Auteur/autrice : CH91
Max Anthony
Présentation de Max Anthony :
Max Anthony est un écrivain français contemporain dont l’œuvre se distingue par son exploration profonde et souvent dérangeante des thèmes de la science-fiction. Connu pour ses récits qui allient une imagination débridée à une rigueur scientifique, il s’est imposé comme une voix importante de la SF francophone.
Jeunesse et Influences
Né en France (la date exacte de sa naissance n’est pas largement publicisée, mais il est actif depuis le début du XXIe siècle), Max Anthony a développé très tôt un intérêt pour la littérature et les sciences. Il a souvent cité des auteurs classiques de la science-fiction tels qu’Isaac Asimov, Philip K. Dick et Frank Herbert comme des influences majeures, tout en puisant également dans la philosophie et la sociologie pour enrichir ses univers. Sa curiosité pour les avancées technologiques et leurs implications éthiques et sociales transparaît dans chacun de ses ouvrages.
Débuts Littéraires et Reconnaissance
Max Anthony a commencé sa carrière d’écrivain en publiant des nouvelles dans diverses revues spécialisées, se forgeant rapidement une réputation pour son style incisif et ses concepts originaux. Son premier roman, dont le titre et la date de publication précis peuvent varier selon les sources bibliographiques, a marqué le début d’une carrière prolifique. Il a rapidement attiré l’attention de la critique et du public, notamment pour sa capacité à créer des mondes crédibles et complexes, souvent peuplés de personnages nuancés confrontés à des dilemmes existentiels.
Thèmes et Style
L’œuvre de Max Anthony se caractérise par une prédilection pour certains thèmes récurrents :
- L’intelligence artificielle et la singularité technologique : Il explore fréquemment les implications de l’émergence d’intelligences artificielles conscientes, interrogeant la nature de la conscience et la place de l’humanité dans un futur dominé par la technologie.
- La dystopie et les sociétés post-apocalyptiques : Beaucoup de ses romans dépeignent des sociétés futuristes où les avancées technologiques ont mené à des dérives, ou des mondes ayant survécu à des catastrophes majeures, forçant les survivants à reconstruire sur les ruines.
- L’exploration spatiale et la rencontre avec l’altérité : Ses récits nous emmènent souvent aux confins de l’univers, où l’humanité est confrontée à des formes de vie extraterrestres, soulevant des questions sur la communication, la coexistence et la survie.
- La psychologie humaine face à l’innovation : Au-delà des technologies et des mondes, Anthony s’intéresse profondément aux réactions psychologiques et émotionnelles de l’individu face à des changements radicaux.
Son style d’écriture est souvent décrit comme précis, évocateur et philosophique. Il n’hésite pas à aborder des questions complexes et à défier les conventions, invitant ses lecteurs à une réflexion approfondie.
Œuvres Notables et Contributions
Bien que la liste exhaustive de ses œuvres soit sujette à vérification constante en raison de sa productivité, Max Anthony est l’auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles qui ont été salués par la critique. Il est également un contributeur actif au débat sur la science-fiction en France, participant à des conférences, des tables rondes et des ateliers d’écriture, où il partage sa vision du genre.
Héritage et Avenir
Max Anthony continue d’écrire et de publier, enrichissant sans cesse le paysage de la science-fiction française. Son travail est essentiel pour ceux qui cherchent une science-fiction qui ne se contente pas de divertir, mais qui invite également à une introspection critique sur notre présent et notre futur. Il demeure un architecte de mondes, un explorateur des possibles et un penseur des implications de nos avancées technologiques.
Livres de Max Anthony :
Ned Lucas :
- Onze bonzes de bronze (1989)
- Fantasmes en stock (1989)
- L’androïde livide de l’astéroïde morbide (1989)
Boulevard des miroirs fantômes (1993)
Le huitième cristal du Dr Mygale (1993)
Les autos carnivores (1990)
Panique chez les poissons solubles (1991)
Pour en savoir plus sur Max Anthony :
La page Wikipédia sur M. Anthony
La page Noosfere sur M. Anthony
La page isfdb de M. Anthony
Rézo par Laurent Genefort

Fiche de Rézo
Titre : Rézo
Auteur : Laurent Genefort
Date de parution : 1993
Editeur : Fleuve noir
Première page de Rézo
« Devin Destréez s’accouda à la rambarde de la fontaine, au pied du plus haut building du monde. Des projecteurs invisibles transformaient l’eau en cascades de plomb fondu, qui bouillonnaient d’énormes dés amalgamés les uns aux autres. L’adolescente pouvait voir, en contrebas, le tapis lumineux de Veracruz effiloché sur la baie, qui piquetait la nuit. L’intense pollution lumineuse l’avait toujours gênée pour regarder Jupiter ou les cratères de la Lune au télescope, les nuits d’insomnie. Des nuits comme celle-ci.
Devin soupira. Depuis combien d’années n’avait-elle pas touché à son télescope ? Si ça se trouvait, l’azote liquide du capteur avait fini par fuir et il était inutilisable.
La rumeur d’un trafic autoroutier montait d’un lacis d’échangeurs, à moins de deux cents mètres. En dépit de l’heure tardive, il y avait toujours de l’affluence autour de la Flèche Wright-Guofeng, une tour de trois mille six cents pieds de haut qui s’enfonçait dans les nuages. »
Extrait de : L. Genefort. « Rézo. »
Rempart par Laurent Genefort

Fiche de Rempart
Titre : Rempart
Auteur : Laurent Genefort
Date de parution : 2011
Editeur : Bélial
Première page de Rempart
« 2019
C’est cette année-là que les Bouches se sont ouvertes. Deux d’abord, une au-dessus du Pacifique et une autre au milieu de la mer de Chine. Rien de grave pour la sécurité mondiale : ce qui en sortait, la plupart du temps, tombait dans un grand « plouf », se débattait quelques secondes avant de se noyer. L’avantage d’avoir beaucoup d’océans…
Le choc a été brutal pour les grandes religions : le choc de l’innocence perdue. Par contre, pour un paquet de sectes, ça a été du pain bénit, tous ces aliens qui déboulaient sur notre belle planète bleue. Mais ensuite, même elles ont été débordées. Trop de variété, trop de biochimies, trop de langages différents… trop tout court.
Car d’autres Bouches se sont ouvertes sur la terre ferme. Par dizaines. »
Extrait de : L. Genefort. « Rempart. »
Points chauds par Laurent Genefort

Fiche de Points chauds
Titre : Points chauds
Auteur : Laurent Genefort
Date de parution : 2012
Editeur : Bélial
Première page de Points chauds
« C’est cette année-là que les Bouches se sont ouvertes. Deux d’abord, une au-dessus du Pacifique et une autre au milieu du golfe du Bengale. Rien de grave pour la sécurité mondiale : ce qui en sortait tombait dans un grand « plouf », se débattait quelques secondes avant de se noyer. L’avantage d’avoir beaucoup d’océans.
Voilà. Nous n’étions plus seuls.
À cette époque, je sortais du lycée pour intégrer l’école des sous-officiers d’active. Mon père était instructeur, ma mère comptable dans l’armée de terre. Ils s’attendaient à ce que je postule à Saint-Cyr, j’en avais les capacités et le goût de la théorie. Mais moi, c’est le terrain qui m’intéressait. Pas seulement pour les sensations fortes et pour voyager. Pour secourir aussi, m’impliquer. Servir, pour servir à quelque chose : ce n’était pas qu’un slogan, cela avait une signification réelle. À la seconde où j’ai vu les images des premières Bouches qui s’ouvraient sur la terre ferme et tous ces aliens en dégorger, j’ai su que plus rien, jamais, ne serait comme avant. Pour le monde comme pour moi. »
Extrait de : L. Genefort. « Points chauds. »
Opexx par Laurent Genefort

Fiche de Opexx
Titre : Opexx
Auteur : Laurent Genefort
Date de parution : 2022
Editeur : Bélial
Première page de Opexx
« Les problèmes ne surviennent pas outre-monde. Ceux en dehors des risques du métier, je veux dire. Ils se produisent en permission, quand on a le temps de cogiter.
De mon côté, je ne risque pas d’en poser, des problèmes. On m’a diagnostiqué un syndrome de Restorff. Un profil recherché par le commandement Opexx, les opérations militaires ultramondaines, parce qu’au retour d’une mission, on ne souffre jamais de troubles post-traumatiques — ni de ce que les médias ont appelé le « spleen opexx ». En contrepartie, mon empathie s’en ressent. La norme considère le Restorff comme un handicap, et ça l’est probablement. Je ne le saurai jamais, mais Claire n’a-t-elle pas coutume de dire que j’avance dans la vie sans espoir et sans crainte ?
Pas en opération, en tout cas, au contraire. Au débriefing, dans le sas de décompression, mon psy vérifie si des tics ne sont pas apparus sur mon visage, si je m’occupe convenablement de ma femme et de ma fille durant les permissions, si je ne me renferme pas quand on m’interroge sur le boulot, si mon entourage a constaté récemment des écarts de conduite. Rien de tout cela, mon comportement est aussi lisse que d’habitude. »
Extrait de : L. Genefort. « Opexx. »
Mémoria par Laurent Genefort

Fiche de Mémoria
Titre : Mémoria
Auteur : Laurent Genefort
Date de parution : 2012
Editeur : Bélial
Première page de Mémoria
« J’ai le droit de savoir pourquoi tu vas me buter, non ? » demanda Norodom.
Il ne se débattait plus. Il avait compris qu’il ne parviendrait jamais à briser la chaise sur laquelle il était ligoté, car l’inhibiteur neural que je lui avais posé sur la nuque l’empêchait de remuer le petit doigt. S’il était attaché, c’était avant tout pour ne pas qu’il s’effondre. Il ne pouvait ni bouger, ni hurler. De toute façon, nous nous trouvions dans une cabane en tôle, plus exactement un container éventré reconverti en abri : crier aurait été inutile.
J’avais traîné Norodom là-dedans une heure auparavant, mais il m’avait fallu une bonne semaine pour monter l’enlèvement. De la porte entrouverte filtrait une brise aux relents de curry : les miasmes du marécage voisin, qui venait lécher un récif de citernes géantes le séparant des tarmacs de l’astroport de Koh-Tap. Un grondement extérieur enflait jusqu’à faire trembler le mobilier : un vieux socle holo, des sièges de salle d’attente fissurés et écaillés, une glacière en mousse cryostat, une banquette défoncée… et, posée sur un cageot en plastique, la mallette. »
Extrait de : L. Genefort. « Mémoria. »
Lum’en par Laurent Genefort

Fiche de Lum’en
Titre : Lum’en
Auteur : Laurent Genefort
Date de parution : 2015
Editeur : Bélial
Première page de Lum’en
« LA VIE INTELLIGENTE sur Garance apparut cent mille ans avant que la planète ne porte ce nom. Cette vie-là n’était pas humaine, ni même organique.
Lum’en était unique en son genre parmi les Dépositaires.
Elle avait commis l’un des crimes les plus graves: détourner un passage à discontinuité spatiale dans le but de le transformer en pont temporel et tenter de modifier le passé de l’univers. La Marraine des Espèces avait laissé des milliers de passages analogues ouvrant sur autant de mondes (bien plus tard, les humains les désigneraient sous le nom de Portes de Vangk). Les Dépositaires voguaient de monde en monde, explorant des volumes d’espace vertigineusement vastes, dans le cerveau de vaisseaux dont ils formaient la conscience. Ils n’avaient aucun ennemi. Le respect des passages à discontinuité spatiale constituait un fondement non seulement de leur civilisation, mais aussi de leur morale personnelle.
Lum’en fut jugée, reconnue coupable et condamnée à une peine de réclusion de dix mille ans sur une planète déserte. Dévoyer un instrument de la Marraine des Espèces était considéré comme une déviance éthique extrême pour des êtres qui se qualifiaient eux-mêmes de Dépositaires. »
Extrait de : L. Genefort. « Lum’en. »
Les peaux-épaisses par Laurent Genefort

Fiche de Les peaux-épaisses
Titre : Les peaux-épaisses
Auteur : Laurent Genefort
Date de parution : 1992
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les peaux-épaisses
« Une semaine que Roko moisissait dans une cabine de troisième classe sans hublot, dans un rafiot postal pourri. Une semaine à pianoter sur un terminal tout aussi pourri pour y piocher trois lignes de renseignements.
Hyllos : une naine brune autour d’un soleil massif, chauffé à blanc – un globe d’hydrogène et de méthane quarante fois plus lourd que Jupiter, touillé d’orages grands comme dix Terre.
— Et c’est dans cet endroit charmant que je me rends, grommela Roko en poursuivant le défilement du moniteur.
Le moniteur reflétait l’image verdâtre d’un gabarit mi-lourd d’une quarantaine d’années, à l’expression neutre, aux muscles longilignes de coureur de fond. Étrangement, l’écran ne parvenait pas à saisir ses yeux, qui restaient plongés dans l’ombre – à moins qu’ils ne fussent de la même couleur que l’écran.
La “forme de vie dominante” était un truc médusoïde de dix kilomètres de diamètre, dérivant à la façon d’une montgolfière dans la stratosphère de la super-jovienne. »
Extrait de : L. Genefort. « Les peaux-épaisses. »
Les opéras de l’espace par Laurent Genefort

Fiche de Les opéras de l’espace
Titre : Les opéras de l’espace – l’intégrale
Auteur : Laurent Genefort
Date de parution : 2014
Editeur : Gallimard
Première page de Les opéras de l’espace
« Axelkahn était parvenu à l’apogée du dernier mouvement de La sphinge apprivoisée lorsque sa voix défaillit.
Cette seconde précise marqua le prélude de sa déchéance.
La décence imposait aux artistes de porter un masque en présence des personnalités de Seroa. Spécialement conçu pour l’opéra adapté de la Deuxième symphonie de Zemön, l’objet tenait davantage du loup, en laissant le bas du visage à découvert. Il représentait un vieil archéarque sur le point de mourir. Axelkahn portait un pantalon à lacets qui collait aux cuisses. Une toge ample, étudiée pour dissimuler au mieux son embonpoint, le drapait.
L’orchestre offrait ce qu’il y avait de mieux dans la Rosace en termes de musiciens. Ce qui n’empêchait pas les violons de se révéler aussi exécrables que les cuivres. Le balinet le décevait un peu moins – si peu cependant !
Cela n’avait guère d’importance. La qualité de l’orchestre ne comptait plus dès lors que son chant s’élevait.
Il y avait foule, comme d’habitude. Des notables bien sûr, mais aussi de simples colons, du moins ceux qui avaient les moyens de payer la place. Les autres devraient se contenter des enregistrements clandestins. Depuis seize ans qu’Axelkahn chantait, il n’existait aucun enregistrement officiel. »
Extrait de : L. Genefort. « Les opéras de l’espace. »
Les engloutis par Laurent Genefort

Fiche de Les engloutis
Titre : Les engloutis
Auteur : Laurent Genefort
Date de parution : 1999
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les engloutis
« Ruben essayait en vain de se concentrer sur la partie de dominos en cours. Sans cesse, ses yeux revenaient à la porte blindée derrière lui, que la vitre de la porte, au bout de la travée, réfléchissait. Avachis sur des strapontins, les deux gardes de faction ronflaient bruyamment, leur casque à leurs pieds. L’un d’eux bavait aux commissures des lèvres. À part les policiers, le compartiment du wagon pressurisé était vide.
— Tu n’es pas au jeu, lui reprocha Pavjid en posant un double trois. Ne me dis pas que tu penses encore à tes foutus problèmes de N-7… Carré.
Pendant que le systématicien ramassait les quatre dominos sur le damier noir et jaune, Ruben délaissa la porte vitrée pour diriger son regard vers la fenêtre blindée. Une plaine tourmentée, jonchée d’une caillasse grise, s’étendait jusqu’à l’horizon incliné de cinq degrés par la perspective déchiquetée des Monts Himmelen, vers lequel le petit soleil blanc-jaune déclinait. À ce point de la terraformation, Hanouri était toujours un désert rébarbatif, dont la biomasse se réduisait pour l’essentiel à des bactéries extrémophiles, des lichens et des fougères à haut rendement photosynthétique. »
Extrait de : L. Genefort. « Les engloutis. »