Auteur/autrice : CH91
Ann Radcliffe contre les vampires par Paul Féval

Fiche de Ann Radcliffe contre les vampires
Titre : Ann Radcliffe contre les vampires
Auteur : Paul Féval père
Date de parution :
Editeur : Les moutons électriques
Première page de Ann Radcliffe contre les vampires
« Il y a beaucoup d’Anglais et surtout d’Anglaises qui ont pudeur quand on leur raconte les actes d’effrontée piraterie dont les écrivains français sont victimes en Angleterre. Sa Très Gracieuse Majesté Victoria reine a signé jadis un traité avec la France dans le but louable de mettre fin à ces vols tant de fois répétés. Le traité est fort bien fait : seulement, il contient une petite clause qui en rend la teneur illusoire. Sa Très Gracieuse Majesté, en effet, défend à ses loyaux sujets de nous prendre nos drames, nos livres, etc., mais elle leur permet d’en faire ce qu’elle a la bonté d’appeler « une blonde imitation ».
C’est joli, ce n’est pas honnête. Le cher, l’excellent Dickens me disait un jour, en manière d’apologie :
– Je ne suis pas beaucoup mieux gardé que vous. Quand je passe à Londres et que j’ai par hasard une idée sur moi, je ferme à clef mon portefeuille, je le mets dans ma poche et je tiens mes deux mains dessus. On me vole tout de même.
Le fait est que la « blonde imitation » en remontrerait aux pickpockets les plus subtils.
Aussi, l’amie si charmante de Dickens, lady B…, du château de Shr…, me répète, depuis vingt ans, la même question, chaque fois que j’ai le bonheur de la voir :
– Pourquoi ne volez-vous pas les Anglais à votre tour ?
– Ce n’est pas assurément, madame, qu’il n’y ait des choses adorables à prendre dans vos livres, mais peut-être que notre caractère national ne nous porte pas vers le « blond » escamotage.
Cette réponse a le don de faire rire Mylady aux éclats. Elle va même jusqu’à me citer des noms très français et particulièrement recommandables… Mais chut ! »
Extrait de : P. Féval. « Ann Radcliffe contre les vampires. »
Le dieu estropié par Steven Erikson

Fiche de Le dieu estropié
Titre : Le dieu estropié (Tome 10 sur 10 – Le livre des martyrs)
Auteur : Steven Erikson
Traduction : N. Merrien
Date de parution : 2011
Editeur : Editions Leha
Première page de Le dieu estropié
« Cotillon dégaina deux dagues. Son regard se posa sur les lames. Leur surface de fer noircie semblait onduler, deux rivières d’étain serpentant autour des encoches et des crénelures là où les armures et les os avaient endommagé le fil en encaissant les coups. Il étudia quelques instants les reflets éclatants du ciel maladif, puis déclara :
— Je n’ai pas la moindre intention de m’expliquer.
Puis il redressa la tête et figea son regard.
— Est-ce bien compris ?
L’individu qui lui faisait face était incapable de la moindre expression. Ses lambeaux de tendons et de peau demeuraient immobiles sous les os de ses tempes, de ses pommettes et de ses mâchoires. Ses yeux n’exprimaient rien, rien du tout.
Mieux valait cela, décida Cotillon, qu’un scepticisme blasé. Oh, ce qu’il en avait assez !
— Dites-moi, reprit-il, que croyez-vous voir ici ? Du désespoir ? De la panique ? Une faillite de la volonté, quelque inévitable déclin frisant l’incompétence ? Croyez-vous en l’échec, Frôlabîme ?
L’apparition garda le silence un certain temps, puis s’exprima d’une voix brisée, grinçante :
— Vous ne pouvez pas vous montrer aussi… audacieux.
— Je vous ai demandé si vous croyiez en l’échec. Parce que moi, non. »
Extrait de : S. Erikson. « Le Livre des Martyrs – Le dieu estropié. »
Soldats de pierre 2 par Glen Cook

Fiche de Soldats de pierre 2
Titre : Soldats de pierre 2 (Tome 10 sur 10 – La compagnie noire)
Auteur : Glen Cook
Date de parution : 2000
Traduction : F. Reichert
Editeur : L’Atalante
Première page de Soldats de pierre 2
« Trois poteaux volaient en formation d’oies sauvages. Tobo avait pris la tête, Saule Cygne à cheval sur son pilon. Cygne semblait en proie aux affres d’une grave rechute dans la religiosité : il marmottait sans discontinuer une prière polysyllabique d’un seul mot. Il souffrait du vertige, se cramponnait si fort à Tobo qu’il devait lui infliger des ecchymoses et fermait les yeux si hermétiquement que des crampes musculaires se propageaient sûrement jusque dans ses mollets.
Madame et Shukrat pilotaient les deux autres. Madame avait pris Aridatha Singh en croupe et Shukrat embarqué l’oncle Doj.
Murgen, Thai Dei et moi partagions le tapis volant avec le Hurleur, dont les glapissements étaient étouffés par l’espèce de grand bol de verre dont l’avait coiffé Madame. L’expédient fonctionnait assez bien pour nous épargner des problèmes avec des gens ignorant tout de notre venue. »
Extrait de : G. Cook. « Soldats de pierre 2 – La compagnie noire. »
Soldats de pierre 1 par Glen Cook

Fiche de Soldats de pierre 1
Titre : Soldats de pierre 1 (Tome 10 sur 10 – La compagnie noire)
Auteur : Glen Cook
Date de parution : 2000
Traduction : F. Reichert
Editeur : L’Atalante
Première page de Soldats de pierre 1
« Quatre années s’étaient écoulées et personne n’était mort.
Ni de mort violente ni frappé par le sort, à tout le moins. Otto et Hagop avaient trépassé à quelques jours d’intervalle l’an dernier, de causes naturelles associées au vieillissement. Quelques semaines plus tôt, un certain Tam Duc, jeune recrue à l’entraînement, avait péri victime de l’enthousiasme et de la trop grande assurance de la jeunesse. Il était tombé dans une crevasse pendant que ses frères d’armes et lui, suspendus à leurs couvertures, descendaient la longue pente escarpée et glissante du glacier Tien Myuen. Il y avait eu encore quelques autres morts. Mais aucun d’une main hostile.
Quatre ans, c’était sans doute un record, mais pas de ceux qu’on trouve fréquemment dans ces annales. »
Extrait de : G. Cook. « Soldats de pierre 1 – La compagnie noire. »
L’eau dort 2 par Glen Cook

Fiche de L’eau dort 2
Titre : L’eau dort 2 (Tome 9 sur 10 – La compagnie noire)
Auteur : Glen Cook
Date de parution : 1999
Traduction : F. Reichert
Editeur : L’Atalante
Première page de L’eau dort 2
« Le bébé pleurait encore, enfoui dans le giron de sa mère, mais il ne cherchait pas à la téter. Le bruit agaçait tout le monde. Si l’on avait voulu nous faire des misères, on nous aurait pistés sans mal. Sans doute n’aurions-nous entendu personne approcher en catimini, entre les pleurs et le clapotis de la bruine glacée s’abattant de rameau en rameau sur les arbres imbibés. Arpenteur et les Singh de la Compagnie gardaient leur arme à la main. Oncle Doj avait récupéré Bâton de Cendre et l’avait tiré au clair en dépit du risque de corrosion.
Les animaux n’étaient pas moins tourneboulés que le nourrisson. Les chèvres bêlaient et traînaient les pattes. Les ânes refusaient obstinément d’avancer, mais mère Gota connaissait une ou deux ruses susceptibles de ramener certaines bêtes de somme un peu trop têtues à la raison. Le pain y était pour beaucoup.
La pluie ne fléchissait pas.
Narayan Singh avait pris la tête. Il connaissait le chemin. Il était chez lui. »
Extrait de : G. Cook. « L’eau dort 2 – La compagnie noire. »
L’eau dort 1 par Glen Cook

Fiche de L’eau dort 1
Titre : L’eau dort 1 (Tome 9 sur 10 – La compagnie noire)
Auteur : Glen Cook
Date de parution : 1999
Traduction : F. Reichert
Editeur : L’Atalante
Première page de L’eau dort 1
« En ce temps-là, la Compagnie noire n’existait pas. Je le sais pour l’avoir appris par des lois et des décrets. Mais je ne me sentais pas pour autant privée de substance.
L’étendard de la Compagnie, son capitaine, son lieutenant, son porte-étendard et tous les hommes qui avaient contribué à lui forger sa terrible réputation avaient disparu, enterrés vivants au cœur d’un vaste désert de pierre. « Pierre scintillante », chuchotait-on dans les rues et les venelles de Taglios ; « Partis au Khatovar », proclamait-on là-haut, tandis que l’effroyable forfait qu’elle s’était si longtemps efforcée de prévenir se transformait en un triomphe ineffable, la Radisha, la Protectrice ou Dieu sait qui ayant décidé que le peuple devait se persuader que la Compagnie avait accompli sa destinée.
Ceux qui étaient assez vieux pour s’en souvenir n’étaient pas dupes. Seules cinquante personnes s’étaient aventurées dans la plaine de pierre scintillante. La moitié n’appartenaient même pas à la Compagnie. Et sur ces cinquante individus, deux seulement en étaient revenus pour mentir effrontément sur ce qui s’était passé. »
Extrait de : G. Cook. « L’eau dort 1 – La compagnie noire. »
Elle est les ténèbres 2 par Glen Cook

Fiche de Elle est les ténèbres 2
Titre : Elle est les ténèbres 2 (Tome 8 sur 10 – La compagnie noire)
Auteur : Glen Cook
Date de parution : 1997
Traduction : F. Reichert
Editeur : L’Atalante
Première page de Elle est les ténèbres 2
« J’ai annoncé au Vieux que ses soldats tiraient sur la Porte d’Ombre. Il s’est salement rembruni. « Je ne crois pas que ce soit une très bonne idée. » Il a hélé un messager d’un beuglement et dépêché une impérieuse mise en garde à nos frères de la division cantonnée au sud.
« Pas de corbeaux dans le coin, ai-je fait remarquer.
— Qu’un-Œil m’a façonné un sortilège me permettant de les affamer et de les éloigner quelque temps. Mais pas éternellement. »
J’ai saisi la coupure. « Je n’ai pas l’impression que nous fassions tout ce qui est en notre pouvoir pour assister les lascars de Madame piégés dans Belvédère. »
Il a haussé les épaules. « Je ne me fais plus de bile pour Belvédère. Plus beaucoup, tout du moins.
— Comment ? Tu ne te soucies plus d’Ombrelongue ? Du Hurleur ? De Narayan Singh et de ta… de la Fille de la Nuit ?
— Ne te méprends pas. Je ne reste pas indifférent. Mais ils ont beaucoup perdu de leur importance.
— J’ai dû rater un épisode. Qu’est-ce que tu veux dire ? »
Extrait de : G. Cook. « Elle est les ténèbres 2 – Compagnie Noire. »
Elle est les ténèbres 1 par Glen Cook

Fiche de Elle est les ténèbres 1
Titre : Elle est les ténèbres 1 (Tome 8 sur 10 – La compagnie noire)
Auteur : Glen Cook
Date de parution : 1997
Traduction : F. Reichert
Editeur : L’Atalante
Première page de Elle est les ténèbres 1
« Le vent gémit et hurle, exhalant son haleine amère. La foudre gronde et aboie. Une force vivante fait rage sur la plaine de pierre scintillante. Les ombres elles-mêmes ont peur.
Les cicatrices du cataclysme défigurent la plaine qui n’a connu qu’une seule ère de noire perfection. Une faille déchiquetée balafre sa face comme un éclair coruscant. Nulle part cette fissure n’est assez large pour qu’un enfant ne puisse la traverser d’un bond, mais elle paraît abyssale. Des écharpes de brume se déploient. Certaines s’ourlent de touches de couleur. Toute couleur jure avec ces milliers de nuances de noir et de gris.
Au centre de la plaine se dresse une vaste forteresse grise inconnue, plus vieille que toute mémoire écrite. Une antique tour s’est effondrée en travers de la faille. Depuis la place forte monte un long et profond battement, pareil à celui du cœur d’un monde assoupi, qui déchire le silence sans âge.
La mort est éternité. L’éternité est pierre. La pierre est silence.
La pierre ne peut parler, mais elle se souvient. »
Extrait de : G. Cook. « Elle est les ténèbres 1 – Compagnie Noire. »
Le commandeur des oubliés par Karl-Herbert Scheer et Clark Darlton
Fiche de Le commandeur des oubliés
Titre : Le commandeur des oubliés (Tome 20 sur 50 – Perry Rhodan #6 (M87))
Auteur : Karl-Herbert Scheer et Clark Darlton
Traduction : J.M Archaimbault
Date de parution : 1968
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le commandeur des oubliés
« Depuis la petite coupole de l’observatoire de bord, Perry Rhodan contemplait le cosmos. C’était un de ses endroits de prédilection, et il s’y rendait souvent lorsqu’il souhaitait être au calme pour méditer.
Cette fois, ni la beauté du spectacle ni le désir de s’isoler ne l’y avaient attiré – d’ailleurs, il n’y était pas venu seul. Jyll Ahnt Aymar, chef direct des Skovars survivants, se tenait à ses côtés. Rhodan espérait qu’Aymar pesait à sa juste valeur le fait d’avoir été admis en ce lieu – non point en tant qu’hôte forcé, mais bien comme partenaire sur un même pied d’égalité. Dès le début, le Stellarque avait témoigné aux Skovars tout le respect qui leur était dû mais il avait aussi clairement indiqué aux « têtes rondes » qu’il attendait de leur part une attitude réciproque vis-à-vis de lui-même et de ses hommes.
Etrangement, ce fut Jyll qui, d’ordinaire très taciturne, rompit le silence.
— Pourquoi m’avez-vous amené ici ? demanda-t-il d’un ton neutre. »
Extrait de : K.H Scheer + C. Darlton. « Le Commandeur des Oubliés – Perry Rhodan. »
Cités spatiales Skovars par Karl-Herbert Scheer et Clark Darlton

Fiche de Cités spatiales Skovars
Titre : Cités spatiales Skovars (Tome 19 sur 50 – Perry Rhodan #6 (M87))
Auteur : Karl-Herbert Scheer et Clark Darlton
Traduction : J.M Gaillard-Paquet
Date de parution : 1968
Editeur : Fleuve noir
Première page de Cités spatiales Skovars
« 5 février 2436, pouvait-on lire sur le calendrier mural.
La date en soi ne signifiait pas grand-chose. Certes, elle avait son importance à bord du Krest IV, mais quant à savoir si elle était également valable en dehors du vaisseau amiral, c’était une autre question. L’arme effrayante des Bi-Conditionnés avait projeté l’ultracroiseur dans un ensemble stellaire étranger où le temps standard paraissait avoir lui aussi perdu sa légitimité. Quoi qu’il en soit, il n’y avait pas que le temps qui isolait Perry Rhodan de la Terre, mais aussi l’espace.
Selon toute probabilité, le Krest errait dans la galaxie désignée sous le sigle M 87 qui faisait partie de l’amas des nébuleuses visible depuis le Système Solaire dans la constellation de la Vierge. Vérification faite par les astro-physiciens terraniens, il s’était avéré que ces appellations ne correspondaient pas vraiment aux données réelles. Rhodan n’avait pas tardé à l’apprendre à ses dépens. »
Extrait de : K.H Scheer + C. Darlton. « Cités spatiales Skovars. »