Catégorie : Livres

 

M. d’Outremort par Maurice Renard

Fiche de M. d’Outremort

Titre : M. d’Outremort
Auteur : Maurice Renard
Date de parution : 1913
Editeur :

Sommaire de M. d’Outremort

  • M. d’Outremort un gentilhomme physicien
  • La cantatrice
  • L’homme au corps subtil
  • Le brouillard du 26 octobre
  • La gloire du comacchio

Première page de M. d’Outremort un gentilhomme physicien

« Extrait des « Souvenirs » de M. de la Commandière à la date du 15 juillet 1911.

Les journaux du matin ne se privent pas d’épiloguer sur un drame étonnant qui s’est passé hier et dont j’ai fort bien connu le héros, un certain marquis Savinien d’Outremort.
Il fut mon condisciple à l’École Polytechnique, où je l’aperçus pour la première fois de ma vie. Nous nous liâmes d’amitié avec assez de promptitude, poussés en ceci par notre commune gentilhommerie, qui n’était pas dans les titres et les noms, comme il arrivait déjà trop souvent, mais dans les croyances, l’air et le sang. »

Extrait de : M. Renard. « M. d’Outremort. »

Les mains d’Orlac par Maurice Renard

Fiche de Les mains d’Orlac

Titre : Les mains d’Orlac
Auteur : Maurice Renard
Date de parution : 1920
Editeur :

Première page de Les mains d’Orlac

« LA CATASTROPHE DE MONTGERON

En ce qui touche Mme Orlac, l’histoire commence le 16 décembre, à 23 h 10.
C’est à ce moment que l’employé à casquette blanche traversa la gare du PLM.
Sorti d’un bureau, il allait vers les Départs, courant et criant :
– Empêchez le 49 de partir !
Alors les pressentiments de Mme Orlac se changèrent en angoisse. Et elle connut du même coup que ce malaise dont elle avait souffert toute la journée, c’était cela : des pressentiments.
Car c’est le propre des pressentiments de ne dévoiler leur véritable identité qu’après avoir disparu et lorsque les faits sont venus confirmer à la créature qu’elle avait de bonnes raisons d’être triste, inquiète, nerveuse. De bonnes raisons futures. »

Extrait de : M. Renard. « Les Mains d’Orlac. »

Le professeur Krantz par Maurice Renard

Fiche de Le professeur Krantz

Titre : Le professeur Krantz
Auteur : Maurice Renard
Date de parution : 1932
Editeur : Bibebook

Première page de Le professeur Krantz

« André Semeur, commerçant ; c’est moi. Rien d’un romancier, même amateur. En écrivant cette histoire, je cède, sans plus, à l’invitation qu’on m’en a faite toutes les fois que je l’ai racontée de vive voix. Au reste, peut-être est-il opportun de fixer, en effet, la forme et la couleur d’une aventure singulière entre toutes et plus troublante, en sa réalité, que le plus troublant et le plus singulier des contes fantastiques.

Vais-je en attester l’exactitude ? Inutile. À l’heure voulue, on reconnaîtra aisément que je n’ai rien inventé. Je demande, néanmoins, au lecteur de l’enregistrer dès à présent et de s’en souvenir désormais, s’il le peut ; car ce n’est pas la moindre étrangeté de ce récit d’être, comme on le verra, rigoureusement véridique – d’où il résulte que j’ai respiré, dans l’air de notre vieux monde, l’odeur même d’un prodige.

J’ai connu le professeur Krantz à une époque tragique de mon existence, alors qu’une détresse sans nom, une affreuse angoisse transformait cruellement l’homme heureux que j’avais été jusque-là. »

Extrait de : M. Renard. « Le professeur Krantz. »

Le péril bleu de Maurice Renard

Fiche de Le péril bleu

Titre : Le péril bleu
Auteur : Maurice Renard
Date de parution : 1912
Editeur : Microméga

Première page de Le péril bleu

« ENTRÉE EN MYSTÈRE

À quelle date faut-il placer la première manifestation du Péril bleu ? C’est un problème qui n’a jamais été bien résolu, mais dont il importe de dire quelques mots. Faisons d’abord justice d’une croyance singulièrement tenace dans le peuple et qu’on est en droit d’appeler la légende de l’Auvergnate. Non, la femme trouvée le 28 février, dans un champ, près de Riom, couchée sur le dos et le front ouvert, n’a aucun rapport avec le début de ce qui nous intéresse. Il est vraiment extraordinaire qu’on accrédite encore une fable pareille, quand l’assassin de cette femme, arrêté six mois plus tard, fit l’aveu de son crime et se vit condamner à vingt ans de travaux forcés par le jury du Puy-de- »

« Dôme – ainsi qu’il appert des pièces 1 et 2 du dossier Le Tellier (procès-verbal de la découverte du cadavre et extrait de jugement). Après cela, comment se trouve-t-il toujours des sots pour accuser les sarvants d’avoir commis ce meurtre ? L’épouvante régnait à l’époque des débats, il faut qu’elle en ait détourné l’attention publique ; je ne vois pas d’autre excuse à de telles aberrations. »

Extrait de : M. Renard. « Le péril bleu. »

Le papillon de la mort par Maurice Renard

Fiche de Le papillon de la mort

Titre : Le papillon de la mort
Auteur : Maurice Renard
Date de parution : 1985
Editeur : NEO

Sommaire de Le papillon de la mort

  • L’écharpe gris souris
  • Cambriole
  • Elle
  • L’étrange souvenir de M. Liserot
  • A l’eau de rose
  • Le papillon de la mort
  • La rumeur dans la montagne
  • Le professeur Krantz
  • Le rendez-vous
  • Le lapidaire
  • La grenouille
  • La damnation de l’essen
  • L’affaire du miroir

Première page de L’écharpe gris souris

« Averti que Mme d’Ombrevannes possédait ce trésor adorable et singulier, je m’informai des moyens propres à m’ouvrir le vieil hôtel de la rue de Verneuil, et j’appris que la gouvernante de la princesse, une Mme Lefreu, avait fort bien connu ma tante de Torny.

Sur la foi de ce nom, Mme Lefreu m’accueillit le mieux du monde. J’en vins donc à lui faire part de l’ardent désir que j’avais de visiter la Galerie des Robes. Mais là-dessus, sa bonne figure aimable grimaça de la plus plaisante façon, comme si j’eusse sollicité de sa munificence l’accès même de la lune.

— La Galerie des Robes ! Oh ! Oh ! Mais savez-vous bien, monsieur, que depuis neuf ans personne n’y est entré ?…

Je pris un air d’ignorance et de désespoir. »

Extrait de : M. Renard. « Le papillon de la mort. »

Le maître de la lumière par Maurice Renard

Fiche de Le maître de la lumière

Titre : Le maître de la lumière
Auteur : Maurice Renard
Date de parution : 1933
Editeur : Bibebook

Première page de Le maître de la lumière

« Cette histoire extraordinaire commence très ordinairement.

A la fin du mois de septembre 1929, le jeune historien Charles Christiani résolut d’aller passer quelques jours à La Rochelle. Spécialisé dans l’étude de la Restauration et du règne de Louis-Philippe, il avait déjà publié, à cette époque, un petit livre très remarqué sur Les Quatre Sergents de La Rochelle ; il en préparait un autre sur le même sujet et estimait nécessaire de retourner sur place, pour y consulter certains documents.

Il nous a paru sans intérêt de rechercher pourquoi la famille Christiani était déjà rentrée à Paris, rue de Tournon, à une époque de l’année où les heureux de ce monde sont encore aux bains de mer, en voyage, à la campagne. L’automne se montrait morose, et ce fut, croyons-nous, la seule raison de ce retour un peu prématuré. Car Mme Christiani, sa fille et son fils ne manquaient pas des moyens de mener l’existence la plus large, et disposaient des gîtes champêtres où l’on goûte un repos plus ou moins mouvementé. Deux belles propriétés familiales, en effet, s’offraient à leur choix : le vieux château de Silaz en Savoie, qu’ils délaissaient complètement, et une agréable maison de campagne située près de Meaux ; c’est là qu’ils avaient passé tout l’été. »

Extrait de : M. Renard. « Le Maître de la lumière. »

Le docteur Lerne sous-dieu par Maurice Renard

Fiche de Le docteur Lerne sous-dieu

Titre : Le docteur Lerne sous-dieu
Auteur : Maurice Renard
Date de parution : 1908
Editeur : Mercure de France

Première page de Le docteur Lerne sous-dieu

« Ceci arriva certain soir d’hiver, il y a plus d’un an. C’était après le dernier dîner que j’offris à mes camarades avenue Victor-Hugo, dans ce petit hôtel que j’avais loué tout meublé.
Rien d’autre que mon humeur vagabonde n’ayant motivé ce changement de domicile, on avait dépendu ma crémaillère nomade aussi joyeusement que nous l’avions accrochée naguère à ce même foyer, et, le temps des liqueurs étant venu avec celui des boutades, chacun de nous s’ingéniait à briller, surtout,
naturellement, ce grivois de Gilbert, Marlotte, — l’homme aux paradoxes, le Triboulet de la bande, — et Cardaillac, notre mystificateur attitré.
Je ne sais plus très bien comment il se fit qu’au bout d’une heure de fumoir, quelqu’un éteignit l’électricité, exprima l’urgence de faire tourner une table et nous groupa dans l’ombre autour d’un guéridon. Ce quelqu’un — remarquez-le — n’était pas Cardaillac. Mais peut-être Cardaillac l’avait-il pris pour compère, si toutefois Cardaillac fut coupable. »

Extrait de : M. Renard. « Le Docteur Lerne, sous-dieu. »

Le carnaval du mystère par Maurice Renard

Fiche de Le carnaval du mystère

Titre : Le carnaval du mystère
Auteur : Maurice Renard
Date de parution : 1929
Editeur : Les éditions G. Crès

Sommaire de Le carnaval du mystère

  • La main morte
  • L’excellente farce de Bloomstetter
  • Le rail sanglant
  • La merveilleuse énigme
  • Le verre d’eau
  • Sonia Maniewska
  • L’écharpe gris souris
  • Le témoin
  • L’homme qui a été mort
  • La sonette
  • Un crime
  • La vision
  • Cambriole
  • Le fils
  • La découverte
  • Un masque
  • Le secret de Parcival
  • La visite crépusculaire
  • Elle
  • Tout un roman
  • Qui sait ?
  • Alcool
  • Le fantôme de Baslieu
  • L’étrange souvenir de M. Liserot
  • A l’eau de rose
  • L’épouvantail
  • Plus haut que jamais
  • Les inconnus
  • Le papillon de la mort
  • L’homme au couteau
  • La grimace
  • La vérité sur Faust

Première page de La main morte

« J’avais neuf ans lorsque ma mère mourut. Une pleurésie l’emporta.
Elle était jeune et très belle. Je l’aimais passionnément. Cet amour éperdu, inquiet, farouche, emplissait ma vie. La mort de ma mère faillit me tuer. Je restai plusieurs semaines en danger, brûlant de fièvre et délirant, coiffé de glace.
Un jour, pourtant, mes yeux cessèrent de plonger dans le monde des fantômes ; ils se rouvrirent à la réalité. J’aperçus, penché sur moi, le visage anxieux de mon père.
Nous vécûmes durant plusieurs mois dans une étroite intimité, serrés l’un contre l’autre. La mémoire de maman régnait sur nous comme un charme funèbre et bien-aimé. Mon père m’adorait. Il faisait des prodiges de tendresse pour tâcher de remplacer auprès de moi celle qui n’était plus. Je sais d’ailleurs qu’à cette époque ma santé lui donnait de cruelles inquiétudes. Les médecins avaient parlé d’une rechute possible, qu’il fallait éviter à tout prix. »

Extrait de : M. Renard. « Le Carnaval du mystère. »

La rumeur dans la montagne par Maurice Renard

Fiche de La rumeur dans la montagne

Titre : La rumeur dans la montagne
Auteur : Maurice Renard
Date de parution : 1920
Editeur : BeQ

Première page de La rumeur dans la montagne

« Ce fut le deuxième jour que Florent Max entendit vraiment la rumeur, et qu’il l’écouta. La veille au matin, en passant, il l’avait perçue sans y faire attention ; elle s’était mêlée pour lui aux innombrables murmures de la montagne. La veille au soir, en repassant, il s’était rappelé confusément ; son oreille avait reconnu… Il y avait par là un essaim de mouches, ou quelque ruisseau souterrain.
Le deuxième jour, il s’arrêta.
Florent Max avait quitté sa maisonnette montagnarde avant l’aurore. La boîte de couleurs en sautoir, le chevalet pliant sous le bras, il gravissait les hauts sentiers vers le site repéré et la tâche à finir. Le paysagiste marchait lentement. L’aube répandait sa lueur progressive. Les splendeurs environnantes reparaissaient dans l’insensible crescendo de la clarté. Florent Max, courbé, regardait ses brodequins se poser parmi les pierres. »

Extrait de : M. Renard. « La rumeur dans la montagne. »

L’homme truqué par Maurice Renard

Fiche de L’homme truqué

Titre : L’homme truqué
Auteur : Maurice Renard
Date de parution : 1921
Editeur : Bibebook

Première page de L’homme truqué

« Le corps fut trouvé par les gendarmes Mochon et Juliaz, des brigades de Belvoux. Ils rentraient, au petit jour, d’une tournée de surveillance, et, venant de Salamont, ils chevauchaient sur la route départementale, lorsque, à six kilomètres de Belvoux, dans le bois des Thiots, ils aperçurent la chose lugubre.

L’aube était grise. La pluie, qui tombait depuis plusieurs jours, n’avait cessé que la veille au soir. Un vent aigre fronçait l’eau des flaques et tourmentait les feuillages éclaircis. Retenu par une touffe de chardons, un mouchoir palpitait. On voyait de loin des objets par terre et, sur le bas-côté, la forme noir et blanc d’un homme étendu.

Les gendarmes, avec l’expérience de la guerre et du métier, savaient déjà que l’homme était mort. Ils mirent pied à terre à distance, les chevaux furent attachés à un poteau télégraphique, et les deux compagnons s’approchèrent du cadavre en prenant soin de marcher sur l’herbe, afin de ne brouiller aucune trace.

— Eh bien !… C’est le docteur Bare, dit Juliaz.

L’autre regardait en silence. »

Extrait de : M. Renard. « L’homme truqué. »