Auteur/autrice : CH91
Hellbent par Cherie Priest

Fiche de Hellbent
Titre : Hellbent (tome 2 sur 2 – Les dossiers Cheshire Red)
Auteur : Cherie Priest
Date de parution : 2011
Traduction : C. Roulet
Editeur : Panini
Première page de Hellbent
« Sur le coup, l’idée m’avait semblé bonne. C’est le genre de phrase qu’on pourra certainement lire sur ma tombe, accompagnée d’une petite bafouille faisant état de mon impulsivité débordante. Mais lorsque Horace Bishop m’avait appelée, le souffle littéralement coupé par le plaisir et l’avidité, pour m’informer qu’il était à Portland et me proposer d’aller prendre un verre, j’avais accepté. En fait, j’aurais mieux fait de m’abstenir. Il y a des choses comme ça que le bon sens nous dicte d’éviter, comme porter de l’écossais, par exemple.
Jamais, au grand jamais, je ne porte d’écossais.
Idem pour l’orange. Non pas que la couleur me déplaise ; c’est juste qu’elle ne me va pas au teint. Le mien est pâle comme un jour d’hiver. Mes cheveux sont noirs avec des reflets bleutés et ma peau est presque translucide. C’est ce qui arrive aux morts-vivants. L’orange donne l’impression que j’ai des problèmes de foie, alors j’évite, tout comme j’aurais probablement mieux fait d’éviter ce rendez-vous avec Horace. Mais qu’est-ce que j’aurais pu faire ? Il savait déjà où j’habitais (en gros), il connaissait déjà mes tarifs (plus ou moins) et il était quasiment mon agent. Ou mon mac, selon. »
Extrait de : C. Priest. « Hellbent – Les dossiers Cheshire Red. »
Bloodshot par Cherie Priest

Fiche de Bloodshot
Titre : Bloodshot (tome 1 sur 2 – Les dossiers Cheshire Red)
Auteur : Cherie Priest
Date de parution : 2011
Traduction : C. Roulet
Editeur : Panini
Première page de Bloodshot
« Si je vous racontais les trucs de dingue que mes clients me demandent de voler, vous n’en croiriez pas vos oreilles.
Des vieux trucs, des neufs aussi. Des trucs chers, des trucs rares, des trucs bien dégueulasses même.
Ces derniers temps, c’était des trucs vraiment pas nets.
On a tous entendu parler de personnes qui regrettent leurs tatouages. Eh bien moi, je préférerais vivre une éternité avec un Titi gravé sur le cul plutôt que de savoir qu’il existe un film de boules dans lequel mon nom est cité au générique, et mon compte en banque me dit que je ne suis pas la seule dans ce cas. J’ai dû récupérer trois sextapes au cours des huit derniers mois, et une affaire du même type m’attend encore sur le coin de mon bureau. »
Extrait de : C. Priest. « Bloodshot – Les dossiers Cheshire Red. »
Dreadnought par Cherie Priest

Fiche de Dreadnought
Titre : Dreadnought (tome 3 sur 6 – Le siècle mécanique)
Auteur : Cherie Priest
Date de parution : 2010
Traduction : C. Esmein
Editeur : Panini
Première page de Dreadnought
« La buanderie au sol souillé de sang était remplie de piles de draps, de peignoirs et de couvertures dont certaines atteignaient le plafond. Une silhouette s’y démenait, les bras enfoncés jusqu’aux coudes dans un bac de taies d’oreiller sales. Vinita Lynch avait juré – sur la tête de sa mère – au soldat Hugh Morton de retrouver sa montre à gousset avant qu’elle ne subisse un bain savonneux, ce qui aurait signifié la fin de son existence en tant que pièce d’horlogerie.
La raison pour laquelle ce soldat l’avait glissée dans sa taie d’oreiller n’avait rien d’un mystère : même dans un établissement aussi bien tenu que le Robertson Hospital, les objets précieux ou de petite taille faisaient preuve d’une détermination étonnante à s’évaporer. Et que l’homme ait oublié qu’il avait caché sa montre n’avait rien de surprenant non plus : il avait eu la chance de survivre au tir qui lui avait éraflé le cuir chevelu, mais il en était resté confus, sinon égaré, de temps à autre. Et l’heure du petit déjeuner, en cette matinée, avait fait partie de ces moments de confusion. »
Extrait de : C. Priest. « Dreadnought – Le siècle mécanique. »
Clementine par Cherie Priest

Fiche de Clementine
Titre : Clementine (tome 2 sur 6 – Le siècle mécanique)
Auteur : Cherie Priest
Date de parution : 2010
Traduction : S. Julien
Editeur : Panini
Première page de Clementine
« Pendant six jours, Croggon Hainey vit défiler les montagnes Rocheuses sous le dirigeable anonyme qu’il avait emprunté, jusqu’à ce que les dernières crêtes en dents de scie et les ultimes plateaux enneigés s’effacent derrière l’appareil, de l’autre côté de Denver. Il avait déjà effectué ce trajet une dizaine de fois, par beau ou mauvais temps, en convoyant des cargaisons illégales et des passagers du même acabit. Cette fois, un vent arrière poussait doucement l’appareil.
L’allure soutenue qui l’avait conduit des régions du nord-ouest au-dessus des montagnes, puis des plaines, n’arrangeait pas pour autant l’humeur du capitaine.
— On aurait déjà dû les rattraper, maugréa-t-il, les poings serrés sur les genoux. On devrait être juste au-dessus d’eux.
— Le vent nous pousse tous les deux, fit observer le second en haussant les épaules. »
Extrait de : C. Priest. « Clementine – Le siècle mécanique. »
Boneshaker par Cherie Priest

Fiche de Boneshaker
Titre : Boneshaker (tome 1 sur 6 – Le siècle mécanique)
Auteur : Cherie Priest
Date de parution : 2009
Traduction : A. Bousteau
Editeur : Panini
Première page de Boneshaker
« ELLE L’APERÇUT ET s’arrêta à quelques pas de l’escalier.
— Je suis désolé, s’excusa-t-il très vite, je ne voulais pas vous faire peur.
Enveloppée dans un triste manteau noir, la femme resta impassible.
— Que voulez-vous ?
Il avait préparé un discours, qu’il avait oublié.
— Parler. Avec vous. Je voudrais parler avec vous.
Briar Wilkes ferma les yeux, aussi fort que possible. Lorsqu’elle les rouvrit, elle demanda :
— C’est à propos de Zeke ? Qu’est-ce qu’il a fait, cette fois ?
— Non, non, ça n’a rien à voir avec lui, insista-t-il. Madame, j’espérais que nous pourrions parler de votre père.
Ses épaules se détendirent et elle secoua la tête.
— Logique. Je le jure devant Dieu, tous les hommes dans ma vie, ils… »
Extrait de : C. Priest. « Boneshaker – Le siècle mécanique. »
Building par Michel Honaker

Fiche de Building
Titre : Building
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir
Première page de Building
« Lon Guerny s’extirpa du fouillis de draps jaunis et maculés d’auréoles nuageuses avec un grognement d’agacement. Il dut battre plusieurs fois des paupières pour discipliner sa rétine que la lumière crue inondant le réduit indisposait. Progressivement, le ballet des lucioles noires cessa devant ses yeux et le décor de son compartiment émergea de la brume des somnifères qu’il avait avalés la veille. Assis au bord du lit en fer, il laissa son regard s’accrocher ici et là autour de lui, au hasard des empilements hétéroclites et des posters élimés, histoire de reprendre contact avec la réalité.
Et quelle réalité ! Le dateur électronique officiel qui trônait au-dessus de la porte s’acharnait à prétendre que le 43 avril tombait un dimanche et qu’au quatrième top, il pourrait bien être 29 heures ! Évidemment, Lon Guerny n’en croyait pas un mot. Le dateur était de plus en plus sujet à ce type de dérèglement et Guerny pas assez philosophe pour extraire de ses fréquents dérapages ce qu’ils pouvaient contenir d’humour involontaire. Heureusement qu’il disposait d’un dateur personnel autoalimenté, comme tous les bons employés du bureau. Mais à la limite, il ne s’en servait jamais. »
Extrait de : M. Honaker. « Building. »
La forteresse des oracles par Michel Honaker

Fiche de La forteresse des oracles
Titre : La forteresse des oracles (Tome 2 sur 2 – Les survivants de Troie)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2008
Editeur : Flammarion
Première page de La forteresse des oracles
« L’aube était venue, sombre et tourmentée. Le brouillard dérivait en filaments paresseux sur la plaine. Surgie de nulle part, une bande de corbeaux déploya ses ailes charbonneuses et décrivit de larges cercles dans le ciel. Énée les suivit un instant des yeux ; ils fuyaient probablement un danger tapi derrière la lisière de la forêt. Déjà, les collines bruissaient de la cadence imposante d’une armée en marche. Des chevaux hennirent dans le lointain, invisibles. Le Troyen perçut le trépignement de ses propres troupes derrière lui et le froissement impatient de leurs boucliers. Ils formaient une ligne disparate adossée à une digue d’épieux. Qui étaient-ils ? La plupart lui étaient inconnus. Cette terre elle-même, comment se nommait-elle ? Cette rivière et ce maigre village ?
Ce n’était pas Troie, car Troie n’était plus que cendres… »
Extrait de : M. Honaker. « La Forteresse des Oracles – Les survivants de Troie. »
Le prince sans couronne par Michel Honaker

Fiche de Le prince sans couronne
Titre : Le prince sans couronne (Tome 1 sur 2 – Les survivants de Troie)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2008
Editeur : Flammarion
Première page de Le prince sans couronne
« Très tôt chaque matin, Ascagne quittait la maison de ses parents pour gagner les remparts de la cité. Les cheveux au vent et l’arc en bandoulière, il avait coutume de courir sur les chemins de ronde – mais peut-être, ce matin-là, se pressa-t-il plus que de coutume. Son rêve étrange de la nuit le poursuivait encore, et il lui tardait de voir s’il se réaliserait. Après ces jours de tempête de sable, le silence était retombé sur Troie, la cité meurtrie. La canicule martelait déjà les remparts ébréchés, et l’adolescent se pencha par-dessus le parapet lézardé pour scruter la plaine que blanchissaient les brumes oubliées par la nuit. Le champ de bataille grêlé de ferrailles s’étendait jusqu’à la côte, îlot de terre labourée par les roues des chars et les sandales des fantassins. Ascagne n’avait pas connu le temps où cette plaine inégale barrée de brèves falaises se noircissait de caravanes en provenance d’Orient, surchargées de trésors que l’on hissait à bord de puissantes galères dans le port tout proche. »
Extrait de : M. Honaker. « Le Prince sans couronne – Les survivants de Troie. »
La sorcière du marais par Michel Honaker

Fiche de La sorcière du marais
Titre : La sorcière du marais (Tome 5 sur 5 – Rocambole)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2005
Editeur : Gallimard
Première page de La sorcière du marais
« Les monts Tcherski sont l’enfer sur terre et seuls des démons peuvent y habiter. » Tel était le dicton populaire qui circulait dans cette région chaotique de la Russie, meurtrie par le vent et la glace, où la température avoisinait les – 50° au creux de l’hiver. Il disait vrai. Ces démons existaient : c’étaient ces bagnards qui piochaient inlassablement les rives d’un affluent de la rivière Iana. Étaient-ils encore humains, ces pauvres hères qui harcelaient la roche avec de la tourbe jusqu’aux genoux ? Ils plantaient leurs crocs de métal du geste las et répétitif de ceux qui ont oublié le temps, pliant sous les assauts du blizzard. Cette cuvette excavée au cœur de la montagne ressemblait à une fourmilière, traversée par des entrelacs de gouttières en bois dressées sur des pilotis. Les cailloux extraits du torrent étaient acheminés vers de larges tamis en partie immergés dans le courant. Un parfum âcre de produit chimique flottait dans les airs et un mot courait sur les lèvres et expliquait tout : l’or. »
Extrait de : M. Honaker. « Rocambole et la Sorcière du Marais. »
Le diable de Montrouge par Michel Honaker

Fiche de Le diable de Montrouge
Titre : Le diable de Montrouge (Tome 4 sur 5 – Rocambole)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2005
Editeur : Gallimard
Première page de Le diable de Montrouge
« À peine le dernier accord de la sonate des adieux de Beethoven eut-il été plaqué sous les lambris du salon de lady Avesham, que les applaudissements de l’assistance fusèrent comme une salve d’artillerie. Sous les vivats, Artémis Coulonges s’écarta à regret du piano, encore pénétrée par la musique qu’elle venait d’interpréter, et se levant de son tabouret, esquissa une révérence modeste.
Un élégant à barbiche joua des coudes pour gagner le premier rang de ce beau monde conquis et clamer ses « bravo » avec un enthousiasme dévot. La jeune fille frêle le remarqua sans doute car elle le gratifia lui et lui seul d’un sourire complice. Il en redoubla de cris et de trépignements si la chose était possible.
Lady Avesham en personne, une vieille Anglaise distinguée, quitta sa chaise pour donner l’accolade à la belle.
— Quel merveilleux récital, lui glissa-t-elle. Ne faites pas attendre l’Amérique, mon enfant, et n’écoutez pas ces insatiables, sans quoi vous manquerez votre navire. Partez vite ! »
Extrait de : M. Honaker. « Rocambole et le Diable de Montrouge. »