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Janus par Elisabeth Vonarburg

Fiche de Janus

Titre : Janus
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 1984
Editeur : Denoël

Sommaire de Janus :

  • L’oiseau de cendres
  • Thalassa
  • La machine lente du temps
  • EON
  • Le noeud
  • Dans la fosse
  • Bande Ohne ende
  • Janus

Première page de L’oiseau de cendres

«  Non. »
Une si petite syllabe. Toomas l’écouta résonner en lui, presque étonné de l’avoir prononcée aussi facilement. Toute cette tension accumulée pendant des mois, des semaines, et aujourd’hui enfin apprendre la vérité, Tu vas mourir, et choisir.
Il se leva. Choisir. Quelque chose, quelqu’un avait choisi en lui, assurément sans hésiter une seconde, mais qui ?
Non. Une si petite syllabe. Jaillie comme une balle (et Hoshi s’était un peu affaissé derrière son grand bureau translucide ; il y dessinait du bout des doigts, à présent, les yeux baissés).
Toomas resta un instant immobile, marginalement conscient de l’immensité bleue du ciel au-delà du miroitement discret des baies vitrées ; au-dessus de la tour Panam, les bobcars menaient inlassablement leur ballet d’abeilles. »

Extrait de : E. Vonarburg. « Janus. »

Hôtel Olympia par Elisabeth Vonarburg

Fiche de Hôtel Olympia

Titre : Hôtel Olympia
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 2014
Editeur : Editions Alire

Première page de Hôtel Olympia

« L’Hôtel rêve.

Par la fenêtre à petits carreaux un peu troubles, Danika peut distinguer les larges allées rectilignes bordées de marronniers en fleurs, et le bassin central, avec ses tritons et ses nymphes pétrifiés sous le jet d’eau. L’Hôtel rêve d’un ancien temps, où il était hôtel particulier, un petit château perdu dans un grand parc. Si on avait le droit d’aller se promener dehors quand l’Hôtel rêve, pourrait-on s’asseoir dans l’herbe des pelouses, contre les marronniers, pourrait-on tremper sa main dans l’eau de la fontaine ? Ou marcher sous les arcades du cloître, quand l’Hôtel rêve du monastère fortifié ? Ou descendre par les marches de la ziggourat jusqu’aux temples qui en encerclent la base ? Danika se l’est toujours demandé. Elle se le demande aussi dans son rêve, car elle sait qu’elle rêve, un de ses rêves récurrents de l’Hôtel. Quelquefois, elle songe à enfreindre l’interdit, à sortir de sa chambre d’enfant transformée aussi par le rêve de l’Hôtel et à explorer l’édifice pour en examiner les métamorphoses. Mais elle ne le fait jamais. »

Extrait de : E. Vonarburg. « Hôtel Olympia. »

Entre nos mains par Elisabeth Vonarburg

Fiche de Entre nos mains

Titre : Entre nos mains
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 2025
Editeur : Editions Alire

Première page de Entre nos mains

« Une soudaine bulle de silence, à l’entrée du Communal. La bulle se déplace vers le fond de la salle, les conversations reprennent derrière, un peu plus bas. Il ne semble pas s’en rendre compte, ou bien il fait semblant. Oui, il, lui, le, ce, un. Un Pure. Il y en a quelques-uns par ici et dans les autres petites villes survivantes de la région, mais en réalité ce sont juste des obsolètes un peu raides et qui ne revendiquent pas agressivement. De toute manière, des véritables Pures, ça ne fréquente pas les enclaves de modifiés.

Pas qu’il projette spécialement agressif, celui-ci. La coupe de cheveux – blond paille en brosse –, ça ne veut rien dire, mais le carré des épaules, la barbe, la démarche… Et l’est tellement grand, tellement mâle, même si pas vraiment massif – plutôt dégingandé, de fait. Il y en a qui pratiquent l’eugénisme, chez les Pures, ne sont pas à une contradiction près : sélectionnent et croisent pour les caractères dominants, appellent ça mariage. Et je n’ai jamais rien vu d’aussi typé mâle dans la région, même chez les bons vieux obsos. On est plus petit. Et moins blanc. »

Extrait de : E. Vonarburg. « Entre nos mains. »

Comment écrire des histoires par Elisabeth Vonarburg

Fiche de Comment écrire des histoires

Titre : Comment écrire des histoires
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 1986
Editeur : Le griffon d’argile

Première page de Comment écrire des histoires

« Raconter une histoire, ce que faisaient nos ancêtres rassemblés autour des feux, la nuit, c’est la plus ancienne forme de fiction, celle qui est à la source de toute la littérature. Malgré toutes nos sophistications réelles ou supposées, il y a toujours en nous une curiosité et une faculté d’émerveillement enfantines devant les histoires. Contes de fées, romans d’amour, récits d’espionnage… ou faits divers, chacun peut trouver son propre type d’histoire, et chacun le trouve, parce qu’il en a besoin.

Pourquoi ? Parce que le monde peut être une prison et que, comme l’a dit justement un célèbre conteur d’histoires merveilleuses, on a bien le droit d’essayer d’échapper à sa prison. Non pas, paradoxalement, pour nier le monde, mais pour mieux y revenir après être allé reprendre des forces au pays des rêves. Les rêves ne sont pas forcément le contraire de la réalité : ils sont peut-être plutôt ce qui nous encourage à la transformer…

Mais ce n’est pas la seule raison de notre fascination pour les histoires, et pour ceux qui les racontent.
C’est aussi que raconter une histoire est la forme la plus ancienne du jeu de la communication. Quelqu’un, dans le noir ou à la lumière du jour, raconte quelque chose à quelqu’un d’autre : c’est une relation interpersonnelle, un partage, un échange. »

Extrait de : E. Vonarburg. « Comment écrire des histoires. »

Chroniques du Pays des Mères par Elisabeth Vonarburg

Fiche de Chroniques du Pays des Mères

Titre : Chroniques du Pays des Mères
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 1992
Editeur : Le livre de poche

Première page de Chroniques du Pays des Mères

« L’autre côté du soleil. C’est ainsi que Lisbeï appelait la lune quand elle était petite, pour le grand amusement des gardiennes, quand la garderie ouest était encore pour elle « la Garderie ». Elle avait dû voir quelquefois la lune dans le ciel alors que le soleil n’avait pas tout à fait disparu derrière la haute enceinte du parc-jardin (« les yeux d’Elli : bonne nuit », disaient alors les gardiennes). En tout cas, l’autre côté du soleil flotte dans sa mémoire chaque fois quelle évoque la garderie ouest, comme les lunes pâles ou rousses de son enfance flottaient vers le haut du soir, symboles d’un espace de temps interdit aux petites mosta puisque c’était l’heure d’aller dormir, les rangées blanches du dortoir, le silence obscur empli de souffles.

Pourtant Lisbeï ne serait sans doute jamais restée les yeux ouverts à rêver d’autres côtés s’il n’y avait eu Tula. Car Tula était venue de l’espace invisible qui devait exister à l’extérieur de la garderie, autour de
l’enceinte circulaire du parc. »

Extrait de : E. Vonarburg. « Chroniques du Pays des Mères. »

Contes de Tyranaël par Elisabeth Vonarburg

Fiche de Contes de Tyranaël

Titre : Contes de Tyranaël (H.S. – Tyranaël)
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 1994
Editeur : Editions Québec Amérique

Sommaire de Contes de Tyranaël :

  • Le conte de la création
  • Iptit au Chapeau vert
  • Paguyn et Kithulai
  • Histoire de Lileïniloo
  • Histoire d’Oghim

Première page de Le conte de la création

« Au commencement, après avoir créé Tyranaël, Hananai s’ennuyait un peu. Autour de la planète, elle avait placé la grosse lune, en lançant ensuite autour d’elle les deux petites qui tournent en sens inverse, et sur la planète elle s’était amusée à tasser ensemble tous les morceaux de terre d’un côté et tous les morceaux de mer de l’autre, de sorte qu’on pouvait se rendre à pied sec depuis tout en haut dans le Nord jusqu’à tout en bas dans le Sud… mais justement, il n’y avait personne pour s’y rendre, à pied ou autrement. Hananai était toute seule, et elle s’ennuyait. Elle avait besoin de compagnie. Le soleil et les lunes, les montagnes et l’océan, c’était bien, c’était vivant, ça changeait avec la pluie et le vent, mais ce n’était pas très causant. Hananai était immortelle, ce qui voulait dire qu’elle avait beaucoup de temps devant elle, mais aussi beaucoup de temps pour s’ennuyer. Et Hananai aurait bien aimé qu’il y ait quelqu’un pour lui donner un avis sur le monde qu’elle avait créé. »

Extrait de : E. Vonarburg. « Contes de Tyranael. »

La mer allée avec le soleil par Elisabeth Vonarburg

Fiche de La mer allée avec le soleil

Titre : La mer allée avec le soleil (Tome 5 sur 5 – Tyranaël)
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 1997
Editeur : Editions Alire

Première page de La mer allée avec le soleil

« Taïriel attend que l’oiseau ait décidé qu’elle ne constituait pas un danger et se soit réinstallé sur le petit surplomb à trois mètres d’elle. Un nouveau nid, il faudra le signaler aux surveillants des voies ; les sigrues ne sont pas très grosses, mais elles ont un bec crochu et acéré, et aucun varappeur n’aime leur disputer la falaise du Parc, surtout en période de couvage.

« Ça va, Tiri ? »

Estéban, une quinzaine de mètres plus haut. Il a entendu le concert de sifflements et le fracas d’ailes.

« Ça va ! »

Taïriel se remet en route en essayant de retrouver sa concentration. La brûlure familière sur le devant des jambes, dans les mollets, les épaules et les avant-bras. Les mouvements infimes qui déplacent le centre de gravité, la conscience au bout des doigts, l’impression, par moments, qu’une sorte de champ magnétique vous relie à la pierre, à la bonne prise à venir. »

Extrait de : E. Vonarburg. « TYRANAEL – La mer allée avec le soleil. »

L’autre rivage par Elisabeth Vonarburg

Fiche de L’autre rivage

Titre : L’autre rivage (Tome 4 sur 5 – Tyranaël)
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 1997
Editeur : Editions Alire

Première page de L’autre rivage

« Lorsqu’il était petit, il avait vu mourir un arbre-Gomphal.

Ils trouvent Lian à l’aube du jour de l’an, sur l’esplanade près du port, au bord de la Mer. Nu, inconscient, ensanglanté. Il a dû se blesser aux grillages interdisant l’accès aux quais. Il a de la chance, c’est Jill Estérazy qui le découvre, avec Jaques Hueng, alors qu’ils font leur habituel périple avant la foule, elle à grandes poussées rythmées sur les roues de son fauteuil roulant, lui à côté, au petit trot, avec le chien. Ils l’emportent en hâte à la commune toute proche sur les genoux de Jill, étrange madone. Quand il ouvre les yeux, et qu’ils lui demandent comment il s’appelle, ils entendent mal son murmure, ils comprennent : “Liam”. Et comme il est blond, avec des yeux gris bleu trop pâles dans sa face brune, et qu’ensuite il semblera comprendre leur anglam, ils lui font faire des faux papiers au nom de Liam Shaunessy. »

Extrait de : E. Vonarburg. « TYRANAEL – L’autre rivage. »

Mon frère l’ombre par Elisabeth Vonarburg

Fiche de Mon frère l’ombre

Titre : Mon frère l’ombre (Tome 3 sur 5 – Tyranaël)
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 1997
Editeur : Editions Alire

Première page de Mon frère l’ombre

« Il y a très longtemps, au temps où les Ékelli marchaient encore sur Tyranaël, une grande joie advint en la demeure de Karaïd Tsaludar, à Hleïtzer qui était alors la capitale des Paalani sur Hébu. Longtemps le roi et son épouse Mirnaë avaient attendu un enfant, et par trois fois déjà leur espoir avait été déçu. Or, pendant la nuit de l’éclipse d’été, alors que la lune épousait le soleil, il leur naquit un fils. L’enfant avait les yeux violets de son ancêtre Ktulhudar, et tous les mages déclarèrent que par lui se réaliserait sûrement la prédiction de l’Homme-Dieu aux Paalani, lors de leur ultime défaite : « Vous serez grands de nouveau, non par les armes et dans la guerre, mais par l’amour et dans la paix. »

Cette grande joie se changea pourtant bientôt en une grande peine. Ce ne fut d’abord qu’un chuchotement dans les couloirs du palais, puis un murmure de bouche à oreille, mais enfin la nouvelle éclata dans la ville royale consternée : le regard du divin soleil ne s’arrêtait pas sur le prince héritier ! Le fils du roi, le descendant de l’Homme-Dieu Ktulhudar, Oghim Karaïdar, n’avait pas d’ombre ! »

Extrait de : E. Vonarburg. « TYRANAEL – Mon frére l’ombre. »

Le jeu de la perfection par Elisabeth Vonarburg

Fiche de Le jeu de la perfection

Titre : Le jeu de la perfection (Tome 2 sur 5 – Tyranaël)
Auteur : Elisabeth Vonarburg
Date de parution : 1996
Editeur : Editions Alire

Première page de Le jeu de la perfection

« Les licornes sont couchées dans un repli des collines basses qui descendent vers l’océan. En ces heures chaudes, elles se reposent ; elles reprendront leur route à la tombée du soleil. C’est un de ces petits groupes qui migrent vers le continent Est quand l’isthme le rattachant au continent principal se trouve à découvert. La Mer a disparu depuis déjà presque un Mois, on arrive à la cinquième lunaison de Juillet, dans l’hémisphère nord même si l’équateur n’est pas très loin. Les licornes ont de quoi se nourrir : si les buissons et les arbustes commencent à peine à pointer, l’herbe a largement eu le temps de repousser sur le sol dénudé – une peau ondoyante, d’un jaune éclatant, mais où le vent fait déjà courir des vagues bleutées. »

Extrait de : E. Vonarburg. « TYRANAEL – Le jeu de la perfection. »