Catégorie : Livres

 

Les magiciens par James E. Gunn

Fiche de Les magiciens

Titre : Les magiciens
Auteur : James E. Gunn
Date de parution : 1976
Traduction : J. Bétan
Editeur : Les moutons électriques

Première page de Les magiciens

« Les lettres blanches se détachent sur le tableau noir gondolé :

Réunion du Convent 30 et 31 octobre
Salle du Cristal

Je pouffe. Ça ne rate jamais. C’est comme les sous-titres au ciné, le tableau de service d’un hôtel est toujours criblé de fautes d’orthographe.
Mon rire s’éteint dans le vaste hall d’entrée comme il l’aurait fait dans une église. Je jette un regard circulaire, mal à l’aise. Le type n’a pas l’air d’être là. Je n’ai aucune raison de m’inquiéter – aucune raison valable en tout cas. Ce boulot ne me plaît pas, c’est tout. Pas à cause de la difficulté, au contraire, dirais-je. Tout ça paraît vraiment trop simple et la vieille dame s’est montrée beaucoup trop généreuse. Et maintenant, voilà que j’ai l’impression qu’on m’observe. Il n’y a personne dans les parages, ça je peux le jurer. N’empêche que j’ai l’impression qu’on m’observe. Pour un privé, c’est le pompon : un coup à vous coller une névrose.
Diable ! Qui paierait mille dollars, simplement pour retrouver le nom d’un type ? »

Extrait de : J. E. Gunn. « Les Magiciens. »

Les immortels par James E. Gunn

Fiche de Les immortels

Titre : Les immortels
Auteur : James E. Gunn
Date de parution : 1962
Traduction : M. Rosenthal
Editeur : Le Masque

Première page de Les immortels

« Le jeune homme était allongé sur la table d’hôpital capitonnée. Son bras gauche nu, musclé et hâlé, était sur la tablette à côté. La bande large et plate d’un sphygmomètre serrait son biceps. La face interne de son coude, où les veines traçaient des méandres bleus, avait été lavée à l’eau et au savon, frottée d’alcool, tachée de brun avec de l’iode.

Du regard, il suivait l’efficacité rapide de la technicienne, dont les mouvements étaient aussi nets que sa blouse blanche.

Elle ouvrit la porte de gauche du vieil et immense réfrigérateur, prit un flacon brun sur la deuxième étagère. Au bas du flacon se trouvait une poignée, fixée par une bande métallique. Maintenant, elle était relevée. Au-dessous de la poignée frémissaient deux centimètres de citrate de soude. Le reste était du vide. »

Extrait de : J. E. Gunn. « Les immortels. »

Le monde forteresse / Futur imparfait / Les hommes du dehors par James E. Gunn

Fiche de Le monde forteresse / Futur imparfait / Les hommes du dehors

Titre : Le monde forteresse / Futur imparfait / Les hommes du dehors
Auteur : James E. Gunn
Date de parution : 1977
Traduction : C. et L. Meistermann
Editeur : Opta

Sommaire de Le monde forteresse / Futur imparfait / Les hommes du dehors

  • Le monde forteresse
  • Futur imparfait
  • Les hommes du dehors

Première page de Le monde forteresse

« OÙ que vous soyez, que ces mots vous aient atteint par hasard ou par astuce, vous les lisez dans les ruines et les épaves du Second Empire.

Ce soir, sortez et regardez le ciel, voyez les étoiles éparpillées, distinctes, séparées, solitaires, divisées par des abysses infinis de haine, de méfiance et les réalités du pouvoir. Considérez-les telles qu’elles sont en fait : de grandes forteresses grises gardées par les douves de l’espace, aux murailles prêtes à affronter la galaxie.

Le Second Empire. Prononcez cela à haute voix. Que ces mots enflamment votre imagination. Que leur signification imprègne votre âme.

Un empire. À l’intérieur duquel les mondes innombrables de la galaxie habitée étaient unis, travaillaient et vivaient ensemble, commerçaient les uns avec les autres. Le nom même nous l’indique. Mais comment fonctionnait-il ? »

Extrait de : J. E. Gunn. « Le Monde Forteresse – Futur imparfait – Les hommes du dehors. »

La machine à bonheur par James E. Gunn

Fiche de La machine à bonheur

Titre : La machine à bonheur (Star Trek)
Auteur : James E. Gunn
Date de parution : 1996
Traduction : P. Bakouny
Editeur : Fleuve noir

Première page de La machine à bonheur

« Derrière les hublots, la planète suspendue dans l’espace ressemblait à une boule de Noël. Baignée par la lueur dorée de son soleil G2, à cent quarante-cinq millions de kilomètres de distance, Timshel tournait lentement : une oasis bleu et blanc dans le désert spatial, une anomalie exquise dans la vacuité de l’univers.
Quand les vaisseaux touristiques interstellaires adoptaient une trajectoire hélicoïdale pour entrer en orbite, le spectacle changeait. À travers les nuages tourbillonnants, les passagers voyaient les calottes polaires brillantes comme des balises, puis des masses de terre vertes. La planète tournait, révélant cinq continents verts et bruns sur fond bleu, puis des îles et des archipels. »

Extrait de : J. E. Gunn. « Star Trek – La machine a bonheur. »

L’holocauste par James E. Gunn

Fiche de L’holocauste

Titre : L’holocauste
Auteur : James E. Gunn
Date de parution : 1973
Traduction : M. Rosenthal
Editeur : Le Masque

Première page de L’holocauste

« Lorsque le cauchemar commença, il était encore à huit kilomètres du campus. Aussi longtemps qu’il vivrait, ce serait pour lui LE CAUCHEMAR, dont le souvenir l’envahissait dès qu’il n’était plus sur ses gardes. Cependant, à ce moment-là, son espérance de vie était brève.

L’incendie de la faculté de droit donna le signal. Les bâtiments étaient vieux, très secs. Ils brûlèrent avec alacrité ; les flammes bondissaient et dansaient sur la colline comme des démons impitoyables, poignardant la nuit, peignant les autres bâtiments avec des doigts couleur de sang.

Il y a eu un accident, pensa-t-il en accélérant. Le vieux moteur montra de la bonne volonté ; la Ford ’79 avança.

Un instant plus tard il comprit que les autres bâtiments flambaient aussi ; les doigts rougeoyants étaient les leurs.

Lorsqu’il atteignit la ville, la colline était un gigantesque brasier sous lequel elle s’étendait, baignée de lueurs maussades, ponctuées des ombres et des flammes d’un village des Enfers. »

Extrait de : J. E. Gunn. « L’holocauste. »

Kampus par James E. Gunn

Fiche de Kampus

Titre : Kampus
Auteur : James E. Gunn
Date de parution : 1977
Traduction : F.-M. Watkins
Editeur : Albin Michel

Première page de Kampus

« Gavin planait dans la folie sensuelle du Kamaval comme une molécule esclave dans un des amplificateurs des Savages, vibrant avec les accords de la guitare basse, bousculé par le martèlement de la batterie, filant sur les cordes du thème dans un mouvement impitoyable, inconséquent… Boum, vroum-vroum, tica-tic, twink, plink…

Quelqu’un, quelque part, lui avait glissé un hallucinogène. Dans les recoins de son esprit, il essayait de se rappeler ce qu’il avait mangé, bu ou fumé, cherchait quel ami lui avait voulu du bien ou quel ennemi tenait à le neutraliser, et dans quel but, pendant cette journée la plus importante de l’année universitaire. Mais, délivré de tout souci, il flottait au-dessus de ce noyau central d’inquiétude, comme un ballon rouge au-dessus d’un cratère de lave, et savourait sa libération du démon assis sur ses épaules, qui le chevauchait de-ci, de-là, dont le fouet incrusté de métal flagellait ses entrailles à travers la peau, les muscles, le cœur et le foie. »

Extrait de : J. E. Gunn. « Kampus. »

Vengeance par Fabrice Colin

Fiche de Vengeance

Titre : Vengeance
Auteur : Fabrice Colin
Date de parution : 2001
Editeur : Bragelonne

Première page de Vengeance

« Il court vers le village de ses parents.

Il court aussi vite que le vent et sa joie est parfaite. Ishwen : le ciel est ton pays, la terre est ta maison et c’est la sève de l’existence qui s’écoule dans tes veines. Sous la ligne des falaises rouge-orange, le soleil a sombré, et le ciel sans nuages se teinte en dégradé de lueurs déchirantes. Le nom du monde est « Arhân » : la pierre et le sang. Tout autour de l’enfant, la nature chante la vie. Il tient un oisillon entre ses mains et il court vers le village.

Penchées sur la rivière, les femmes se redressent pour le regarder passer et lui adressent de petits signes amicaux. Elles sourient et il leur sourit en retour. Ce printemps-là ne semble jamais devoir finir. Sillage de poussière, mirage safrané. L’enfant traverse le village en bondissant, zigzaguant entre les tentes rassemblées sous le couvert des grands arbres, pour ne s’arrêter que devant la dernière, au bord de la rivière : la tente de ses parents. »

Extrait de : F. Colin. « Vengeance. »

Tu réclamais le soir par Fabrice Colin

Fiche de Tu réclamais le soir

Titre : Tu réclamais le soir
Auteur : Fabrice Colin
Date de parution : 2022
Editeur : Calmann Lévy

Première page de Tu réclamais le soir

« Le soir où j’ai rencontré Iago avait des allures de dernière chance. Janvier engendrait des crépuscules d’une clémence inhabituelle et je m’enfonçais dans le brouillard, le long de la rue des Blancs-Manteaux.
Un fin jeune homme aux boucles de jais, chemise noire, veste croisée, long trench noir aussi, venait de descendre sur la chaussée, se détachant du bras de la fille qui le soutenait.
Il a besoin d’air, me souviens-je avoir pensé, et jamais je n’ai pu ôter cette image de mon esprit : on aurait dit qu’une sentence avait été prononcée et que, tout espoir anéanti, il tenait désormais à mourir libre.
Il a levé les yeux au ciel puis, des deux mains, a lissé l’ample masse de sa chevelure en arrière, sa bouche figée autour d’un cri muet, et il s’est effondré.
La fille a crié. Je me suis précipité. Une main sous la nuque, genou sur le trottoir, j’ai essayé de le redresser. Lui dans mes bras, mol abandon, paupières papillonneuses. Confusément, et en dépit de la douleur qui déformait ses traits, j’avais le sentiment qu’il s’amusait de ma détresse. »

Extrait de : F. Colin. « Tu réclamais le soir. »

Ta mort sera la mienne par Fabrice Colin

Fiche de Ta mort sera la mienne

Titre : Ta mort sera la mienne
Auteur : Fabrice Colin
Date de parution : 2013
Editeur : Sonatine

Première page de Ta mort sera la mienne

« La visière de son casque est baissée et il n’y a plus en lui la moindre place pour le doute. Son casque : noir. Sa combinaison : noire. Son cœur ?

Il s’avance dans la travée, introduit une série de balles dans le magasin de son fusil à pompe puis, de nouveau, fait feu. Les corps tressautent et s’effondrent comme à un stand de fête foraine. Même joueur joue encore.

Jilian n’entend rien. La première détonation était trop proche. Un sifflement aigu lui a succédé – qui s’est dissous dans le silence. Elle a lu un article là-dessus, un jour. Blast auriculaire, perforation du tympan. Il paraît que certains soldats ne retrouvent jamais leur ouïe.

Jilian se sent trembler. Une béance rugit en elle avant de s’évanouir, remplacée par une sensation de chute.

Le tueur marque une pause. On dirait qu’il prend le temps de l’examiner, pesant le pour et le contre. Après quoi il se remet en marche. »

Extrait de : F. Colin. « Ta mort sera la mienne. »

Shooting star par Fabrice Colin

Fiche de Shooting star

Titre : Shooting star
Auteur : Fabrice Colin
Date de parution : 2019
Editeur : Albin Michel

Première page de Shooting star

« Marilyn n’est pas morte. Le mot « mort » ne signifie pas grand-chose quand on n’a jamais vécu que sur un écran.

Certaines nuits, sans que l’on sache quel ensorcellement l’a tirée du sommeil, une jeune femme blonde à la beauté sans pareille quitte sa maison de Brentwood, 12305 Fifth Helena Drive et entame, à travers la Cité des Anges, un long, un interminable périple.

L.A. est le royaume des fous et des poètes en flammes ; j’en ai connu certains. Ses nuits sont peuplées de spectres maussades, de coyotes hirsutes, de mammouths poisseux, de vampires en smoking, d’Indiens sanguinolents, de monstres aux sourires d’anges, de faussaires magnifiques, et d’acteurs, surtout, d’acteurs n’ayant, pour la plupart, joué que dans un film unique : celui de leur propre existence. »

Extrait de : F. Colin. « Shooting star. »