Étiquette : Houssin
City par Joël Houssin

Fiche de City
Titre : City
Auteur : Joël Houssin
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir
Première page de City
« Un cinquième de part – soit près de trente maxipions – et de la moisissure partout. Aliments, meubles, murs, tout est recouvert de mousse blanche et verte. Trois semaines maintenant que Victoria est vissée au Marvel. Elle ne paraît pas sur le point d’en sortir. Jamais, apparemment, la société n’avait publié une cassette aussi sophistiquée. L’avertissement, au dos du boîtier, ressemblait à un condensé publicitaire pour film d’épouvante. La rituelle interdiction aux mineurs et aux malades cardiaques était suivie de quelques lignes explicatives sur le jeu et ses difficultés.
LA SOLUTION SE TROUVE DANS L’ŒIL DE LA MORT.
CHERCHEZ-LA.
MAIS PRENEZ VOS PRÉCAUTIONS.
LA MORT VOUS GUETTE.
Victoria était une véritable championne du Marvel. Elle ne jeta qu’un regard distrait sur l’énigme avant de se brancher sur l’appareil. »
Extrait de : J. Houssin. « City. »
Blue par Joël Houssin

Fiche de Blue
Titre : Blue
Auteur : Joël Houssin
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir
Première page de Blue
« Starlette commençait à me débecter. Je comprenais maintenant pourquoi Blue l’avait larguée. J’aurais dû me douter. Et moi, bonne pomme, quand je l’avais vue, toute seule sur ses roulettes, au milieu de la piste du Trocade, j’avais rien trouvé de mieux que de lui proposer la botte. L’occase, le pigeon inespéré, elle avait plongé à pieds joints, me faisant croire, poussant le vice qu’elle avait grossier, que j’avais tout juste la pointure pour la mériter. C’est sans doute de l’avoir aperçue si souvent aux côtés de Blue qui m’avait trompé. La régulière du chef, évidemment elle en jetait à l’époque. Saboulé brillance, sa chevelure noire interminable qui flottait comme l’étendard des Patineurs quand elle dévalait, l’œil souligné velours, les toboggans du Champ de Mars. J’aurais parié qu’un envieux, sur un coup de folie, aurait pu décapiter Blue pour cette gonzesse. »
Extrait de : J. Houssin. « Blue. »
Banlieues rouges par Joël Houssin
Fiche de Banlieues rouges
Titre : Banlieues rouges
Auteur : Joël Houssin
Date de parution : 1989
Editeur : Opta
Sommaire de Banlieues rouges
- Fumez Coke : en guise de préface… par R. Wlasikov
- Toucher vaginal par J.-P. Hubert
- Je m’appelle Simon et je vis dans un cube par D. Douay
- Exzone Z par J.-P. Andrevon
- Le monde du A par P. Goy
- Et voir mourir tous les vampires du quartier de jade par D. Walther
- L’ouvre-boîte par C. Léourier
- Relais en forêt par S. A. Airelle
- Multicolore par J. Houssin
- Terrain de jeu par R. Gaillard
- Supplice sylvestre par J. Le Clerc de la Herverie
- Les derniers jours de mai par C. Vilà
- Les Seigneurs chimériques des stades hallucinés par R. Durand
- Le super-marché par D. Roffet
Argentine par Joël Houssin
Fiche de Argentine
Titre : Argentine
Auteur : Joël Houssin
Date de parution : 1989
Editeur : Denoël
Première page de Argentine
« On pouvait sûrement se passer d’aspirine… Sûrement.
Ce matin-là, le Démolisseur tenait une frite d’enfer. Cramponné à son marteau-piqueur, il déchirait mon crâne avec une application hystérique. Un tout p’tit mec, le Démolisseur. Sec et nerveux, la moustache gominée, le même tricot de corps depuis… Avait-il seulement porté autre chose ? Et avec ça atrocement ponctuel, une qualité tout aussi démodée que son look. Jamais une minute de retard. Pas le moindre jour de repos.
Ce que j’exigeais des autres, je pouvais, je devais me l’imposer. Les cancrelats étaient prêts à s’engouffrer dans la plus petite faille. Friands de tripes molles et de cervelles fatiguées, les immondes bestioles n’allaient pas mettre trois jours pour me vider…
Seigneur, ça n’allait donc jamais s’arrêter ?
Je tournai la tête et fixai le poster lacéré d’Angelo Razzaguardi. L’impact des fléchettes lui avait grêlé le visage comme une méchante vérole. Je lâchai un soupir désabusé et refermai un instant les yeux. »
Extrait de : J. Houssin. « Argentine. »
Angel felina par Joël Houssin

Fiche de Angel felina
Titre : Angel felina
Auteur : Joël Houssin
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir
Première page de Angel felina
« Le type au blouson râpé commença par se racler la gorge, à toussoter légèrement comme s’il allait entrer dans le premier acte d’un opéra lyrique.
— Je marchais depuis deux heures quand j’ai aperçu ce bar de la rue de Buci. Je savais pas bien s’il était encore ouvert ou non. Il y avait de la lumière mais il était tard. J’ai quand même poussé la porte. Le barman nettoyait un verre et une femme d’une quarantaine d’années fumait une cigarette derrière le bar. C’était la seule cliente, à part moi. Je me suis installé à deux tabourets d’elle et j’ai commandé une bière. J’ai demandé aussi si je pouvais manger quelque chose. Le barman m’a regardé comme si un chapelet de furoncles me poussait sur la frite et la fille s’est marrée. J’ai tout de même compris à quel genre de bar j’avais affaire quand la blonde est descendue de son perchoir pour venir vers moi. « Vous m’offrez un glass ? » qu’elle a fait. C’était un de ces bars de poche qu’on appelle « américains » et qu’on trouve un peu partout dans Paris ouverts jusqu’à quatre, cinq heures du matin. Avec de l’alcool et des poules. »
Extrait de : J. Houssin. « Angel Felina. »
L’écho des suppliciés par Joël Houssin
Fiche de L’écho des suppliciés
Titre : L’écho des suppliciés
Auteur : Joël Houssin
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de L’écho des suppliciés
« D’abord vint la tempête…
À la Pierre-Saint-Luc, la station la plus élevée de la région, le paysage se métamorphosait d’heure en heure. La veille encore, la hauteur de neige était à peine suffisante pour le ski alpin. Les rochers affleuraient la surface glacée des pistes. Le Couloir de l’Observatoire et le Mur des Bouquetins, deux pistes classées noires, étaient fermées, jugées impraticables et dangereuses. Seules les descentes vertes, bleues et quelques rouges étaient mises à la disposition des premiers vacanciers. Mais le plus gros de la troupe arrivait le lendemain et pas le moindre nuage chargé de flocons ne se profilait à l’horizon. Un soleil insolent éclaboussait les pistes-miroirs dentelées d’énormes racines et de roches noirâtres. Pendues à leur câble comme de vilains fruits, les télécabines se balançaient en grinçant, bercées par une brise tiédasse qui accélérait encore la fonte. Tout comme la saison précédente, le redoux surgissait trois mois trop tôt. À la suite de ce printemps prématuré, les locations étaient tombées de quinze pour cent. Cette fois, le personnel de la station sombrait franchement dans la morosité. L’année prochaine, la fréquentation chuterait de moitié. Certains commerçants, devant la répétition de cette hostilité climatique, avaient déjà renoncé, tiré le rideau et étaient redescendus dans la vallée. »
Extrait de : J. Houssin. « L’écho des suppliciés. »
L’autoroute du massacre par Joël Houssin
Fiche de L’autoroute du massacre
Titre : L’autoroute du massacre
Auteur : Joël Houssin
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de L’autoroute du massacre
« C’est l’Aîné qui avait commencé à manger des choses vivantes. Dès le lendemain de la mort du Père, tout ratatiné dans la Boîte Blanche, rongé de l’intérieur. Respectant les ordres de la Mère, l’Aîné s’était mis à creuser un trou dans la terre, piochant le sol avec ses ongles. Le Cadet, assis au bord de la fosse, regardait faire son frère. C’est ainsi qu’il le vit ramasser une limace, la poser dans le creux de sa paume, l’observer un instant avant, d’un geste brusque, se la coller en bouche. Le Cadet, effrayé, crut que le Père allait se réveiller pour dérouiller son frère. L’Aîné, la grosse limace posée sur la langue, fixait son père, insolent et provocant. Il posa ses poings sur ses hanches, fila un coup de pied au Père et se mit à mastiquer longuement la limace. Le Cadet poussa un glapissement de terreur et s’enfuit à toutes jambes vers la Boîte Blanche.
Il revint quelques instants plus tard, progressant par bonds prudents. L’Aîné en était déjà à sa troisième limace et à son cinquième lombric. Il les gobait en riant et en se frottant le ventre. »
Extrait de : J. Houssin. « L’autoroute du massacre. »
Dix de der par Joël Houssin

Fiche de Dix de der
Titre : Dix de der (Tome 15 sur 19 – Le Dobermann)
Auteur : Joël Houssin
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir
Première page de Dix de der
« Le 22 mars, date décidément fâcheuse pour l’équilibre de la nation, Joseph Ayache, alias Jo le Triste, s’évada en compagnie de deux autres détenus du fourgon cellulaire qui les transportait au palais de justice de Versailles. Au cours de cette évasion, un gardien fut tué et un autre grièvement blessé au visage et aux jambes.
Trois semaines plus tard, Benoît, Camel et Dominique Versini, complices d’Ayache, étaient repris dans un bar de Nice. Les deux gangsters n’étaient pas armés. Ils s’apprêtaient à passer en Italie.
Joseph Ayache, lui, courait toujours. Il avait quitté ses deux compagnons de cavale dès le lendemain de l’évasion sanglante, et traversé la France pour rejoindre son jeune frère, Jean-Claude, dit Moustique, qui prenait quelques jours de vacances en Haute-Savoie. Le gang du Dobermann était ainsi réuni au grand complet. Il n’allait plus tarder à faire parler de lui.
Le gang était composé de cinq hommes et deux femmes. Outre Yann Lepentrec, le Dobermann, il y avait Karine Erdal, sa maîtresse, Jean-Claude et Joseph Ayache, Louis Vilberstein, le gitan aux yeux vairons, Élie Frossart, dit l’Abbé, propriétaire du chalet où le gang séjournait, et Sylvie Furiani, ex-femme de Michel Mondiloni, abattu à Paris par les policiers de la brigade antigang. L’arrivée de Jo le Triste coïncida avec les premiers méfaits de la bande. »
Extrait de : J. Houssin. « Dix de der – Le Dobermann. »
Joël Houssin

Présentation de Joël Houssin :
Joël Houssin, né le 29 août 1953 à Paris et mort le 23 mars 2022 à Massy, est une figure majeure de la littérature de genre en France, ayant marqué aussi bien la science-fiction que le roman policier et l’écriture scénaristique.
Un pilier de la science-fiction française
Joël Houssin commence sa carrière littéraire dans les années 1970 par la science-fiction. Son style, souvent sombre, urbain et empreint d’une esthétique « rock », lui vaut rapidement la reconnaissance de ses pairs. Il reçoit le grand prix de l’Imaginaire à deux reprises : une première fois en 1986 pour Les Vautours, puis en 1992 pour Le Temps du twist. Entre-temps, il décroche le prestigieux prix Apollo en 1990 pour son roman Argentine.
Outre ses propres romans, il participe à l’aventure des collections populaires du Fleuve Noir et contribue, sous le pseudonyme collectif de Zeb Chillicothe, à la série de science-fiction post-apocalyptique JAG.
Le créateur du « Dobermann »
En 1981, Joël Houssin se tourne vers le polar avec la création d’un personnage qui deviendra culte : le Dobermann. Chef d’une bande de braqueurs ultra-violents, ce personnage est le héros d’une longue série de romans publiés dans la collection « Spécial Police » du Fleuve Noir.
Cette saga rencontre un immense succès et sera adaptée au cinéma en 1997 par Jan Kounen, avec Vincent Cassel dans le rôle-titre. Houssin signe lui-même le scénario de cette adaptation, qui marquera le paysage du cinéma de genre français par son esthétique nerveuse et provocatrice.
Une carrière prolifique à la télévision
À partir des années 1990, l’auteur s’éloigne progressivement de l’édition pour se consacrer à l’écriture de scénarios pour la télévision. Il devient l’un des scénaristes les plus sollicités pour les grandes séries policières françaises, travaillant notamment sur Commissaire Moulin ou Les Bœuf-carottes, série qu’il a créée.
Il ne délaisse pas pour autant ses racines fantastiques, comme en témoigne la création de la série David Nolande (2006) pour France 2, qui mêle enquête et prémonitions surnaturelles, ou encore la mini-série Éternelle (2009).
Fin de carrière
Après plusieurs années de silence littéraire, Joël Houssin revient en librairie en 2012 avec Loco (éditions Ring), une réécriture radicale de son premier roman, Locomotive rictus.
Écrivain au style percutant et visionnaire, Joël Houssin laisse derrière lui une œuvre protéiforme qui a su jeter des ponts entre la littérature populaire et la culture visuelle contemporaine.
Livres de Joël Houssin :
Dobermann :
- Le Dobermann américain
- Les crocs du Dobermann
- Le Dobermann et le Phénix
- La nuit du Dobermann
- Le Dobermann et les rastas
- Plus noir qu’un dobermann
- A la santé du Dobermann
- L’ombre du Dobermann
- Le Dobermann et le Cobra
- Chassez le Dobermann
- Le Dobermann et les balourds
- Du suif pour le Dobermann
- Faites pas pleurer le Dobermann !
- Dobermann bastringue
- Dix de der (1984)
- Bille en tête
- Comme un rat
- Roulez jeunesse !
- Bras de fer
Gore :
- L’autoroute du massacre (1985)
- L’écho des suppliciés (1985)
SCUM :
- La variole rouge (1986)
- Le soleil ne se lève plus sur Tokyo (1987)
- Opération Satan (1987)
- Pour qui ricanent les hyènes
- Mourir à Palerme
- Dans le ventre de la bête … (1988)
Angel felina (1981)
Argentine (1989)
Banlieues rouges (1989)
Blue (1982)
City (1983)
Game over (1983)
Le champion des mondes (1982)
Le chasseur (1983)
Le pronostiqueur (1981)
Le temps du twist (1990)
Les vautours (1985)
Lilith (1982)
Locomotive rictus (1975)
Masques de clown (1982)
Voyeur (1983)
Pour en savoir plus sur Joël Houssin :
La page Wikipédia sur J. Houssin
La page Noosfere sur J. Houssin
La page isfdb de J. Houssin