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Le serment de feu par Serge Brussolo

Fiche de Le serment de feu

Titre : Le serment de feu (Tome 2 sur 2 – Almoha)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2012
Editeur : Milady

Première page de Le serment de feu

« De toute évidence, les choses tournaient à la catastrophe ! Nath, qui s’était confortablement installé sur la couchette du vaisseau spatial, venait d’être réveillé par le meuglement d’une sirène d’alarme.

Il se dressa, hagard, ne sachant plus où il se trouvait.

— Cher passager, répéta la voix enregistrée sortant du haut-parleur, une panne du circuit de refroidissement du réacteur droit nous oblige à faire demi-tour. Nous sommes conscients du désagrément causé par ce contretemps, mais il est de notre devoir de veiller à votre sécurité.

Nath se releva d’un bond et courut vers l’un des hublots de la cabine. Il n’avait aucune envie de retourner sur Almoha ! Quand il avait fermé les yeux, deux heures plus tôt, c’était avec la conviction d’être en route pour la Terre, et voilà que tout allait de travers. À cause d’une quelconque avarie, on le renvoyait à la case départ. Il écumait de rage et de déception. »

Extrait de : S. Brussolo. « Almoha – Le serment de feu. »

La muraille interdite par Serge Brussolo

Fiche de La muraille interdite

Titre : La muraille interdite (Tome 1 sur 2 – Almoha)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2012
Editeur : Milady

Première page de La muraille interdite

« Dans quelques minutes, ce serait l’assaut final, Nath n’en doutait plus. Depuis la veille, les lézards géants jaillissaient de toutes parts, comme s’ils avaient décidé d’en finir avec les survivants du minuscule campement érigé à la pointe de l’îlot. C’étaient des bêtes aplaties, à museau court, mais dont la gueule débordait de crocs, et qui mesuraient six mètres de long.

Nath avait monté la garde devant la hutte toute la nuit, jusqu’aux limites de sa résistance, puis s’était effondré, vaincu par le sommeil, sans même s’en rendre compte.

À présent, les lézards les encerclaient, Nioucha et lui. Ils sortaient en rampant de l’océan de boue pour se diriger vers la dernière cabane habitée du campement, la seule à contenir encore de la chair humaine vivante, cette chair dont ils raffolaient.

— Hinn… Hinnn…, gémit Nioucha en s’agitant sur le matelas d’algues séchées. Hinn… Hinnn…

Elle ne savait exprimer son angoisse autrement que par des cris de bête. Dans sa tribu – les Têtes-Molles –, on utilisait rarement la parole. En ouvrant les yeux, Nath s’aperçut que la jeune femme s’était enduite de vase de la tête aux pieds, dans l’espoir de se confondre avec le paysage, de se rendre invisible, une pratique courante chez les gens de son clan. Courante et absurde, car les lézards ne se laissaient pas duper si facilement. »

Extrait de : S. Brussolo. « Almoha – La muraille interdite. »

Le jardin des guerriers 1 par Serge Brussolo

Fiche de Le jardin des guerriers 1

Titre : Le jardin des guerriers 1, l’arche (Tome 6 sur 6 – Agence 13)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2023
Editeur : I2N

Première page de Le jardin des guerriers 1

« Aujourd’hui encore, quand je pense à Zoey Walden, je suis forcée de constater que la responsabilité de ce qui a suivi lui incombe entièrement. Ce fut, parmi toutes mes aventures, l’une des plus bizarres. À tel point qu’elle revient parfois en rêve me hanter.
J’avais fait sa connaissance peu de temps après avoir appris que ma mère, non contente de n’être pas morte, s’était également servie de moi pour s’approprier le magot d’une tueuse en série, Savannah Warlock. Ces deux révélations m’avaient laissée assommée et plongée dans une apathie dont je ne parvenais pas à émerger.
Inquiet de me voir dans cet état, un ami me conseilla d’avoir recours aux services d’une psychologue en qui il affirmait avoir toute confiance. Bien qu’accordant peu de crédit à cette discipline, je me résolus à consulter cette fameuse Zoey Walden qui officiait à New York.
— Zoey habite l’East Village, m’expliqua mon copain. Un coin assez bohème. Au premier contact, c’est un peu déconcertant, l’immeuble n’a ni gardien ni portier. C’est un ancien atelier de cordonnerie spécialisé dans la chaussure de luxe. Il appartenait à son père. Zoey l’a divisé en logements locatifs. C’est là qu’elle donne ses consultations. Évidemment, le standing n’est pas celui de Park avenue. »

Extrait de : S. Brussolo. « Agence 13 : Le jardin des guerriers 1. »

Le manoir de l’écureuil 2 par Serge Brussolo

Fiche de Le manoir de l’écureuil 2

Titre : Le manoir de l’écureuil 2, le jardin d’hiver (Tome 5 sur 6 – Agence 13)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2017
Editeur : I2N

Première page de Le manoir de l’écureuil 2

« Tandis que le mystérieux hélicoptère s’éloignait, emportant les cadavres des Fils de la Hyènes, j’ai tourné les talons et entrepris de marcher en direction du manoir. Je n’avais pas la moindre idée de la conduite à suivre en ces circonstances très particulières. Gary et Benjamin Lovsson m’attendaient devant la grille, le visage soucieux. Le hummer était garé de travers sur le bas-côté, là où Ben s’était probablement arrêté lorsqu’avait surgi l’hélicoptère.
Gary n’a pas bougé d’un pouce, mais Lovsson s’est porté à ma rencontre.
— Bordel ! a-t-il lancé. Qu’est-ce qui s’est passé ? C’est quoi cet hélico sans immatriculation ? Les Martiens de la Zone 51 ?
En trois phrases je lui ai expliqué de quoi il retournait. Il est devenu blême.
— Un coup de Savannah ? a-t-il balbutié. Elle a massacré ces gosses ?
— Possible, ai-je soupiré, trop épuisée pour argumenter plus longtemps.
À pas lent, nous sommes revenus vers la grille d’entrée.
— Le plus sage serait peut-être de ficher le camp… a suggéré Benjamin. Au diable cette foutue baraque ! »

Extrait de : S. Brussolo. « Le manoir de l’écureuil – Agence 13. »

Le manoir de l’écureuil 1 par Serge Brussolo

Fiche de Le manoir de l’écureuil 1

Titre : Le manoir de l’écureuil 1, les fils de la hyène (Tome 5 sur 6 – Agence 13)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2017
Editeur : I2N

Première page de Le manoir de l’écureuil 1

« Tout a commencé lorsque mon lit, pris de démence, s’est mis à faire des bonds à travers la pièce, puis à glisser d’un mur à l’autre, ses montants de cuivre creusant des trous ici et là, écornant les meubles. Un cadre s’est détaché, a frôlé ma tempe pour rebondir sur mon épaule gauche qu’il a entaillée. J’ai repoussé l’édredon et tenté de poser le pied sur le sol, mais le parquet s’est dérobé sous mes orteils. C’était comme si j’essayais de descendre d’une auto tamponneuse zigzaguant en dépit du bon sens.
En réalité, j’affrontais une secousse sismique comme il s’en produit trois fois par semaine en Californie. Prises de folie, la commode et la table de chevet se poursuivaient au hasard des trémulations. Un craquement sourd a retenti, une crevasse venait de s’ouvrir au plafond, faisant pleuvoir sur ma tête une averse de plâtre. De tous les coins de la maison me parvenait le vacarme d’objets et de livres dégringolant des étagères.
Chaque fois, j’avais l’impression que le séisme ne finirait jamais alors qu’en réalité il excédait rarement deux minutes. Deux minutes interminables qui, dans un antique bungalow comme le mien, pouvaient occasionner des dommages irréparables. »

Extrait de : S. Brussolo. « Le manoir de l’écureuil 1 – Agence 13. »

Michelle Annabella Katz par Serge Brussolo

Fiche de Michelle Annabella Katz

Titre : Michelle Annabella Katz, premiers combats (Tome 4 sur 6 – Agence 13)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2017
Editeur : I2N

Première page de Michelle Annabella Katz

« Si tu dois enlever quelqu’un et le retenir prisonnier, m’expliquait souvent mon père, tu dois gérer la chose en bonne ménagère. Ne te contente pas de l’abandonner ficelé au fond d’un cagibi, tu t’exposerais à certains désagréments. Mieux vaut l’installer dans une baignoire, après lui avoir ôté son pantalon et ses sous-vêtements. De cette manière, il pourra se soulager sans problème au fil des heures en t’épargnant la corvée du nettoyage. Le jet de la douchette te permettra de faire disparaître ses déjections en un clin d’œil et sans trop de manipulations. Ce sont là de petits détails qui prennent leur importance lorsqu’un kidnapping se prolonge suite à des négociations difficiles. »
Il énonçait cela du ton qu’il aurait employé pour m’instruire de la recette de la tarte aux pommes. J’étais une gamine de onze ou douze ans, et Papa m’enseignait comment survivre en THH (territoire hautement hostile). Je croyais naïvement qu’il en allait de même pour toutes les filles de mon âge.
La cabane en bois qui jouxtait notre maison me tenait lieu de salle de classe. Elle sentait la sciure et le dissolvant qu’on utilise pour débarrasser les armes à feu des traces de poudre brûlée génératrices d’oxydation. J’aimais ces odeurs familières. Elles me rassuraient au même titre que celle des cahiers neufs. »

Extrait de : S. Brussolo. « Michelle Annabella Katz, Premiers combats – Agence 13. »

Le chat aux yeux jaunes par Serge Brussolo

Fiche de Le chat aux yeux jaunes

Titre : Le chat aux yeux jaunes (Tome 3 sur 6 – Agence 13)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2011
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le chat aux yeux jaunes

« Durant les mois qui suivirent l’affaire de la mine engloutie j’essayai de vivre normalement ; comme j’aurais dû le prévoir cet espoir me fut refusé, sans doute parce que le destin considérait qu’il était hors de question que je m’abandonne aux joies du train-train quotidien.

Me découvrant enceinte, j’avais vu là l’occasion rêvée de tourner définitivement le dos à l’existence que je menais bon gré mal gré depuis mon adolescence.

Je voulais oublier que mon père – terroriste recherché par le FBI – m’avait entraînée aux techniques de combat, de survie et de sabotage. Sa paranoïa et sa haine du « Système » lui dictaient qu’un tel bagage était indispensable à la formation d’une jeune fille moderne ; j’avais donc fait les frais d’une éducation où le maniement des armes de poing alternait avec des leçons du genre « comment fabriquer une bombe à partir de produits ménagers en vente dans les grandes surfaces ». Croyez-moi, un tel programme éducatif a de quoi faire de vous un individu quelque peu décalé par rapport aux comportements sociaux généralement admis. »

Extrait de : S. Brussolo. « Agence 13 – Le chat aux yeux jaunes. »

Ceux d’en bas par Serge Brussolo

Fiche de Ceux d’en bas

Titre : Ceux d’en bas (Tome 2 sur 6 – Agence 13)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2010
Editeur : Fleuve noir

Première page de Ceux d’en bas

« J’étais une fillette de douze ans quand mon père m’a cassé le nez au cours d’une simulation d’interrogatoire. Je ne lui en ai pas tenu rigueur, c’était la règle du jeu, et je l’avais acceptée. Cela commençait toujours de la même manière : nous nous isolions dans la cabane à outils du jardin, là, il m’ordonnait d’ôter mes vêtements à l’exception de ma petite culotte et de m’asseoir sur une chaise bancale, puis il me giflait ; ensuite venaient les coups de poing ou de ceinture. Le but de ces séances était de m’endurcir, de me préparer à tenir tête aux policiers qui s’évertueraient à me tirer les vers du nez.

— Un jour, répétait papa, les flics viendront te chercher. C’est inévitable, ils essayeront de te faire dire des choses à mon sujet. Où je suis parti, quelles sont mes habitudes, mes fréquentations… et ainsi de suite. Il faudra leur résister. Ce seront probablement des gars des services secrets, et ils ne reculeront devant rien. Si tu veux t’en sortir, il faudra jouer les gourdes, tu comprends ? Ne jamais t’affoler. La douleur, quand on n’y est pas préparé, vous amène vite à céder. C’est pour ça
qu’il faut l’apprivoiser, gifle après gifle. »

Extrait de : S. Brussolo. « Ceux d’en bas – Agence 13. »

Dortoir interdit par Serge Brussolo

Fiche de Dortoir interdit

Titre : Dortoir interdit (Tome 1 sur 6 – Agence 13)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2009
Editeur : Fleuve noir

Première page de Dortoir interdit

« Mon père était un criminel en fuite ; c’est du moins ainsi que ma mère m’a toujours présenté la chose. Les soirs où elle était en veine d’élan maternel elle m’expliquait, en chuchotant, que Daddy avait fait partie du Weather Underground. C’était l’un de ces weather men qui, à une époque lointaine, avait fait trembler le gouvernement des États-Unis en prônant la guerre civile. J’avais six ans. Ce Weather Underground levait dans mon imagination de gamine des images de tempêtes souterraines, d’ouragan dévastant les égouts d’une ville et faisant s’effondrer ses immeubles.

Mon père – j’ignore quel nom il portait alors – avait fui les USA deux secondes avant que le FBI ne lui mette la main au collet. À partir de là, il s’était fondu dans la nature sauvage, les déserts glacés, là où aucun agent fédéral n’aurait le cran de venir le chercher. Il fut aidé en cela par ses capacités physiques et un talent tout particulier : c’était un grimpeur hors pair, un alpiniste de première force. Pour survivre, il devint guide de haute montagne et s’en alla exercer son métier au bout du monde. Il se faisait payer fort cher pour traîner des hommes d’affaires japonais au sommet du Chimborazo, de l’Aconcagua, du Kibo, du Godwin Austen ou du Nanda Devi. »

Extrait de : S. Brussolo. « Dortoir interdit – Agence 13. »

La maison de l’aigle par Serge Brussolo

Fiche de La maison de l’aigle

Titre : La maison de l’aigle (Tome 2 sur 2 – 3 place de Byzance)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1994
Editeur : Gallimard

Première page de La maison de l’aigle

« Décembre 1938…
 
C’est alors qu’ils emménagèrent dans la maison de verre. Un atelier d’artiste au sommet d’un immeuble vermoulu du Quartier latin, une bâtisse du XVIe siècle, plantée de guingois au bord de la Seine, prête à basculer dans le fleuve, tels ces clochards ivres qui oscillent au ras des quais. Une maison étroite, bâtie en hauteur. Les marches de l’escalier, usées en leur milieu, avaient été rabotées par deux siècles d’allées et venues. Leur bois, poncé par les semelles, avait la finesse de la soie.
Au sixième étage se tenait l’atelier. Une cage vitrée où la lumière entrait à flots. Dès qu’elle en franchit le seuil, Judith fut assaillie par le vertige. C’était une maison de verre accrochée au bord du vide, une de ces bicoques qu’on voit parfois en haut des falaises, perchées en dépit du bon sens ; frôlant l’abîme. Abris précaires, on sait qu’elles basculeront au prochain éboulement, lorsque le calcaire de leur assise s’effritera sous le travail des marées. À l’intérieur de l’atelier, on n’était préservé de la chute dans le fleuve que par une mince couche de verre courant du sol au plafond. »

Extrait de : S. Brussolo. « 3 place de Byzance – La maison de l’aigle. »