Catégorie : Livres

 

Les chemins étranges par Thomas Owen

Fiche de Les chemins étranges

Titre : Les chemins étranges
Auteur : Thomas Owen
Date de parution : 1943
Editeur : Néo

Sommaire de Les chemins étranges

  • Le péril
  • Du même bord
  • Non-lieu
  • La maquette de cire vierge
  • Tu es poussière…
  • L’épervier
  • Le destin des mains
  • 15.12.38
  • Le manteau bleu
  • Une aile de papillon mort

Première page de Le péril

« Mirone Prokop entra dans la chambre et, sans prendre le temps de se dévêtir, alla secouer joyeusement le gros garçon aux cheveux noirs ébouriffés qui ronflait sauvagement dans son lit en fer.

— Debout, Kamilo Tompa ! fit-il d’un ton théâtral. Debout ! L’heure a sonné… à mon tour de dormir.

Mirone Prokop était un grand gaillard d’une trentaine d’années, blond, rêveur, avec des yeux bleus si pâles, si doux, si naïfs, qu’ils lui donnaient l’air un peu perdu d’un bébé poussé en hauteur et errant ainsi sur la terre, hors mesure, sans défense et sans expérience, destiné à se meurtrir au coin des meubles et à trembler au bord des trottoirs, incapable de se décider à traverser les rues tout seul.

Celui qu’il venait d’appeler Kamilo Tompa se dressa sur sa couche en désordre et s’étira.

— Quelle heure est-il ?

— Neuf heures…

Le visage du dormeur à peine réveillé exprima l’affolement le plus total. Il se jeta lourdement hors du lit et, encore tout engourdi, fit quelques pas, puis se débarbouilla en hâte. »

Extrait de : T. Owen. « Les Chemins Étranges. »

Le livre noir des merveilles par Thomas Owen

Fiche de Le livre noir des merveilles

Titre : Le livre noir des merveilles
Auteur : Thomas Owen
Date de parution : 1980
Editeur : Casterman

Sommaire de Le livre noir des merveilles

  • La fille de la pluie
  • Le coeur de jade
  • La nuit au château
  • Le parc
  • Pitié pour les ombres
  • Motel party
  • Père et fille
  • Villa à vendre
  • Bagatelles douces
  • Wohin am abend ?
  • La grille
  • Donatienne et son destin
  • Le serpent bleu
  • La truie
  • Passage du Dr Babylon
  • La boule noire
  • Dagydes
  • Le voyageur
  • Au cimetière de Bernkastel
  • L’informateur ambigu
  • La dame de Saint-Pétersbourg
  • La poule noire
  • Elna 1940
  • Les vilaines de nuit
  • Le miroir
  • Les taches
  • Amanda, pourquoi ?
  • Mutation
  • Le rat Kavar
  • Le péril

Première page de La fille de la pluie

« Sur la table, un petit bouquet de muguets achevait de jaunir dans un verre. Dans le coin de la chambre, entre la fenêtre et l’armoire laquée, deux valises en toile grise, l’une sur l’autre. Assis sur le lit, les mains entre les jambes, il ne devait pas lever le nez et regarder au-dehors pour savoir qu’il pleuvait toujours. Il contemplait le bout de ses pantoufles et écoutait le bruit de l’eau sur les plates-formes et dans les gouttières. Son ennui tournait tout doucement au désespoir.

Doppelganger poussa un interminable soupir en se demandant, une fois de plus, s’il allait prolonger son séjour ou rentrer chez lui. Au mois de mai, sur la côte de la mer du Nord, il fait très beau ou très mauvais. Il avait mal choisi son année. Déjà, plusieurs clients de l’hôtel avaient plié bagage, écœurés. Il se donna cependant jusqu’au soir pour se décider. »

Extrait de : T. Owen. « Le livre noir des merveilles. »

La truie de Thomas Owen

Fiche de La truie

Titre : La truie
Auteur : Thomas Owen
Date de parution : 1972
Editeur : Marabout

Sommaire de La truie

  • La truie
  • La boule noire
  • Les guetteuses
  • L’impromptu d’Evora
  • Une véritable chinoiserie
  • La femme forcée
  • Les moments difficiles
  • Les retrouvailles
  • Motel party
  • Le voyageur
  • La mort d’Alexis Balakine
  • Les affaires d’autrui
  • La belle vaincue et le troubadour

Première page de La truie

« Le brouillard ne se dissiperait pas de sitôt. Bien au contraire, il allait sans cesse s’épaississant. Les nappes en devenaient toujours plus fréquentes, plus denses, opposant au double faisceau lumineux des phares, la blancheur soudaine d’un mur surgissant de la nuit. Rouler devenait de plus en plus dangereux. On eût dit que, nées un peu partout dans la campagne, ces impalpables et floconneuses entités s’appelaient, se rejoignaient, se fondaient peu à peu en une masse bientôt impénétrable.

Arthur Crowley avait déjà ralenti son allure. À chaque instant, maintenant, il lui fallait freiner brusquement devant d’imaginaires obstacles. Il croyait voir surgir tantôt l’arrière d’un camion non éclairé, ou un arbre en travers de la route, ou même des choses déraisonnables en ces lieux, un canot, un corbillard, une troupe de jeunes scouts à bicyclette… »

Extrait de : T. Owen. « La truie. »

La cave aux crapauds par Thomas Owen

Fiche de La cave aux crapauds

Titre : La cave aux crapauds
Auteur : Thomas Owen
Date de parution : 1945
Editeur : Marabout

Sommaire de La cave aux crapauds

  • Le péril
  • Du même bord
  • Non-lieu
  • La maquette de cire vierge
  • Tu es poussière…
  • L’épervier
  • Le destin des mains
  • 15.12.38
  • Le manteau bleu
  • Une aile de papillon mort
  • La cave aux crapauds
  • La présence désolée
  • La princesse vous demande
  • Ma cousine
  • Le châtelain
  • Dans la maison vide
  • Père et fille
  • Elfriede
  • Le serpent bleu
  • Le testament de M. Breggins

Première page de Le péril

« Mirone Prokop entra dans la chambre et, sans prendre le temps de se dévêtir, alla secouer joyeusement le gros garçon aux cheveux noirs ébouriffés qui ronflait sauvagement dans son lit en fer.

— Debout, Kamilo Tompa ! fit-il d’un ton théâtral. Debout ! L’heure a sonné… à mon tour de dormir.

Mirone Prokop était un grand gaillard d’une trentaine d’années, blond, rêveur, avec des yeux bleus si pâles, si doux, si naïfs, qu’ils lui donnaient l’air un peu perdu d’un bébé poussé en hauteur et errant ainsi sur la terre, hors mesure, sans défense et sans expérience, destiné à se meurtrir au coin des meubles et à trembler au bord des trottoirs, incapable de se décider à traverser les rues tout seul.

Celui qu’il venait d’appeler Kamilo Tompa se dressa sur sa couche en désordre et s’étira.

— Quelle heure est-il ?

— Neuf heures… »

Extrait de : T. Owen. « La cave aux crapauds. »

L’initiation à la peur par Thomas Owen

Fiche de L’initiation à la peur

Titre : L’initiation à la peur
Auteur : Thomas Owen
Date de parution : 1942
Editeur : Rivages

Première page de L’initiation à la peur

« LE COLONEL ET LA TULIPE

Le colonel Bruck était un de ces hommes éternellement jeunes, qui vont d’un pas désinvolte à la rencontre d’une soixantaine qui ne les effraye nullement. Grand, mince, les cheveux presque blancs, le visage plutôt rouge que hâlé, les yeux étrangement bleus, le colonel Bruck avait incontestablement une « sacrée allure ».

Vêtu de son éternel complet de flanelle grise, modèle croisé, il contemplait ce jour-là, dans le jardin de son cottage, les tulipes démesurées qu’il cultivait avec passion. Il y en avait des rouge sang, des mauve tendre, des jaunes, des mordorées, des noires même, somptueuses, veloutées, fièrement dressées au bout dune tige robuste, presque aussi grosse que le petit doigt.

Le colonel Bruck était entièrement satisfait. Et sa satisfaction se traduisait par un sourire réellement juvénile, qui creusait dans ses joues lisses de petites fossettes très amusantes qui lui avaient valu ses plus beaux succès féminins. »

Extrait de : T. Owen. « L’initiation à la la peur. »

Cérémonial nocturne par Thomas Owen

Fiche de Cérémonial nocturne

Titre : Cérémonial nocturne
Auteur : Thomas Owen
Date de parution : 1966
Editeur : Marabout

Sommaire de Cérémonial nocturne

  • Cérémonial nocturne
  • Woim am abend ?
  • Mutation
  • La fille de la pluie
  • Elna 1940
  • Le chasseur
  • Les lectures dangereuses
  • La passagère
  • La soirée du baron Swenbeck
  • Un beau petit garçon
  • Le grand amour de Mme Grimmer
  • Le petit fantôme
  • Au cimetière de Bernkastel
  • La dame de Saint-Pétersbourg
  • Bagatelles douces
  • La tentation de Saint Antoine
  • Etranger à Tabiano

Première page de Cérémonial nocturne

« Mon père ne m’imposait jamais aucune heure de rentrée lorsque je sortais le soir. Je devais uniquement me porter présent. Je frappais alors discrètement à la porte de la chambre.
Mon père faisait : « oui ! » d’une voix bourrue. J’entrais et déjà la lampe à son chevet se trouvait allumée. Ma mère dormait paisiblement. Mon père regardait sa montre et me dévisageait d’un coup d’œil. Selon que l’heure était raisonnable ou tardive, il y avait de la bienveillance ou de la réserve sur son visage. Je l’embrassais au front. Son nez très fin percevait alors si j’avais trop fumé, trop bu, ou si le parfum d’une femme flottait autour de moi. Aucun mot n’était prononcé. Je montais alors me coucher à l’étage supérieur, heureux ou inquiet selon l’état de ma conscience.
Je m’étais habitué à ce cérémonial nocturne et l’idée ne me serait jamais venue de m’y soustraire ou d’en être agacé. »

Extrait de : T. Owen. « Cérémonial nocturne. »

Visa pour l’outre-temps par Bernard Villaret

Fiche de Visa pour l’outre-temps

Titre : Visa pour l’outre-temps
Auteur : Bernard Villaret
Date de parution : 1976
Editeur : Denoël

Première page de Visa pour l’outre-temps

« Au moment où Sinclair, portant ses deux fusils sous-marins, s’apprêtait à embarquer sur le dinghy, il entendit un sifflotement modulé du côté de la route. Dans les îles du Pacifique, c’est ainsi que s’annonce un visiteur. Mais déjà Andorra lui disait de la berge :

— Il y a quelqu’un pour toi. C’est probablement le peintre qui vient encore te taper…

La silhouette chétive de Serge Akalouf se profila derrière la haie de faux caféiers qui entourait la propriété. Aussitôt les trois chiens de la race « caca-palmée » – spécialité de l’île Bora-Bora – aboyèrent à l’unisson, puis s’arrêtèrent ensemble, reconnaissant l’intrus dont ils vinrent flairer les jambes nues d’un air dégoûté. Petit, le poil noir débordant de partout, les jambes torses, Akalouf avançait en louvoyant et donnait toujours la fausse impression de boiter. »

Extrait de : B. Villaret. « Visa pour l’outre-temps. »

Mort au champ d’étoiles par Bernard Villaret

Fiche de Mort au champ d’étoiles

Titre : Mort au champ d’étoiles
Auteur : Bernard Villaret
Date de parution : 1970
Editeur : Marabout

Première page de Mort au champ d’étoiles

« En ce début de printemps, le village s’éveille doucement des torpeurs hivernales. Les merles s’ébattent dans mon jardin revenu à la sauvagerie, tandis que les six grands peupliers d’Italie que j’ai moi-même plantés jadis derrière la ferme, éventent le ciel de leurs plumets parallèles. Par-delà, du côté du noroît, s’étend le Marais poitevin, à présent encore plus désert qu’avant son aménagement en canaux par les ingénieurs hollandais au temps de Louis XIV. Et plus loin encore, à travers les marais salés, on aboutit par une route qui fut belle, au Cosmoport de La Rochelle.

Jérôme Balumba s’incline pour me saluer et boucle sa petite valise plate en cuir de zébu — il l’appelle son tachéka, mais je crois bien me souvenir qu’autrefois cet objet se nommait un « attaché-case »… »

Extrait de : B. Villaret. « Mort au champs d’étoiles. »

Le chant de la coquille Kalasaï par Bernard Villaret

Fiche de Le chant de la coquille Kalasaï

Titre : Le chant de la coquille Kalasaï
Auteur : Bernard Villaret
Date de parution : 1973
Editeur : Denoël

Première page de Le chant de la coquille Kalasaï

« Melville dormait profondément lorsque l’hypnosonge lui adressa le message habituel de sept heures. Rêvant qu’il se réveillait, il sauta sur ses pieds. Frais et dispos, il ne pouvait le dire, car il se sentait encore un peu embrumé par la soirée de la veille avec Karen.

Les yeux à demi clos, il se dirigea vers le vivandier. Sur le cadran breakfast, il forma à tâtons l’indicatif d’un sandwich au jambalgue et d’une tasse de santhé. Mais il se trouvait déjà assez éveillé pour remarquer l’absence du petit ronronnement annonciateur habituel. Rien ne sortit du tube, et il comprit que, ce matin-là, il se passait chez lui quelque chose d’anormal.

« L’Ipéku, pensa-t-il. Non, ce n’est pas possible ! »

Il essaya, sans succès, d’éclairer le mur en plastique luminescent. Dans la pénombre, il gagna la porte d’entrée. Elle ne s’ouvrit pas. »

Extrait de : B. Villaret. « Le Chant De La Coquille Kalasaï. »

L’infini plus un mètre par Bernard Villaret

Fiche de L’infini plus un mètre

Titre : L’infini plus un mètre
Auteur : Bernard Villaret
Date de parution : 1981
Editeur : Nathan

Première page de L’infini plus un mètre

« SUR LE PODIUM

Encore dans le vague, il s’étira sur son lit. Puis, regardant machinalement la pendulette, il sauta sur ses pieds. Sept heures quinze ! Il avait à peine le temps de se raser, de prendre son café et de pointer avec un peu de retard au ministère.

« Mon cher Demussé, lui glisserait son chef de bureau, je sais que l’heure et vous… Voilà bien les résultats de la pâle noce… » Puis il ferait miroiter, une fois de plus, la visite imminente du ministre, qui allait plonger le service dans l’angoisse, du rédacteur principal au balayeur…

Les yeux tout juste ouverts, il mit un peu de café à chauffer et sortit du garde-manger un quignon de pain et un vieux reste de beurre. Avant de se raser, il se regarda dans la glace. »

Extrait de : B. Villaret. « L’infini plus un mètre. »