Catégorie : Livres

 

Flamboyance par Mathieu Gaborit

Fiche de Flamboyance

Titre : Flamboyance (Tome 2 sur 2 – La cité exsangue)
Auteur : Mathieu Gaborit
Date de parution : 2022
Editeur : Mnémos

Première page de Flamboyance

« Sa fonction a toujours été au cœur de la société abymoise. Il est la figure emblématique d’un équilibre entre deux pouvoirs : le monde d’en haut représenté par la cité d’Abyme, et celui d’en bas incarné par les Abysses où vivent les démons.

Sa fonction proprement dite est de traquer et d’exécuter les invocateurs qui n’ont pas respecté la connivence signée avec un démon. Conformément à la loi des Décades instaurée par le palais d’Acier suite à « l’incident Pertuis », il doit être remplacé tous les dix ans, l’Artificier en place étant le seul en droit de désigner ses héritiers putatifs. Ceux qui ont été choisis auront dès lors toute liberté pour agir et se distinguer ; il s’agit là d’une compétition où tous les coups sont permis, y compris le meurtre. »

Extrait de : M. Gaborit. « La cité exsangue – Flamboyance. »

Les nouveaux mystères d’Abyme par Mathieu Gaborit

Fiche de Les nouveaux mystères d’Abyme

Titre : Les nouveaux mystères d’Abyme (Tome 1 sur 2 – La cité exsangue)
Auteur : Mathieu Gaborit
Date de parution : 1998
Editeur : Mnémos

Première page de Les nouveaux mystères d’Abyme

« Maspalio,

Je vais être sincère. Au début, je n’ai pas cru à ta retraite dans les abysses. Cela fait près de dix ans que tu es parti, et je ne sais pas si tu es resté le même. Je suppose que vivre parmi les démons a un prix.

Les premières années, je m’attendais chaque jour à te voir réapparaître. Au fil du temps, j’ai fini par ne plus y croire. Aujourd’hui, c’est moi qui ai besoin de toi.

Est-ce que tu rêves encore de moi ? Moi, je rêve de toi, je rêve de ce que nous n’avons pas conquis à deux. Il y a des souvenirs si réels… Ils me font croire que tout cela a peut-être un sens et que même si nous n’avons pas su nous donner une chance, nous avons goûté l’un à l’autre. Je ne nous blâme pas. C’était peut-être trop tôt ou trop tard, c’était peut-être la faute de nos vies trop denses. J’avais de l’espace pour toi. De l’espace et de l’amour. »

Extrait de : M. Gaborit. « La Cité exsangue – Les Nouveaux Mystères d’Abyme. »

L’ombre de Noth par William Hawk

Fiche de L’ombre de Noth

Titre : L’ombre de Noth (Tome 3 sur 3 – L’âme des rois nains)
Auteur : William Hawk
Date de parution : 1998
Editeur : Mnémos

Première page de L’ombre de Noth

« Barbe-Rousse se trouvait être le seul capitaine ayant survécu au naufrage de l’Utopia. Il venait de grimper au sommet d’un tertre, d’un pas lent et résolu. Autour de lui se massaient les autres survivants de la catastrophe, des géants aux corps meurtris, se soutenant les uns et les autres avec des regards emplis de tristesse. Seul le vent semblait faire écho à cette foule terrassée, glissant comme un linceul sur leurs épaules voûtées. Un peu plus loin, quatre silhouettes lorgnaient les géants avec un mélange d’inquiétude et de compassion.

Le premier d’entre eux se nommait Mohndoroïn. Ce nain massif, ancien guerrier du clan de l’Émeraude, gardait les yeux rivés sur l’épave de l’Utopia, sur ce rêve qu’il avait lui-même brisé. »

Extrait de : W. Hawk (M. Gaborit). « L’Âme des rois nains – L’ombre de Noth. »

La tour des mages par William Hawk

Fiche de La tour des mages

Titre : La tour des mages (Tome 2 sur 3 – L’âme des rois nains)
Auteur : William Hawk
Date de parution : 1998
Editeur : Mnémos

Première page de La tour des mages

« Mohndoroïn porta la main au bandeau qui couvrait l’orbite creuse de son œil droit. Il l’avait perdu dans ces montagnes, contre un ogre dont le poing ferré avait manqué de le tuer. Le nain fronça les sourcils en songeant à ce combat, à la manière dont Grise était parvenue à mettre en fuite leurs assaillants.

Pour l’heure, elle se tenait en retrait, sur une solide monture cédée par les forgerons royaux. Vêtue comme à l’accoutumée de son armure complète, elle avait une main sur la bride et une autre sur le pommeau de son épée bâtarde glissée dans son fourreau. »

Extrait de : W. Hawk (M. Gaborit). « L’Âme des rois nains – La tour des mages. »

Le roi déchu par William Hawk

Fiche de Le roi déchu

Titre : Le roi déchu (Tome 1 sur 3 – L’âme des rois nains)
Auteur : William Hawk
Date de parution : 1997
Editeur : Mnémos

Première page de Le roi déchu

« Avant le commencement, avant même ce que les Anciennes races appellent désormais « les Origines », rien n’existait ou ne subsistait en l’univers que le Grand Vide : ni temps, ni espace, ni matière, et l’absence se nourrissait d’elle-même, comme un serpent se mord la queue. Lassé du reflet de sa non-existence, le Vide se contracta en un point brûlant et solitaire pour donner corps à la Substance dont, par la grâce des Éthers, procède toute chose. Elle se scinda en deux principes égaux et complémentaires qui lui donnèrent vie : ainsi naquirent Khronon et Anankë, ainsi parurent le temps et l’espace – le père et la mère de tous les dieux, et le fruit de leur union se répandit dans les mondes supérieurs pour peupler l’Univers (…) »

Extrait de : W. Hawk (M. Gaborit). « L’Âme des rois nains – Le roi déchu. »

Le roi des cendres par Mathieu Gaborit

Fiche de Le roi des cendres

Titre : Le roi des cendres (Tome 3 sur 3 – Les chroniques des féals)
Auteur : Mathieu Gaborit
Date de parution : 2002
Editeur : Bragelonne

Première page de Le roi des cendres

« Le silence régnait sur la frontière qui séparait les Provinces-Licornes de l’Empire de Grif’. La rumeur sourde des caravanes marchandes s’était tue. Des routes qui se faufilaient entre les deux pays, il ne restait que des rubans noircis, des sentiers au parfum de cendre. L’empreinte de la Charogne avait marqué les dunes sacrées de longues balafres. Elles couraient comme des plaies à la surface du sable dont la teinte, louée jadis pour son éclat, était devenue terne et grisâtre. Aucune tribu n’avait pu empêcher l’hydre des Sombres Sentes de s’étendre au cœur des dunes antiques. Les digues invisibles que la magie licornéenne élevait à la faveur de la nuit tombaient les unes après les autres.

Deux Licornéens acceptaient encore de voir le soleil se coucher sur cette frontière funeste. Le plus âgé s’appelait Ezrah. »

Extrait de : M. Gaborit. « Le Roi des Cendres – Les chroniques des féals. »

Le fiel par Mathieu Gaborit

Fiche de Le fiel

Titre : Le fiel (Tome 2 sur 3 – Les chroniques des féals)
Auteur : Mathieu Gaborit
Date de parution : 2001
Editeur : Bragelonne

Première page de Le fiel

« Le roi contemplait l’horizon brumeux de son royaume à travers une vaste fenêtre circulaire tendue d’une membrane cristalline. Les artisans charognards avaient jadis exploité la matière brute de l’œil d’une Tarasque pour dresser le précieux organe dans l’axe du lit royal, afin que tous puissent admirer leur cité jusqu’aux lointaines frontières du fleuve des Cendres.

La main osseuse du roi se porta à la rencontre de l’œil mort et effleura les montants de bronze qui rayonnaient à sa surface. Sous ces tiges froides couraient d’invisibles veinules pour maintenir en vie le cœur de la relique, une lentille de la taille d’une assiette. Le roi aimait ainsi venir à son contact depuis la périphérie du cercle et découvrir le relief invisible de ses facettes ainsi que le souffle tiède de la vie qui coulait à l’intérieur. »

Extrait de : M. Gaborit. « Le Fiel – Les chroniques des féals. »

Coeur de phénix par Mathieu Gaborit

Fiche de Coeur de phénix

Titre : Coeur de phénix (Tome 1 sur 3 – Les chroniques des féals)
Auteur : Mathieu Gaborit
Date de parution : 2000
Editeur : Bragelonne

Première page de Coeur de phénix

« Les dernières lueurs du jour incendiaient la ligne d’horizon. L’enfant observait avec mélancolie le spectacle du brasier mourant. Déjà, une brise légère et froide coulait le long de la plaine, entraînant des lambeaux de brume puisés à la rivière proche. Réprimant un frisson, le jeune garçon, penché à la lucarne de la roulotte, pouvait presque entendre le cours d’eau en contrebas…

— Il commence à faire froid, souffla une voix douce.

L’enfant ne se retourna pas, devinant que le regard tendre de sa mère s’était levé des pages de son livre pour se poser sur lui. Enveloppée dans une couverture de laine, elle lisait à l’éclat vacillant d’une bougie, scrutant l’usure de la cire comme le compte à rebours de la nuit. Assise dans un fauteuil de cuir brun qu’elle tenait d’un vieil échevin, elle lui signalait, fidèle, l’instant où il fallait se mettre au lit. Mais son fils
préférait continuer à observer le crépuscule.
 »

Extrait de : M. Gaborit. « Coeur de phoenix – Les chroniques des féals. »

Wonderful par D. Calvo

Fiche de Wonderful

Titre : Wonderful
Auteur : D. Calvo
Date de parution : 2001
Editeur : Bragelonne

Première page de Wonderful

« L’enregistrement paraît vieilli, craquelé.
« Maintenant, nous avons plus de recul. J’ai désormais à l’esprit l’image vague et merveilleuse d’une vie se répandant lentement depuis ce grain de poussière du système solaire jusqu’à l’immensité inerte de l’espace sidéral tout entier. Mais cela n’est qu’un rêve lointain. Il se peut que la destruction des Martiens ne soit qu’un court répit. C’est peut-être à eux, et non à nous, que l’avenir appartient. Comme il m’est étrange d’être assis maintenant dans ma paisible étude de Princeton, écrivant le dernier chapitre de ce récit commencé dans une ferme déserte de Grovers Mill. Comme il m’est étrange de voir indistinctement, depuis la fenêtre, la flèche bleue de l’université dans l’avril brumeux. Comme il m’est étrange de regarder les enfants jouer dans la rue. Comme il m’est étrange de voir des jeunes gens batifolant sur la pelouse, où l’herbe nouvelle du printemps apaise les dernières cicatrices noires de la terre meurtrie. Étrange de voir des curieux entrer dans le musée où les vestiges d’une machine martienne sont présentés au public. Étrange de se rappeler le moment où je l’ai vue pour la première fois, brillante et bien définie, froide et silencieuse, à l’aube de ce dernier grand jour. »

Extrait de : D. Calvo. « Wonderful. »

Toxoplasma par D. Calvo

Fiche de Toxoplasma

Titre : Toxoplasma
Auteur : D. Calvo
Date de parution : 2017
Editeur : La volte

Première page de Toxoplasma

« Plus forêt non. Désastre.

Une terre éventrée de racines, ruines d’arbres noyées dans la boue. Cette dévastation de troncs tresse un labyrinthe sans issue. Éteintes les rhapsodies d’oiseaux.

Au loin tonne un grondement sourd. Mousse et feuilles accueillent les larmes du ciel comme une consolation.

Une silhouette danse au fond du bois brisé – ses mains tracent dans la désolation la figure d’une folle d’une

Nikki ouvre les yeux. Signal d’alarme au fond du ventre, pipi ou bien terreur. Un drap tout fin colle son corps couvert de sueur. Dehors : nuit partout. »

Extrait de : D. Calvo. « Toxoplasma. »