Auteur/autrice : CH91

 

Guerre de rien par Jacques Barbéri

Fiche de Guerre de rien

Titre : Guerre de rien
Auteur : Jacques Barbéri
Date de parution : 1990
Editeur : Denoël

Première page de Guerre de rien

« Bor Durin se grattait distraitement le nez. Il n’était ni excité ni angoissé. Sentiments partagés par les autres occupants du wagon blindé. Ils savaient que la décision prise par le comité de Turing était sans appel.
Trente-trois heures auparavant, le long des coursives glacées du Q.G. de Cheebar, Guerre et Paix avait délivré ses conclusions : « L’Eurocentre ne peut plus rester étranger au conflit. Une attaque ennemie est imminente. »
« Mais quel ennemi ? » s’était écrié Durin en arrachant le dériveur synaptique qui calottait son crâne… « Nous ne sommes pas encore en guerre, nous ne pouvons pas avoir d’ennemi déclaré ! » Ernst Klarktung l’avait regardé d’un air débile. « Ça devait arriver », s’était-il contenté de dire. « Notre hideux bébé vient de piquer sa crise… comme tous les autres. »
Bor Durin avait recoiffé le dériveur synaptique : le froid cybernétique. »

Extrait de : J. Barbéri. « Guerre de rien. »

Le tueur venu du Centaure par Jacques Barbéri

Fiche de Le tueur venu du Centaure

Titre : Le tueur venu du Centaure (Tome 3 sur 3 – Narcose)
Auteur : Jacques Barbéri
Date de parution : 2013
Editeur : La Volte

Première page de Le tueur venu du Centaure

« — Ave, legatus Novalski !

Il se déroulait sous mon crâne quelque chose d’étrange que j’avais du mal à expliquer. La lumière oscillait entre le bleu et le jaune vif et je ne savais plus très bien si j’étais dans mon bureau ou dans une cabine de bateau. Je ne m’étais plus regardée dans un miroir depuis quelque temps mais j’avais la curieuse impression que si je tentais le coup, là, à l’instant, il se mettrait instantanément à fondre. Je me passai une main dans les cheveux et j’eus la désagréable sensation de caresser un ours à rebrousse-poil. Un verre de whisky aurait peut-être réussi à me remettre d’aplomb, mais, en bougeant légèrement la tête sur le côté, je constatai avec amertume que la bouteille qui gisait sur le bureau telle une tortue vitrifiée tendant inutilement le cou pour qu’on la redresse, était désespérément vide. Je fis tout de même plaisir à la tortue de verre. Mais cet acte insensé manqua me faire perdre conscience… Je n’avais même pas réussi à quitter mon bureau pour aller ronfler à l’étage. Ça m’arrivait de plus en plus souvent. Mais quand un client débarquait à l’improviste, c’était particulièrement gênant. »

Extrait de : J. Barbéri. « Le tueur venu du Centaure. »

Alain Le Bussy

Présentation de Alain Le Bussy :

Alain Le Bussy (1947-2010) est une figure marquante de la science-fiction francophone, salué pour sa prolifique production et son rôle d’animateur infatigable du milieu. Né à Liège le 18 mars 1947, il a cultivé dès son plus jeune âge une passion pour la science-fiction.

Après des études en sciences politiques et sociales, il travaille dans les ressources humaines, mais sa véritable vocation reste l’écriture. Il s’implique activement dans le fandom, participe à des conventions de science-fiction, et publie même son propre fanzine, Xuensè, qui connaîtra près de 60 numéros.

C’est toutefois à partir de 1992 que sa carrière d’écrivain prend son envol. Son roman Deltas, publié au Fleuve noir, reçoit le prestigieux prix Rosny aîné en 1993. Ce succès marque le début d’une période d’intense production, avec la publication de trois à quatre romans par an dans divers genres littéraires, allant du space opera au fantastique, en passant par le polar et la littérature d’aventure pour adolescents.

En 1999, il profite d’une option de pré-retraite pour se consacrer entièrement à sa passion. En plus du prix Rosny aîné, il est récompensé deux fois par le prix Septième Continent pour ses nouvelles « Les Lois du hasard » (1992) et « Craqueur » (1995). En 1995, il est également élu « Best European Author » à l’Eurocon de Glasgow, une reconnaissance de son influence au niveau européen.

Alain Le Bussy s’éteint le 15 octobre 2010, laissant derrière lui une œuvre abondante de plusieurs dizaines de romans et plus de 200 nouvelles. Ses amis du monde de la SF le surnommaient affectueusement « l’homme qui écrit plus vite que son ombre », un hommage à sa créativité et à sa productivité exceptionnelles.

Livres de Alain Le Bussy :

Aqualia :

  • Dilterre
  • Cercacier
  • Colocta
  • Chercheau
  • Doublell
  • Roulebéton
  • Plongemor
  • Deltas (1992)
  • Tremblemer (1993)
  • Carvile
  • Cielengin
  • Terregair
  • Envercoeur (1993)

Chatinika :

Équilibre :

Yorg :

Déraag (1993)
Garmalia (1994)
Jouvence (2007)
Nexus de feu (1998)
Nouvelles.net (????)
Piège vital (2009)
Quête impériale (1994)
Soleil fou (1995)
Ultima (2005)

Pour en savoir plus sur Alain Le Bussy :

La page Wikipédia sur A. Le Bussy
La page Noosfere sur A. Le Bussy
La page isfdb de A. Le Bussy

La mémoire du crime par Jacques Barbéri

Fiche de La mémoire du crime

Titre : La mémoire du crime (Tome 2 sur 3 – Narcose)
Auteur : Jacques Barbéri
Date de parution : 2013
Editeur : La Volte

Première page de La mémoire du crime

« L’écran-mouchoir n’avait pas plus de tenue qu’une méduse crevée ballottée par les vagues.

Harry Botkine frôla du doigt la télécommande mobile. L’écran se ratatina sur un petit PLOP ! bleuâtre qui dilata de façon désagréable ses pupilles fatiguées.

Cette baraque n’en finit plus de se déglinguer, pensa-t-il distraitement en se concoctant un Ramon-Ramirez.

Il avait du mal à saisir la dernière larve de dynaste qui traînait au fond de la vasque à amuse-gueule. Elle se trémoussait violemment, grasse et visqueuse. Botkine finit par la coincer entre le pouce et l’index.

« Tu n’as vraiment pas les qualités requises pour faire un bon animal de compagnie ! », lança-t-il en laissant choir la bestiole.

Elle gigota un instant au sein du liquide ambré – un tiers d’alcool de caviar, deux tiers de Sambra-Cruz – puis s’immobilisa au fond du verre.

La peau de la larve se déchira en libérant un liquide jaune qui se dilua à l’ensemble pour donner un cocktail doré du plus bel effet. »

Extrait de : J. Barbéri. « La mémoire du crime. »

Narcose par Jacques Barbéri

Fiche de Narcose

Titre : Narcose (Tome 1 sur 3 – Narcose)
Auteur : Jacques Barbéri
Date de parution : 2013
Editeur : La Volte

Première page de Narcose

« Le monstre dort.

Il a la taille d’un chaton, mais lorsqu’il déplie ses pattes et qu’il se redresse, il ressemble à un bébé girafe, le cou en moins et quelques pattes en plus.

Il a un poil cendré, magnifique, et des yeux en diamant noir plantés tout autour de son crâne, observatoire circulaire que rien ne peut tromper.

Son abdomen a la taille d’un œuf d’autruche.

Ses chélicères sont comme des canines de tigre, longues et incurvées.

Il s’appelle Aniel et Anton Orosco trouve que ce nom évoque bien toute la puissance carnassière qu’il dégage.

Quelques instants plus tôt, en pénétrant dans la chambre, Lisandra a jeté un regard circulaire.

— Sobre. Efficace. Esthétique.

S’est tournée vers Anton.

— Le reste de ton appartement a l’air plutôt gagné par l’entropie. Étonnant, non ?

Cette idée ne lui avait encore jamais effleuré l’esprit. Il a regardé les murs crème, la lampe constituée d’un simple néon blanc planté dans le sol. Le bar flottant, cube transparent, gros glaçon en verre abritant une armée de bioteilles soigneusement alignées. Le tatami bien étalé au centre de la pièce. »

Extrait de : J. Barbéri. « Narcose. »

Cosmos factory par Jacques Barbéri

Fiche de Cosmos factory

Titre : Cosmos factory (Tome 2 sur 2 – Le crépuscule des chimères)
Auteur : Jacques Barbéri
Date de parution : 2014
Editeur : La Volte

Première page de Cosmos factory

« Helena Whateley jouait entre les joncs avec sa fille. Les grenouilles bondissaient et ponctuaient les coassements des crapauds de minuscules explosions liquides. Claire avait huit ans et les marais étaient truffés de trous d’eau et d’étendues de vase aussi dangereuses que des sables mouvants. Mais Helena maîtrisait parfaitement son rêve et savait que rien ne pouvait lui arriver. Sur l’île voisine, Ron avait allumé un feu. Il était mort depuis plus de douze ans mais n’avait toujours pas son pareil pour cuire les truites à la braise. Comme dans tout rêve lucide, Helena savait que ce qu’elle vivait n’était qu’illusion, mais c’était le seul endroit où elle pouvait encore retrouver son mari. Sa mort l’avait anéantie mais le choc émotionnel avait éveillé un don qui ne demandait qu’à s’exprimer. Elle était maintenant capable de maîtriser ses rêves. Elle percevait également l’aura psychique d’un individu et pouvait explorer ses fantasmes, ses obsessions et ses idées fixes, les manipuler. »

Extrait de : J. Barbéri. « Cosmos Factory. »

Le crépuscule des chimères par Jacques Barbéri

Fiche de Le crépuscule des chimères

Titre : Le crépuscule des chimères (Tome 1 sur 2 – Le crépuscule des chimères)
Auteur : Jacques Barbéri
Date de parution : 2013
Editeur : La Volte

Première page de Le crépuscule des chimères

« L’éclair de la lame.

Anjel n’avait pas eu le temps d’identifier l’objet. Il avait juste vu un trait lumineux passer devant lui. Un filament incandescent qui s’étirait entre la main de son frère et la gorge de son père. Un pont de lumière qui avait enjambé la table du salon, un court moment d’éternité.

Il était resté pétrifié.

La gorge de son père s’était ouverte, comme une deuxième bouche privée de dents.

La bouche riait et le sang giclait. Les mains de son père, recroquevillées telles des serres, agrippaient les bords de la plaie, essayaient de colmater la brèche. Dérisoire tentative d’enrayer l’inéluctable venue de la mort qui ricanait en un gargouillis atroce.

Une main se posa sur son épaule.

« Vous devriez vous asseoir. »

Il leva la tête et aperçut un policier d’une quarantaine d’années, cheveux courts, fine moustache, yeux gris-bleu qui le poussait gentiment vers un fauteuil. Il s’y laissa choir mollement. »

Extrait de : J. Barbéri. « Le crépuscule des chimères. »

Labyrinth-Jungle par Oscar Valetti

Fiche de Labyrinth-Jungle

Titre : Labyrinth-Jungle
Auteur : Oscar Valetti
Date de parution : 1992
Editeur : Fleuve noir

Première page de Labyrinth-Jungle

« Il est temps que cesse cette sombre mascarade !
S’il est vrai que les condominiums sont superbes et profilent leurs corps élancés vers la haute atmosphère, fusées de pierre prêtes à crever la voûte céleste de leurs têtes lumineuses auréolées de cirro-cumulus, il n’en demeure pas moins que leurs pieds sont plantés dans la merde.
La Terre est un immense dépotoir radioactif et, pour les habitants des niveaux inférieurs, des strates souterraines, les discours fumeux sur l’étanchéité des tours prêteraient à sourire s’ils avaient tous à leur disposition une bouche pour le faire.
Nous sommes en train de créer un sous-peuple. Et si les premières strates regorgent de mutants, aucun cerveau aussi délirant soit-il ne peut décemment imaginer la grouillance organique qui peuple les niveaux inférieurs.
Quel humain encore présentable des strates supérieures oserait descendre en villégiature vers les premières strates ?
Cette situation est intolérable et le Gouvernement Central doit agir sans tarder en prenant des dispositions de première urgence :
•Distribution gratuite de gélules antirads.
•Intégration des mutants par la promulgation de lois et d’arrêtés inter-strates relatifs à leurs spécificités biologiques et parapsychologiques.
•Envoi de brigades spécialisées dans les niveaux inférieurs pour procéder à un état des lieux. »

Extrait de : O. Valetti. « Labyrinth-jungle. »

L’ombre et le fléau par Oscar Valetti

Fiche de L’ombre et le fléau

Titre : L’ombre et le fléau
Auteur : Oscar Valetti
Date de parution : 1992
Editeur : Fleuve noir

Première page de L’ombre et le fléau

« La plaine ruisselait.

Le sol, imbibé comme une éponge ne parvenait plus à absorber les pluies diluviennes que le ciel d’encre crachait depuis le début de l’automne. Les nuages étaient si denses qu’ils formaient comme un mur d’ardoise sombre, un mur menaçant et chargé de maléfices édifié au dessus d’Overmonde par une armée de démons.

Nous étions partis du château d’Akralinta sous un soleil de plomb mais, sans vouloir faire de jeu de mots, je n’étais pas très chaud à l’idée d’aller affronter l’armée du prince d’Ortolan ni les maléfices de son Maître des Rêves, Hyéronimus le Borgne. Mais je n’avais pas le choix.

Depuis la fin de mon adolescence, ma vie ne m’appartenait plus et aujourd’hui, alors que le danger déchirait le ciel en un grondement de tonnerre, elle m’appartenait moins encore. »

Extrait de : O. Valetti. « L’ombre et le fléau. »

Chair inconnue par Oscar Valetti

Fiche de Chair inconnue

Titre : Chair inconnue
Auteur : Oscar Valetti
Date de parution : 1993
Editeur : Fleuve noir

Première page de Chair inconnue

« Le caoutchouc brésilien des pneus du Boeing sourd et poudreux le tarmac de la piste 5. Le vol savant virage et s’immobilisa rapidement à quelques centaines de mètres des aires de stationnement. Dans la tour de contrôle, les aiguilleurs poussèrent un « ouf » de soulagement.
La carlingue bruissait d’une agitation fébrile.
Des Chinois déguisés en touristes avaient applaudi la dextérité du pilote, et se congratulaient maintenant avec force gestes d’être arrivés sains et saufs.
Un exploit avec un moteur en rade. De larges vomissures de kérosène et d’huile nappaient l’aile droite de l’appareil. Les Chinois y allaient tous de leurs commentaires alors que les hôtesses, après avoir rassuré les plus anxieux, indiquaient la procédure à suivre pour évacuer l’appareil.
Bande de nazes, murmura Norma Knight en détachant la ceinture bleue qui lui comprimait la poitrine.
Elle vit par le hublot trois camions de pompiers s’approcher, toutes sirènes hurlantes. Deux navettes-passerelles se dirigeaient également vers l’avion, lourd mégalithe de métal et d’électronique échoué en bout de piste. »

Extrait de : O. Valetti. « Chair inconnue. »