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Les meilleurs romans de cyberpunk : notre sélection des 20 incontournables

Le cyberpunk est l’un des courants les plus marquants de la science-fiction de la fin du XXe siècle.

Des mégalopoles tentaculaires, des multinationales toutes-puissantes, des hackers, des intelligences artificielles, des implants, des réseaux omniprésents et des individus qui tentent de survivre dans un monde où la technologie progresse beaucoup plus vite que la société : voilà quelques-uns des ingrédients qui ont construit le genre.

Mais réduire le cyberpunk à quelques néons, des ordinateurs et des personnages équipés d’implants serait largement insuffisant.

Le genre s’intéresse surtout à ce que la technologie fait à l’être humain et à la société.

Que devient notre identité lorsque notre mémoire peut être manipulée ? Que reste-t-il de notre corps lorsque celui-ci devient modifiable ou remplaçable ? Que se passe-t-il lorsque les entreprises disposent de plus de pouvoir que les gouvernements ? Et que devient notre liberté lorsque les réseaux connaissent tout de nous ?

C’est cette dimension qui explique pourquoi certains romans cyberpunk, écrits il y a plusieurs décennies, restent étonnamment actuels.


Qu’est-ce que le cyberpunk ?

Le terme cyberpunk apparaît véritablement au début des années 1980, au moment où plusieurs auteurs imaginent des futurs très éloignés des utopies technologiques que proposait parfois la science-fiction précédente.

Le principe pourrait se résumer par une formule devenue célèbre :

High tech, low life.

Autrement dit : une technologie extrêmement avancée dans une société profondément dégradée.

Les personnages principaux ne sont généralement pas des astronautes héroïques ou des scientifiques travaillant au service de l’humanité.

Ce sont plutôt des hackers, des mercenaires, des marginaux, des détectives, des trafiquants ou de simples individus qui tentent de conserver leur liberté dans un monde dominé par des pouvoirs économiques et technologiques.

Le cyberpunk aime également brouiller les frontières.

Entre :

  • l’humain et la machine ;
  • le réel et le virtuel ;
  • le corps et l’esprit ;
  • l’identité et la mémoire ;
  • la liberté et le contrôle ;
  • le progrès et la destruction.

Et c’est précisément ce qui rend le genre aussi fascinant.


Les 20 meilleurs romans de cyberpunk

Pour cette sélection, nous avons volontairement privilégié les romans qui ont marqué l’histoire du genre, tout en laissant une place au cyberpunk français et aux œuvres plus contemporaines.

Notre classement n’est évidemment pas une vérité absolue : le cyberpunk est suffisamment vaste pour que deux lecteurs puissent établir des TOP 20 très différents.

Mais ces vingt titres permettent de parcourir plusieurs décennies d’évolution du genre.


1. Neuromancien — William Gibson

S’il ne fallait retenir qu’un seul roman pour définir le cyberpunk, ce serait probablement Neuromancien.

Publié en 1984, le roman de William Gibson a profondément marqué la science-fiction et a contribué à populariser une nouvelle vision du futur : un monde où les réseaux informatiques sont devenus aussi importants que les espaces physiques, où les multinationales disposent d’un pouvoir immense et où les individus peuvent se connecter directement au cyberspace.

Le personnage principal, Case, est un hacker déchu qui reçoit une proposition qu’il ne peut guère refuser.

À partir de là, Gibson nous entraîne dans un univers sombre, violent et vertigineux.

Mais Neuromancien ne doit pas son importance uniquement à ses concepts technologiques.

Gibson possède surtout une capacité remarquable à créer une atmosphère : villes surpeuplées, néons, drogues, implants, corporations, intelligences artificielles et personnages vivant en marge d’un système qu’ils ne contrôlent plus.

Le roman est le premier volume de la série de la Conurb, qui se poursuit avec Comte Zéro et Mona Lisa s’éclate.

Pourquoi le lire ?

Parce que c’est le livre incontournable pour comprendre le cyberpunk.

Même lorsque certaines technologies imaginées par Gibson ont vieilli, son influence reste immense.


2. Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? — Philip K. Dick

Avant même que le terme « cyberpunk » ne s’impose, Philip K. Dick explorait déjà plusieurs des questions qui deviendront centrales dans le genre.

Publié en 1968, Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? imagine une Terre dévastée où les animaux sont devenus extrêmement rares et où des androïdes pratiquement indiscernables des humains vivent parmi la population.

Rick Deckard est chargé de retrouver certains de ces androïdes et de les éliminer.

Mais derrière cette intrigue se cache une question beaucoup plus troublante :

qu’est-ce qui permet réellement de distinguer un humain d’une machine ?

La mémoire, les émotions, l’empathie, la conscience ?

Dick ne donne jamais de réponse simple.

Et c’est précisément pour cela que le roman reste aussi puissant.

Le livre a évidemment inspiré Blade Runner, mais il est beaucoup plus étrange et philosophique que l’adaptation cinématographique de Ridley Scott.

Pourquoi le lire ?

Parce qu’il permet de comprendre que les racines du cyberpunk sont aussi philosophiques.

La technologie n’est pas seulement un décor : elle sert à remettre en question ce que nous considérons comme humain.


3. Snow Crash — Neal Stephenson

Avec Snow Crash, Neal Stephenson propose une vision très différente du cyberpunk.

Là où Gibson privilégie une atmosphère sombre et presque hypnotique, Stephenson adopte un ton beaucoup plus satirique, frénétique et démesuré.

Dans son futur, les États ont largement perdu leur pouvoir et le monde est dominé par des entreprises privées, des enclaves commerciales et des réseaux.

Le personnage principal, Hiro Protagoniste, est à la fois hacker et livreur de pizzas.

Il évolue notamment dans le Métavers, un univers virtuel qui occupe une place centrale dans le roman.

Publié en 1992, Snow Crash est devenu particulièrement célèbre pour avoir imaginé un monde virtuel dont le vocabulaire résonne aujourd’hui étrangement avec certaines ambitions technologiques contemporaines.

Mais le roman ne se contente pas d’anticiper les technologies.

Stephenson pousse également jusqu’à l’absurde certaines tendances du capitalisme, de la privatisation et de la culture numérique.

Pourquoi le lire ?

Pour découvrir un cyberpunk beaucoup plus ironique et déjanté que celui de Gibson.

C’est également l’un des romans qui permet le mieux de mesurer à quel point le cyberpunk a influencé notre manière actuelle d’imaginer Internet et les mondes virtuels.


4. Comte Zéro — William Gibson

Après Neuromancien, William Gibson retourne dans l’univers de la Conurb avec Comte Zéro.

Le roman ne constitue pas simplement une répétition de son prédécesseur.

Gibson élargit considérablement son univers et s’intéresse à d’autres personnages et à d’autres aspects de ce monde dominé par les réseaux et les multinationales.

Le cyberspace y devient notamment encore plus mystérieux.

Les intelligences artificielles, les corporations et les individus se retrouvent pris dans un jeu complexe dont personne ne semble véritablement maîtriser les règles.

Comte Zéro peut se lire après Neuromancien pour approfondir cet univers, mais il permet également de mesurer l’évolution de Gibson entre les deux romans.

Pourquoi le lire ?

Parce qu’il montre que Neuromancien n’était pas un coup de génie isolé.

Gibson poursuit ici son exploration du cyberpunk en donnant davantage d’ampleur à son univers.


5. Carbone modifié — Richard K. Morgan

Avec Carbone modifié, Richard K. Morgan montre que le cyberpunk peut parfaitement se réinventer au XXIe siècle.

Le roman imagine une société dans laquelle la conscience humaine peut être enregistrée puis transférée dans un autre corps.

La mort physique n’est donc plus nécessairement définitive.

Cette idée bouleverse immédiatement toutes les notions d’identité, de vieillissement et d’immortalité.

Takeshi Kovacs, ancien soldat devenu enquêteur, est engagé pour résoudre un meurtre particulièrement étrange.

Mais dans un monde où l’esprit peut changer de corps, qu’est-ce qu’un meurtre signifie encore réellement ?

Le roman combine ainsi cyberpunk, polar noir et transhumanisme.

Il constitue le premier tome de la série Takeshi Kovacs.

Pourquoi le lire ?

Parce qu’il montre que les grandes interrogations du cyberpunk — identité, corps, technologie et pouvoir — peuvent être adaptées à une époque plus contemporaine.


6. La Schismatrice — Bruce Sterling

Avec La Schismatrice, Bruce Sterling propose une vision beaucoup plus vaste du cyberpunk.

Le roman s’intéresse aux transformations de l’humanité et aux différentes factions qui cherchent à définir ce que sera l’être humain du futur.

Modifications corporelles, technologies avancées, nouvelles formes de société et évolution biologique se mêlent dans un récit qui dépasse largement la simple question des ordinateurs et des réseaux.

Sterling fait ainsi du cyberpunk une réflexion sur l’évolution de l’espèce humaine.

Le roman est particulièrement intéressant parce qu’il appartient à une génération d’œuvres qui ont contribué à élargir le mouvement au-delà du modèle du hacker plongé dans le cyberspace.

Pourquoi le lire ?

Pour découvrir la dimension politique, sociale et transhumaniste du cyberpunk.


7. Les Synthérétiques — Pat Cadigan

Avec Les Synthérétiques, Pat Cadigan occupe une place particulière dans l’histoire du cyberpunk.

L’autrice s’intéresse à un monde où les technologies de communication ont profondément transformé les individus. Les frontières entre l’esprit humain, les réseaux et les machines deviennent de plus en plus difficiles à distinguer.

Mais chez Cadigan, la technologie n’est jamais simplement spectaculaire.

Elle devient une extension de l’être humain, avec toutes les conséquences psychologiques que cela implique.

Le roman explore ainsi les thèmes de l’identité, de la mémoire, de la conscience et de la réalité virtuelle, tout en conservant l’ambiance sombre caractéristique du cyberpunk.

Pourquoi le lire ?

Parce que Pat Cadigan apporte au genre une dimension particulièrement psychologique et introspective.

C’est aussi l’occasion de découvrir une autrice majeure du mouvement, parfois moins connue du grand public que Gibson ou Stephenson.


8. Gravité à la manque — George Alec Effinger

Avec Gravité à la manque, George Alec Effinger mélange cyberpunk et roman noir.

L’histoire se déroule dans le Budayeen, un quartier futuriste où les habitants peuvent modifier leur corps et leur identité grâce à des technologies particulièrement avancées.

Les modifications corporelles sont devenues tellement courantes que changer de sexe, d’apparence ou de personnalité peut presque devenir une opération banale.

Dans cet univers, Marîd Audran évolue comme un détective dans un environnement violent et particulièrement trouble.

Le roman possède donc une atmosphère très différente de celle de Neuromancien.

Le cyberpunk y rencontre le polar, la science-fiction sociale et une réflexion sur l’identité.

Pourquoi le lire ?

Pour découvrir une autre facette du cyberpunk, davantage tournée vers le corps, l’identité et le roman noir.


9. Câblé — Walter Jon Williams

Avec Câblé, Walter Jon Williams revient à certains des grands ingrédients du cyberpunk classique : implants, corporations, mercenaires, réseaux et technologies permettant d’augmenter les capacités humaines.

Mais le roman accorde également une place importante à l’action.

Le résultat est un cyberpunk particulièrement énergique, dans lequel les personnages tentent de survivre dans une société où les grandes entreprises disposent d’un pouvoir considérable.

Câblé est le premier tome de la série Câblé, poursuivie avec Le Souffle du cyclone.

Pourquoi le lire ?

Parce qu’il représente parfaitement le versant le plus spectaculaire et aventureux du cyberpunk.

Si vous aimez le cyberpunk de Gibson mais que vous souhaitez davantage d’action, c’est un excellent candidat.


10. Les Mailles du réseau — Bruce Sterling

Avec Les Mailles du réseau, Bruce Sterling déplace encore davantage le regard.

Le roman s’intéresse notamment aux réseaux informatiques, aux multinationales et aux nouvelles formes de pouvoir qui apparaissent dans un monde où les frontières traditionnelles deviennent de moins en moins importantes.

Le cyberpunk de Sterling est donc profondément politique.

La technologie ne transforme pas seulement la vie quotidienne : elle bouleverse également les rapports de force entre les individus, les entreprises et les États.

Pourquoi le lire ?

Parce qu’il permet de comprendre que le cyberpunk ne parle pas uniquement de hackers.

Il parle également de géopolitique, de capitalisme et de pouvoir.


11. Mona Lisa s’éclate — William Gibson

Avec Mona Lisa s’éclate, William Gibson conclut la trilogie de la Conurb.

Après Neuromancien et Comte Zéro, l’auteur poursuit son exploration d’un monde où les humains, les intelligences artificielles, les corporations et les réseaux sont devenus impossibles à séparer.

Le roman possède cette même atmosphère particulière qui caractérise les œuvres de Gibson : un futur technologiquement avancé mais socialement profondément inégal, peuplé de personnages qui évoluent à la marge du système.

Il permet également de mesurer l’évolution du cyberpunk entre le premier roman de la trilogie et sa conclusion.

Pourquoi le lire ?

Parce que c’est la conclusion indispensable de la trilogie de la Conurb.

Si vous avez aimé Neuromancien, il serait dommage de s’arrêter au premier volume.


12. Babylon Babies — Maurice G. Dantec

Avec Babylon Babies, le cyberpunk prend une direction résolument française.

Maurice G. Dantec mélange thriller, science-fiction, violence, technologies et réflexion sur l’évolution de l’être humain.

Le roman est particulièrement ambitieux et parfois déroutant.

Dantec ne cherche pas à reproduire le cyberpunk américain des années 1980. Il en reprend certains éléments pour construire quelque chose de beaucoup plus sombre et personnel.

La technologie y est intimement liée à la biologie, aux manipulations du vivant et au transhumanisme.

Pourquoi le lire ?

Parce qu’il constitue l’une des œuvres les plus importantes pour découvrir le cyberpunk français.

C’est également un excellent exemple de la manière dont le genre a évolué en dehors de son berceau anglo-saxon.


13. Cyberkiller — Jean-Marc Ligny

Jean-Marc Ligny fait partie des auteurs français qui ont largement exploré les conséquences sociales et politiques des nouvelles technologies.

Avec Cyberkiller, il s’inscrit directement dans la tradition cyberpunk.

Réseaux, technologies, violence et société futuriste se combinent dans un récit où l’individu se retrouve confronté à un système qui le dépasse.

Le roman permet surtout de découvrir une autre approche du cyberpunk, moins centrée sur le seul imaginaire américain du hacker et davantage tournée vers les conséquences sociales du progrès technologique.

Pourquoi le lire ?

Pour découvrir une voix française du cyberpunk, et constater que le genre a également produit des œuvres importantes dans la littérature francophone.


14. La Fille automate — Paolo Bacigalupi

Avec La Fille automate, Paolo Bacigalupi montre que le cyberpunk peut encore évoluer.

Ici, les grandes technologies ne sont plus nécessairement les ordinateurs et le cyberspace.

Ce sont surtout les biotechnologies, la génétique et la manipulation du vivant.

Dans un futur marqué par les bouleversements climatiques et les crises énergétiques, les entreprises contrôlent des technologies capables de modifier les organismes vivants.

Le roman pose alors une question particulièrement cyberpunk :

que se passe-t-il lorsque les entreprises peuvent contrôler non seulement nos informations, mais également le vivant lui-même ?

Pourquoi le lire ?

Parce qu’il représente une forme de cyberpunk biologique et écologique, adaptée aux préoccupations du XXIe siècle.


15. Autonome — Annalee Newitz

Avec Autonome, Annalee Newitz poursuit cette évolution du genre vers les technologies contemporaines.

Le roman s’intéresse notamment aux robots, aux intelligences artificielles, aux brevets et à la propriété intellectuelle.

Dans cet univers, les technologies ne sont pas seulement utilisées pour améliorer la vie des individus : elles sont également contrôlées par des intérêts économiques.

La question du travail et de la liberté devient alors centrale.

Le roman pose notamment la question de ce qui se produit lorsque des êtres artificiels commencent à développer une forme d’autonomie.

Pourquoi le lire ?

Parce qu’il montre que le cyberpunk peut parfaitement s’emparer des problématiques actuelles autour de l’intelligence artificielle, de la propriété des données et de l’automatisation.


16. Substance Mort — Philip K. Dick

Avec Substance Mort, Philip K. Dick nous ramène à l’une des grandes obsessions de son œuvre : la difficulté de savoir qui l’on est réellement.

Le roman raconte l’histoire de Bob Arctor, un homme chargé d’enquêter sur le trafic d’une drogue particulièrement dangereuse.

Mais Arctor est également consommateur de cette drogue.

Peu à peu, son identité se fragmente et sa perception de lui-même devient de plus en plus incertaine.

On pourrait considérer que Substance Mort n’est pas un roman cyberpunk au sens strict. Il a pourtant toute sa place dans cette sélection parce qu’il explore plusieurs des préoccupations qui deviendront essentielles au genre : surveillance, technologies, identité, perte de contrôle et déshumanisation.

Pourquoi le lire ?

Parce qu’il permet de comprendre l’influence considérable de Philip K. Dick sur le cyberpunk.

Ce n’est pas nécessairement le roman à choisir pour découvrir le genre, mais c’est une œuvre essentielle pour comprendre d’où viennent certaines de ses idées.


17. Dr Adder — K. W. Jeter

Publié au début des années 1980, Dr Adder est l’une des œuvres qui accompagnent l’émergence du cyberpunk.

Le roman nous plonge dans un futur particulièrement sombre, violent et décadent.

K. W. Jeter ne cherche absolument pas à présenter un avenir technologique séduisant.

Au contraire, il imagine une société profondément dégradée où les technologies servent autant à divertir, contrôler ou modifier les individus qu’à améliorer leur existence.

Le résultat est volontairement provocateur et parfois très dérangeant.

Pourquoi le lire ?

Parce que Dr Adder permet de découvrir le côté le plus brutal et nihiliste du cyberpunk.

Il rappelle également que le mouvement ne s’est pas construit uniquement autour de William Gibson : plusieurs auteurs exploraient simultanément des futurs technologiques beaucoup plus sombres.


18. Virtual Revolution 2046 — Guy-Roger Duvert

Avec Virtual Revolution 2046, nous revenons à un cyberpunk beaucoup plus contemporain.

Guy-Roger Duvert imagine une société dans laquelle la réalité virtuelle occupe une place centrale.

La technologie ne constitue plus simplement un outil que les humains utilisent occasionnellement : elle transforme profondément leur manière de vivre et de percevoir le monde.

Le roman reprend donc l’une des grandes questions du cyberpunk :

que devient la réalité lorsque nous pouvons construire des mondes virtuels presque aussi convaincants que le monde physique ?

Mais il la transpose dans un contexte technologique beaucoup plus proche de nos préoccupations actuelles.

Pourquoi le lire ?

Parce qu’il montre que le cyberpunk est toujours vivant.

Les réseaux, la réalité virtuelle et les technologies immersives ne sont plus de simples spéculations futuristes : ils font désormais partie de notre quotidien.


19. Backup — Guy-Roger Duvert

Avec Backup, Guy-Roger Duvert s’intéresse à une autre idée profondément cyberpunk : la possibilité de sauvegarder l’esprit humain.

Si notre mémoire et notre personnalité pouvaient être copiées sur un support numérique, qu’est-ce qui empêcherait de créer plusieurs versions d’une même personne ?

Et surtout : laquelle serait la véritable ?

Cette question rejoint directement certaines des interrogations déjà rencontrées chez Philip K. Dick ou Richard K. Morgan.

Mais Backup les transpose dans une réflexion contemporaine sur la numérisation de l’être humain.

Pourquoi le lire ?

Parce qu’il explore l’un des thèmes fondamentaux du cyberpunk : la transformation de l’être humain par la technologie.


20. Ultraviolet — Federico Saggio

Pour terminer notre sélection, nous avons choisi Ultraviolet de Federico Saggio.

Le roman appartient à la série Lululand, qui se poursuit avec Infrarouge.

Il permet d’élargir encore notre vision du cyberpunk en montrant que le genre continue de produire de nouvelles histoires et de nouvelles interrogations.

L’intérêt de ce choix est aussi de ne pas terminer notre classement avec un énième classique américain des années 1980.

Le cyberpunk n’est pas uniquement une littérature historique.

Il continue à évoluer avec les technologies et les inquiétudes de notre époque.

Pourquoi le lire ?

Parce qu’il constitue une porte d’entrée vers un cyberpunk contemporain, loin des seuls Gibson et Sterling.


Les grands absents

Un TOP 20 implique forcément des choix difficiles.

Et le cyberpunk est probablement l’un des genres où les absences sont les plus nombreuses.

Parmi les œuvres que nous aurions pu retenir, plusieurs méritent notamment d’être mentionnées.

Le reste de la Conurb — William Gibson

Si vous avez aimé Neuromancien, Comte Zéro et Mona Lisa s’éclate, il est évidemment possible de poursuivre avec les autres œuvres liées à cet univers.

Et Gravé sur chrome mérite une mention particulière.

Il s’agit d’un recueil de nouvelles et non d’un roman, ce qui explique son absence du TOP 20. Mais pour comprendre la naissance du cyberpunk et l’écriture de Gibson, c’est une lecture particulièrement intéressante.

Le Cycle Takeshi Kovacs — Richard K. Morgan

Nous avons retenu Carbone modifié, le premier tome.

Mais la série mérite évidemment d’être poursuivie avec ses autres volumes.

Si vous appréciez le mélange de cyberpunk, de polar et de transhumanisme, vous trouverez dans la suite de la série de nombreuses raisons de continuer.

La Schismatrice et Les Mailles du réseau — Bruce Sterling

Bruce Sterling aurait presque pu apparaître plusieurs fois dans notre classement.

Son œuvre permet notamment de découvrir une dimension plus politique du cyberpunk, avec des réflexions sur les corporations, les réseaux et l’évolution de l’humanité.

Le cyberpunk français

Nous avons volontairement donné une place importante à la littérature francophone.

Maurice G. Dantec, Jean-Marc Ligny et Guy-Roger Duvert montrent trois manières très différentes d’aborder le genre.

Et cette sélection pourrait évidemment être enrichie.


Par quel livre commencer ?

Si vous découvrez complètement le cyberpunk, le choix le plus évident reste Neuromancien de William Gibson.

C’est le meilleur point de départ pour comprendre les codes du genre : cyberspace, hackers, multinationales, intelligence artificielle et société profondément inégalitaire.

Mais ce n’est pas forcément le meilleur choix pour tout le monde.

Vous voulez découvrir le cyberpunk classique ?

👉 Neuromancien — William Gibson

C’est le choix incontournable.

Vous préférez une histoire plus philosophique ?

👉 Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? — Philip K. Dick

Un excellent choix si les questions d’identité et d’humanité vous intéressent davantage que l’action.

Vous aimez les romans très rythmés ?

👉 Snow Crash — Neal Stephenson

Son ton satirique et son rythme en font une excellente porte d’entrée.

Vous aimez le polar ?

👉 Carbone modifié — Richard K. Morgan

Le mélange enquête policière, transhumanisme et cyberpunk fonctionne particulièrement bien.

Vous voulez découvrir le cyberpunk français ?

👉 Babylon Babies — Maurice G. Dantec

Un roman beaucoup plus sombre et radical, mais particulièrement intéressant.

Vous préférez les problématiques contemporaines ?

👉 Autonome — Annalee Newitz

Intelligence artificielle, robots, propriété intellectuelle et automatisation : le roman transpose parfaitement certaines préoccupations cyberpunk dans notre époque.


Les questions fréquentes sur le cyberpunk

Quel est le meilleur roman cyberpunk ?

Il n’existe évidemment pas de réponse objective, mais Neuromancien de William Gibson est probablement le choix le plus évident.

Il est devenu l’une des œuvres fondatrices du genre et a profondément influencé la manière dont nous imaginons les hackers, le cyberspace et les futurs dominés par les multinationales.

Quel est le premier roman cyberpunk ?

La réponse est plus complexe qu’il n’y paraît.

Des œuvres antérieures contiennent déjà plusieurs éléments qui deviendront caractéristiques du cyberpunk, notamment chez Philip K. Dick.

Mais pour le cyberpunk en tant que mouvement littéraire clairement identifié, Neuromancien, publié en 1984, constitue l’une des références fondamentales.

Philip K. Dick est-il un auteur cyberpunk ?

Il est plus juste de le considérer comme un précurseur majeur du cyberpunk.

Il écrivait avant l’apparition du mouvement et explorait déjà des thèmes qui deviendront essentiels : identité, réalité artificielle, technologies, surveillance et frontière entre l’humain et la machine.

Faut-il lire les romans de William Gibson dans l’ordre ?

Pour la trilogie de la Conurb, oui, nous recommandons :

  1. Neuromancien
  2. Comte Zéro
  3. Mona Lisa s’éclate

Gravé sur chrome est un recueil de nouvelles et peut être lu indépendamment.

Le cyberpunk est-il encore d’actualité ?

Plus que jamais.

Les sujets qui semblaient autrefois relever de la pure anticipation sont désormais au cœur de nos sociétés : intelligence artificielle, surveillance numérique, réalité virtuelle, réseaux sociaux, multinationales technologiques, manipulation des données et transhumanisme.

C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles le genre continue de fasciner.


En résumé

Si vous ne devez retenir que quelques titres de notre sélection, voici les incontournables :

Pour découvrir le genre : Neuromancien.

Pour ses racines philosophiques : Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?

Pour une version plus satirique : Snow Crash.

Pour le transhumanisme : Carbone modifié.

Pour le cyberpunk politique : La Schismatrice.

Pour le cyberpunk français : Babylon Babies.

Pour une vision contemporaine : La Fille automate ou Autonome.

Et surtout, ne vous arrêtez pas à l’image du hacker connecté à un ordinateur dans une ruelle éclairée au néon.

Le véritable sujet du cyberpunk est beaucoup plus vaste : que devient l’être humain lorsque la technologie commence à transformer non seulement son environnement, mais aussi son corps, son esprit, son identité et la société dans laquelle il vit ?


Conclusion

Le cyberpunk est né d’une inquiétude.

Celle de voir la technologie progresser à une vitesse extraordinaire alors que les sociétés humaines ne suivent pas nécessairement le même chemin.

William Gibson, Philip K. Dick, Bruce Sterling, Pat Cadigan et les autres ont imaginé des futurs dans lesquels les technologies les plus extraordinaires côtoient la pauvreté, les inégalités, la violence et la perte de repères.

Mais ce qui rend ces romans particulièrement intéressants aujourd’hui, c’est que leur futur ressemble parfois de moins en moins à de la science-fiction.

Nous vivons déjà avec des intelligences artificielles, des réseaux omniprésents, des algorithmes qui influencent nos comportements et des entreprises technologiques capables de collecter des quantités considérables d’informations sur nous.

Le cyberpunk n’avait évidemment pas prédit tout cela.

Mais il avait compris quelque chose d’essentiel : le progrès technologique ne garantit pas nécessairement le progrès humain.

Et c’est probablement pour cette raison que, plusieurs décennies après Neuromancien, les meilleurs romans cyberpunk continuent de nous parler avec autant de force.

Yurlunggur par Jeam-Marc Ligny

Fiche de Yurlunggur

Titre : Yurlunggur
Auteur : Jean-Marc Ligny
Date de parution : 1987
Editeur : Denoël

Première page de Yurlunggur

« — J’ai vu le Python Sacré sortir de cet égout qui communique directement avec le Pays des Morts. Plus il sortait, plus il grandissait, jusqu’à être aussi haut qu’une maison. Il était rouge, rouge comme la terre de Paris, comme le sable du désert Tamani. Quand Yurlunggur fut entièrement sorti d’entre les mondes, il rampa sur une partie du chemin, puis dut se protéger des Maams et construisit une maison autour de lui. Là-dedans…

— Attends. Tu veux dire une vraie maison ? En dur comme ici ?

— Oui. Une villa de quinze pièces style Second Empire, avec autour un parc à l’anglaise. Là, donc, Yurlunggur décide de combattre la peur.

— Dans la baraque.

— Oui.

— C’est un sacré drôle de rêve, dis donc.

— N’oublie pas qu’on est en Europe. À Paris. »

Extrait de : J.M Ligny. « Yurlunggur. »

Temps blancs par Jean-Marc Ligny

Fiche de Temps blancs

Titre : Temps blancs
Auteur : Jean-Marc Ligny
Date de parution : 1979
Editeur : Denoël

Première page de Temps blancs

« PIG CITY

C’est une grande ville en forme de pieuvre. Ses tentacules sont de béton précontraint et d’altuglas, veinés de voies express. Rien, à la surface, n’est en principe prévu pour une circulation pédestre.

Le corps proprement dit de la bête est inaccessible à qui ne possède pas la clé. Mais bien trop de gens la possèdent, justement. Bien trop.

Les yeux sont en verre véritable. Ils ont chacun trois cents mètres de haut, sont inapprochables à moins d’un kilomètre, et nul ne sait ce que cachent ces façades polarisées jusqu’à ce que ça lui tombe dessus.

Le bec, c’est Cospo Center – Cops underground. Nul n’est assuré d’en ressortir intact s’il y tombe. Vivant, certainement. Le traitement est plus… psychologique.

Le cœur est souterrain évidemment. Quelque part loin en dessous, là est le cœur. Mais quel est-il ? Un réacteur nucléaire ? Un Ordinateur central ? Un Conseil secret ?

Les entrailles ne sont normalement pas prévues pour y circuler. On ne peut guère en dire plus. »

Extrait de : J.M Ligny. « Temps Blancs. »

Mal-morts par Jean-Marc Ligny

Fiche de Mal-morts

Titre : Mal-morts
Auteur : Jean-Marc Ligny
Date de parution : 2010
Editeur : L’Atalante

Première page de Mal-morts

« Allongée dans son lit, Élodie observe avec appréhension le halo de la pleine lune qui s’avance au bord de la fenêtre, saupoudre d’argent le bleu profond de la nuit, souligne les griffes noires de l’arbre mort tendues vers le ciel opalin.

Elle sent que c’est pour cette nuit.

Elle l’éprouve dans son corps frémissant, dans ce nœud de douleur qui naît au creux de son plexus, dans ces fourmillements au bout de ses orteils et à la racine de ses cheveux.

Elle l’entend dans les souffles, les soupirs, les râles désincarnés qui s’insinuent au sein du silence moite de la chambre, bruissent au seuil de son ouïe, apportés par un Vent des Limbes qu’elle seule sait percevoir.

Tout doucement, sans bouger, sans ciller, retenant sa respiration, réfrénant les battements de son cœur, elle tend ses muscles, bande sa volonté. Se prépare à lutter.

Elle a rouvert les volets que sa mère avait fermés, afin de les voir venir et de pouvoir s’échapper – bien qu’il n’y ait aucune fuite possible hors de sa propre peur. Elle a recraché et jeté sous le lit le somnifère et l’anxiolytique qu’elle est censée avaler tous les soirs : ils l’affaibliraient, amolliraient sa vigilance, détruiraient sa résistance. Autrement dit, l’offriraient en pâture à ceux qu’elle combat depuis toujours. »

Extrait de : J.M Ligny. « Mal-morts. »

Les chroniques des nouveaux mondes par Jean-Marc Ligny

Fiche de Les chroniques des nouveaux mondes

Titre : Les chroniques des nouveaux mondes
Auteur : Jean-Marc Ligny
Date de parution : ????
Editeur : ActuSF

Sommaire de Les chroniques des nouveaux mondes

  • Le voyageur solitaire
  • Les chants de glace
  • Survivants des arches stellaires

Le cinquième est dément par Jean-Marc Ligny

Fiche de Le cinquième est dément

Titre : Le cinquième est dément (Le Poulpe)
Auteur : Jean-Marc Ligny
Date de parution : 2000
Editeur : Baleine

Première page de Le cinquième est dément

« Ça vient. Lassie le sent. Dans les cuisses, l’utérus, la matrice. Ça part de sa chatte et irradie tout son corps, par vagues successives, convulsives. Ça accélère avec les coups de piston du mec qui la fourre en ahanant, rouge et suant. Pas une belle gueule, mais il a trouvé le truc. Waouh – comme un flash, en plus doux.

Lassie se met à gémir, puis à crier. Elle ne peut s’en empêcher : chaque fois qu’elle jouit, elle vocalise : des ah, des oh et des hi sur tous les tons. En général ça plaît aux clients, ça excite leur frénésie et ils ajoutent parfois un petit pourliche, parce qu’elle n’est pas obligée de jouir en plus. Toutefois Lassie ne simule pas : elle manque totalement de talent pour la comédie, quand elle n’est pas trop défoncée pour remarquer qu’elle baise – ou plutôt se fait baiser.

En tout cas, ce mec l’emmène au ciel. Classique pourtant, missionnaire de base. Un grand sourire fend ses traits de bureaucrate un peu poupins. Heureux de la voir prendre son pied, il sue et ahane avec une belle conviction, se concentre pour pas venir trop vite, bien la monter au top. Plein d’attentions, quoi. »

Extrait de : J.M Ligny. « Le cinquième est dément – Le Poulpe. »

La saga d’Oap Täo par Jean-Marc Ligny

Fiche de La saga d’Oap Täo

Titre : La saga d’Oap Täo
Auteur : Jean-Marc Ligny
Date de parution : 1990
Editeur : ActuSF

Sommaire de La saga d’Oap Täo

  • Rasalgethi
  • Apex (M57)
  • Bérénice

La mort peut danser par Jean-Marc Ligny

Fiche de La mort peut danser

Titre : La mort peut danser
Auteur : Jean-Marc Ligny
Date de parution : 1994
Editeur : Denoël

Première page de La mort peut danser

« Le bûcher était dressé face à la mer, au sommet de la falaise de Ceann Boirne (qui, bien plus tard, serait nommée Black Head). Le ciel était clair pour un 1er novembre : de l’autre côté de la baie, on distinguait des fumées qui montaient dans l’air pâle du matin : celles de Gaillimh(1) – foyers ou incendies, qui savait ? Tant de malheurs étaient survenus… À l’ouest, les éminences plates des îles d’Aran s’allongeaient sur l’horizon. Au milieu, la mer étirait de longues rides rose-mauve, irisées par le soleil qui pointait à peine au-dessus des monts Gleann Eidhneach…

La petite foule hâve et déguenillée, pelant de froid et ployée par le vent, ne s’était pas rassemblée là pour admirer le paysage. Tous les regards étaient tournés vers le bûcher, gardé par une troupe de « Soldats Noirs » – des Normands. Immobiles, terrifiants, bardés de fer – heaumes, hauberts, écus d’airain – les envahisseurs. Ils étaient là pour empêcher que l’on dispersât le bûcher… Certains villageois avaient essayé durant la nuit : leurs corps gisaient au pied de la falaise, léchés par la mer et picorés par les mouettes, et leurs âmes avaient rejoint le Sid… »

Extrait de : J.M Ligny. « La mort peut danser. »

Kriegspiel par Jean-Marc Ligny et Dominique Goult

Fiche de Kriegspiel

Titre : Kriegspiel
Auteur : Jean-Marc Ligny et Dominique Goult
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir

Première page de Kriegspiel

« Soleil. Soleil dans le ciel délavé. Soleil sur la ville, éclatante de blancheur, carrelée d’ombres fraîches. Soleil sur les vitres, carrés en fusion. Soleil sur les places, pointillés des feuillages. Soleil sur la plage, ors couverts de corps de bronze. Soleil sur la mer, reflets étincelants.

Reflets étincelants sur la paire de jumelles, dont le regard de verre survole la ville. Le regard s’attarde sur la plage, glisse lentement d’un corps à l’autre, vise une tête rieuse sortant de l’eau, suit les rebonds d’un volant de badminton entre des raquettes maladroites.

— … responsables… tous responsables…

La voix, derrière les jumelles, est rauque, cassée, coupante comme des tessons de verre. Les jumelles tremblent un instant, se fixent encore sur la plage, devant un pique-nique : les enfants crient, la femme sourit, le mari agite des mains excédées, l’oreille collée à un transistor. »

Extrait de : J.M Ligny + D. Goult. « Kriegspiel. »

Jihad par Jean-Marc Ligny

Fiche de Jihad

Titre : Jihad
Auteur : Jean-Marc Ligny
Date de parution : 1998
Editeur : L’Atalante

Première page de Jihad

« Assis sur une pierre au pied d’un olivier tors, Ali Belkacem était occupé à bourrer son sipsi de kif quand il entendit les ronflements des hélicoptères. Avec des gestes vifs pour son âge, il rangea sa bourse, se leva et scruta le ciel chauffé à blanc à travers les branches tourmentées. Le grondement s’amplifiait, enflait derrière la montagne.

Il jeta un coup d’œil à ses moutons disséminés dans la pente, vaquant en quête d’une herbe rare et sèche entre les oliviers moribonds. Le bruit ne semblait pas les inquiéter.

Le vieux berger, si : lui savait ce qu’il signifiait.

AQMI lançait un raid sur Aït-Idja.

Ali résista à l’impulsion de détaler comme un lapin. Au contraire, il tenta de se fondre dans l’ombre falote de l’arbre. Peut-être qu’ils n’allaient pas le voir, bî din illâh, qu’ils allaient juste passer, s’éloigner vers Tizi-Ouzou… Peut-être que cette fois ils ne mettraient pas le feu à la montagne. »

Extrait de : J.M Ligny. « Jihad. »