Catégorie : Livres

 

Frankenstein ou le Prométhée moderne par Mary Shelley

Fiche de Frankenstein ou le Prométhée moderne

Titre : Frankenstein ou le Prométhée moderne
Auteur : Mary Shelley
Date de parution : 1818
Traduction :
Editeur : Bibebook

Première page de Frankenstein ou le Prométhée moderne

« Je suis né à Genève et ma famille est l’une de plus importantes de cette république. Mes ancêtres ont été, de longues années durant, conseillers ou syndics et mon père a occupé plusieurs fonctions officielles avec honneur et gloire. Il était respecté par tous ceux qui connaissaient en lui son intégrité et son inlassable dévouement au bien public. Il fut, dans sa jeunesse, constamment absorbé par les affaires de son pays. Un certain nombre de faits l’empêchèrent de se marier tôt et ce ne fut que sur le déclin de sa vie qu’il se maria et devint père de famille.

Comme les circonstances de son mariage illustrent son caractère, je ne puis pas ne pas les relater. Parmi ces amis intimes, figurait un commerçant qui, après avoir connu la fortune, tomba dans la pauvreté, à la suite de quelques opérations malheureuses. Cet homme dont le nom étant Beaufort était un être orgueilleux et in-flexible : il ne put se faire à l’idée de vivre pauvre et oublié dans ce même pays où il avait brillé autrefois par sa richesse et sa puissance.

Il paya ses dettes, de la façon la plus honorable, et se retira avec sa fille à Lucerne où il vécut dans l’oubli et la misère. »

Extrait de : M. Shelley. « Frankenstein ou le Prométhée moderne. »

Le repaire du ver blanc par Bram Stoker

Fiche de Le repaire du ver blanc

Titre : Le repaire du ver blanc
Auteur : Bram Stoker
Date de parution : 1911
Traduction : F. Truchaud, C. Desthuiluers
Editeur : Terre de brume

Première page de Le repaire du ver blanc

« Lorsque Adam Salton arriva au Great Eastern Hotel, il y trouva une lettre écrite de la main de son grand-oncle, Richard Salton, qu’il connaissait fort bien grâce à la correspondance fournie et chaleureuse que celui-ci lui avait déjà envoyée en Australie-Occidentale. La première de ces lettres datait de moins d’un an, et le vieux gentleman lui révélait leur parenté et lui expliquait qu’il n’avait pu lui écrire plus tôt car, ne connaissant même pas son existence, il avait mis du temps à trouver son adresse. La dernière, partie après lui, venait tout juste d’arriver et contenait une cordiale invitation à le rejoindre à Lesser Hill, et à y séjourner aussi longtemps qu’il lui serait possible. « En vérité, poursuivait son grand-oncle, j’espère que vous voudrez bien en faire votre demeure permanente. Voyez-vous, mon cher enfant, vous et moi sommes les derniers survivants de notre lignée, et ce n’est que justice que vous me succédiez lorsque le moment arrivera. »

Extrait de : B. Stoker. « Le Repaire Du Ver Blanc. »

Le joyau des sept étoiles par Bram Stoker

Fiche de Le joyau des sept étoiles

Titre : Le joyau des sept étoiles
Auteur : Bram Stoker
Date de parution : 1903
Traduction : J. Parsons
Editeur : Ebooks libres et gratuits

Première page de Le joyau des sept étoiles

« Tout cela paraissait si réel que j’avais peine à imaginer que cela se soit produit antérieurement ; et cependant, chaque épisode survenait, non pas comme une étape nouvelle dans l’enchaînement logique des faits, mais comme une chose à laquelle on s’attend. C’est de cette façon que la mémoire joue ses tours pour le bien ou pour le mal ; pour le plaisir ou pour la douleur ; pour le bonheur ou pour le malheur. C’est ainsi que la vie est un mélange de douceur et d’amertume et que ce qui a été devient éternel.
De nouveau, le léger esquif, cessant de fendre les eaux tranquilles comme lorsque les avirons brillaient et ruisselaient d’eau, quitta le violent soleil de juillet pour glisser dans l’ombre fraîche des grandes branches de saules qui retombaient – j’étais debout dans le bateau qui oscillait, elle était assise immobile et, de ses doigts agiles, elle écartait les branches égarées, se protégeait des libertés que prenaient les rameaux sur notre passage. De nouveau, l’eau paraissait être d’un brun doré sous le dôme de verdure translucide, et la rive était recouverte d’une herbe couleur d’émeraude. »

Extrait de : B. Stoker. « Le joyau des sept étoiles. »

Le défilé du serpent par Bram Stoker

Fiche de Le défilé du serpent

Titre : Le défilé du serpent
Auteur : Bram Stoker
Date de parution : 1890
Traduction : C. Fierobe
Editeur : Terre de brume

Première page de Le défilé du serpent

« Entre deux montagnes de gris et de vert, car le rocher affleurait entre les touffes de verdure émeraude, la vallée, presque aussi étroite qu’une gorge, s’en allait plein ouest vers la mer. Il y avait juste assez de place pour la chaussée, à demi entaillée dans la roche, à côté de l’étroite bande que formait le lac sombre d’une profondeur apparemment insondable loin en contrebas, entre des parois verticales de roche menaçante. La vallée s’ouvrit et la pente se fit raide, le lac devenant un torrent bordé d’écume qui s’élargissait en mares et en lacs miniatures en atteignant le niveau le plus bas. La montagne s’élevait doucement par paliers semblables à des terrasses où la civilisation se laissait entrevoir furtivement, émergeant de la désolation presque primordiale qui nous enserrait : bouquets d’arbres, chaumières, contours irréguliers des champs clos de murs de pierre, avec des tas de tourbe noirs pour les feux de l’hiver, empilés çà et là. Loin au-delà, il y avait la mer, le grand Atlantique, avec un littoral follement irrégulier parsemé d’une myriade de petits groupes »

Extrait de : B. Stoker. « Le Défilé du serpent. »

La dame au linceul par Bram Stoker

Fiche de La dame au linceul

Titre : La dame au linceul
Auteur : Bram Stoker
Date de parution : 1909
Traduction : C. Doizelet
Editeur : Babel

Première page de La dame au linceul

« Je considère qu’il est utile – sinon nécessaire – de rapporter tout ce qui a trait au testament de feu mon grand-oncle Roger Melton.

C’est dans ce but que je me permettrai de revenir un instant sur les différents membres de sa famille. Mon père, Ernest Halbard Melton, était le fils unique d’Ernest Melton, fils aîné de Sir Geoffrey Halbard Melton de Humcroft dans le comté de Salop, juge de paix et sheriff(1). Mon arrière-grand-père, Sir Geoffrey, avait hérité d’un petit domaine de son père, Roger Melton. A la sortie de l’enfance, il devint tanneur à Torraby, dans le Suffolk. Il prospéra et amassa une immense fortune avec une partie de laquelle il acheta le domaine du Shropshire, qu’il rendit inaliénable, et dont je suis par conséquent l’héritier présomptif. »

Extrait de : B. Stoker. « La Dame Au Linceul. »

L’enterrement des rats par Bram Stoker

Fiche de L’enterrement des rats

Titre : L’enterrement des rats
Auteur : Bram Stoker
Date de parution : 1996
Traduction : R. Hermange
Editeur : Ebooks libres et gratuits

Sommaire de L’enterrement des rats

  • L’enterrement des rats
  • Une prophétie de bohémienne
  • Les sables de Crooken
  • Le secret de l’or qui croît

Première page de L’enterrement des rats

« Si vous quittez Paris par la route d’Orléans, après avoir traversé les fortifications et tourné à droite, vous vous trouverez dans un endroit un peu sauvage et pas du tout agréable. À
droite, à gauche, devant, derrière vous s’élèvent de grands tas d’ordures et de détritus que le temps a fini par accumuler.

Paris a une vie nocturne aussi bien que diurne, et un voyageur de passage qui rentre à son hôtel, rue de Rivoli ou rue Saint-Honoré, tard dans la nuit, ou qui le quitte tôt le matin, peut deviner, en approchant de Montrouge – s’il ne l’a déjà fait –, à quoi servent ces grands chariots qui ressemblent à des chaudières sur roues qu’il trouve arrêtés un peu partout quand il passe par là.

Chaque ville possède ses institutions propres, créées à partir de ses propres besoins. Ainsi, l’une des institutions les plus notables de Paris est sa population de chiffonniers. Tôt le matin »

Extrait de : B. Stoker. « L’enterrement des rats. »

Dracula par Bram Stoker

Fiche de Dracula

Titre : Dracula
Auteur : Bram Stoker
Date de parution : 1897
Traduction : E. et L. Paul-Margueritte
Editeur : Feedbooks

Première page de Dracula

« Lorsque je partis en excursion, un beau soleil illuminait Munich, et l’air était rempli de cette joie particulière au début de l’été. La voiture s’ébranlait déjà lorsque Herr Delbrück (le patron de l’hôtel des Quatre Saisons où j’étais descendu) accourut pour me souhaiter une promenade agréable ; puis, la main toujours sur la portière, il s’adressa au cocher :
– Et, surtout, soyez de retour avant le soir, n’est-ce pas ? Pour le moment, il fait beau, mais ce vent du nord pourrait bien finir, malgré tout, par nous amener un orage. Il est vrai qu’il est inutile de vous recommander la prudence : vous savez aussi bien que moi qu’il ne faut pas s’attarder en chemin cette nuit !
Il avait souri en disant ces derniers mots. »

Extrait de : B. Stoker. « Dracula. »

William Conrad par Pierre Boulle

Fiche de William Conrad

Titre : William Conrad
Auteur : Pierre Boulle
Date de parution : 1950
Editeur : Le livre de poche

Première page de William Conrad

« La guerre n’avait pas interrompu la série des dîners que lady et lord Goodfellow offraient chaque semaine à un petit groupe d’amis fidèles et respectables. Elle avait seulement imposé à ces cérémonies une certaine austérité Spartiate, dont la jeune femme du vieux lord avait coutume de s’excuser, en murmurant d’une voix attendrissante : « There is a war on, you know. » Elle faisait suivre cette constatation d’un soupir et d’un sourire. Le soupir donnait sa juste valeur au petit morceau de chester que chaque invité recevait dans son assiette ; le sourire faisait pardonner le délayage de l’irish stew, la sécheresse d’un toast sans beurre, et l’orientation un peu exclusive de la conversation.

C’était la guerre. Depuis le jour où cet état anormal avait été décrété entre le monde britannique et le monde teuton, l’œil vigilant de »

Extrait de : P. Boulle. « William Conrad. »

Un métier de seigneur par Pierre Boulle

Fiche de Un métier de seigneur

Titre : Un métier de seigneur
Auteur : Pierre Boulle
Date de parution : 1960
Editeur : Le livre de poche

Première page de Un métier de seigneur

« L’espèce humaine – la tige essentielle de cette espèce, tout au moins (certains rameaux qui ne participent pas à l’élan central doivent être considérés comme des exceptions) –, l’espèce humaine est en train de se hausser à un degré de loyauté intellectuelle au-delà duquel il lui sera difficile d’évoluer ; car aucun progrès ne peut se concevoir, la perfection atteinte, et des signes innombrables annoncent que celle-ci est bien près de l’être dans ce secteur particulier de la morale, comme dans tant d’autres domaines.

L’indice le plus frappant en est sans doute le dégoût que nous inspirent ces rameaux insolites, qui ne nous ont pas suivis dans notre constante ascension vers la probité mentale. Nous est odieux tout individu qui « ne joue pas le jeu » à ce point de vue et qui, en particulier, cherche à se faire passer pour ce qu’il n’est pas. »

Extrait de : P. Boulle. « Un métier de seigneur. »

Miroitements par Pierre Boulle

Fiche de Miroitements

Titre : Miroitements
Auteur : Pierre Boulle
Date de parution : 1982
Editeur : Flammarion

Première page de Miroitements

« Le Boeing du chef de l’État se posa sur l’aéroport de Marignane alors que les étoiles scintillaient encore dans le ciel de Provence. Une heure avant l’aube, l’air déjà chaud, mais sans lourdeur, laissait prévoir une belle journée ensoleillée de juin. Jean Blondeau, président écologiste de la République, selon le titre qu’il s’était lui-même décerné, n’aimait guère le Boeing, dévoreur de combustible et d’oxygène. Il eût préféré voyager dans l’avion solaire dont on lui avait fait cadeau peu après son élection, qu’il pilotait lui-même à ses heures de loisir, et qui faisait les délices de sa femme Béatrice. Mais la cérémonie à laquelle il devait assister lui imposait une arrivée nocturne.

À l’atterrissage, le Président manifesta une fébrilité impatiente, dont il avait d’ailleurs fait preuve pendant le vol. Il se précipita vers la sortie à peine l’appareil arrêté, s’immobilisa en haut de la passerelle et embrassa le ciel d’un coup d’œil inquiet. Ayant constaté sa sérénité, il parut apaisé et se frotta les mains avec un sourire triomphant. »

Extrait de : P. Boulle. « Miroitements. »