Étiquette : J'ai lu
Le secret de Sinharat par L. Brackett
Fiche de Le secret de Sinharat
Titre : Le secret de Sinharat (Tome 2 sur 4 – Le livre de Mars)
Auteur : L. Brackett
Date de parution : 1964
Traduction : P. Aubignan
Editeur : J’ai lu
Première page de Le secret de Sinharat
« Cela faisait des heures et des heures que, implacablement éperonné par son noir cavalier, l’animal fuyait à travers le désert martien et il était maintenant exténué. Il chancela, sa cadence se rompit et, quand l’homme enfonça en jurant les talons dans ses flancs écailleux, la bête ne fit que se tourner vers lui avec un sifflement chuintant. Elle avança encore un peu en titubant avant de s’arrêter du côté sous le vent d’une dune. Alors, elle s’écroula dans la poussière.
L’homme descendit. Les yeux de la créature, où se reflétait la lueur des petites lunes, étaient semblables à deux ardents luminaires verts. Le cavalier comprit qu’il était vain d’essayer d’obliger sa monture à repartir. Il se retourna et regarda dans la direction d’où il était venu. »
Extrait de : L. Brackett. « Le livre de Mars – Le secret de Sinharat. »
Renaissance par R. F. Jones
Fiche de Renaissance
Titre : Renaissance
Auteur : R. F. Jones
Date de parution : 1951
Traduction : F.-M. Watkins
Editeur : J’ai lu
Première page de Renaissance
« Le premier globe s’était couché et les ombres plus allongées du deuxième soleil assombrissaient la grande salle du Karildex.
La puissante machine semblait tapie dans la pénombre comme une gigantesque créature s’installant pour la nuit. L’éclat violet de ses mille facettes métalliques reflétait les éclairs flamboyants de la Terre-de-Feu qui illuminaient le ciel.
Une seule position de la machine était occupée par un homme d’un certain âge, effacé, qui appuyait sur les touches l’une après l’autre avec une indécision laborieuse.
Deux fois Ketan avait proposé de l’aider mais avait été repoussé d’un geste. Ce crétin ne partirait donc jamais ?
Ketan regarda vers le fond de la salle où une silhouette immobile se profilait sur le crépuscule filtrant par la large fenêtre multicolore. »
Extrait de : R. F. Jones. « Renaissance. »
Ubik par P. K. Dick
Fiche d’Ubik
Titre : Ubik
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1969
Traduction : A. Dorémieux
Editeur : J’ai lu
Première page d’Ubik
« À 3 h 30 du matin la nuit du 5 juin 1992, le principal télépathe du système solaire disparut de la carte dans les bureaux de Runciter Associates à New York. Aussitôt les vidphones se mirent à sonner. La firme Runciter avait perdu la trace de trop de Psis de Hollis au cours des deux derniers mois ; cette disparition supplémentaire faisait déborder la coupe.
— Mr Runciter ? Désolé de vous déranger. (Le technicien qui était de service de nuit dans la chambre des cartes toussota nerveusement en voyant ta grosse tête massive de Glen Runciter envahir l’écran du vidphone.) Un de nos neutralisateurs nous a alertés. Attendez que je regarde. (Il fouilla dans l’amas des bandes sorties du transmetteur.) C’est une femme, miss Dorn ; comme vous le savez, elle l’avait suivi jusqu’à Green River, dans l’Utah, où…
Runciter grogna d’une voix ensommeillée :
— Qui donc ? Si vous croyez que je me souviens en permanence des neutralisateurs qui pistent tel ou tel télep ou précog. »
Extrait de : P. K. Dick. « Ubik. »
Sur le territoire de Milton Lumky par P. K. Dick
Fiche de Sur le territoire de Milton Lumky
Titre : Sur le territoire de Milton Lumky
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1985
Traduction : I. Delord-Philippe, S. Guillot
Editeur : J’ai lu
Première page de Sur le territoire de Milton Lumky
« Au coucher du soleil, un air âcre en provenance du lac vint souffler dans les rues désertes de Montario, dans l’Idaho. Des nuées de mouches jaunes aux ailes effilées l’accompagnaient, s’écrasant contre les pare-brise des autos en circulation. Les conducteurs s’efforçaient de les chasser à coups d’essuie-glaces. Tandis que les réverbères commençaient à illuminer Hill Street, les magasins fermèrent un à un jusqu’à ce qu’il ne reste plus que les drugstores d’ouverts, un à chaque bout de l’agglomération. Le cinéma Louxor, lui, n’ouvrait ses portes qu’à 18 h 30. Les nombreux cafés ne faisaient pas partie de la ville à proprement parler ; ouverts ou fermés, ils appartenaient à la nationale 95 qui empruntait Hill Street.
Le train de nuit de l’Union Pacific, qui reliait Portland à Boise, fit son apparition dans un concert de sifflements et de bruits de ferraille, glissant sur la plus septentrionale des quatorze voies ferrées parallèles. »
Extrait de : P. K. Dick. « Sur le territoire de Milton Lumky. »
Simulacres par P. K. Dick
Fiche de Simulacres
Titre : Simulacres
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1964
Traduction : M. Thaon, C. Gueret
Editeur : J’ai lu
Première page de Simulacres
« Cette note de service de l’Entreprise musicale électronique effrayait Nat Flieger. Il n’y avait pourtant pas de quoi. Elle annonçait, il est vrai, un événement considérable : le fameux pianiste soviétique Richard Kongrosian, un psychokinétiste qui jouait Brahms et Schumann sans toucher le clavier, avait été repéré à sa résidence d’été de Jenner, en Californie. Avec un peu de chance, Kongrosian serait disponible pour une série de séances d’enregistrement. Cependant…
Peut-être, songea Flieger, étaient-ce les forêts sombres et humides de l’extrême nord de la Côte californienne qui lui répugnaient ? Il aimait bien les terres méridionales sèches, proches de Tijuana, là où l’E.M.E. avait ses bureaux principaux. Mais, s’il fallait en croire la note, Kongrosian ne sortirait pas de sa résidence d’été ; il était entré dans une période de semi-retraite, poussé par quelque drame familial inconnu, que l’on supposait concerner sa femme ou son fils. Tout se serait produit des années auparavant, prétendait la note. »
Extrait de : P. K. Dick. « Simulacres. »
O nation sans pudeur par P. K. Dick
Fiche d’O nation sans pudeur
Titre : O nation sans pudeur
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1994
Traduction : H. Collon
Editeur : J’ai lu
Première page d’O nation sans pudeur
« C’était le début de l’été et la journée s’achevait. L’après-midi avait été doux, mais le soleil se couchait, et maintenant le froid s’installait. Carl Fitter descendit les marches du perron, laissant derrière lui la résidence des hommes ; il portait une valise pesante et un petit paquet ficelé.
Il marqua une pause au pied de l’escalier en bois brut, dont la laque grise était tout écaillée par le temps. Ces marches avaient été peintes bien longtemps avant qu’il ne vienne travailler pour la Compagnie. Il se retourna vers la porte d’entrée du bâtiment. Elle coulissait lentement. Elle finit par se refermer avec un claquement sonore. Carl posa sa valise et s’assura que son portefeuille, bien en sécurité dans sa poche boutonnée, ne risquait pas de tomber.
— C’est la dernière fois que je descends cet escalier, fit-il tout bas. La dernière fois. Quel bonheur de revoir les États-Unis après tout ce temps !
Derrière les fenêtres, on avait tiré les stores. Les rideaux n’étaient déjà plus là. Sans doute emballés dans un carton quelque part. Il n’était pas le dernier à partir ; il fallait encore tout verrouiller. »
Extrait de : P. K. Dick. « Ô nation sans pudeur. »
Loterie solaire par P. K. Dick
Fiche de Loterie solaire
Titre : Loterie solaire
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1955
Traduction : F. Straschitz
Editeur : J’ai lu
Première page de Loterie solaire
« Il y eut des augures. Dans les premiers jours de mai 2203, les informatrices rapportèrent le passage d’un vol de corneilles blanches au-dessus de la Suède. Une série d’incendies inexpliqués détruisit à moitié la Colline Oiseau-Lyre, un des principaux pivots industriels du système. Une pluie de petites pierres rondes s’abattit sur un camp de travail martien. À Batavia, Directoire de la Fédération des Neuf Planètes, naquit un veau à deux têtes : signe certain qu’un événement d’une incroyable importance se préparait.
Les interprétations ne manquaient pas : la spéculation sur la signification des événements naturels était un passe-temps favori. Chacun conjecturait, consultait, débattait de la bouteille – instrument socialisé du hasard. Les diseurs de bonne aventure du Directoire étaient pris des semaines à l’avance.
Mais ce qui est augure pour les uns est épreuve pour les autres. En réaction à la catastrophe limitée qu’elle avait connue, la Colline Oiseau-Lyre provoqua une catastrophe totale pour cinquante pour cent de ses employés classifiés. »
Extrait de : P. K. Dick. « Loterie solaire. »
Les machines à illusions par P. K. Dick & R. Nelson
Fiche de Les machines à illusions
Titre : Les machines à illusions
Auteur : P. K. Dick et R. Nelson
Date de parution : 1967
Traduction : I. Tate
Edition : J’ai lu
Première page de Les machines à illusions
« À 3 heures du matin retentit la sonnerie du vidphone placé sur la table de chevet de Rudolph Balkani, chef du Centre de Recherche Psychédélique. Bien que Balkani fût éveillé depuis des heures (ces derniers temps, il souffrait d’insomnie), elle se prolongea longtemps avant qu’il ne daignât lui répondre.
— Balkani. Que désirez-vous ?
— J’ai besoin d’un renseignement, déclara une voix soucieuse dont Balkani reconnut aussitôt le propriétaire : le Président du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Il faut absolument que je sache à quoi m’en tenir.
— Soyez bref. Je suis souffrant.
— Avez-vous écouté la communication ?
— Quelle communication ? (Balkani se passa la main sur son menton hérissé de barbe.)
— L’ultimatum des extra-terrestres ! Il a été diffusé par toutes les chaînes de radio et de télévision…
— Je n’ai pas l’habitude de perdre mon temps à écouter les médias récréatifs de masse. Que proposaient-ils ? »
Extrait de : P. K. Dick et R. Nelson. « Les machines à illusions. »
Les clans de la lune alphane par P. K. Dick
Fiche de Les clans de la lune alphane
Titre : Les clans de la lune alphane
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1964
Traduction : F. Truchaud
Edition : J’ai lu
Première page de Les clans de la lune alphane
« Avant de pénétrer dans la salle du Conseil suprême, Gabriel Baines envoya au-devant de lui son simulacre cliquetant – fabrication manse – pour voir s’il ne risquait pas d’être attaqué. Le simulacre – construit avec ingéniosité pour ressembler à Baines en tous points – rendait de multiples services depuis qu’il avait été construit par le clan inventif des Manses, mais Baines l’utilisait uniquement pour son système de défense ; se défendre était sa seule conduite de vie, ce qui lui donnait le droit de faire partie de la communauté pare d’Adolfville, à l’extrémité nord de la lune…
Baines bien sûr était sorti d’Adolfville de nombreuses fois, mais il ne se sentait en sécurité – ou plutôt relativement en sécurité – qu’ici, à l’intérieur des murs épais de la ville pare. Ce qui prouvait que sa prétention à être un membre à part entière du clan pare n’était pas simulée, n’était pas un simple moyen qu’il avait imaginé pour avoir accès à n’importe quel endroit de la zone urbaine, dont la plupart des constructions étaient solides, robustes et prévues pour durer longtemps. »
Extrait de : P. K. Dick. « Les clans de la lune alphane. »