbug toute la nuit sur la jetée de Santa Monica, au swing de la clarinette d’Artie Shaw et des Gramercy Five.
Mais une paralèpre, ça gâche.
Elle était habillée à la mode rétro-Noir. Son visage se limitait à une forme vague derrière une épaisse voilette accrochée à un chapeau chargé de ce qui ressemblait bien à un paon. Pas seulement les plumes : le paon au complet. Son corsage portait des fronces à la gorge et sa veste était suffisamment rembourrée aux épaules pour qu’on puisse y poser deux verres de martini. Ses escarpins, aux talons carrés de dix centimètres, étaient ouverts au bout et découvraient deux ongles vernis de carmin. J’étais tout disposé à parier que ses bas arboraient une couture à l’arrière.
Non que je sois le mieux placé pour me ficher d’elle. Elle pouvait très bien s’être habillée ainsi pour s’assortir au décor. Mon bureau lui-même aurait pu avoir été transporté en totalité d’une autre époque par une machine à voyager dans le temps. »
Extrait de : J. Varley. « Blues pour Irontown – Les huit mondes. »
Le système Valentine par John Varley

Fiche de Le système Valentine
Titre : Le système Valentine (Tome 3 sur 4 – Les huit mondes)
Auteur : John Varley
Date de parution : 1998
Traduction : P. Marcel
Editeur : Denoël
Première page de Le système Valentine
« J’ai interprété Roméo et Juliette en one-man-show, une fois, expliquai-je. Faire le doublé avec Mercutio ne posera aucun problème. »
Le rideau était déjà levé, et Dahlia Smithson – notre belle aurore, colombe de neige dans une troupe de corneilles, riche joyau à l’oreille d’une Éthiopienne – n’était toujours pas apparue en coulisses. Cela n’avait rien d’une surprise. Au cours des deux dernières soirées, nous avions dû hisser sa beauté jusqu’au balcon avec un palan et l’amarrer pour l’empêcher de basculer par-dessus bord.
« T’es devenu cinglé », s’écria Larry Crocker, dit la Sangsue, notre producteur, metteur en scène, régisseur : cérumen dans l’oreille de l’Éthiopie. La fureur lui exorbitait les yeux, il tremblait, il était en nage… Et donnait l’impression d’un calme olympien en comparaison avec Dee, l’assistante régisseuse, qui continuait à repousser le scénario en lambeaux de Larry, comme si elle craignait de se faire mordre.
Il avait été question d’engager une doublure, à cause de la récente conduite de la Smithson, mais on n’était pas dans les Tournées Schubert, ici, mesdames et messieurs, mais dans la troupe Crocker ; si vous n’avez jamais entendu parler des seconds, c’est sans doute que vous vivez à moins d’un parsec de la civilisation. »
Extrait de : J. Varley. « Le Système Valentine – Les huit mondes. »
Gens de la lune par John Varley

Fiche de Gens de la lune
Titre : Gens de la lune (Tome 2 sur 4 – Les huit mondes)
Auteur : John Varley
Date de parution : 1992
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Denoël
Première page de Gens de la lune
« Dans cinq ans, le pénis sera obsolète », déclara l’attaché commercial.
Il s’interrompit, le temps de laisser cette information d’amplitude tellurique s’imprimer dans nos cervelles ébaubies. Personnellement, je me demandais combien je pourrais encaisser de surprises de ce genre d’ici le déjeuner.
« Avec la campagne promotionnelle adéquate, poursuivit-il sans reprendre haleine, la cause pourrait être entendue en moins de deux ans – moins de deux ans ! »
Et il avait peut-être raison. J’avais vu des trucs encore plus bizarres au cours de mon existence. Mais je décidai de ne pas appeler tout de suite mon agent de change pour lui dire de fourguer illico mon stock de suspensoirs.
La conférence de presse se tenait dans un vaste auditorium appartenant à la Générale de Génie génétique. Sa capacité était d’environ mille places ; pour l’heure il accueillait environ le cinquième de cet effectif, en majorité agglutiné aux premiers rangs.
L’attaché commercial de la 3G était aussi passe-partout qu’un animateur de jeu télévisé. La voix allait avec le personnage. Un personnage type. Un de ces jours, ils finiront pas standardiser l’aspect physique pour vous donner, au sens propre, la tête de l’emploi. À l’exemple des uniformes. »
Extrait de : J. Varley. « Gens de la lune – Les huit mondes. »