Auteur/autrice : CH91

 

Le Tell de la puissance par Daniel Piret

Fiche de Le Tell de la puissance

Titre : Le Tell de la puissance
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1975
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le Tell de la puissance

« Comment ai-je osé franchir le mur qui entoure la Cité ? Quelle invincible force me pousse à agir comme je le fais ? Le sang me bat les tempes ! J’ai chaud, horriblement chaud. Du revers du bras, tout en courant j’essuie la sueur qui coule en gros sillons sur mon front brûlant.
Ne pas m’arrêter surtout… ne pas m’arrêter !
Je n’ose pas jeter un regard en arrière. Je sais qu’ils sont là, implacables, que rien ne les arrêtera, qu’ils n’auront de cesse que lorsqu’ils m’auront rejoint et tué. Je voudrais hurler ma terreur, implorer leur pitié…
A quoi bon ?
Les Trann n’ont pas de cœur, ils ignorent la pitié. Ils accomplissent une mission, c’est tout. Leur rôle est de protéger la Cité, d’en éliminer tous les éléments nuisibles et je suis un élément nuisible !
Boire ! Boire ! Une horrible soif me dévore. Le soleil darde ses rayons. Je sais sans le voir, que, comme une araignée au centre de sa toile, celui qui hante le « temple » où jamais personne ne pénètre, attend. Qu’Il attend ma mort ! »

Extrait de : D. Piret. « Le Tell De La Puissance. »

Le rescapé de Gaurisankar par Daniel Piret

Fiche de Le rescapé de Gaurisankar

Titre : Le rescapé de Gaurisankar
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1976
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le rescapé de Gaurisankar

« — Votre histoire est insensée ! Qui voulez-vous qui puisse y prêter foi ?
— Pour la énième fois, je vous répète que tout ceci est vrai, horriblement vrai !
— Enfin, résumons les choses calmement, voulez-vous ? Vous prétendez que les dirigeants terriens, TOUS les dirigeants terriens sont les jouets de créatures venues d’on ne sait où et résidant, selon vous, dans des cavernes de l’Himalaya et qu’il a d’ailleurs été impossible de repérer.
— Je le prétends et je le maintiens.
— Bien ! Vous êtes le seul rescapé du terrible accident d’avion qui a eu lieu il y a maintenant six mois.
— Exactement et ceci appuie mes premières déclarations.
— J’avoue en effet que votre survie est inexplicable.
— Pas si ce que j’affirme est vrai ! Enfin, réfléchissez, comment aurais-je pu parcourir plus de cent cinquante kilomètres seul avec une jambe et un bras cassés ? Vous avez les radios en main. »

Extrait de : D. Piret. « Le Rescapé du Gaurisankar. »

Le onzième satellite par Daniel Piret

Fiche de Le onzième satellite

Titre : Le onzième satellite
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1975
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le onzième satellite

« La nuit était presque complètement tombée lorsque Lood sortit du Stadbuld.
La tête lui tournait et il dut s’accouder à la balustrade. Il passa longuement la main sur son front, comme pour tenter d’arracher l’invisible bandeau qui lui enserrait les tempes.
Incroyable ! C’était véritablement incroyable !
Il jeta un regard distrait sur la place qui précédait l’énorme bâtiment… le Stadbuld (un nom dérivé de l’ancien anglais State Building) l’immeuble des États ! Lood eut un petit rire involontaire. Pouvait-on encore appeler « états » ces pays ou vivotaient des populations plus misérables les unes que les autres ?
Les « états » étaient répartis sur les cinq continents distants les uns des autres de plusieurs milliers de kilomètres que l’on ne franchissait que rarement depuis la grande crise énergétique.
Cette pensée le ramena au présent. Il commença à descendre les marches de l’escalier de pierre, seule partie du bâtiment survivante des temps anciens où l’on utilisait encore ce matériau. Les Terriens étaient encore (par moments) traditionalistes et sentimentaux ! »

Extrait de : D. Piret. « Le onzième satellite. »

Le navire-planète par Daniel Piret

Fiche de Le navire-planète

Titre : Le navire-planète
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1978
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le navire-planète

« — Nous nous poserons bientôt sur Xiopa.
— Déjà trois mois que nous voyageons. Incroyable, n’est-ce pas, Naato ?
— Trois mois dont deux et demi en hibernation, cela n’a rien de réjouissant.
— Peut-être, mon amour, mais pendant ce temps-là on ne vieillit pas.
— Tu es bien une femme ! Avoue que tu as bien dû penser à moi un petit peu… dans tes rêves… que je t’ai manqué !
— Je ne me souviens pas avoir rêvé, dit la jeune femme en riant, mais, en tout cas, si j’ai rêvé, c’est sûrement de toi.
— Comme tu mens bien, chérie.
Naato déposa un baiser léger dans le cou de la jeune femme, lui enserrant la taille des deux mains. Il l’attira contre lui.
— Allons, Naato, sois sage, nous aurons tout le temps de penser à nous sur Xiopa. Il nous faut préparer les manœuvres, nous allons bientôt passer en vitesse proto-photonique, nous devons relayer l’ordinateur. »

Extrait de : D. Piret. « Le navire-planète. »

Le manuscrit par Daniel Piret

Fiche de Le manuscrit

Titre : Le manuscrit
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1976
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le manuscrit

« Le grand ordinateur directionnel avait interdit toute circulation aérienne et terrestre, mais seules les longues flèches brillantes des engins qui apportaient les délégués de toutes les nations terriennes trouaient la nuit.
Un lourd silence était tombé sur la planète. L’humanité était aux abois et rien ne semblait plus pouvoir la sauver. Pour la première fois, du moins pour cette humanité-ci, l’homme était opposé à des êtres intelligents totalement différents de lui et qui paraissaient provenir d’un univers hors de ses conceptions. Des êtres dont nul ne s’expliquait l’origine, les buts, des êtres impalpables et pourtant consistants et dont les pouvoirs et la puissance paraissaient sans limite.
Tout avait commencé deux mois auparavant, et les événements étaient si graves, que les hommes, oubliant, pour un temps, leurs querelles et leurs intérêts, pour faire face au danger commun, avaient décidé d’une réunion au sommet. »

Extrait de : D. Piret. « Le manuscrit. »

Le maître de Phallaté par Daniel Piret

Fiche de Le maître de Phallaté

Titre : Le maître de Phallaté
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le maître de Phallaté

« Il ne pouvait y avoir de vie organisée, à plus forte raison de formes intelligentes, sur un monde pareil ! C’est la réflexion que se faisait Jef Lator en posant le pied sur ce sol désolé. Et, pourtant, puisque le C.I.S.T. affirmait l’inverse ! Le C.I.S.T., autrement dit : « cerveau investigateur spatio-temporel », ne s’était jamais trompé… D’ailleurs, l’aurait-il pu ?
Jef avança de quelques pas. Sa combinaison le gênait ; il n’était plus guère habitué à une pesanteur normale et elle lui semblait lourde à porter. Il faut dire aussi qu’il y avait à peine une demi-heure terrestre qu’il avait émergé de cette espèce de cercueil transparent que les techniciens dénommaient pompeusement « chambre d’hibernation »… Chambre… tu parles ! Il s’étira longuement, fit jouer ses muscles, cligna plusieurs fois des yeux, poussa un bâillement sonore.
— Alors, cette analyse, ça vient ? grommela-t-il à l’intention de Sendra, une blonde vaporeuse, originaire d’Alsta, qui assumait les tâches de chimiste et de biologiste. »

Extrait de : D. Piret. « Le Maître de Phallaté. »

Le grand passage par Daniel Piret

Fiche de Le grand passage

Titre : Le grand passage
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1975
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le grand passage

« — De la neige, de la neige et de la glace à perte de vue ! Qu’est-ce que cela veut dire ?
L’exclamation de la jeune femme fut interrompue par un profond soupir sur sa droite. Quelques instants plus tard, un gémissement se faisait entendre sur sa gauche cette fois. Encore à demi étourdie, elle se releva, se dirigea vers les hublots en s’efforçant à se remettre les idées en place.
Comme les écrans télé-approche le lui avaient révélé, l’appareil se trouvait au milieu d’une plaine immense. Tout au fond, à l’horizon, il y avait comme une grande barrière circulaire, blanche elle aussi : de la glace recouverte de neige sans doute.
— Où sommes-nous ? Que nous est-il arrivé ?
Michael, capitaine du Trident, l’engin le plus perfectionné de la Confédération, se dressa sur son séant.
— Bon sang ! quel mal de crâne ! On dirait que tout va éclater là-dedans ! dit-il, se tenant la tête à deux mains. »

Extrait de : D. Piret. « Le grand passage. »

La parole par Daniel Piret

Fiche de La parole

Titre : La parole
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir

Première page de La parole

« Rabbi Eliazar Ben Mosche posa son front moite de sueur contre la pierre du mausolée de rabbi Siméon Bar Yochay. Il resta longtemps immobile puis se releva lentement et ses yeux se fixèrent sur les pentes du mont Jarmak. Des sanglots s’étouffèrent dans sa gorge et il vacilla sur ses jambes.

Rabbi Eliazar était devenu l’être le plus dangereux que le monde ait jamais porté.

Rabbi Eliazar était capable de détruire la terre, non seulement la Terre, mais le cosmos tout entier. Il aurait voulu être mort ou bien n’être jamais né. Il ne pouvait pas se suicider car « la vie appartient à Dieu » ; mais Dieu lui-même avait dû se détourner du pauvre Tzadik.

Il pensa, car il ne lui était pas interdit de penser.

— Pourquoi, Seigneur, pourquoi ?

Pourtant, il savait qu’il n’avait pas le droit de se plaindre ; il avait voulu savoir. Aujourd’hui, il savait ; il avait réalisé le rêve de générations de chercheurs et c’était une malédiction.

Oublier… Il aurait voulu oublier… C’était impossible !

Dormir. Il n’osait plus dormir ; il aurait pu parler dans son sommeil. »

Extrait de : D. Piret. « La parole. »

La mort des Dieux par Daniel Piret

Fiche de La mort des Dieux

Titre : La mort des Dieux
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1977
Editeur : Fleuve noir

Première page de La mort des Dieux

« Balkis ouvrit les yeux. A présent, les ululements de la chouette s’étaient tus. L’oiseau des ténèbres avait regagné la caverne qui l’abriterait de l’aveuglante lumière du jour. Averti par son instinct, « pensant » qu’il n’avait plus rien à craindre, le mulot pointait son nez hors de son terrier, ignorant que Belza, la couleuvre, se glissait lentement vers lui. La mort n’a point de repos, malheur à celui qui l’oublie !

Le jeune garçon s’étira longuement et tourna la tête vers l’est, du côté des montagnes qui dominaient de toutes parts le vaste cirque. Le disque rouge du soleil lui fit cligner des yeux. Au travers des branches de l’acacia qui avait protégé son sommeil, plissant les paupières, Balkis s’efforça de contempler l’énorme disque qui s’élevait lentement dans les cieux, chassant devant lui les ombres de la nuit. »

Extrait de : D. Piret. « La Mort des Dieux. »

La dernière mort par Daniel Piret

Fiche de La dernière mort

Titre : La dernière mort
Auteur : Daniel Piret
Date de parution : 1976
Editeur : Fleuve noir

Première page de La dernière mort

« Dans quelques heures Jean serait arrivé. Il imaginait déjà le sourire de Thérèse sa jeune femme qui l’attendait là-bas, au bout de la route. La radio débitait pour la quatrième fois en moins d’une heure le même tube à la mode. Jean éteignit le poste, se pencha du côté de la boîte à gants, en retira une cassette qu’il introduisit dans le lecteur. Un peu de « grande musique », cela lui ferait du bien, le détendrait quelque peu, il en avait besoin car il avait déjà plusieurs heures de volant.
La grande Toccata… Jean avait toujours adoré Bach, à vrai dire il n’était ni ne se prétendait mélomane, une musique lui plaisait ou non, il n’aurait su expliquer pourquoi… D’ailleurs peut-on expliquer pourquoi l’on aime quelque chose, il avait une sainte horreur des gens qui demandaient pour un rien : « Pourquoi cela vous plaît-il ? » Il en était de même pour tous les arts en général… On aime ou on n’aime pas, qu’importent les « pourquoi » ou les « parce que ». »

Extrait de : D. Piret. « La Dernière mort. »