Auteur/autrice : CH91

 

Compte-rendu de certains événements survenus à Londres par China Miéville

Fiche de Compte-rendu de certains événements survenus à Londres

Titre : Compte-rendu de certains événements survenus à Londres
Auteur : China Miéville
Date de parution : 2004
Traduction : N. Mège
Editeur : Bélial

Première page de Compte-rendu de certains événements survenus à Londres

« Le 27 novembre 2000, un pli m’est parvenu. Rien que de très habituel chez moi : depuis que j’ai entamé une carrière d’écrivain à plein temps, je reçois beaucoup plus de courrier. Une bande arrachée sur le rabat de l’enveloppe permettait d’en vérifier le contenu. Ce qui n’a rien d’inhabituel non plus. A cause, sans doute, de mes activités politiques — membre à géométrie variable d’un groupe d’extrême-gauche, je me suis présenté aux élections au nom de la Socialist Alliance —, il est fréquent que l’on espionne ma correspondance, ce qui ne lasse d’ailleurs pas de m’indigner.

Si je précise ce détail, c’est pour expliquer pourquoi j’ai ouvert une lettre qui ne m’était pas destinée. Je m’appelle China Miéville et j’habite sur …ley Road. Le paquet était adressé à un certain Charles Melville, au même numéro, mais sur …ford Road. Aucun code postal n’étant mentionné, le colis a fini par échouer à mon domicile. Devant ce gros emballage à demi déchiré par quelque barbouze, j’ai tout bêtement supposé qu’il m’était adressé et je l’ai ouvert. »

Extrait de : C. Miéville. « Compte-rendu de certains evenements survenus a Londres. »

Celui qui dénombrait les hommes par China Miéville

Fiche de Celui qui dénombrait les hommes

Titre : Celui qui dénombrait les hommes
Auteur : China Miéville
Date de parution : 2016
Traduction : N. Mège
Editeur : I2N

Première page de Celui qui dénombrait les hommes

« Sur un mont, un jeune garçon dévale un chemin de terre en hurlant. Cet enfant, c’est moi. Il étire les bras le plus possible, à croire qu’il a trempé ses mains dans de la peinture et qu’il veut les plaquer sur du papier pour faire un dessin, seulement ses paumes ne montrent que de la terre. On n’y voit pas de sang.
Il a neuf ans, je crois, et il n’a jamais couru aussi vite. Il trébuche, il se précipite. À plusieurs reprises, il donne l’impression de devoir chuter dans la rocaille et les ajoncs qui entourent le sentier, mais je garde mon équilibre et j’atteins l’ombre de la montagne. Le temps semble à l’humidité bien qu’il n’ait pas plu. Je projette dans mon sillage un nuage de poussière froide et des bestioles qui détalent devant moi.
Les gens de la petite ville ont repéré le phénomène bien avant mon arrivée, m’indiquera plus tard Samma. Une fois certaine qu’il ne s’agit pas juste d’un caprice météorologique, elle rejoint le groupe venu attendre près de la pompe qui flanque le pont côté ouest, à hauteur des dernières maisons, afin d’observer ce qui se dirige vers l’agglomération. »

Extrait de : C. Miéville. « Celui qui denombrait les hommes. »

Le concile de fer par China Miéville

Fiche de Le concile de fer

Titre : Le concile de fer (tome 3 sur 3 – Cycle de Bas-Lag)
Auteur : China Miéville
Date de parution : 2004
Traduction : N. Mège
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le concile de fer

« En un temps révolu, des femmes et des hommes tracent une ligne à travers l’immensité, entraînant l’Histoire derrière eux. Ils sont immobiles, un cri d’assaut figé sur la bouche. Ils franchissent la rocaille : des tranchées, de la forêt, de la broussaille, l’ombre de briques. Ils adviennent sans cesse.
Et en un temps plus lointain encore, un homme se tient sur une aspérité de granit, le poing serré d’une montagne. Des arbres recouvrent ce pic, comme une écume de forêt. L’homme est campé au-dessus d’un monde vert. Une faune à cuir et à plumes indifférente parsème le ciel en dessous de lui.
Plus haut, par-delà les piliers de batholithe : la voie qu’il a tracée, flanquée par des bivouacs de toile. Des gens, un feu, petit cousin châtré des embrasements qui fertilisent la sylve.
Un vent enveloppe cet homme à l’écart, le fige à jamais dans ce moment passé. Son souffle gèle sur sa barbe. Il consulte le mercure, apathique dans le verre du baromètre à cordelette graduée. Par cet automne monticole, l’homme détermine sa position au-dessus du ventre du monde, et celle de ses équipes. »

Extrait de : C. Miéville. « Le concile de fer – Cycle de Bas-Lag. »

Les scarifiés par China Miéville

Fiche de Les scarifiés

Titre : Les scarifiés (tome 2 sur 3 – Cycle de Bas-Lag)
Auteur : China Miéville
Date de parution : 2002
Traduction : N. Mège
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les scarifiés

« À un kilomètre en dessous du plus bas des nuages, le roc fend les flots. Et l’océan commence.
On lui a attribué quantité de noms. Sa moindre crique, sa moindre baie, son moindre courant, ont été classifiés comme autant d’unités discrètes. Pourtant il est chose indivisible, où les frontières sont absurdes. Il emplit l’espace entre pierres et sable, s’enroulant le long des côtes, comblant le vide entre les continents.
Aux confins du monde, l’eau salée est d’une froideur qui brûle. À l’instar de la terre, d’immenses plaques de mer gelée se brisent, s’écrasent, se reforment, parsemées de tunnels – tanières du crabe des glaces, un philosophe à la carapace de sérac animé. Dans les lagunes australes, des forêts de vers tubicoles, de laminaires, de coraux prédateurs. Le poisson-lune se meut avec une grâce imbécile. Le trilobite bâtit son nid dans l’os et le fer en dissolution.
L’océan foisonne. »

Extrait de : C. Miéville. « Les Scarifies – Cycle de Bas-Lag. »

Perdido Street Station (partie 2) par China Miéville

Fiche de Perdido Street Station (partie 2)

Titre : Perdido Street Station (partie 2) (tome 1 sur 3 – Cycle de Bas-Lag)
Auteur : China Miéville
Date de parution : 2000
Traduction : N. Mège
Editeur : Fleuve noir

Première page de Perdido Street Station (partie 2)

« Un picotement gênant et insistant tira Benjamin Flex du sommeil. Sa tête dodelina, nauséeuse. Son estomac fit le plongeon.
Il était assis, attaché sur une chaise, dans une petite salle d’un blanc aseptique. Au centre d’un des murs, une fenêtre en verre dépoli laissait pénétrer la lumière, mais rien d’autre – aucun indice de ce que recelait le dehors. Un homme en blouse blanche, campé au-dessus de lui, le titillait au moyen d’une pointe de métal reliée par des fils à un moteur ronronnant.
Ben leva les yeux vers le visage de l’homme, et s’y découvrit lui-même. Son geôlier arborait un masque en verre-miroir à la rotondité et à la brunissure parfaites, une lentille convexe lui renvoyant sa physionomie distordue. Malgré le ridicule et le bombement de cette image, Ben fut saisi devant le sang et les ecchymoses qui lui maculaient la peau. »

Extrait de : C. Miéville. « Perdido Street Station T2 – Cycle de Bas-Lag. »

Perdido Street Station (partie 1) par China Miéville

Fiche de Perdido Street Station (partie 1)

Titre : Perdido Street Station (partie 1) (tome 1 sur 3 – Cycle de Bas-Lag)
Auteur : China Miéville
Date de parution : 2000
Traduction : N. Mège
Editeur : Fleuve noir

Première page de Perdido Street Station (partie 1)

« Du veldt de la broussaille des champs des fermes puis ces premières masures se dressant sur la terre… La nuit a été longue. À la faveur de l’obscurité, les maisons délabrées incrustées dans les berges ont poussé tout autour comme des champignons.
Nous tanguons. Roulons de droite et de gauche sur un profond courant.
Derrière moi, l’homme inquiet tire sur son gouvernail et le chaland redresse le cap. La lueur vacillante de la lanterne oscille. C’est moi que cet homme craint. Je suis penché au-devant de l’onde mouvante, obscure, à la proue du petit esquif.
Des bruits ténus enflent par-dessus le ronron huileux du moteur et la caresse du flot – bruissements de maisons : les poutres chuchotent, le vent frotte le chaume, les murs se tassent, les planchers jouent pour s’adjuger l’espace. Les dizaines d’habitations sont devenues centaines, puis milliers ; éparpillées à partir de la rive, elles émettent leurs lueurs à travers toute la plaine.
Elles m’entourent, grossissent. Gagnent en hauteur, en embonpoint, en coffre. Se coiffent de toits d’ardoise, s’arment de murs de brique. »

Extrait de : C. Miéville. « Perdido Street Station T1 – Cycle de Bas-Lag. »

Notes & Commonplace Book par Howard Phillips Lovecraft

Notes & Commonplace Book - H. P. Lovecraft

Fiche de Notes & Commonplace Book

Titre : Notes & Commonplace Book
Auteur : Howard Phillips Lovecraft et Robert Hayward Barlow
Date de publication : 1938
Traduction : Mais-Encore.fr
Editeur : Mais-Encore.fr

Téléchargement (prix libre)

Notes & Commonplace book — H. P. Lovecraft
Livret de travail de H. P. Lovecraft pour rédiger ses nouvelles, saisi et annoté par R. H. Barlow.
Traduction française : Mais-Encore.fr

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Première page de Notes & Commonplace Book

« Le Carnet de Notes et de Lieux Communs utilisé par le regretté H. P. Lovecraft, incluant ses Suggestions pour l’écriture d’histoires, ses Analyses du récit fantastique, et une Liste de Certaines Horreurs Fondamentales et Sous-jacentes, etc., etc.

Conçu pour stimuler l’imagination.

Lakeport, Californie
The Futile Press
MDCCCCXXXVIII (1938) »

Extrait de : H.P. Lovecraft. « Notes & Commonplace Book. »

Hellbent par Cherie Priest

Fiche de Hellbent

Titre : Hellbent (tome 2 sur 2 – Les dossiers Cheshire Red)
Auteur : Cherie Priest
Date de parution : 2011
Traduction : C. Roulet
Editeur : Panini

Première page de Hellbent

« Sur le coup, l’idée m’avait semblé bonne. C’est le genre de phrase qu’on pourra certainement lire sur ma tombe, accompagnée d’une petite bafouille faisant état de mon impulsivité débordante. Mais lorsque Horace Bishop m’avait appelée, le souffle littéralement coupé par le plaisir et l’avidité, pour m’informer qu’il était à Portland et me proposer d’aller prendre un verre, j’avais accepté. En fait, j’aurais mieux fait de m’abstenir. Il y a des choses comme ça que le bon sens nous dicte d’éviter, comme porter de l’écossais, par exemple.

Jamais, au grand jamais, je ne porte d’écossais.

Idem pour l’orange. Non pas que la couleur me déplaise ; c’est juste qu’elle ne me va pas au teint. Le mien est pâle comme un jour d’hiver. Mes cheveux sont noirs avec des reflets bleutés et ma peau est presque translucide. C’est ce qui arrive aux morts-vivants. L’orange donne l’impression que j’ai des problèmes de foie, alors j’évite, tout comme j’aurais probablement mieux fait d’éviter ce rendez-vous avec Horace. Mais qu’est-ce que j’aurais pu faire ? Il savait déjà où j’habitais (en gros), il connaissait déjà mes tarifs (plus ou moins) et il était quasiment mon agent. Ou mon mac, selon. »

Extrait de : C. Priest. « Hellbent – Les dossiers Cheshire Red. »

Bloodshot par Cherie Priest

Fiche de Bloodshot

Titre : Bloodshot (tome 1 sur 2 – Les dossiers Cheshire Red)
Auteur : Cherie Priest
Date de parution : 2011
Traduction : C. Roulet
Editeur : Panini

Première page de Bloodshot

« Si je vous racontais les trucs de dingue que mes clients me demandent de voler, vous n’en croiriez pas vos oreilles.

Des vieux trucs, des neufs aussi. Des trucs chers, des trucs rares, des trucs bien dégueulasses même.

Ces derniers temps, c’était des trucs vraiment pas nets.

On a tous entendu parler de personnes qui regrettent leurs tatouages. Eh bien moi, je préférerais vivre une éternité avec un Titi gravé sur le cul plutôt que de savoir qu’il existe un film de boules dans lequel mon nom est cité au générique, et mon compte en banque me dit que je ne suis pas la seule dans ce cas. J’ai dû récupérer trois sextapes au cours des huit derniers mois, et une affaire du même type m’attend encore sur le coin de mon bureau. »

Extrait de : C. Priest. « Bloodshot – Les dossiers Cheshire Red. »

Dreadnought par Cherie Priest

Fiche de Dreadnought

Titre : Dreadnought (tome 3 sur 6 – Le siècle mécanique)
Auteur : Cherie Priest
Date de parution : 2010
Traduction : C. Esmein
Editeur : Panini

Première page de Dreadnought

« La buanderie au sol souillé de sang était remplie de piles de draps, de peignoirs et de couvertures dont certaines atteignaient le plafond. Une silhouette s’y démenait, les bras enfoncés jusqu’aux coudes dans un bac de taies d’oreiller sales. Vinita Lynch avait juré – sur la tête de sa mère – au soldat Hugh Morton de retrouver sa montre à gousset avant qu’elle ne subisse un bain savonneux, ce qui aurait signifié la fin de son existence en tant que pièce d’horlogerie.

La raison pour laquelle ce soldat l’avait glissée dans sa taie d’oreiller n’avait rien d’un mystère : même dans un établissement aussi bien tenu que le Robertson Hospital, les objets précieux ou de petite taille faisaient preuve d’une détermination étonnante à s’évaporer. Et que l’homme ait oublié qu’il avait caché sa montre n’avait rien de surprenant non plus : il avait eu la chance de survivre au tir qui lui avait éraflé le cuir chevelu, mais il en était resté confus, sinon égaré, de temps à autre. Et l’heure du petit déjeuner, en cette matinée, avait fait partie de ces moments de confusion. »

Extrait de : C. Priest. « Dreadnought – Le siècle mécanique. »