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Dramoclès par Robert Sheckley

Fiche de Dramoclès

Titre : Dramoclès
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 1983
Traduction : W. Desmond
Editeur : Le livre de poche

Première page de Dramoclès

« SA Majesté Dramoclès, roi de Glorm, s’éveilla, regarda autour d’elle et fut incapable de se rappeler où elle se trouvait. Ce qui lui arrivait fréquemment, étant donné son habitude de dormir, selon que la fantaisie lui en prenait, dans l’une ou l’autre des chambres de son palais.
Le palais d’Ultragnolle était la construction humaine la plus vaste de Glorm, et peut-être même de la galaxie. Il avait de telles proportions qu’il comportait un système de transport intérieur qui lui était propre. Dans les limites de cette structure colossale, Dramoclès disposait de quarante-sept chambres à coucher personnelles. Sans parler d’une soixantaine de pièces où il avait fait installer des canapés, des lits pliants, des sofas convertibles, des matelas gonflables et autres systèmes semblables, en prévision d’un besoin impulsif de sommeil. Cela étant, se coucher était l’aventure du soir et se lever le mystère du matin.
Après s’être assis et avoir promené un œil vague sur la pièce, Dramoclès découvrit qu’il avait passé la nuit sur une pile de coussins dans  »

Extrait de : R. Sheckley. « Dramoclès. »

Douces illusions par Robert Sheckley

Fiche de Douces illusions

Titre : Douces illusions
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 1978
Traduction : M. Perrin
Editeur : Calmann-Lévy

Sommaire de Douces illusions

  • Au bazar des mondes
  • Citoyen de l’espace
  • La pêche est ouverte
  • Propriété privée
  • Bienvenue au cauchemar classique
  • L’arme absolue
  • Echec et mat à mort
  • Immunité diplomatique
  • Les démons
  • Rituel
  • Potentiel
  • En un pays aux couleurs claires

Première page d’Au bazar des mondes

« ARRIVÉ au bout du long talus de décombres grisâtres, Mr Wayne aperçut soudain la boutique « Au bazar des Mondes », exactement telle que ses amis la lui avaient décrite : une baraque faite de vieilles planches, de pièces de voiture, de morceaux de tôle ondulée et de quelques rangées de briques croulantes, le tout badigeonné d’une couche de bleu délavé.
Wayne jeta un coup d’œil en arrière sur le long chemin de gravats pour s’assurer qu’on ne l’avait pas suivi, puis, serrant très fort son paquet sous son bras, il poussa la porte et se glissa à l’intérieur, encore tout ému de sa propre audace.
— Bonjour ! dit le propriétaire, semblable en tous points lui aussi à la description de ses amis : un grand bonhomme âgé, à la mine rusée, aux yeux étrécis et à la bouche tombante, du nom de Tompkins. Il était assis dans un vieux rocking-chair sur le  »

Extrait de : R. Sheckley. « Douces illusions. »

AAA.ace par Robert Sheckley

Fiche d’AAA.ace

Titre : AAA.ace
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution :
Traduction : M. Battin, J.-M. Deramat, P. Bayart, J.-P. Pugi
Editeur :

Sommaire d’AAA.ace

  • La clé laxienne
  • Fantôme V
  • Une tournée de laitier …
  • Des poux !
  • Le vieux rafiot trop zélé
  • La seule chose indispensable

Première page de La clé laxienne

« Richard Gregor était assis à sa table de travail dans le bureau poussiéreux de l’A.A.A. Ace, Service de Décontamination Interplanétaire. Bien qu’il fût presque midi, Arnold, son associé, ne s’était pas encore montré. Gregor commençait à étaler les cartes d’une réussite particulièrement compliquée lorsqu’il entendit un bruit sourd en provenance du hall.
La porte du bureau de l’A.A.A. Ace s’entrouvrit, et Arnold passa sa tête par l’ouverture.
— « Vous avez adopté l’horaire de travail des banquiers ? » demanda Gregor. 
— « Je viens d’assurer notre fortune, » répondit Arnold. Il ouvrit la porte toute grande et ajouta, avec un geste dramatique : « Amenez l’objet ici, les gars. » 
Quatre homme transpirants transportèrent jusqu’au milieu de la pièce un engin noir et cubique de la taille d’un bébé éléphant.
— « Et voilà, » dit Arnold fièrement. Il paya les transporteurs et se planta devant la machine, les mains croisées derrière le dos, les yeux mi-clos.  »

Extrait de : R. Sheckley. « AAA.Ace. »

Le démon de la farce par Robert Sheckley et Roger Zelazny

Fiche de Le démon de la farce

Titre : Le démon de la farce (Tome 3 sur 3 – Concours du millénaire)
Auteur : Robert Sheckley et Roger Zelazny
Date de parution : 1995
Traduction : A. Girard
Editeur : J’ai lu

Première page de Le démon de la farce

« Ylith se félicita d’avoir autant de chance. Elle avait choisi la journée idéale pour ce voyage entre le Paradis et l’adorable petit cimetière des environs de York, en Angleterre. On était fin mai, le soleil était resplendissant. Des petits oiseaux de toutes sortes gambadaient sur les branches moussues ou chantaient à tue-tête, perchés au bord du mur. Et le plus agréable, c’était que la dizaine d’angelots dont elle avait la charge se tenaient tout à fait bien, même pour des anges.
Les petits jouaient gentiment, et Ylith commençait juste à se détendre lorsque, soudain, un nuage sulfureux moutonna à moins de trois mètres d’elle. Et quand la fumée se fut dissipée, un démon d’assez petite taille, roux, au visage de renard, drapé dans une cape noire se tenait devant elle.
— Azzie ! Que fais-tu là ?
— J’avais envie de prendre quelques vacances et de laisser les affaires infernales de côté. J’en profite pour visiter certains tombeaux de saints.
— Tu n’envisages tout de même pas de changer de confession ? s’enquit Ylith. »

Extrait de : R. Sheckley et R. Zelazny. « Concours du millénaire – Le démon de la farce. »

A Faust, Faust et demi par Robert Sheckley et Roger Zelazny

Fiche d’A Faust, Faust et demi

Titre : A Faust, Faust et demi (Tome 2 sur 3 – Concours du millénaire)
Auteur : Robert Sheckley et Roger Zelazny
Date de parution : 1993
Traduction : P. Safavi
Editeur : J’ai lu

Première page d’A Faust, Faust et demi

« L’archange Michel et Méphistophélès, prince des démons, s’étaient donné rancard à l’Entre-Deux Mondes, un petit troquet tranquille et gratuit, perché dans les Limbes. L’air de rien, c’était un rendez-vous de la plus haute importance. L’émissaire de la Lumière et son illustre homologue des Ténèbres devaient régler les derniers préparatifs du grand concours qui allait opposer leurs mondes respectifs. Ils n’étaient pas là pour plaisanter.
Les Limbes, de toute façon, ce n’était pas vraiment le royaume du rire. Morne plaine flottant dans l’éther, c’est sans doute ce que l’on aurait trouvé dans un dépliant touristique de l’Au-Delà. Il y régnait jour et nuit une lumière grisâtre, fade, à rendre le plus gai des pinsons dépressif. Située à mi-chemin entre le Royaume des Cieux et le Monde Inférieur, cette vaste région sans âme faisait office d’antichambre. Nébuleuse la plupart du temps, disons vaporeuse dans le meilleur des cas, elle n’était pourtant pas totalement dénuée de charme.
Prenez ce bistrot vers lequel marchaient Michel et Méphisto, par exemple : une petite bâtisse en bois, biscornue, délabrée mais pittoresque, construite à égale distance du Paradis et des Enfers – exactement sur ce que l’on appelle, au ciel comme  »

Extrait de : R. Sheckley et R. Zelazny. « Concours du millénaire – A faust, faust et demi. »

Apportez-moi la tête du Prince Charmant par Robert Sheckley et Roger Zelazny

Fiche d’Apportez-moi la tête du Prince Charmant

Titre : Apportez-moi la tête du Prince Charmant (Tome 1 sur 3 – Concours du millénaire)
Auteur : Robert Sheckley et Roger Zelazny
Date de parution : 1991
Traduction : F.-M. Watkins
Editeur : J’ai lu

Première page d’Apportez-moi la tête du Prince Charmant

« Ça recommençait, ces salopards tiraient au flanc ! Et Azzie venait juste de s’installer confortablement Il avait trouvé un bon coin, juste à la bonne distance entre la Fosse flamboyante et les parois de fer couvertes de givre qui l’encerclaient.
Ces murs étaient maintenus à une température, proche du zéro absolu par la climatisation personnelle du diable. La Fosse centrale était assez brûlante pour dépouiller les atomes de leurs électrons, avec des bouffées occasionnelles capables de fondre des protons.
Encore que, tout bien pesé, cela ne faisait ni chaud ni froid. C’était du superflu, de la super-tuerie, du super-harcèlement plutôt. Les humains avaient une marge d’endurance très étroite (cosmiquement parlant, bien sûr). Une fois passé le seuil de confort, dans un sens ou dans l’autre, ils perdaient vite leur faculté de faire la différence entre le mauvais et le pire. A quoi bon soumettre les pauvres bougres à un million de degrés Celsius si cela ne leur faisait pas plus d’effet que cinq cents malheureux degrés ? Les extrêmes ne tourmentaient que les démons et autres  »

Extrait de : R. Sheckley et R. Zelazny. « Concours du millénaire – Apportez moi la tete du prince charmant. »

Chasseur / Victime par Robert Sheckley

Fiche de Chasseur / Victime

Titre : Chasseur / Victime (Tome 3 sur 3 – Trilogie de la chasse)
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 1988
Traduction : P. R. Hupp
Editeur : Denoël

Première page de Chasseur / Victime

« Franck Blackwell et son épouse Claire passèrent la plus grande partie de leur dernière journée parisienne à se disputer dans leur chambre d’hôtel. Une de ces discussions sans fin où chacun, bien qu’ayant oublié l’origine du désaccord, sait que l’autre fait lourdement erreur et doit absolument s’en rendre compte.
On en était arrivé à une phase de longs silences. Blackwell secouait fréquemment la tête comme pour prendre un public invisible à témoin de la mystérieuse intransigeance des femmes, tandis que Claire, elle, avait le regard fixé à mi-distance à la manière des héroïnes de toujours et de tous âges. Derrière les rideaux, Paris marinait dans ses miasmes d’autosatisfaction et ses vapeurs de diesel. »

Extrait de : R. Sheckley. « Trilogie de la chasse – Chasseur/Victime. »

Arena par Robert Sheckley

Fiche d’Arena

Titre : Arena (Tome 2 sur 3 – Trilogie de la chasse)
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 1987
Traduction : P. R. Hupp
Editeur : Denoël

Première page d’Arena

« À l’assemblée générale de septembre, les habitants de Keene Valley, État de New York, décidèrent par vote d’équiper Harold Erdman de la meilleure arme de poing disponible, un Smith & Wesson de collection calibre 44, et de l’envoyer dans le Sud, sur l’île d’Esmeralda, pour participer à la Chasse.
On avait choisi Harold parce qu’il s’était porté volontaire et n’avait pas de proches parents, qu’il était célibataire, en bonne santé et capable de se battre correctement. Et parce qu’on le jugeait suffisamment honnête pour respecter les termes de son contrat, c’est-à-dire envoyer à la ville cinquante pour cent de ses primes de Chasse. À supposer qu’il vécût assez longtemps pour les empocher.
Pour s’inscrire à la Chasse, il lui faudrait partir en stop puis prendre des bus tout au long de la côte jusqu’à Miami. De là, il lui resterait juste assez d’argent pour payer son billet d’avion pour Esmeralda, la petite île de la pointe sud-est des Bahamas où la Chasse était autorisée. »

Extrait de : R. Sheckley. « Trilogie de la chasse – Arena. »

La dixième victime par Robert Sheckley

Fiche de La dixième victime

Titre : La dixième victime (Tome 1 sur 3 – Trilogie de la chasse)
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 1965
Traduction : R. Fitzgerald
Editeur : Gallimard

Première page de La dixième victime

« Elle aurait très bien pu incarner la « femme fatale sous tous les rapports », cette Caroline Meredith. Mince et souple, la jeune personne était installée, l’air pensif, à un grand bar d’acajou, ses fines jambes enlacées dans une étreinte éperdue. Son long visage délicatement ciselé, évocateur des jades antiques et pourtant teinté du plus subtil ivoire, se penchait sur les abîmes insondables d’un martini.
Majestueuse comme une statue et douée cependant d’une fougue fracassante, vêtue des soies les plus somptueuses, un manteau de zibeline noire négligemment jeté sur ses épaules splendides, elle aurait pu symboliser tout ce qu’il y a de beau, de bon et de désirable dans cette cité étrangement disparate qu’est New York.
C’était sans doute ce que devait penser le touriste. L’air extasié, il s’était planté à trois mètres de la vitrine du bar où la belle Caroline se trouvait elle-même en contemplation devant son martini. C’était un Chinois, marchand de nids d’hirondelles, originaire de Kouei-Ping, à en juger par son costume de nansouk blanc, sa cravate de chantoung et ses chaussures de brocart. Il portait en sautoir un gros appareil photo qui, pour tout le monde, sauf les initiés, avait l’air d’un Bronica. »

Extrait de : R. Sheckley. « Trilogie de la chasse – La dixième victime. »

La dimension des miracles revisitée par Robert Sheckley

Fiche de La dimension des miracles revisitée

Titre : La dimension des miracles revisitée (Tome 2 sur 2 – La dimension des miracles)
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 2000
Traduction : J.-M. Lofficier
Editeur : Rivière blanche

Première page de La dimension des miracles revisitée

« Cette nuit-là, pendant que le Roi de l’Espace Infini dormait, il fit un rêve étrange. Il rêva d’un homme, ou tout au moins d’une créature humanoïde, qui s’appelait Tom Carmody et qui habitait une planète si lointaine et si étrange que n’importe qui pouvait voir tout de suite qu’elle était imaginaire, même le rêveur.
Dans ce rêve, le Roi et Tom Carmody firent connaissance, conversèrent, et une amitié naquit entre eux, telle que le Roi n’en avait jamais connu, mais dont il avait souvent rêvé.
Tout en se promenant, le Roi réfléchissait à ce rêve. Puis, il le chassa de son esprit. Il était, comme nous l’avons dit, le Roi de l’Espace Infini, mais il aimait, de temps en temps, se remémorer ce rêve afin de ne pas se croire trop pénétré de sa propre importance. Car il était le maître indiscuté du Centre Galactique, ce qui était finalement quelque chose de plutôt important, du moins si vous étiez quelqu’un pour qui la notion de pouvoir pratiquement illimité est quelque chose de plutôt important. »

Extrait de : R. Sheckley. « La dimension des miracles – La Dimension des miracles revisitée. »