Catégorie : Livres
Au seuil du futur par H. Fast

Fiche de Au seuil du futur
Titre : Au seuil du futur
Auteur : H. Fast
Date de parution : 1961
Traduction : G. Colson
Editeur : Marabout
Sommaire de Au seuil du futur
- Les premiers hommes
- La fourmi géante
- Du temps et des chats
- Caton le martien
- L’affaire Kovac
- Made in Mars
- La vue de l’Eden
Première page de Les premiers hommes
« Mrs. Jean Arbalaid. Washington, D. C.
Ma chère sœur,
Je l’ai trouvée. Je l’ai vue de mes propres yeux et j’ai compris que j’avais maintenant un but dans la vie : enquêteur d’outre-mer pour la satisfaction des caprices anthropologiques de ma sœur. Ce qui, tout bien considéré, est préférable à l’inactivité et à l’ennui. Je n’ai aucune envie de rentrer à la maison ; et je ne m’étendrai pas sur mes raisons. Je suis névrosé et instable, je vais à la dérive. Comme tu le sais, j’ai été démobilisé à Karachi. J’étais très heureux d’être un ex-G.I. et un touriste, mais il ne me fallut que quelques semaines de cette vie pour m’ennuyer jusqu’à l’écœurement. J’ai donc été très content lorsque tu m’as chargé d’une mission. Cette mission est accomplie. »
Extrait de : H. Fast. « Au seuil du futur. »
Alice par H. Fast

Fiche de Alice
Titre : Alice
Auteur : H. Fast
Date de parution : 1963
Traduction : F. Jérôme
Editeur : Néo
Première page de Alice
« L’INCONNU DU MÉTROPOLITAIN
JE SUPPOSE QUE LA plupart des hommes ne prennent que lentement conscience qu’ils n’atteindront jamais leur but. Nous vivons dans une société où règne l’opulence, où ce but est la richesse. Certains appellent cela la sécurité, mais vous pouvez posséder un siècle de sécurité enfoui dans votre cave ou votre coffre sans pour autant jouir d’un certain statut, non celui qui accompagne manteau de vison, diamants, titres, propriété somptueuse, mais le bonheur qui n’est plus à la mode dans les conversations. De nos jours les ingrédients qui composent le bonheur sont d’ailleurs trop complexes. J’avais une femme que j’aimais et qui m’aimait et nous avions une petite fille de quatre ans que nous adorions tous deux. »
Extrait de : H. Fast. « Alice. »
Le crocodile électrique par D. G. Compton

Fiche de Le crocodile électrique
Titre : Le crocodile électrique
Auteur : D. G. Compton
Date de parution : 1970
Traduction : J. Betanoff
Editeur : Marabout
Première page de Le crocodile électrique
« Gryphon tourna le bouton de l’émetteur à haute fréquence. Son bureau, avant d’être repris par l’université, avait appartenu à une compagnie d’assurances et possédait, de ce fait, un réseau électronique complet. Dès qu’il y eut emménagé, Gryphon enleva cet équipement et s’acheta un petit microphone. Celui-ci se trouvait maintenant sur son bureau, pas trop en vue, mais pas trop dissimulé non plus. Matthew le reconnut à cause de la publicité qui lui était faite et aussi parce que c’était le modèle recommandé dans le bulletin du Comité des Libertés Civiles, le mois précédent. Matthew n’était pas personnellement membre du C.L.C., mais il figurait sur leur liste de courrier en raison même du travail qu’il effectuait.
— Vous a-t-on suivi jusqu’ici ?
Matthew acquiesça de la tête.
— Et alors ?
— Alors, j’ai fait ce que vous aviez dit. »
Extrait de : D. G. Compton. « Le crocodile électrique. »
L’incurable de D. G. Compton

Fiche de L’incurable
Titre : L’incurable
Auteur : D. G. Compton
Date de parution : 1974
Traduction : B. De Lesseps
Editeur : Calmann-Levy
Première page de L’incurable
« KATHERINE MORTENHOE… J’avais donc un nom pour commencer, et un dossier. J’avais aussi le compte rendu de la TVN. Ces deux derniers ne me seraient pas d’un grand secours. Les éléments du dossier et du compte rendu – éléments coupés arbitrairement, comme des photographies, de leur continuité temporelle pour les raisons les plus irréprochables – étaient donc faux. Enfin, faux, au sens large.
Le nom, voilà qui était plus intéressant : Mortenhoe, c’était le nom de son premier mari, qu’elle avait gardé à son second mariage. Pour des motifs mystérieux, elle l’avait préféré à tous les autres noms possibles. C’était sûrement signe de quelque chose… D’affection pour Gerald Mortenhoe peut-être ? »
Extrait de : D. G. Compton. « L’incurable. »
Zombies par J.-P. Andrevon

Fiche de Zombies
Titre : Zombies
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 2004
Editeur : Bélial
Première page de Zombies
« Ils sortent de partout, maintenant. Pas seulement de la terre des cimetières, mais tout aussi bien d’un vieux mur de pierre, d’un tumulus, de la paroi d’un bâtiment qu’on voit se gondoler, se craqueler, avant de libérer ce qu’il contenait : une substance éthérée, demeurée longtemps, très longtemps dans le calcaire, le granit, l’humus, et transportée avec sa gaine minérale devenue remblai, terrassement, brique, mortier, ciment ayant servi à élever un bâtiment. Ils sortent. Une portion de mur qui devient floue, un papier peint qui se boursouffle, un pan de béton qui pèle soudain, un coin de butte qui s’effrite – et en voilà un de plus qui paraît. Un de plus qui s’est… libéré.
D’abord à peine visible, une ombre qui flotte, une silhouette de brume suspendue dans l’air. Mais, vite, en quelques minutes le plus souvent, on le voit se condenser. On le voit reprendre chair, ou un semblant de chair racornie, accrochée à l’armature de son squelette reformé. Les plus récents portent encore des vêtements à divers degrés de décrépitude ou de loques. Les anciens, cent ans ou plus, bien plus parfois, vont nus : écorchés couleur de bois mort, ils s’ébranlent pesamment, étonnés semble-t-il de cette nouvelle position verticale à laquelle ils ne sont plus habitués. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Zombies, un horizon de cendres. »
Une nuit dans la tour de verre par J.-P. Andrevon

Fiche de Une nuit dans la tour de verre
Titre : Une nuit dans la tour de verre
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1999
Editeur : Magnard
Première page de Une nuit dans la tour de verre
« 18 à 19 heures
FABIEN Caprioli descendit du bus à l’arrêt de la Verpillière. Plus loin, la ligne 32 continuait à s’enfoncer dans la ZIRC – Zone Industrielle de Regroupement Concerté ! –, une dénomination barbare qui avait bien fait rire Fabien quand il en avait appris la signification…
Planté sur le trottoir, il suivit un moment des yeux le véhicule aux flancs jaunes copieusement tagués qui s’éloignait dans la perspective de brouillard. De loin, avec sa silhouette parallélépipédique et sa partie supérieure brillamment illuminée, le bus ressemblait à un jouet. La nuit était tombée en traître pendant le trajet. Quand Fabien était monté dans le bus, à l’angle du parking Salvador-Allende, à six heures passées de quelques minutes, un jour grisâtre »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Une nuit dans la tour de verre. »
Une lumière entre les arbres par A. Brutsche

Fiche de Une lumière entre les arbres
Titre : Une lumière entre les arbres
Auteur : A. Brutsche ( J.-P. Andrevon )
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir
Première page de Une lumière entre les arbres
« — Ça fleurit un jour sur la Butte,
Ça pousse on ne sait trop comment,
Et de cabrioles en culbutes
Ça tombe dans les bras d’un amant…
Ils chantaient tous les quatre à mi-voix cette vieille et charmante chanson de Bruant. Ils l’aimaient bien, cette chanson ; elle avait le parfum d’une époque qui était peut-être injustement appelée belle, mais qui avait pour elle le charme et le mystère de ce qui est passé, et qu’un flou pittoresque auréolait d’une lumière trouble qui en faisait tout le prix. La butte Montmartre, le Moulin Rouge, Bruant, Renoir, Zola, Toulouse-Lautrec… tous ces noms qui n’avaient pas toujours de points communs entre eux, et souvent des écarts de date importants, se mélangeaient dans leur commémoration d’un temps révolu, dont les points de repère étaient quelques airs faciles à retenir, quelques tableaux ensoleillés, certaines gravures où l’on voyait des messieurs en gibus, des dames à larges robes, des fiacres, des bicyclettes grêles et surtout, surtout… pas d’automobiles ! »
Extrait de : A. Brutsche (J.-P. Andrevon). « Une lumière entre les arbres. »
Un horizon de cendres par J.-P. Andrevon

Fiche de Un horizon de cendres
Titre : Un horizon de cendres
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 2004
Editeur : Pocket
Première page de Un horizon de cendres
« Ils sortent de partout, maintenant. Pas seulement de la terre des cimetières, mais tout aussi bien d’un vieux mur de pierre, d’un tumulus, de la paroi d’un bâtiment qu’on voit se gondoler, se craqueler, avant de libérer ce qu’il contenait : une substance éthérée, demeurée longtemps, très longtemps dans le calcaire, le granit, l’humus, et transportée avec sa gaine minérale devenue remblai, terrassement, brique, mortier, ciment ayant servi à élever un bâtiment. Ils sortent. Une portion de mur qui devient floue, un papier peint qui se boursouffle, un pan de béton qui pèle soudain, un coin de butte qui s’effrite – et en voilà un de plus qui paraît. Un de plus qui s’est… libéré. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Un horizon de cendres. »
Un froid mortel par A. Brutsche

Fiche de Un froid mortel
Titre : Un froid mortel
Auteur : A. Brutsche ( J.-P. Andrevon )
Date de parution : 1971
Editeur : Fleuve noir
Première page de Un froid mortel
« — Et si on s’arrêtait là ? fit Françoise.
Alain leva son pied de l’accélérateur et jeta un coup d’œil vers la gauche. De l’autre côté de la route, un bâtiment gaiement coloré s’élevait, d’architecture moderne, entouré de pelouses. Un motel nouvellement construit, sans doute, pensa Alain, qui ne se souvenait pas avoir vu la construction auparavant. Derrière la DS, une voiture corna nerveusement. Alain hésita, obliqua vers la droite jusqu’à serrer au plus près l’accotement, ralentit encore.
— Pourquoi, tu connais ? dit-il en jetant un regard rapide vers son épouse.
— Non, répondit Françoise en ramenant en arrière ses longs cheveux bruns, d’un geste élégant des bras qui tendit brusquement sa poitrine ferme sous son léger pull bordeaux. Mais j’ai soif, et puis il n’est pas si tard. On pourrait bien s’arrêter… »
Extrait de : A. Brutsche (J.-P. Andrevon). « Un froid mortel. »
Toutes ces belles passantes par J.-P. Andrevon

Fiche de Toutes ces belles passantes
Titre : Toutes ces belles passantes
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 2002
Editeur : Blanche
Première page de Toutes ces belles passantes
« Je l’avais entendue renifler
Je me souviens de Florence, une brune un peu forte qui, à peine claqué la porte de son appartement où elle m’entraînait pour la première fois, m’avait plaqué au mur du couloir, s’était agenouillée devant moi, avait défait d’un geste assuré la ceinture de mon pantalon, baissé la fermeture Éclair, descendu le slip au ras des couilles et fourré son museau dans ma toison pubienne. Distinctement, je l’avais entendue renifler. Puis elle s’était redressée (moi, je me redressais à peine) et, l’œil vif et la lèvre humectée, m’avait regardé bien en face avant de lancer triomphalement cette seule et prometteuse syllabe : « Oui ! »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Toutes ces belles passantes. »