Auteur/autrice : CH91

 

La démone de Karastan par Philippe Randa

Fiche de La démone de Karastan

Titre : La démone de Karastan (Tome 3 sur 4 – Lex Buri)
Auteur : Philippe Randa
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir

Première page de La démone de Karastan

« La station-relais de Ghor, une heure d’arrêt ! Un vol régulier relie directement Thomas du Centaure à Karastan, mais j’ai pris intentionnellement ce transport de marchandises. Ordre du colonel Stevenson ! Je ne suis pas le seul passager à bord de l’Orion IV. Malgré la perte de temps et les mauvaises conditions de voyage, toutes les places sont prises, à cause des billets moitié prix.

Sur Ghor, les passagers vont tuer le temps au bar du spatiodrome. Il est immense, prévu pour accueillir des centaines de personnes, et comme le service n’a pas besoin d’être soigné, chacun se sert à des distributeurs automatiques.

J’attrape mon sac de voyage sous mon fauteuil, puis m’insère dans une file pour quitter le transport.

Un escalier roulant nous descend sur la piste d’envol, prolongée d’un tunnel mobile et transparent. Les bâtiments d’accueil sont à une centaine de mètres. Il fait nuit. Une nuit épaisse, assez fraîche ; les ventilateurs d’air chaud ne fonctionnent pas très efficacement. »

Extrait de : Ph Randa. « La démone de Karastan – Lex Buri. »

Les conjurés de Shargol par Philippe Randa

Fiche de Les conjurés de Shargol

Titre : Les conjurés de Shargol (Tome 2 sur 4 – Lex Buri)
Auteur : Philippe Randa
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les conjurés de Shargol

« Au milieu du XXIe siècle, l’expansion spatiale de la Terre bouleversa l’organisation de ses différents États. Une guerre particulièrement meurtrière aboutit à l’unification des régimes politiques. Toutes les anciennes idéologies, où le Politique se subordonnait à l’Économique, furent balayées. Les peuples l’acceptèrent. Une aventure fabuleuse leur était offerte… La société marchande, axée tout entière sur le bien-être matériel, ne les intéressait plus.

On l’admit à nouveau, la fonction politique devait déterminer les modalités de l’action économique et sociale. Un Empereur prit la tête du gouvernement terrien. Producteurs et marchands d’une part, la Garde Spatiale d’autre part, furent représentés dans des Chambres chargées de seconder son gouvernement.

En trois siècles, l’Empire Terrien se développa d’une façon prodigieuse. Vingt-sept empereurs se succédèrent. Ercalor III accéda au trône à la mort de son père. Son frère jumeau, Dangar, disparut quelques temps après dans un accident de vaisseau spatial à la périphérie de l’Empire… Deux mois plus tard, le premier attentat d’une organisation encore inconnue coûtait la vie à un haut responsable de la Garde Spatiale. Elle affirmait agir au nom de Dangar. Celui-ci – prétendument en exil – revendiquait le trône de l’Empire. »

Extrait de : Ph Randa. « Les conjurés de Shargol – Lex Buri. »

Les fusils d’Ekaistos par Philippe Randa

Fiche de Les fusils d’Ekaistos

Titre : Les fusils d’Ekaistos (Tome 1 sur 4 – Lex Buri)
Auteur : Philippe Randa
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les fusils d’Ekaistos

« Un bruit sourd, suivi d’un second, puis de chuchotements. C’est à peine audible, mais je ne dors pas. De plus, la nuit est silencieuse, car il est très tard. Je me dresse dans mon lit. La pièce, aussitôt, se met à tourner. Pas longtemps, elle se stabilise tout de suite. Par contre, dans mon estomac, il y a un va-et-vient de mauvais augure.

Ma dernière cuite n’est pas encore totalement passée… Insidieux, le vin d’Alkor. Il soûle progressivement et je me suis laissé aller, encore une fois. Je le regrette ? Même pas. Cela me permet d’oublier mon état. J’en abuse, bien sûr, mais au point où je suis rendu, ça n’a plus d’importance.

Mon retour date de quand ? Aucune idée. Généralement, je me soûle pendant une journée entière et il m’en faut deux ou trois pour me remettre.

Les bruits viennent de la pièce au-dessous de moi. Ma salle de séjour. Un peu pompeux de l’appeler ainsi. J’habite un baraquement, situé dans la banlieue de Looma et il est plutôt minable. Il me protège du froid et de la pluie sans rien me coûter. Des refuges pour clochards, charitablement distribués par les autorités de la planète. »

Extrait de : Ph Randa. « Les Fusils d’Ekaistos – Lex Buri. »

Samuel Dharma

Présentation de Samuel Dharma :

Né le 22 octobre 1963 à Paris, Thomas Bauduret est un écrivain, nouvelliste et traducteur français. Au cours de sa carrière, cet auteur prolifique a utilisé plusieurs pseudonymes pour signer ses œuvres, les plus connus étant Patrick Eris et Samuel Dharma. Il s’illustre principalement dans les genres de la science-fiction, du fantastique, du roman policier et du cyberpunk.

Un traducteur incontournable

Avant même d’être reconnu pour ses propres écrits, Thomas Bauduret (souvent sous le nom de Patrick Eris) mène une carrière de traducteur extrêmement riche. Il a traduit de très nombreux auteurs anglo-saxons pour le public francophone, parmi lesquels Clive Barker, Graham Joyce, Jack Higgins, Graham Masterton ou encore John Gwynne.

Il est particulièrement célèbre dans le domaine de la littérature de l’imaginaire et de la jeunesse, puisqu’il a assuré la traduction de la série Bobby Pendragon de D. J. MacHale, des novélisations des épisodes II et III de Star Wars, ainsi que des vingt tomes de la saga Les Apprentis Jedi (écrite par Dave Wolverton et Jude Watson).

L’auteur aux multiples identités

Sous le pseudonyme de Samuel Dharma, il a publié plusieurs textes dès la fin des années 1980, notamment au sein des mythiques éditions Fleuve Noir. On lui doit par exemple :

  • Mickey meurtre (1986), paru dans la collection « Espionnage » ;
  • Nécromancies (1988), paru dans la célèbre collection « Anticipation » ;
  • Le Chemin d’ombres (1989).

Sous son autre grand pseudonyme littéraire, Patrick Eris, il explore les frontières du roman noir, du thriller et du cyberpunk. Il s’est notamment fait remarquer avec Fils de la Haine (2005), un thriller futuriste nerveux paru chez Rivière Blanche, ou encore avec le roman fantastique L’Autobus de minuit (2001). Il a également participé à l’écriture de romans pour la série Blade, Voyageur de l’Infini (sous le nom de plume collectif Jeffrey Lord), en collaboration avec l’auteur Nemo Sandman.

Un acteur engagé du monde de l’édition et de la scène

Outre l’écriture et la traduction, Thomas Bauduret s’investit activement dans le monde éditorial. En 2007, il devient coéditeur au sein des éditions Malpertuis, une structure indépendante spécialisée dans le fantastique et l’horreur, où il contribue à faire découvrir de nouvelles voix ou à traduire des œuvres inédites.

L’auteur se distingue également par son approche vivante de la littérature. Depuis 2013, il est membre du collectif The Deep Ones, un groupe réunissant des écrivains de l’imaginaire et des musiciens, qui propose des lectures de textes en public accompagnées de créations musicales originales. Cette démarche souligne la volonté de l’auteur de faire sortir la littérature de son cadre strictement imprimé pour lui offrir une dimension sonore et théâtrale.

Livres de Samuel Dharma :

Comme une odeur de tombeau (1990)
Le chemin d’ombres (1989)
Nécromancies (1988)
Traqueur (1988)

Pour en savoir plus sur Samuel Dharma :

La page Wikipédia sur S. Dharma
La page Noosfere sur S. Dharma
La page isfdb de S. Dharma

Tongre par Yves Frémion

Fiche de Tongre

Titre : Tongre
Auteur : Yves Frémion
Date de parution : 1986
Editeur : Gallimard

Première page de Tongre

« Le vent Menyr courait sur la lande.
Des bourrasques soulevaient, par petites gifles, les fragments les plus légers de la neige collée à la terre. Ceux-ci s’envolaient alors et venaient fouetter tout obstacle surgissant devant eux, les rares et maigres arbres par exemple, ou des buissons décharnés, ouverts au souffle et déchirés de part en part.
Arrachés d’une motte jaunie, les fragments de cette neige se reposaient plus loin. On aurait pu croire qu’ils ne disparaissaient jamais, sans cesse repoussés d’un lieu à un autre, et accomplissant éternellement une révolution autour de la planète.
La terre était gelée depuis de longs jours. Les pierres y étaient incrustées comme des diamants dans une couronne royale. Une faible végétation, tassée sur eux par la glace, les recouvrait en partie. Toute l’étendue, à perte de vue, était ainsi immaculée, ne laissant filtrer aucune trace de vie, pas même minérale. Non, les âmes n’étaient pas ici.
Le jeune tongre cherchait de la nourriture.
Ses deux estomacs hurlaient leur famine. À ses naseaux, le givre avait collé son masque de gel. L’air ne passait guère de l’extérieur vers ses poumons atrophiés, ni ne ressortait. D’ailleurs, il n’y avait presque plus d’air. »

Extrait de : Y. Frémion. « Tongre. »

Territoires du tendre par Yves Frémion

Fiche de Territoires du tendre

Titre : Territoires du tendre
Auteur : Yves Frémion
Date de parution : 1982
Editeur : Denoël

Sommaire de Territoires du tendre

  • Sur les thalles bruns des algues marines de J. Le may
  • La trêve de T. Lee
  • La synthétique de K. Roberts
  • À côté de la plaque de B. N. Malzberg
  • Lente chaleur de la chair de Y. Frémion
  • Les solitaires de J. Merril
  • Les rides et la fleur de D. Martinange
  • La femme aux trois rêves de M. Bishop et C. Strete
  • Les vices de la machine de J. T. Sladek
  • Tout saigne dans l’huile de J.-P. Hubert
  • Ne bronche pas, rubis de R. Zelazny

Ronge par Yves Frémion

Fiche de Ronge

Titre : Ronge
Auteur : Yves Frémion
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir

Première page de Ronge

« Hint bandait plutôt mou. Avec ces nuits épuisantes, la danse, l’alcool, les gens, les trucs à dire, à sourire, à supporter, merde et fatigue, il semblait vidé. Pauvre colosse, pauvre chéri.
Sylvie léchait sa queue à petits coups de langue et l’homme commençait à s’émouvoir. Il avait dû en voir d’autres, surtout qu’il était ici depuis quinze jours. Toutes les femmes devaient se battre pour passer ne serait-ce qu’une nuit avec lui. Pensez ! Une célébrité pareille !
Il avait gagné le Nurburgring l’an passé, et il était un des dix meilleurs coureurs automobiles du moment, ou quelque chose comme ça (Sylvie ne savait que vaguement). En tout cas, elle l’avait vu à la tridi, elle en était sûre. Lui ou un autre. Mais pourquoi pas lui ? »

Extrait de : Y. Frémion. « Ronge. »

Rêves de sable, châteaux de sang par Yves Frémion

Fiche de Rêves de sable, châteaux de sang

Titre : Rêves de sable, châteaux de sang
Auteur : Yves Frémion
Date de parution : 1986
Editeur : J’ai lu

Sommaire de Rêves de sable, châteaux de sang

  • Rêves de sable, châteaux de sang
  • Nous n’irons plus à Yegub, les phanyls sont coupés…
  • Cosmosculpture
  • Belle viande, dis-moi qui t’habite…
  • Lente chaleur de la chair
  • Le soviet de Retrograd
  • Lettre à mon fils
  • La belle au planeur dormant
  • Fille de joie, fille de tristesse
  • Sexe-duo, bouche du bas
  • Les dévorés

Première page de Rêves de sable, châteaux de sang

« Couchant. Et les franges de soleil mourant au-dessus de la vaguelette endormie. Couchant. Et les fumerolles de six petits nuages en forme de chevelure au bord du découpage des rochers. Sombres.
Sur ce couchant, la nuit. Qui choit et pose son haleine sur l’épaule mouillée.
Dans la nuit pâle, la mer calme. Qui se remue machinalement, comme une entraîneuse au petit matin. Secoue son fessier au rythme de juke-boxes invisibles.
Elle vient lécher, à petits coups de langue fraîche, la terre immense. Elle la mordille, l’excite et la caresse à lui faire perdre son contour. De plaisir. »

Extrait de : Y. Frémion. « Rêves de sable, châteaux de sang. »

Octobre, octobres par Yves Frémion

Fiche de Octobre, octobres

Titre : Octobre, octobres
Auteur : Yves Frémion
Date de parution : 1977
Editeur : Kesselring Editeur

Sommaire de Octobre, octobres

  • Petite mort, petite amie…
  • Toréador prends garde à l’oeil noir de Kierkegaard !
  • Il est plus de midi et le boulanger n’est pas encore passé…
  • Vivre, s’entend, mort… jouir sans entrailles
  • L’omphalosite sur le bout du banc
  • Comme dans du beurre…
  • Accoutumance
  • Habeukeudeu heufeugeucheu…
  • L’humanité, dimanche
  • Pestilence
  • L’homme immobile
  • Le tueur qui devançait son ombre
  • Fais pas cette tronche
  • Elizabeth qui me parle et rit et s’effondre sur mon épaule…
  • Octobre, octobres

Première page de Petite mort, petite amie…

« Petit-Corps aimait Roseau depuis qu’il avait ouvert les yeux.
Roseau, qui avait ouvert les siens à la seconde même où le souffle de son frère avait – pour la première fois – balayé son visage, aimait Petit-Corps de la même fougue.
Petit-Corps et Roseau avaient vécu toute leur brève enfance côte à côte. Ils ne se quittaient jamais de plus de dix mètres. Ils mangeaient dans la même écuelle de bois et nul n’avait jamais pu les éloigner l’un de l’autre sans qu’ils sombrent aussitôt dans le coma-bref qui précède la mort-mort-mort.
 
Treize fois déjà, depuis leur naissance, l’astre avait fait le tour de son orbite. Dans les reins de Petit-Corps fourmillait ce sang qui gonfle le sexe et fait bourdonner les tympans. Dans le ventre de Roseau remuaient les prurits doux du désir.
Alors Petit-Corps et Roseau se préparèrent à mourir. »

Extrait de : Y. Frémion. « Octobre, octobre. »

Le tueur par Yves Frémion

Fiche de Le tueur

Titre : Le tueur
Auteur : Yves Frémion
Date de parution : 1998
Editeur : Gallimard

Première page de Le tueur

« Ah ben, tu parles d’une histoire !

Quand le Baptiste – qui n’avait pourtant pas encore vraiment bu – avait affirmé, péremptoire, que des hippies avaient envahi Vauvert, et même qu’ils s’y étaient installés, carrément, on avait rigolé.

C’était rare, mais il arrivait de temps en temps que des randonneurs campent là-haut, s’abritent dans les maisons ouvertes et délabrées, quelques jours parfois – mais ils en repartaient vite. Il ne fait pas si chaud là-haut, à Vauvert. Mais la vue y est belle, et on comprend bien ce qui les attire, tous.

On y a la paix aussi. Il n’y passe jamais un chat. À la fin du siècle dernier, l’exode a commencé. Puis, y a eu Quatorze-et-Dix-huit. Et puis les deux dernières familles ont essayé de tenir jusqu’à la Guerre. La dernière, celle de Trente-et-Neuf. Une seule famille a résisté et, justement, le père y a laissé sa peau, arrêté comme maquisard et fusillé, près d’Alès où il était allé aider à ravitailler le groupe de Barthès. »

Extrait de : Y. Frémion. « Le tueur. »