Étiquette : Perrin
Le modèle Jonas par Ian Watson

Fiche de Le modèle Jonas
Titre : Le modèle Jonas
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1975
Traduction : M. Perrin
Editeur : Calmann Lévy
Première page de Le modèle Jonas
« IL fend les eaux au-dessus d’une chaîne de montagnes. Les sommets en dos-d’âne surgissent brutalement des abysses bourbeux, jalonnant un dédale de gorges sinistres dont chacune abrite peut-être un de ces gigantesques Dix-Bras rusés, aux ventouses meurtrières et aux membres d’acier.
Pourquoi cette allusion à l’acier ?
Lisse et rigide, l’Acier renferme des cavités comme celles qui abritent les intestins, l’estomac, les poumons ; mais là s’arrête le parallèle puisque ces poches vides ne répondent par aucune modification de forme au milieu environnant.
L’Acier n’a aucun rapport avec un Dix-Bras… à moins qu’il en existe une espèce déformable, susceptible de se lover et de se tordre ; mais en tout cas, lui n’en avait encore jamais rencontré ! Résistant comme l’acier est une… métaphore. Une approche de la réalité.
Approche plutôt vague et faussée, d’ailleurs. »
Extrait de : I. Watson. « Le modèle Jonas. »
Le livre des légendes par Selma Lagerlöf
Fiche de Le livre des légendes
Titre : Le livre des légendes
Auteur : Selma Lagerlöf
Date de parution : 1910
Traduction : F. Palmér
Editeur : Perrin
Sommaire de Le livre des légendes
- La fille du Grand-Marais
- La mine d’argent
- La légende de la Rose de Noël
- La marche nuptiale
- Le joueur de violon
- Une légende de Jérusalem
- Pourquoi le pape devint si vieux
- Le ballon
Première page de La fille du Grand-Marais
« Ceci se passe dans une salle d’audience, en province. Devant le tribunal, tout au fond de la salle, est assis le vieux juge, homme de haute et forte taille, au visage rude et énergique. Des heures durant, sans discontinuer, il n’a fait que trancher litige après litige, et à la fin il s’est senti envahir par un sentiment de sombre dégoût. Il est difficile de savoir si c’est la chaleur étouffante de la salle qui l’incommode, ou s’il a été dégoûté à la longue de tant de querelles mesquines, qui paraissent n’être nées que pour témoigner de la manie tracassière, du manque de charité, et de l’âpreté au gain des hommes.
Il vient d’aborder la dernière des causes qui doivent être jugées ce jour-là. Il s’agit d’une demande de pension alimentaire.
Cette affaire est venue déjà au cours de la session précédente, et le greffier donne lecture du procès-verbal des débats antérieurs. Il en résulte d’abord que la partie demanderesse est la fille d’un pauvre journalier et que le défendeur est un homme marié. »
Extrait de : S. Lagerlöf. « Le livre des légendes. »
Inferno par Fred Hoyle et Geoffrey Hoyle

Fiche de Inferno
Titre : Inferno
Auteur : Fred Hoyle et Geoffrey Hoyle
Date de parution : 1973
Traduction : M. et J. Perrin
Editeur : Denoël
Première page de Inferno
« Cameron envoya un baiser d’adieu à Madeleine qui se pencha par la fenêtre du train pour lui crier :
— Téléphone-moi, je viendrai te chercher.
— Ce n’est pas la peine, tu sais.
Le train s’ébranlait lentement, avançant à la vitesse d’un homme au pas, puis accélérant progressivement. Cameron espérait pouvoir le prendre lui aussi le lendemain, peut-être le surlendemain, ou seulement… Il détestait rester à Londres, inactif, surtout lorsque son séjour dépendait de crises plus ou moins vagues à Whitehall. Mais il fallait tout de même bien attendre jusqu’au bout. Il jeta un coup d’œil à sa montre qui indiquait 19 h 35, et se demanda pourquoi le gouvernement ne décidait pas de décimaliser les unités de temps.
Et puis il songea à son dîner. Selon l’usage, il aurait dû le prendre en compagnie de quelque persona grata. Mais qui pouvait-on réellement qualifier de grata, en ces temps ? Il finit par choisir le restaurant Wheeler dans Old Compton Street, prit le métro jusqu’à Leicester Square et fit le reste du chemin à pied. »
Extrait de : F. Hoyle et G. Hoyle. « Inferno. »
Jessie par S. King

Fiche de Jessie
Titre : Jessie
Auteur : Stephen King
Date de parution : 1992
Traduction : I. et M. Perrin
Editeur : Le livre de poche
Première page de Jessie
« Jessie entendait la porte de derrière battre doucement au gré de la brise d’octobre qui soufflait autour de la maison. Le chambranle jouait toujours un peu en automne, et il fallait tirer la porte d’un coup sec pour la fermer à fond. Cette fois-ci, ils avaient oublié. Elle faillit dire à Gerald d’y aller avant qu’ils ne soient trop occupés, sinon ce claquement la rendrait folle. Puis elle songea que ce serait stupide, vu les circonstances. Cela gâcherait l’ambiance.
Quelle ambiance ?
Bonne question. Quand Gerald fit tourner le canon creux de la clef dans la deuxième serrure et qu’elle entendit le petit déclic au-dessus de son oreille gauche, elle comprit que, pour elle en tout cas, l’ambiance ne valait pas la peine d’être préservée. C’est pourquoi elle avait remarqué que la porte était mal fermée, d’ailleurs. Ces petits jeux d’asservissement sexuel ne l’avaient pas excitée longtemps. »
Extrait de : S. King. « Jessie. »
Les quinconces du temps par J. Blish
Fiche de Les quinconces du temps
Titre : Les quinconces du temps
Auteur : J. Blish
Date de parution : 1973
Traduction : M. et J. Perrin
Editeur : Denoël
Première page de Les quinconces du temps
« L’homme qui se dissimulait derrière le nom de code de Josef Faber – au bout de dix ans il avait d’ailleurs perdu tout intérêt pour le sien véritable – abaissa légèrement son volumineux journal photocopié, et au même instant son regard rencontra celui de la jeune et angélique beauté assise sur l’un des bancs du parc. Au prix de grands efforts il réussit à lui adresser un sourire gêné, et se replongea aussitôt dans sa lecture.
Incontestablement charmante dans le genre beauté blonde, mais assez incolore de par sa jeunesse et inaccessible dans son attente aveugle du bel inconnu, elle l’avait à peine remarqué : il n’avait pas le type voulu.
Il savait qu’il jouait fort bien le rôle du paisible citoyen d’un certain âge, à l’emploi régulier, en train de savourer son repos dominical loin des soucis d’une comptabilité fastidieuse et de la routine familiale – mais pas du tout celui du prince charmant.
Il était également persuadé, en contradiction avec les ordres de ses supérieurs, que son apparence normale, voire celle d’un jeune Adonis n’auraient en »
Extrait de : J. Blish. « Les quinconces du temps. »
Le lendemain du jugement dernier par J. Blish
Fiche de Le lendemain du jugement dernier
Titre : Le lendemain du jugement dernier (Tome 2 sur 3 – Faust-Aleph-Zéro)
Auteur : J. Blish
Date de parution : 1970
Traduction : J. Perrin
Editeur : Pocket
Première page de Le lendemain du jugement dernier
« Les événements qui avaient conduit à la catastrophe s’étaient déroulés dans l’ordre chronologique suivant :
Baines, le Président de Consolidated Warfare Service, filiale d’un groupement international de produits chimiques et de colorants consacré à la fabrication de munitions, avait demandé audience auprès de Theron Ware, une des sommités de la magie noire, pour assister à une séance en compagnie de Jack Ginsberg, son directeur général et un sceptique de la plus belle espèce. Ils s’étaient donc rendus au palais que Ware avait loué dans la charmante ville maritime de Positano et où le Maître se livra à une petite démonstration d’alchimie sous contrôle strict, transformant deux larmes ordinaires successivement en larmes de sang, d’or et de plomb. »
Extrait de : J. Blish. « Faust-Aleph-Zéro – Le lendemain du jugement dernier. »
Toi l’immortel par R. Zelazny
Fiche de Toi l’immortel
Titre : Toi l’immortel
Auteur : R. Zelazny
Date de parution : 1966
Traduction : M. Perrin
Editeur : Gallimard
Première page de Toi l’immortel
« Tu es un kallikanzaros », affirma-t-elle tout à coup.
Je me retournai sur le côté gauche et confiai mon sourire à l’obscurité environnante.
— Oui, mais j’ai laissé mes sabots et mes cornes au Bureau.
— Tu vois, tu connais la légende !
— Écoute-moi bien : mon nom est Nomikos.
J’étendis la main vers elle et trouvai son corps.
— Pars-tu pour détruire le monde cette fois-ci ?
Je l’attirai vers moi et répondis en riant :
— Je vais y penser sérieusement, et ma foi si c’est ainsi que la Terre doit s’effondrer…
— Sais-tu que les enfants nés le jour de Noël ont du sang kallikanzaros dans les veines, dit-elle, et tu m’as confié un jour que ton anniversaire…
— Bon, d’accord ! »
Extrait de : R. Zelazny. « Toi l’immortel. »
Aujourd’hui, nous changeons de visage par R. Zelazny
Fiche d’Aujourd’hui, nous changeons de visage
Titre : Aujourd’hui, nous changeons de visage
Auteur : R. Zelazny
Date de parution : 1972
Traduction : M. Perrin
Editeur : Denoël
Première page d’Aujourd’hui, nous changeons de visage
« Emporté… doucement, mais inexorablement… calmement, mais implacablement… à la dérive.
Le déchirement d’un éclair, que prolonge un soupir infiniment profond…
En un tourbillon… coulait
la lente cascade des morceaux d’un puzzle dont certains venaient s’assembler autour de moi…
…et il commença de se faire jour dans mon esprit, bien qu’il me semblât avoir toujours su.
Le tableau était achevé et je le contemplais dans son intégralité, d’une fenêtre ouverte sur le temps suspendu.
Bien sûr, il y avait un enchaînement, comme dans un alignement de vertèbres ou de dominos, qui facilitait le passage d’une étape à l’autre… ici… et là… et encore ailleurs.
Ici… par exemple.
… je quittais le club un samedi peu après 22 h 30, par une froide nuit de novembre. Eddie m’accompagnait et nous étions occupés à boutonner nos pardessus derrière les portes vitrées, attendant que Denny amène la voiture et surveillant cette rue »
Extrait de : R. Zelazny. « Aujourd’hui nous changeons de visage. »
Le robot qui me ressemblait par R. Sheckley
Fiche de Le robot qui me ressemblait
Titre : Le robot qui me ressemblait
Auteur : R. Sheckley
Date de parution : 1980
Traduction : M. Perrin, B. Martin
Edition : Robert Laffont
Sommaire de Le robot qui me ressemblait
- Le robot qui me ressemblait
- Esclaves du temps
- Des voix
- Le mendiant de l’espace
- Projections privées
- Zirn abandonné sans défense, le palais Jenghik en flammes, Jon Westerly mort
- Le western éternel
- Qu’est-ce que la vie ?
- Je vois un homme assis dans un fauteuil lui mord la jambe
- Que font donc les gens quand ils se croient seuls ?
- Les souhaits de Silversmith
- Terminusville
- Les derniers jours de la terre (parallèle ?)
Première page de Le robot qui me ressemblait
« Le Roborama Snaithe est une boutique sans attrait, sise Boulevard KB22 près d’Uhuru Cutoff dans Greater New Newark entre une fabrique d’oxygénateurs et un magasin de protéines. En vitrine, noblesse oblige, des robots : trois humanoïdes au sourire figé, portant l’uniforme de leur profession, Modèle PB2, le chef cuisinier français ; Modèle LR3, la gouvernante anglaise ; Modèle JX5, le jardinier italien. « Avec eux à votre service c’est le charme du passé qui entre dans votre foyer. »
Je traversai le magasin poussiéreux pour me rendre à l’atelier de fabrication, étrange compromis entre un abattoir et l’antre d’un monstre. Des têtes, des bras, des jambes, des bustes empilés sur les rayonnages, entassés dans les coins, tous avec une apparence humaine des plus troublantes… n’étaient les fils métalliques qui s’en échappaient.
Snaithe sortit de la réserve pour m’accueillir ; un petit homme terne et insignifiant, avec une mâchoire allongée et des mains rougeaudes au bout de ses bras ballants. Sûrement d’origine étrangère, »
Extrait de : R. Sheckley. « Le robot qui me ressemblait. »
Douces illusions par R. Sheckley
Fiche de Douces illusions
Titre : Douces illusions
Auteur : R. Sheckley
Date de parution : 1978
Traduction : M. Perrin
Editeur : Calmann-Lévy
Sommaire de Douces illusions
- Au bazar des mondes
- Citoyen de l’espace
- La pêche est ouverte
- Propriété privée
- Bienvenue au cauchemar classique
- L’arme absolue
- Echec et mat à mort
- Immunité diplomatique
- Les démons
- Rituel
- Potentiel
- En un pays aux couleurs claires
Première page d’Au bazar des mondes
« ARRIVÉ au bout du long talus de décombres grisâtres, Mr Wayne aperçut soudain la boutique « Au bazar des Mondes », exactement telle que ses amis la lui avaient décrite : une baraque faite de vieilles planches, de pièces de voiture, de morceaux de tôle ondulée et de quelques rangées de briques croulantes, le tout badigeonné d’une couche de bleu délavé.
Wayne jeta un coup d’œil en arrière sur le long chemin de gravats pour s’assurer qu’on ne l’avait pas suivi, puis, serrant très fort son paquet sous son bras, il poussa la porte et se glissa à l’intérieur, encore tout ému de sa propre audace.
— Bonjour ! dit le propriétaire, semblable en tous points lui aussi à la description de ses amis : un grand bonhomme âgé, à la mine rusée, aux yeux étrécis et à la bouche tombante, du nom de Tompkins. Il était assis dans un vieux rocking-chair sur le »
Extrait de : R. Sheckley. « Douces illusions. »