Étiquette : Le livre de poche

 

Jusqu’aux portes de la vie par R. Silverberg

Fiche de Jusqu’aux portes de la vie

Titre : Jusqu’aux portes de la vie (Tome 2 sur 2 – Gilgamesh)
Auteur : R. Silverberg
Date de parution : 1989
Traduction : N. Zimmermann
Editeur : Le livre de poche

Première page de Jusqu’aux portes de la vie

« Un éclair vert et déchiqueté dansa sur l’horizon tandis que le vent d’est fendait l’air comme une lame, arrachant à la terre plate des nuages de poussière d’un brun grisâtre. Gilgamesh eut un large sourire. Par Enlil, ça, c’était un coup de vent ! Un vent à tuer un lion, un vent qui asséchait l’air et le faisait crépiter. La chasse aux bêtes sauvages vous donnait tant de joie lorsque le vent soufflait ainsi, vif, rude et cruel.
Il plissa les yeux et fouilla le lointain, en quête de sa proie du jour. Son arc de divers bois précieux, cet arc que nul autre que lui n’était capable de bander – nul autre que lui, et Enkidou, son ami tant aimé et par trois fois perdu – pendait mollement au bout de son bras. Il tenait son corps prêt, tendu. Allons, bêtes, venez ! Venez vous faire tuer. C’est à Gilgamesh, roi d’Ourouk, que vous allez vous opposer en ce jour ! »

Extrait de : R. Silverberg. « Gilgamesh – Jusqu’aux portes de la vie. »

Les temps parallèles par R. Silverberg

Fiche de Les temps parallèles

Titre : Les temps parallèles (Tome 2 sur 2 – Fugues dans le temps)
Auteur : R. Silverberg
Date de parution : 1969
Traduction : H.-L. Planchet
Editeur : Le livre de poche

Première page de Les temps parallèles

« Sam le gourou était Noir, et ses ancêtres avaient été des esclaves – et avant cela, des rois. Je me demandais ce qu’avaient été les miens. Des générations de paysans couverts de sueur, et qui mouraient de fatigue ? Ou des conspirateurs, des rebelles, de grands séducteurs, des hommes d’armes, des voleurs, des traîtres, des souteneurs, des ducs, des érudits, des prêtres défroqués, des traducteurs du gète et du toske, des courtisans, des marchands d’ivoireries d’occasion, d’habiles cuisiniers, des maîtres d’hôtel, des agents de change, des burineurs ? Tous ces gens que je n’avais pas connus et que je ne connaîtrais jamais, dont je porte le sang, la lymphe et les gènes… je voulais les connaître. Je ne pouvais pas supporter l’idée d’être séparé de mon propre passé. Je désirais ardemment garder mon passé avec moi, comme une coquille portée sur mon dos, et dans laquelle je pourrais m’enfoncer quand viendraient les saisons sèches.

— Alors, tu n’as qu’à chevaucher le puissant souffle du temps, dit Sam le gourou.

J’ai suivi son conseil. C’est comme ça que j’en suis venu à travailler dans le Service Temporel. »

Extrait de : R. Silverberg. « Fugues dans le temps – Les temps parallèles. »

Rock machine par N. Spinrad

Fiche de Rock machine

Titre : Rock machine
Auteur : N. Spinrad
Date de parution : 1987
Traduction : I. Delord-Philippe
Editeur : Le livre de poche

Première page de Rock machine

« LA GRAND-MÈRE TERRIBLE DU ROCK & ROLL

Glorianna O’Toole avait connu des temps de vaches grasses et des temps de vaches maigres.
Aux sommets épisodiques de sa longue carrière, elle avait ouvert la voie à des artistes tels que Pearl le Jefferson Airplane et Bruce Springsteen, et elle avait même sorti deux albums solo de son cru, même si l’un et l’autre avaient été à une année-lumière de décrocher un disque d’or.
Dans les moments creux de son karma, elle en avait été réduite à vendre de l’acide à Haight Ashbury, était restée accrochée aux amphétamines pendant deux ans, et s’était résignée à chanter en voix off dans des publicités télévisées bas de gamme. »

Extrait de : N. Spinrad. « Rock Machine. »

L’enfant de la fortune par N. Spinrad

Fiche de L’enfant de la fortune

Titre : L’enfant de la fortune
Auteur : N. Spinrad
Date de parution : 1985
Traduction : G. Abadia
Editeur : Le livre de poche

Première page de L’enfant de la fortune

« C’est ainsi qu’après moult storias racontant l’aventure éternelle dans ses multiples incarnations temporelles et extratemporelles, je me résous enfin ici à exposer l’histoire de mon propre wanderjahr telle qu’elle demeure ancrée au plus profond des souvenirs de mon cœur. Rétameurs, enfants de la route, samouraïs sans maître, troubadours, hippies, Roms, Archies, ermites zen et cow-boys, d’innombrables avatars du bohémien archétype ont suivi la Route pavée de briques jaunes qui serpente éternellement à travers l’espace et le temps depuis les villages et les forêts les plus reculés de la Terre préhistorique jusqu’aux San Francisco et Samarkand de l’histoire mythique, via les premières multiarches qui affrontèrent les océans stellaires à une vitesse désespérément infra-luminique, jusqu’aux cités célestes des mondes les plus reculés. Les chanteurs passent, et les avatars aussi, mais la chanson  »

Extrait de : N. Spinrad. « L’enfant de la fortune. »

T’es une sorcière, maman ? par Gudule

Fiche de T’es une sorcière, maman ?

Titre : T’es une sorcière, maman ?
Auteur : A. « Gudule » Liger-Belair
Date de parution : 1999
Editeur : Le livre de poche

Première page de T’es une sorcière, maman ?

« Un énorme canapé dans un tout petit appartement

Il se passe quelque chose de pas normal à la maison, j’en suis sûr maintenant. Quelque chose de pas normal et de TERRIBLE !
C’est le soir de Noël que ça a commencé. Quand maman a acheté cet énorme canapé, et que je suis resté toute la soirée assis dessus, à regarder clignoter le sapin, les larmes aux yeux. Papa nous avait quittés la veille, après une grosse dispute. Et sans même me dire au revoir. D’ailleurs, je ne l’avais pas vu partir…
— Heureusement qu’on a un joli canapé pour se consoler, hein, Jérôme ! répétait sans arrêt maman.
Et moi, je répondais  : « Oui, m’man », en reniflant. Mais, en réalité, je m’en fichais pas mal. J’aurais préféré être assis par terre, et que papa soit là.
J’ai déballé mes cadeaux sans entrain. Il n’y en avait pas beaucoup, parce que mes parents ne sont pas très riches. Nous vivons tous les trois – enfin, tous les deux, maintenant, puisque papa n’est pas revenu – dans un minuscule  »

Extrait de : Gudule. « T’es une sorcière, maman ?. »

La mort blanche par F. Herbert

Fiche de La mort blanche

Titre : La mort blanche
Auteur : F. Herbert
Date de parution : 1982
Traduction : J. Polanis
Editeur : Le livre de poche

Première page de La mort blanche

« C’ÉTAIT une Ford anglaise ordinaire, un modèle économique de couleur grise, avec conduite à droite comme il est d’usage en Irlande. John Roe O’Neill se rappellerait par la suite le bras droit du conducteur en chandail brun, accoudé à la vitre ouverte dans la lumière que filtraient les nuages sur Dublin cet après-midi-là. Un noyau de souvenir cauchemardeux qui excluait tout le reste de la scène; il n’y avait que la voiture et ce bras.

Plusieurs autres témoins survivants décrivirent une déchirure dans l’aile avant gauche de la Ford, quelque peu froissée. La déchirure avait commencé à rouiller.

Dans son lit d’hôpital, une femme précisait : «Les bords de la tôle étaient déchiquetés, et je me suis dit que quelqu’un risquait de se couper en la frôlant. »

Extrait de : F. Herbert. « La mort blanche. »

L’homme de deux mondes par F. Herbert et B. Herbert

Fiche de L’homme de deux mondes

Titre : L’homme de deux mondes
Auteur : F. Herbert et B. Herbert
Date de parution : 1986
Traduction : G. Abadia
Editeur : Le livre de poche

Première page de L’homme de deux mondes

« Ryll ne ressentit aucune douleur en se réveillant. Il n’avait aucun souvenir de la collision. Son esprit cherchait avec difficulté à appréhender la réalité. Quelle était cette étrange surface qu’il sentait sous lui ?
Je suis sur le pont d’un Explorateur, se dit-il.
C’était une matière glissante, imbibée d’un liquide visqueux. Quelque chose qui imitait la gravité l’y retenait plaqué. Ses sens drènes suggéraient qu’il était pris dans un mouvement de rotation erratique, mais il n’y avait pas que cela. Les forces de gravitation d’une planète aussi, peut-être ; mais il n’arrivait pas à comprendre pourquoi il reprenait conscience de cette manière-là, les yeux tournés sur leur pivot vers les ténèbres intérieures. »

Extrait de: F. et B. Herbert « L’Homme de deux mondes. »

Dosadi par F. Herbert

Fiche de Dosadi

Titre : Dosadi (Tome 2 sur 2 – Cycle des saboteurs)
Auteur : F. Herbert
Date de parution : 1977
Traduction : G. Abadia
Editeur : Le livre de poche

Première page de Dosadi

« Quand, pour la première fois dans l’histoire de la Co-sentience, les Calibans nous envoyèrent une de leurs « boules » métalliques géantes et, par ce moyen de communication, se déclarèrent disposés à nous laisser utiliser les « couloirs » qui rendaient d’un seul coup aisés les voyages interstellaires, beaucoup de Co-sentients se mirent à exploiter subrepticement pour leurs propres fins douteuses ce présent tombé des étoiles. Ni le « Gouvernement fantôme » ni certains Gowachins n’avaient manqué de mesurer la portée de ce qui aujourd’hui paraît une évidence : le transport instantané à travers l’espace infini fait appel à des forces du même coup capables d’isoler artificiellement la population d’une planète entière.
Cette constatation préalable à l’Opération Dosadi se situe bien longtemps avant que Jorj X. McKie, Saboteur Extraordinaire, ait révélé que les étoiles visibles de notre univers étaient, sinon des Calibans, du moins les manifestations de Calibans dans notre espace co-sentient. (Consulter à ce sujet L’Étoile et le Fouet, compte rendu à peine romancé de la découverte faite par McKie.) »

Extrait de : F. Herbert. « Cycle des saboteurs – Dosadi. »

L’étoile et le fouet par F. Herbert

Fiche de L’étoile et le fouet

Titre : L’étoile et le fouet (Tome 1 sur 2 – Cycle des saboteurs)
Auteur : F. Herbert
Date de parution : 1970
Traduction : G. Abadia
Editeur : Le livre de poche

Première page de L’étoile et le fouet

« Il s’appelait Furuneo, Alichino Furuneo. Il se répétait cela pendant que le véhicule entrait dans la ville où il venait effectuer son appel longue-distance. Il était plus prudent de raffermir son ego avant un appel de ce genre. À soixante-six ans, Furuneo avait déjà eu connaissance de nombreux cas de perte d’identité consécutive à la plythotranse qui accompagne les communications entre systèmes stellaires. Beaucoup plus que le coût de l’opération et l’impression nauséabonde laissée par le contact d’un émetteur taprisiote, c’était cet élément d’incertitude qui maintenait le nombre des appels à un niveau peu élevé. Malheureusement, Furuneo ne pouvait déléguer à personne le soin de contacter pour lui Jorj X. McKie, Saboteur Extraordinaire.
Il était 8 h 08 temps local à l’endroit ou il se trouvait sur la planète dénommée Cordialité du système Sfich.
« J’ai l’impression que ça ne va pas être facile », murmura-t-il plus pour lui-même que pour les deux réquisiteurs qu’il avait amenés pour préserver sa tranquillité. »

Extrait de : F. Herbert. « Cycle des saboteurs – L’Etoile et le Fouet. »

Le facteur ascension par F. Herbert et B. Ransom

Fiche de Le facteur ascension

Titre : Le facteur ascension (Tome 4 sur 4 – Programme conscience)
Auteur : F. Herbert et B. Ransom
Date de parution : 1988
Traduction : G. Abadia
Editeur : Le livre de poche

Première page de Le facteur ascension

« Jephtha Twain endura pendant trois jours les souffrances les plus raffinées, ce qui était le but recherché. Les hommes de main du Syndicat des Guerriers étaient des professionnels. S’il tournait de l’œil, il leur faisait tout simplement perdre leur temps. Durant les trois jours qu’il passa entre leurs mains, il ne perdit pas connaissance une seule fois. Ils avaient su dès le début qu’ils n’arriveraient à rien avec lui. Le reste de ses souffrances était le prix qu’on lui faisait payer pour tout le temps perdu. Quand ils eurent enfin fini de le tourmenter, ils le suspendirent à un crochet à viande, comme il savait qu’ils finiraient par le faire, au bord de la falaise d’obsidienne qui bordait les Hautes Marches. Souvent, les éléments subversifs étaient ainsi exposés, à demi morts, à la vue de la colonie pour servir de leçon, bien que la teneur de cette leçon n’eût jamais été très claire. »

Extrait de : F. Herbert et B. Ransom. « Programme conscience – Le facteur ascension. »