Catégorie : Livres

 

Appelez-moi un exorciste par J. Bixby

Fiche de Appelez-moi un exorciste

Titre : Appelez-moi un exorciste
Auteur : J. Bixby
Date de parution : 1974
Traduction : C. Noudel
Editeur : Marabout

Sommaire de Appelez-moi un exorciste

  • Un pari de pêcheur
  • Les femmes sont des sorcières
  • Le meilleur amant de tout l’enfer
  • La statue du désir
  • La plus sale blague du diable
  • Le dernier souhait
  • La diseuse de mauvaise aventure
  • La meilleure cliente du diable
  • Les étranges habitudes de Robert Prey
  • Le démon grossier et le satyre raffiné
  • La fiole d’amour
  • Un goût du ciel sur l’île de l’enfer
  • L’escapade à Shangri-la
  • Vengeance dans la jungle
  • La plus triste histoire de l’enfer
  • Le baiser de sang
  • La potion magique du marquis
  • Le mortel et la déesse
  • La déesse de la caverne tabou

Première page de Un pari de pêcheur

« Jack Pauling et Dar Jhabvalla se serrèrent la main et les autres se regardèrent, en se demandant ce qui allait arriver ensuite. Le pari était à la fois amusant et un peu effrayant.

Nous savions que Jack n’était pas assez riche pour miser dix mille dollars même s’il gagnait très bien sa vie comme correspondant à l’étranger du magazine Life. Nous tous, photographes et écrivains, qui roulions notre bosse à travers le monde, nous arrivions à joindre les deux bouts, mais dix mille dollars, cela faisait une somme qui dépassait nos moyens. Du reste, le pari semblait gagné d’avance. Le rire sardonique de Jack nous avertit qu’il ne croyait pas plus que nous qu’une corde pouvait s’élever toute seule dans les airs. C’est pour cela qu’il avait joyeusement accepté lorsque Jhabvalla avait offert de parier avec lui que c’était possible. »

Extrait de : J. Bixby. « Appelez-moi un exorciste. »

Passage de la bête par M. Béalu

Fiche de Passage de la bête

Titre : Passage de la bête
Auteur : M. Béalu
Date de parution : 1969
Editeur : Belfond

Première page de Passage de la bête

« Simon avait vécu longtemps à la recherche de tout, sauf du bonheur. Quand il vint habiter la maison entre la forêt et la mer, avec Eva, sa jeune femme, voulait-il y cacher cette chose la plus commune et cependant la plus rare, ce bonheur dédaigné jusqu’ici, mais qui avait fini par le rejoindre ?

Un an après, une fille leur naquit, et la jeune femme regardait parfois avec une tendresse particulière son époux dont elle admirait l’expérience et la bonté. Elle se sentait pleine de tranquille assurance quand il affirmait :

— Nous sommes unis pour l’éternité.

Mais elle n’était pas aussi sûre que lui de la pérennité des sentiments. Elle entretenait au fond d’elle comme une grande attente secrète.

Quatre années passèrent dans la maison assaillie par les futaies des sous-bois. »

Extrait de : M. Béalu. « Passage de la bête. »

Mémoires de l’ombre par M. Béalu

Fiche de Mémoires de l’ombre

Titre : Mémoires de l’ombre
Auteur : M. Béalu
Date de parution : 1972
Editeur : Phebus

Sommaire de Mémoires de l’ombre

  • Plusieurs enfances
  • Elles et elle
  • Théâtre souterrain
  • Le dormeur debout

Première page de Plusieurs enfances

« CHAQUE chose était une serrure qu’il suffisait d’ouvrir, mais s’égarer derrière n’était pas sans danger. Souvent il fallait descendre sous terre, ramper à travers de longs boyaux humides. Malheur à qui tournait la tête pour regarder le chemin parcouru : il se retrouvait immédiatement vidé de son apparence et tel qu’au premier jour, poussière au milieu du monde. Mais pour celui qui n’obéissait qu’à l’indicible curiosité se découvrait bientôt un nouvel univers, immenses grottes à voûtes invisibles où des lunes couleur d’arc-en-ciel étaient suspendues, peuples silencieux et actifs flottant sur des rives au flot transparent comme l’air même. »

Extrait de : M. Béalu. « Mémoires de l’ombre. »

L’expérience de la nuit par M. Béalu

Fiche de L’expérience de la nuit

Titre : L’expérience de la nuit
Auteur : M. Béalu
Date de parution : 1945
Editeur : Gallimard

Première page de L’expérience de la nuit

« Jamais je n’étais venu dans ce quartier. Une populace dépenaillée encombrait les trottoirs, toute une marmaille mal débarbouillée se poursuivait dans la rue. Au numéro que je cherchais, un grand nombre de plaques, de toutes dimensions et de toutes couleurs, indiquaient les noms et les étages des locataires. Enfin, sur un carré de papier jauni par les intempéries, je pus lire : A. FOHAT, OCULISTE, 4e étage. Comme je pénétrais sous la porte cochère, une grosse femme habillée d’un caraco à la mode d’un autre siècle surgit de l’ombre humide pour me dévisager. Sans prendre garde à cette apparition, je grimpai, au fond de la cour, les degrés maculés d’un escalier. A chaque marche palière, de fausses entrées étaient peintes sur les murs moisis, simulant un étage, et il me fallut bientôt redescendre pour compter avec plus d’attention les paliers où s’ouvraient de vraies portes. »

Extrait de : M. Béalu. « L’experience de la nuit. »

L’aventure impersonnelle par M. Béalu

Fiche de L’aventure impersonnelle

Titre : L’aventure impersonnelle
Auteur : M. Béalu
Date de parution : 1966
Editeur : Marabout

Sommaire de L’aventure impersonnelle

  • L’aventure impersonnelle
  • Le bruit du moulin
  • L’ange gardien
  • Dangecour
  • Les trois livreurs
  • L’homme de la nuit
  • Le dernier domestique
  • Les pains à cacheter
  • L’autobus sans retour
  • L’archange aux flambeaux
  • Le bocal
  • La pêche au sang
  • La place

Première page de L’aventure impersonnelle

« D’UN SOUVENIR OUBLIÉ À UNE DÉCISION

Ayant terminé les affaires qui me conduisirent à A…, rien ne me retient plus dans cette ville. Cependant, rien non plus ne me presse de revenir dans une autre. Rares sont les instants où nous retrouvons le sentiment de notre disponibilité. En cet état de vacance, feuilletant l’agenda qui me sert d’aide-mémoire, j’y découvre un nom et une adresse à demi effacés. Et brusquement me revient le conseil d’un ami, depuis perdu de vue : S’il vous arrive d’aller à A…, ne manquez pas de rendre visite à Og… Og…s (le nom est absolument illisible), vous trouverez certainement chez lui ce que vous cherchez. Mais tout cela est si lointain que le motif même de ce conseil, je l’ai oublié. Que pouvais-je désirer, en ce temps-là, dans une ville où je croyais n’avoir jamais à me rendre ? Cet oubli aiguillonne ma curiosité. En maugréant contre la négligence qui me contraint trop souvent à prendre des notes au crayon, ce qui les rend bien éphémères, je m’enquiers aussitôt de la rue des Carmes ou rue des Larmes… »

Extrait de : M. Béalu. « L’aventure impersonnelle. »

L’araignée d’eau par M. Béalu

Fiche de L’araignée d’eau

Titre : L’araignée d’eau
Auteur : M. Béalu
Date de parution : 1956
Editeur : Belfond

Sommaire de L’araignée d’eau

  • L’araignée d’eau
  • Les messages clandestins

Première page de L’araignée d’eau

« Je me promenais innocemment – disons sans but – près de la rivière, quand une voix lointaine et comme venant du fond de l’eau m’arrêta. Le chant grêle et un peu aigu qu’elle modulait se détachait nettement sur le bourdonnement indéfini de la nature. Surpris, j’écartai les roseaux, me penchai. Il n’y avait, au-dessus de la nappe mouvante traversée d’un miroitement doré, qu’une de ces araignées aquatiques attirées par l’été hors de leur mystérieux habitacle. Elle allait et venait parmi la verte transparence. Et soudain, tandis que reprenait tout près, fragile et sonore à la fois, l’étrange suite de sons, je compris que cette araignée exprimait, par son chant presque humain, sa joie d’insecte.

Alors, dans la solitude nous entourant, il ne me parut pas ridicule de lui adresser la parole. »

Extrait de : M. Béalu. « L’Araignée d’eau. »

Journal d’un mort par M. Béalu

Fiche de Journal d’un mort

Titre : Journal d’un mort
Auteur : M. Béalu
Date de parution : 1947
Editeur : Gallimard

Sommaire de Journal d’un mort

  • Le visiteur de la nuit
  • La cheminée
  • Irène
  • Le mort vivant
  • Supplices

Première page de Journal d’un mort

« Je ne dors plus. J’ai renoncé à chercher le sommeil. Le soir, enfoui dans mon fauteuil j’attends que les vagues me recouvrent. Quand elles commencent à rapprocher les murs, quand un flottement s’empare des objets de la chambre, le scaphandrier entr’ouvre lentement la porte. Une eau verte ruisselle de ses formes pesantes, s’étale sur le tapis, saute au plafond. Il avance maladroitement comme au fond de la mer. Puis ouvrant son gant de caoutchouc il dépose sur ma table un caillou. Ce caillou phosphorescent étincelle dans l’ombre de plus en plus épaisse. Je ne vois plus que lui. La nuit a pour centre ce caillou blanc.
Quelquefois le visiteur de la nuit vient sans son scaphandre. Je suis alors pris d’un grand tremblement. C’est que toujours dans ce cas il met sous mes yeux le livre et toujours ouvert exactement à la page. Le livre est un Memento couvert de toile noire comme ceux à usage commercial et la page est celle du jour. La dernière fois j’ai pu lire ! lundi 28 avril, saint Aimé. Justement ce jour-là je n’avais aimé personne. En effet sous cette mention il n’y avait rien, la page était un désert de blancheur. »

Extrait de : M. Béalu. « Journal d’un mort. »

Contes du demi-sommeil par M. Béalu

Fiche de Contes du demi-sommeil

Titre : Contes du demi-sommeil
Auteur : M. Béalu
Date de parution : 1960
Editeur : Phebus

Sommaire de Contes du demi-sommeil

  • Contes du demi-sommeil
    • La bouche ouverte
    • Passion de la lecture
    • La vitrine aux poupées
    • Professeur à la boule
    • Une statue perfectible
    • Petite jeune fille dans Paris
    • Modeste et Irvine
    • Un roi comme tout le monde
    • Les trois livreurs
    • L’homme de la nuit
    • Le pont aux fauves
    • L’île au trésor
    • Destinée singulière
    • L’empreinte professionnelle
    • Le chat bleu
    • La fenêtre interdite
    • L’enfant de porcelaine
    • Naissance des vocations
    • L’oreille
    • La légendes siècles
  • La pérégrination fantasque
    • Ville volante
    • Coutumes et métiers
    • Ouvrières et monstres guerriers
    • Les pains à cacheter
  • Miroirs

Première page de La bouche ouverte

« Yeux ronds, bouche ouverte, le petit bonhomme entra chez le Grand Charcutier Impérial. Dans sa poche sa main fermée tenait une pièce de dix francs. Le petit bonhomme se dirigea timidement vers le centre du magasin. Là, debout sur un échafaudage de saindoux, vrai chef-d’œuvre d’architecture, était exposée l’Andouille Impériale, spécialité de la maison.
— Regardez ! Mais regardez donc sa bouche !… chuchota la plus jeune des vendeuses.
Cette demoiselle tenait la cuillère à pâté avec une élégance visible, l’auriculaire levé, et ses ongles étincelaient autant que les vitrines où s’alignait le menu fretin des Saucisses Royales, autre spécialité de la maison.
— S’il pouvait seulement fermer sa bouche ! répéta-t-elle presque à haute voix en lançant un regard éploré au gérant dont le buste massif trônait au-dessus de la caisse aussi blanche que le saindoux. »

Extrait de : M. Béalu. « Contes du demi-sommeil. »

Sylvia par H. Fast

Fiche de Sylvia

Titre : Sylvia
Auteur : H. Fast
Date de parution : 1960
Traduction : L. du Veyrier
Editeur : Rivages

Première page de Sylvia

« La plupart des gens se contentent de faire ce qu’ils ont toujours fait : aujourd’hui sera comme hier, et demain ça continuera. C’est comme ça pour moi. Je gagne un salaire de misère dans un sale boulot. Dès que j’ai un sou en poche, je peux refuser les tâches vraiment répugnantes et accepter celles qui le sont moins, et alors j’en conçois une certaine estime pour moi-même, aussi vaine et dépourvue de sens que tous les autres sentiments que j’éprouve. Et toujours, comme tous les gens de mon espèce, je rêve que l’impossible va se produire.

S’il n’arrivait jamais rien, l’existence serait absurde. Moi, j’ai eu de la chance, au moins une fois dans ma vie – et c’est déjà beaucoup – il m’est arrivé quelque chose : Sylvia West est entrée dans ma vie et je suis entré dans la sienne.

Je m’appelle Alan Macklin. Taille : un mètre soixante-dix-huit ; cheveux bruns, yeux marron, je ne suis ni plus laid ni mieux qu’un autre. »

Extrait de : H. Fast. « Sylvia. »

Spartacus par H. Fast

Fiche de Spartacus

Titre : Spartacus
Auteur : H. Fast
Date de parution : 1960
Traduction : J. Rosenthal
Editeur : L’Atalante

Première page de Spartacus

« On rapporte que, dès le milieu du mois de mars, la grand-route qui mène de Rome, la Ville Éternelle, à la cité, plus petite certes, mais guère moins ravissante, de Capoue, fut réouverte à la circulation ; ce qui ne veut point dire que le trafic y reprit aussitôt son volume habituel. Il faut bien en convenir, durant ces quatre dernières années, nulle route de la république n’avait connu ce flux paisible de voyageurs et de marchandises qu’on pouvait s’attendre à y rencontrer. Ce n’étaient partout que perturbations plus ou moins graves et l’on pourrait affirmer sans exagération que la route de Rome à Capoue offrait une image assez exacte de cet état de choses. On a dit non sans raison que la situation à Rome dépend de celle des routes : si les routes connaissent la paix et la prospérité, ainsi en va-t-il de la ville.

On afficha donc aux quatre coins de Rome que tout citoyen libre ayant affaire à Capoue était autorisé à s’y rendre en voyage d’affaires, mais on n’encourageait pas pour le moment les voyages d’agrément vers cette charmante station. »

Extrait de : H. Fast. « Spartacus. »