Catégorie : Livres
La planète des singes par Pierre Boulle
Fiche de La planète des singes
Titre : La planète des singes
Auteur : Pierre Boulle
Date de parution : 1963
Editeur : Pocket
Première page de La planète des singes
« Jinn et Phyllis passaient des vacances merveilleuses, dans l’espace, le plus loin possible des astres habités.
En ce temps-là, les voyages interplanétaires étaient communs ; les déplacements intersidéraux, non exceptionnels. Les fusées emportaient des touristes vers les sites prodigieux de Sirius, ou des financiers vers les Bourses fameuses d’Arcturus et d’Aldébaran. Mais Jinn et Phyllis, un couple de riches oisifs, se signalaient dans le cosmos par leur originalité et par quelques grains de poésie. Ils parcouraient l’univers pour leur plaisir – à la voile.
Leur navire était une sorte de sphère dont l’enveloppe – la voile – miraculeusement fine et légère, se déplaçait dans l’espace, poussée par la pression des radiations lumineuses. Un tel engin, abandonné à lui-même dans le voisinage d’une étoile (assez loin cependant pour que le champ de gravitation ne soit pas trop intense) se dirigera toujours en ligne droite dans la direction opposée à celle-ci ; mais comme le système stellaire de Jinn et Phyllis comprenait trois soleils »
Extrait de : P. Boulle. « La planète des singes. »
La face par Pierre Boulle
Fiche de La face
Titre : La face
Auteur : Pierre Boulle
Date de parution : 1953
Editeur : Cherche-Midi
Première page de La face
« LA SALLE SE VIDAIT LENTEMENT, en trois artères au courant ralenti par d’imprévisibles remous. Devant le cinéma, devenu théâtre, où une troupe de Paris venait de jouer la dernière pièce d’un auteur à succès, une rampe de projecteurs illuminait le large trottoir de la rue principale, et la ramure des grands platanes, aux feuilles géométriquement figées dans la tiédeur calme de cette soirée provençale, reflétait une mystérieuse magie de plantes exotiques.
La diffusion de l’éblouissante blancheur artificielle dans la pure atmosphère nocturne de Bergerane semblait créer, sur le seuil de l’établissement, une autre scène destinée à prolonger la représentation ; comme une réplique agrandie, dilatée par l’enthousiasme méridional, ornée d’arbres géants et animée par une multitude de figurants, du plateau intérieur, dont le caractère marquant était celui de tous les décors dramatiques, mais s’imposait avec plus d’outrance : l’irréalité exaltante, assombrie par une affligeante touche de conventionnel. »
Extrait de : P. Boulle. « La face. »
La baleine des Malouines par Pierre Boulle
Fiche de La baleine des Malouines
Titre : La baleine des Malouines
Auteur : Pierre Boulle
Date de parution : 1983
Editeur : Pocket
Première page de La baleine des Malouines
« La flotte britannique franchit le cinquantième parallèle et arriva bientôt en vue de la Géorgie du Sud. La traversée s’était effectuée jusqu’alors sans incident, les seuls ennemis à affronter encore étant le désœuvrement et le mal de mer, pour les quatre à cinq mille soldats embarqués sur les transports de troupes. Ils les combattaient de leur mieux, en rêvant à leurs exploits futurs ou en faisant quelques exercices fastidieux de culture physique dans l’espace réduit qui leur était imparti.
La prise de la Géorgie du Sud, à peine défendue par une maigre garnison, fut une simple formalité et une pauvre diversion. L’escale ne dura que deux ou trois jours, à peine le temps pour les guerriers de faire quelques pas sur la terre ferme. Ensuite, l’armada repartit à petite allure vers les îles Falkland, que les Français appellent Malouines, que les Argentins avaient annexées, et dont la reconquête était le but ultime du corps expéditionnaire. »
Extrait de : P. Boulle. « La baleine des Malouines. »
L’îlon par Pierre Boulle
Fiche de L’îlon
Titre : L’îlon
Auteur : Pierre Boulle
Date de parution : 1991
Editeur : Editions de Fallois
Première page de L’îlon
« Donnez-moi les six premières années de la vie d’un garçon et je vous donne le reste », a dit Kipling, en un raccourci assez machiste. Pour ma part, ces années-là m’ont laissé peu de souvenirs. Celles qui furent pour moi des périodes de rêves exaltés se situent à peu près entre l’âge de huit et treize ans. Mais il en reste une succession d’images brillantes, qui ne se fanent pas comme celles d’un album de photos. Ce sont celles-là que j’essaie d’évoquer aussi fidèlement que possible, sans trop me soucier de la chronologie. Avec leur amalgame de joies, d’angoisses, d’espoir et de déceptions, elles constituent un capital dont je ne me lasse pas d’évaluer la richesse, comme un vieil avare compte ses écus.
Pour le reste, suivant la boutade de Kipling, je vous l’abandonne volontiers. »
Extrait de : P. Boulle. « L’Îlon. »
L’épreuve des hommes blancs par Pierre Boulle
Fiche de L’épreuve des hommes blancs
Titre : L’épreuve des hommes blancs
Auteur : Pierre Boulle
Date de parution : 1955
Editeur : Pocket
Première page de L’épreuve des hommes blancs
« Il était quatre heures, dans l’île de Sinang, sous les tropiques, lorsque le père Saat sortit de sa torpeur. Il avait pris l’habitude de prolonger sa sieste depuis un peu plus d’un an, exactement depuis que sa femme lui avait donné un cinquième garçon, marquant la famille d’une dignité définitive, qui imposait à son chef des attitudes majestueuses et des heures de méditation.Moktuy, l’aîné des fils Saat, avait maintenant quinze ans. Aidé de son frère cadet, il s’entendait à manœuvrer le bateau de pêche, et posait les filets plus adroitement que n’importe quel Malais du kampong. Le poisson et les bêtes qu’il prenait au piège assuraient la subsistance de la maisonnée. Deux autres enfants grimpaient périodiquement aux cocotiers que Saat avait plantés à une époque où il se souciait de l’avenir. Ils dépeçaient les noix et faisaient sécher le coprah, qui s’entassait dans »
Extrait de : P. Boulle. « L’épreuve des hommes blancs. »
L’enlèvement de l’obélisque par Pierre Boulle
Fiche de L’enlèvement de l’obélisque
Titre : L’enlèvement de l’obélisque
Auteur : Pierre Boulle
Date de parution : 2007
Editeur : Cherche midi
Sommaire de L’enlèvement de l’obélisque
- L’enlèvement de l’obélisque
- Un étrange événement
- Le message chiffré
- Une morte suspecte
- Le 1er avril
- Le coupable
- La croisière de l’alligator
Première page de L’enlèvement de l’obélisque
« JE TROUVAI CE SOIR-LÀ le maître emmitouflé dans sa robe de chambre blanche, celle qu’il revêt aux heures de méditation intense, parce que, réfléchissant sans en absorber aucune toutes les radiations, elle permet à son fluide une concentration plus grande.
Merlec était absorbé par la lecture d’un journal du soir. Il ne leva pas les yeux ; il ne m’adressa pas une parole ; mais, m’indiquant du doigt le petit tabouret qui m’est réservé dans les circonstances graves, il me fit comprendre par un froncement de sourcils qu’il entendait ne pas être dérangé.
Je m’assis en silence et restai à contempler la chambre où tant de pensées géniales furent conçues : de forme rectangulaire, à peu près quatre mètres sur trois, la chambre de Merlec contient trois meubles et rien de plus, un large lit-divan, une petite table sur laquelle se trouvent un livre, un verre et une bouteille, et le petit tabouret au pied du divan sur lequel le maître daigne tolérer ma présence. »
Extrait de : P. Boulle. « L’enlèvement de l’Obélisque. »
L’archéologue et le mystère de Nefertiti par Pierre Boulle
Fiche de L’archéologue et le mystère de Nefertiti
Titre : L’archéologue et le mystère de Nefertiti
Auteur : Pierre Boulle
Date de parution : 2005
Editeur : Cherche midi
Première page de L’archéologue et le mystère de Nefertiti
« LE HASARD qui me fit rencontrer l’archéologue en Égypte ne présente aucun caractère prodigieux. Il est cependant un terme important dans une série rigoureuse de coïncidences, nécessaires au déroulement et au succès de notre aventure. En ceci, il est remarquable, et justifie la narration de ce récit à partir de cette première conjonction de nos destinées ; un peu avant même, car les circonstances qui suscitèrent celle-ci ne peuvent pas être passées sous silence.
J’étais à Louqsor, dans un état oscillant entre la mélancolie et la satisfaction d’être libre. J’étais seul. L’amie qui m’avait accompagné depuis Paris, au cours d’un voyage aérien par petites étapes, avait déclaré, en mettant le pied sur la terre d’Égypte, que ma façon de piloter lui donnait la nausée, et faisait peser sur sa tête un danger dont elle se sentait incapable de supporter plus longtemps la menace »
Extrait de : P. Boulle. « L’archéologue et le mystère de Nefertiti. »
E=mc2 par Pierre Boulle
Fiche de E=mc2
Titre : E=mc2
Auteur : Pierre Boulle
Date de parution : 1957
Editeur : Pocket
Sommaire de E=mc2
- Les luniens
- L’amour et la pesanteur
- Le miracle
- E=mc2 ou le roman d’une idée
Première page de Les luniens
« AVONS très grande joie, et ressentons émotion inexprimable, en annonçant aujourd’hui à Président des États-Unis et à membres du C.S.I. que des êtres vivants existent dans la Lune. Proposons donner nom de Luniens à ces habitants qui, vus à distance tout au moins, semblent avoir nombreux points communs avec les hommes. Continuons observation. Rapport précis suivra dès que possible. »
Après avoir dicté cette effarante nouvelle sans reprendre son souffle, Weston, le chef de la première expédition américaine dans la Lune, prit à peine le temps de vérifier la fermeture de son costume bizarre, et se prépara à quitter le bâtiment »
Extrait de : P. Boulle. « E = mc². »
Aux sources de la rivière Kwai par Pierre Boulle
Fiche de Aux sources de la rivière Kwai
Titre : Aux sources de la rivière Kwai
Auteur : Pierre Boulle
Date de parution : 1966
Editeur : Pocket
Première page de Aux sources de la rivière Kwai
« La déclaration de guerre fut précédée chez nous, planteurs de Malaisie, par une période de surexcitation intense, due à l’attente d’événements graves et à l’abus du whisky. Les coolies tamils, les boys chinois et les chauffeurs malais, qui subissaient parfois le contrecoup de cette tension nerveuse (nous étions des seigneurs autoritaires, peut-être d’affreux colonialistes), en surveillaient les progrès avec une inquiétude chaque jour accrue et en commentaient chaque soir les derniers développements importuns.
Notre nervosité était exacerbée par l’exil et l’impuissance à participer, dès le lever du rideau, au drame que nous sentions venir et qui, sous le soleil de l’équateur, prenait des proportions encore plus extravagantes que la réalité. Notre imagination brodait chaque nuit sur les derniers messages transmis par les ondes. Quand la guerre éclata, nous nous sentîmes presque soulagés. Nous pensions naïvement être appelés en France dans un délai très bref. »
Extrait de : P. Boulle. « Aux sources de la rivière Kwai. »
Tendre femelle par James E. Gunn
Fiche de Tendre femelle
Titre : Tendre femelle
Auteur : James E. Gunn
Date de parution : 1949
Traduction : J.-C. Bonnardot, J. Marquet
Editeur : Carré noir
Première page de Tendre femelle
« De toutes les femmes présentes à l’instruction, c’était Helen Brent qui avait les plus jolies jambes. Son ensemble blanc, en piqué de soie, avait coûté 154 dollars. Son impeccable maintien de femme du monde avait dû coûter beaucoup plus cher.
Il suffisait de la regarder pour se rendre compte que ce n’était pas une divorcée banale. De toute évidence, c’était une de ces femmes très riches, très cultivées, qui voyagent et savent jouer de leur séduction, une blonde capiteuse, qui connaissait la vie.
Très sûre d’elle, elle croisa ses jambes avec une insouciance calculée vraiment sensationnelle.
Elle s’appelait Helen Brent, dit-elle, et elle avait trente et un ans ; elle habitait San Francisco ; elle était venue à Reno pour obtenir le divorce contre son mari, M. Charles Brent.
Elle était à Reno… depuis quand ? »
Extrait de : J. E. Gunn. « Tendre femelle. »