Étiquette : Trilogie de Gaïa

 

Démon par John Varley

Fiche de Démon

Titre : Démon (Tome 3 sur 3 – Trilogie de Gaïa)
Auteur : John Varley
Date de parution : 1984
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Gallimard

Première page de Démon

« L’éclaireur de repérage fut le premier arrivé dans la vallée.
À l’instar de la plupart des créatures produites par les manipulations génétiques de Gaïa, l’éclaireur était dépourvu de sexe. Il n’avait ni bouche ni système digestif. Ce dont il était pourvu, c’était d’une paire d’yeux cinémascopes et d’un prodigieux sens de l’espace.
L’éclaireur survola la vallée dans le crépitement de ses rotors fuselés puis s’immobilisa pour pivoter lentement. Il aperçut un torrent qui coulait au pied de falaises hautes de vingt mètres. Au-dessus s’étendait un plateau de taille convenable et entouré d’arbres en nombre plus que suffisant pour les besoins de l’Équipe qui approchait. Il en éprouva une chaude satisfaction, tel un chaton devant une jatte de lait : c’était l’endroit idéal.
Il survola les arbres, les aspergeant d’une phéromone attractive. Cela fait, il effectua plusieurs passages au-dessus du plateau afin d’y lâcher des spores. Puis il alla s’installer à sa lisière, sentant déjà la lassitude le gagner. »

Extrait de : J. Varley. « Démon – Trilogie de Gaia. »

Sorcière par John Varley

Fiche de Sorcière

Titre : Sorcière (Tome 2 sur 3 – Trilogie de Gaïa)
Auteur : John Varley
Date de parution : 1980
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Denoël

Première page de Sorcière

« Depuis trois millions d’années, Gaïa tournait dans son splendide isolement.

Parmi ceux qui vivaient en son sein, certains connaissaient l’existence d’un espace plus vaste à l’extérieur de la grande roue. Bien longtemps avant la création des anges, des créatures ailées avaient parcouru les hautes voûtes de ses rayons et considéré, par les arcatures de ses fenêtres, la forme de Dieu. Nulle part ailleurs l’obscurité ne révélait un être identique à Gaïa.

Tel était l’ordre naturel des choses :

Dieu était le monde, le monde une roue et la roue était Gaïa.

*

Gaïa n’était pas une divinité jalouse.

Nul n’avait à l’adorer et personne d’ailleurs n’y avait songé. Elle n’exigeait ni sacrifices, ni temples, ni chœurs pour chanter ses louanges.

Gaïa s’enivrait d’effluves énergétiques dans les parages de Saturne. Elle avait des sœurs dans toute la Galaxie. Déesses elles aussi, mais si lointaines que la distance ne faisait que renforcer la théologie de Gaïa. Ses conversations avec elles prenaient des siècles à la vitesse de la lumière. Elle avait des enfants en orbite autour d’Uranus. Considérées également comme des déesses pour ceux qui vivaient en leur sein, elles n’avaient toutefois que peu d’importance : Gaïa était le Titan suprême ; elle était la plus belle du bal.

Pour ses habitants, Gaïa n’était pas un concept lointain. On pouvait la voir. On pouvait lui parler. Pour la joindre, il suffisait de grimper six cents kilomètres. Un voyage formidable, mais une distance concevable. Voilà qui mettait le paradis à portée de ceux qui avaient le cran d’effectuer l’ascension. Elle recevait en moyenne une visite par millénaire. »

Extrait de : J. Varley. « Sorcière. »

Titan par John Varley

Fiche de Titan

Titre : Titan (Tome 1 sur 3 – Trilogie de Gaïa)
Auteur : John Varley
Date de parution : 1979
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Denoël

Première page de Titan

«  Rocky, tu voudrais pas jeter un coup d’œil ?

— Appelle-moi cap’taine Jones. On verra ça demain.

— C’est plutôt important. »

Cirocco était au lavabo, le visage couvert de savon. Elle saisit une serviette à tâtons pour essuyer la mélasse verdâtre. C’était le seul genre de savon que les recycleurs veuillent bien digérer.

Elle loucha vers les deux photos que lui tendait Gaby.

« Qu’est-ce que c’est ?

— Simplement le douzième satellite de Saturne. » Gaby n’arrivait pas à cacher entièrement son excitation.

« Sans blague ? » Les sourcils froncés, elle passait d’un cliché à l’autre. « Pour moi, ce n’est qu’un tas de petits
points noirs.

— Ben oui. On peut pas voir grand-chose sans comparomètre. C’est juste là. » Elle pointa le petit doigt.

« Allons jeter un œil. »

Cirocco fourragea dans son armoire pour y dénicher une combinaison vert pois qui en valait bien une autre : la plupart des fermetures en velcro s’effilochaient.

Sa cabine était située au pied du carrousel, à mi-chemin des échelles trois et quatre. Elle suivit Gaby sur le plancher incurvé et gravit les échelons à sa suite. »

Extrait de : J. Varley. « Titan – Trilogie de Gaïa. »