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Lettres de l’Atlantide par R. Silverberg
Fiche de Lettres de l’Atlantide
Titre : Lettres de l’Atlantide
Auteur : R. Silverberg
Date de parution : 1990
Traduction : F. Lasaygues
Editeur : J’ai lu
Première page de Lettres de l’Atlantide
« Le Prince dort maintenant. Sans doute est-il en train de rêver de l’île verte et dorée d’Athilan, de ses palais de marbre, de ses temples étincelants. C’est à son insu que j’ai emprunté son corps – son robuste bras droit – afin de pouvoir écrire cette lettre.
Voici :
D’un endroit que je suppose être la Bretagne ou la Normandie, en cette soirée que je crois être celle du Noël de l’an 18.862 avant J.-C., bien le bonjour ma chère Lora, et joyeuses Fêtes !
(Est-ce que ce mot arrivera jusqu’à toi, au cœur de cette froide terre orientale qui portera un jour le nom de Pologne ou de Russie ? Moins d’une chance sur deux, j’imagine, et cela bien que nous nous trouvions tous deux dans la même année préhistorique. Car tout un continent nous sépare. Avec les moyens de transport qu’on a ici, autant dire que nous sommes dans des mondes différents. Je ferai en sorte que le Prince glisse cette lettre dans la valise diplomatique qui part la semaine prochaine. »
Extrait de : R. Silverberg. « Lettres de l’Atlantide. »
Les chants de l’été par R. Silverberg
Fiche de Les chants de l’été
Titre : Les chants de l’été
Auteur : R. SIlverberg
Date de parution : 1979
Traduction : I. Tate
Editeur : J’ai lu
Sommaire de Les chants de l’été
- Les chants de l’été
- L’éternité et après
- Double défi
- Le dernier poète
- Comme un frère
- A la croisée des chemins
- La digue
- La nuit du feu
- L’épouse 91
- Nous savons qui nous sommes
- Sauve qui peut !
- A Pelpel, tout est bon pour passer le temps
Première page de Les chants de l’été
« KENNON
Je me rendais à la Sérénade où je comptais bien rappeler à Corilann que le temps était venu pour elle de tenir sa promesse. Je traversais le grand pré quand l’homme surgit devant moi, le dénommé Chester Dugan. Pour ce que j’en vis, il me sembla qu’il tombait du ciel.
L’espace de quelques instants, il chancela dangereusement. Interdit, je l’observais. Naturellement, je me demandais d’où il sortait et ce qu’il était venu faire. Petit, la silhouette grasse et flasque, il avait le visage sillonné de rides et le menton hérissé. Je l’ai dit, j’étais impatient d’arriver à la Sérénade, aussi poursuivis-je ma route sans plus m’occuper de lui. À ce moment, il perdit l’équilibre pour de bon et se retrouva par terre. Il me héla aussitôt. Il s’exprimait dans une langue barbare et vulgaire très éloignée de la nôtre. »
Extrait de : R. Silverberg. « Les chants de l’été. »
Les ailes de la nuit par R. Silverberg
Fiche de Les ailes de la nuit
Titre : Les ailes de la nuit
Auteur : R. SIlverberg
Date de parution : 1969
Traduction : M. Deutsch
Editeur : J’ai lu
Première page de Les ailes de la nuit
« La cité de Roum est édifiée sur sept collines. On dit qu’elle fut une capitale de l’homme dans un cycle antérieur. Cela, je l’ignorais car c’était à la confrérie des Guetteurs, pas à celle des Souvenants, que j’appartenais ; mais en arrivant au crépuscule, venant du sud, quand la ville m’était apparue pour la première fois, j’avais immédiatement vu que son importance avait dû être grande. C’était encore une puissante cité peuplée de milliers d’âmes.
Ses tours anguleuses se découpaient à l’emporte-pièce sur le ciel assombri. Le flamboiement des lumières était somptueux. A ma gauche, le soleil à son déclin embrasait splendidement le firmament. Des oriflammes d’azur, de violet, d’écarlate se déployaient, s’enchevêtraient dans leur danse nocturne, annonciatrice des ténèbres. A droite, l’obscurité s’était déjà installée. Ce fut en vain que j’essayai de distinguer les sept collines. Pourtant, je savais que c’était bien là cette Roum en majesté où mènent toutes les routes et j’éprouvais un profond et respectueux émerveillement à la vue des œuvres de nos aïeux. »
Extrait de : R. Silverberg. « Les ailes de la nuit. »
Le chemin de l’espace par R. Silverberg
Fiche de Le chemin de l’espace
Titre : Le chemin de l’espace
Auteur : R. SIlverberg
Date de parution : 1967
Traduction : M. Demuth
Editeur : J’ai lu
Première page de Le chemin de l’espace
« LE FEU BLEU
Le chaos menaçait la Terre mais peu importait à l’homme qui se trouvait dans la Chambre du Néant.
Dix milliards de personnes – ou bien était-ce maintenant douze milliards ? – se battaient pour une place au soleil. Des buildings montaient vers le ciel comme autant de pousses de haricots. Les Martiens raillaient. Les Vénusiens crachaient. Des cultes extravagants prospéraient et, dans un millier de cellules, les Vorsters se prosternaient devant leur diabolique lueur bleue. Rien de tout cela, pour le moment, n’intéressait Reynolds Kirby. Il était hors du circuit. C’était lui l’homme qui se trouvait dans la Chambre du Néant.
Le lieu de son repos se situait à douze cents mètres au-dessus des eaux bleues de la mer des Caraïbes, dans son appartement du centième étage, à Tortola, dans les îles Vierges. Il fallait bien se reposer quelque part. Kirby, en tant que haut fonctionnaire de l’O.N.U., avait droit à la chaleur et au sommeil paisible, et une part substantielle de son salaire passait à payer les frais de sa retraite. »
Extrait de : R. Silverberg. « Le chemin de l’espace. »
Le grand silence par R. Silverberg
Fiche de Le grand silence
Titre : Le grand silence
Auteur : R. Silverberg
Date de parution : 1998
Traduction : B. Sigaud
Editeur : J’ai lu
Première page de Le grand silence
« DANS SEPT ANS D’ICI
Carmichael était peut-être la seule personne à l’ouest des Rocheuses à ne pas savoir ce qui se passait. Ce qui se passait ? La fin du monde, plus ou moins.
Mais Carmichael – Myron de son prénom, même si tout un chacun l’appelait Mike – était resté quelque temps absent : il s’était octroyé une semaine d’exquise solitude et de rééquilibrage mental dans le morne et somptueux désert qu’était la partie nord-ouest du Nouveau-Mexique et n’avait pas suivi l’actualité de près.
En ce limpide et vivifiant matin d’automne, bien avant l’aube, il avait décollé d’une piste rurale cabossée aux commandes de son petit Cessna 104-FG et mis cap à l’ouest pour rentrer chez lui. Il avait été furieusement secoué sur tout le parcours ; soufflant du centre du continent, un vent féroce chahutait l’avion dans tous les sens, lui assenant des claques redoutables pratiquement depuis le décollage. »
Extrait de : R. Silverberg. « Le grand silence. »
L’homme stochastique par R. Silverberg
Fiche de L’homme stochastique
Titre : L’homme stochastique
Auteur : R. Silverberg
Date de parution : 1975
Traduction : R. Lathière
Editeur : J’ai lu
Première page de L’homme stochastique
« Nous venons au monde par accident pour figurer dans un univers qui résulte du pur hasard. Nos vies sont déterminées par des combinaisons de gènes entièrement fortuites. Tout ce qui arrive n’est que le produit du hasard. Les concepts de cause et d’effet sont trompeurs. Il n’y a là que causes apparentes conduisant à des effets apparents. Comme rien ne procède de rien, nous nageons chaque jour dans un océan de chaos. Rien ne saurait être prévisible, pas même les événements de l’instant qui va suivre.
Partagez-vous ce point de vue ?
Si oui, je vous plains, car votre existence doit être bien sombre et bien terrifiante.
Il fut un temps, je crois, où j’ai admis quelque chose d’analogue. J’atteignais alors mes seize ans et le monde me semblait hostile, incompréhensible. Oui, j’ai cru que l’univers était comme un gigantesque jeu de dés, sans but ni schéma rigoureux, dans lequel nous autres, pauvres mortels, faisions intervenir la réconfortante notion de causalité à seule fin de préserver notre raison si fragile. »
Extrait de : R. Silverberg. « L’homme stochastique. »
Horizons lointains par R. Silverberg
Fiche de Horizons lointains
Titre : Horizons lointains
Auteur : R. Silverberg
Date de parution : 1999
Traduction : N. Richard, F. Vidonne, J.-P. Roblain, J.-P. Pugi, G. Abadia, M. Thirioux, B. Emerich, M.-C. Caillava, S. Hilling, G. Duchesnes
Editeur : J’ai lu
Sommaire de Horizons lointains
- Old music et les femmes esclaves par U. Le Guin
- Une guerre à part par J. Haldeman
- Le conseiller financier par O. Scott Card
- Tentation par D. Brin
- A la rencontre du dragon par R. Silverberg
- Les orphelins de l’hélice par D. Simmons
- Méfiez-vous du chien qui dort … par N. Kress
- L’enfant éternel par F. Pohl
- Une soif d’infini par G. Benford
- Le vaisseau qui rentrait à sa base par A. McCaffrey
- Le chemin de tous les fantômes par G. Bear
Première page d’A la rencontre du dragon
« J’arrivai au théâtre à neuf heures ce matin-là, une demi-heure avant l’heure fixée, car je ne savais que trop bien à quel point le Caesar Demetrius pouvait se montrer cruel envers ceux qui oubliaient d’être ponctuels. Mais le Caesar, semblait-il, était arrivé encore plus tôt. Je trouvai Labienus, son garde personnel et compagnon de beuverie favori, qui traînait devant l’entrée du théâtre. En me voyant approcher, il me lança un sourire narquois et dit :
— Qu’est-ce que tu fabriques ? Caesar t’attend.
— J’ai une demi-heure d’avance, répondis-je d’un ton aigre-doux.
Inutile de faire preuve de tact avec des individus comme ce Labienus, ou plutôt Polycrates, ainsi que je devrais l’appeler maintenant que Caesar nous a donné à tous de nouveaux noms grecs. »
Extrait de : R. Silverberg. « Horizons lointains. »
Mon nom est Titan par R. Silverberg
Fiche de Mon nom est Titan
Titre : Mon nom est Titan 1987-1996 (Tome 4 sur 4 – Nouvelles au fil du temps)
Auteur : R. Silverberg
Date de parution : 2006
Traduction : J. et J.-M. Chambon, F. Lasaygues, L. Le Maire, J. Martinache, H. Collon, L. Evrard, J.-P. Pugi, T. Bauduret, P.-P. Durastanti
Editeur : J’ai lu
Sommaire de Mon nom est Titan
- La maison en os
- Le regard du mort
- Chip runner
- Vers la terre promise
- La solution d’Asenion
- Le sommeil et l’oubli
- Entre un soldat, puis un autre
- Voués aux ténèbres
- Tombouctou à l’heure du lion
- Rien ne sert de courir
- La zone des clones
- Chasseurs en forêt
- Longue nuit de veille au temple
- Va et vient
- Jouvence
- La route de Spectre City
- Ce rouge éclat est le matin
- Jusqu’à ce que la mort nous sépare
- Carnets d’Henry James, récit de l’invasion martienne
- La venue de l’empire
- Le deuxième bouclier
- Diane aux cent seins
- Mon nom est Titant
Première page de La maison en os
« Après le repas du soir Paul se met à frapper sur son tambour et à psalmodier entre ses dents, bientôt accompagné par Marty qui a aussitôt pris le rythme. Et tous deux se lancent dans l’épisode de l’épopée tribale auquel nous allons avoir droit ce soir, comme c’est le cas tous les soirs, tôt ou tard.
Tout cela a l’air très dramatique mais je n’y comprends strictement rien. Ils chantent leur épopée dans cette langue religieuse que je n’ai jamais été autorisé à apprendre. Elle présente avec la langue de tous les jours le même rapport que celui qui existe, je suppose, entre le latin et le français ou l’espagnol. Mais c’est un langage privé, sacré, à usage interne. Pas pour les gens comme moi.
« Allez, raconte, mec ! braille B.J.
— Envoie la sauce ! » crie Danny.
Paul et Marty commencent à s’échauffer. Puis un souffle d’air glacé siffle à travers la maison tandis que le rabat en peau de renne qui masque l’entrée se soulève, livrant passage à Zeus. »
Extrait de : R. Silverberg. « Nouvelles au fil du temps – Mon nom est Titan. »
Les jeux du Capricorne par R. Silverberg
Fiche de Les jeux du Capricorne
Titre : Les jeux du Capricorne 1971-1981 (Tome 2 sur 4 – Nouvelles au fil du temps)
Auteur : R. Silverberg
Date de parution : 1986
Traduction : J. Chambon, P.-P. Durastanti
Editeur : J’ai lu
Sommaire de Les jeux du Capricorne
- Jeux de Capricorne
- Le dibbouk de Mazel Tov IV
- Trips
- Schwartz et les galaxies
- Des mondes à profusion
- Bonnes nouvelles du Vatican
- Le collectif
- La fête de saint Dionysos
- Bon pour le service des organes
- (Moi + n, Moi – n)
- Caliban
- Traverser la ville
- Breckenridge et le continuum
- La maison des doubles esprits
- Le panthéon de la science fiction
- Le vent et la pluie
- Une mer de visages
- Ce qu’il y avait dans le journal de ce matin
- Nef ma soeur, étoile ma soeur
- Quand on est allés voir la fin du monde
- Pousser ou grandir
- Notes sur l’ère prédynastique
- Dans les crocs de l’entropie
- Manuscrit trouvé dans une machine temporelle abandonnée
- La saison des mutants
- La route morte
- Notre-Dame des Sauropodes
- En attendant le cataclysme
- Les habitués
- L’apogée de la courbe en cloche
Première page de Jeux de Capricorne
« Nikki pénétra dans le champ conique de la douche à ultrasons et se mit à se trémousser sous le pommeau inaudible de l’appareil, de façon que le jet puisse mieux débarrasser sa peau de sa pellicule d’impuretés : fragments d’épiderme mort, gouttelettes de sueur séchée, touches de parfums de la veille et autres résidus. Trois minutes après, elle ressortit propre, bourrée de vitalité, prête pour la réception. Elle programma la tenue qu’elle comptait porter pour cette soirée : cothurnes verts, légère tunique de voile jaune citron, cape orange douce comme un manteau de palourde, et rien dessous à part Nikki – une Nikki toute douce, resplendissante, satinée. Une Nikki au corps frais et dispos. C’était une soirée en son honneur, même si elle était la seule à le savoir. Son anniversaire tombait aujourd’hui, 7 janvier 1999, vingt-quatre ans, aucun signe de déchéance physique. »
Extrait de : R. Silverberg. « Nouvelles au fil du temps – Les jeux du Capricorne. »