Auteur/autrice : CH91
Le cinquième ange par Pierre Bordage
Fiche de Le cinquième ange
Titre : Le cinquième ange (Tome 2 sur 6 – Les derniers hommes)
Auteur : Pierre Bordage
Date de parution : 2000
Editeur : Au diable Vauvert
Première page de Le cinquième ange
« Solman voyait devant lui des hommes et des femmes criminels, misérables, d’abominables vieillards qui n’avaient pas hésité à livrer de l’eau empoisonnée au peuple des Slangs à la fois pour assouvir une vengeance et affirmer leur pouvoir. Il discernait, avec une acuité douloureuse, le degré de responsabilité de chacun, de père Irwan et de mère Gwenuver, coupables d’avoir pris cette terrible décision ; d’Orgwan, de Lohiq et de Katwrinn, coupables de s’être laissé convaincre sans résistance ; de Joïnner, enfin, coupable de s’être résignée à une passivité servile et minante. Ils se tenaient dans la lumière aveuglante des projecteurs à gaz avec une raideur qui signait leur forfait. Ils continuaient de jouer la comédie de la diffamation, de l’honneur bafoué, convaincus que sa complaisance les laverait de tout soupçon. Il ne chercha pas à savoir s’ils avaient soudoyé les trois Neerdands pour l’éliminer, s’ils avaient ordonné à Rilvo d’assassiner Raïma, il avait assez à faire avec l’immense détresse qui le gagnait et obscurcissait sa clairvoyance.
Sa fichue clairvoyance. »
Extrait de : P. Bordage. « Le cinquième ange – Les derniers hommes. »
Le peuple de l’eau par Pierre Bordage

Fiche de Le peuple de l’eau
Titre : Le peuple de l’eau (Tome 1 sur 6 – Les derniers hommes)
Auteur : Pierre Bordage
Date de parution : 2000
Editeur : Au diable Vauvert
Première page de Le peuple de l’eau
« Helaïnn l’ancienne retroussa sa robe, s’agenouilla au bord de la cuve, trempa l’index dans l’eau pendant quelques instants puis, avec d’infinies précautions, l’approcha de ses lèvres rainurées. Comme tous les sourciers, elle ne pouvait se fier qu’à son goût pour détecter la présence éventuelle d’ultra-cyanure.
Solman le boiteux, qui se tenait en arrière avec les apprentis, la vit effleurer de la pointe de la langue la pulpe de son doigt. Le poison foudroyant des anguilles aurait pu la tuer en une poignée de secondes. Enfouie une cinquantaine de mètres sous terre, l’eau répandait une tenace odeur de chlore – plutôt bon signe… – et de rouille. D’imperceptibles secousses telluriques hérissaient sa surface noire balayée par les faisceaux des torches.
Les quinze membres de la troupe s’étaient glissés l’un après l’autre dans un anneau de béton étroit, raide, fissuré, puis, bloqués par un éboulement trente mètres plus bas, ils avaient dégagé le passage à l’aide de pioches, de pelles, et remonté les gravats, la terre et les pierres dans les sacs en toile. »
Extrait de : P. Bordage. « Le peuple de l’eau – Les derniers hommes. »
La route de Sinharat par Leigh Brackett

Fiche de La route de Sinharat
Titre : La route de Sinharat
Auteur : Leigh Brackett
Date de parution : 2008
Traduction :
Editeur : Bélial
Première page de La route de Sinharat
« C’était une porte étroite et basse, profondément encastrée dans l’épaisseur du mur. Carey frappa et attendit, les épaules courbées sous le linteau, le corps plaqué dans l’encoignure comme si ce pan d’ombre dérisoire était un asile. Derrière lui, par-delà l’étendue des pavés fissurés et disjoints, le canal de Jekkara, noir et immobile, regardait le ciel noir et immobile. Tous deux étaient semés d’étoiles.
Rien ne bougeait aux environs du canal. La ville se tapissait sur elle-même. C’était si peu naturel que Carey frissonna. Il était déjà venu à Jekkara et savait quel spectacle elle aurait dû offrir. La principale industrie des cités des Bas Canaux est le vice – tous les vices – et elles s’y adonnent jour et nuit. On aurait pu croire que les habitants avaient fui, mais il n’en était rien. Il savait qu’on avait surveillé chacun de ses pas. En fait, il avait douté qu’on le laisserait aller aussi loin et il se demandait pourquoi on ne l’avait pas d’ores et déjà assassiné. Peut-être se souvenait-on de lui. »
Extrait de : L. Brackett. « La route de Sinharat. »
Le livre de Mars par Leigh Brackett

Fiche de Le livre de Mars
Titre : Le livre de Mars
Auteur : Leigh Brackett
Date de parution : 1969
Traduction : M. Deutsch, J. Laustenne
Editeur : Opta
Sommaire de Le livre de Mars
- Le secret de Sinharat
- Le peuple du talisman
- Mars et les terriens
Les garçons de l’été par Ray Bradbury

Fiche de Les garçons de l’été
Titre : Les garçons de l’été
Auteur : Ray Bradbury
Date de parution : 2002
Traduction : H. Collon
Editeur : Flammarion
Sommaire de Les garçons de l’été :
- La rentrée
- Greffe de coeur
- Donnant donnant
- Après le bal
- In Memoriam
- Tête-à-tête
- Le dragon danse à minuit
- Le dix-neuvième trou
- Les bêtes
- Après-midi d’automne
- Là où règne le vide, on se déplace comme on veut
- One-Woman show
- La grande tournée d’adieu de Laurel et Hardy sur Alpha du centaure
- Nettoyage par le vide
- Un dernier pour la route
- « Tangerine »
- Des sourires grands comme l’été
- Entre-temps
- L’ennemi dans le blé
- Gare !
- Mon fils Max
- L’accumulateur F. Scott / Tolstoï / Achab
- Alors, qu’as-tu à dire pour ta défense ?
- Diane de Forêt
- Le grillon du foyer
Première page de La rentrée
« Charles avait entamé son petit déjeuner depuis un bon moment lorsqu’il avisa la date sur le journal du matin. Il mordit dans son toast, y regarda de plus près, puis reposa le journal.
« Ça alors », fit-il.
Alice, son épouse, leva les yeux, surprise. « Quoi ?
— La date d’aujourd’hui, tu as vu ? On est le 14 septembre.
— Et alors ?
— Alors c’est la rentrée !
— Qu’est-ce que tu racontes ?
— Eh bien oui, la rentrée des classes, les vacances sont finies, tout le monde est de retour, les têtes connues, les vieux copains. »
Alice le dévisagea attentivement, car il faisait mine de se lever.
« C’est bien ça, c’est la rentrée, reprit-il.
— Qu’est-ce que ça peut nous faire, à nous ? demanda-t-elle. On n’a pas d’enfants, on ne connaît aucun enseignant, on n’a même pas d’amis parents.
— Je sais bien, mais… » Charlie reprit le journal et dit d’une drôle de voix : « J’avais promis. »
Extrait de : R. Bradbury. « Les garçons de l’été. »
La baleine de Dublin par Ray Bradbury

Fiche de La baleine de Dublin
Titre : La baleine de Dublin (Tome 3 sur 3 – Autobiographie)
Auteur : Ray Bradbury
Date de parution : 1992
Traduction : H. Collon
Editeur : Denoël
Première page de La baleine de Dublin
« Debout sur le pont du ferry à Dún Laoghaire, j’ai regardé à terre et j’ai vu l’Irlande.
Elle était verte.
Pas d’un vert ordinaire, mais de toutes les nuances, toutes les teintes de vert. Même les ombres étaient vertes, ainsi que la lumière jouant sur le quai de Dún Laoghaire et sur le visage des douaniers. Et c’est dans tout ce vert que je posai le pied, moi, jeune Américain d’à peine plus de trente ans, avec pour tout bagage deux dépressions nerveuses et une machine à écrire.
Voyant cette lumière, l’herbe, les collines et les ombres, je m’écriai : « C’est vert ! Comme sur les affiches touristiques ! L’Irlande est vraiment verte ! Ça alors ! Elle est verte ! »
Tonnerre ! Éclairs ! Le soleil se cacha. Le vert disparut. Des ombres-pluies voilèrent le ciel immense. Tout déconcerté, je sentis mon sourire défaillir. Un douanier grisonnant et hirsute me fit signe d’approcher.
« Vous, là ! Contrôle douanier !
— Où est-il passé ? m’exclamai-je. Le vert ! Il était là à l’instant ! Et voilà qu’il…
— Le vert, dites-vous ? » Le douanier consulta longuement sa montre. « Il reviendra quand le soleil réapparaîtra ! »
Extrait de : R. Bradbury. « La Baleine de Dublin – Autobiographie. »
Les sphères de cristal par David Brin

Fiche de Les sphères de cristal
Titre : Les sphères de cristal
Auteur : David Brin
Date de parution : 2003
Traduction : L. Le Maire
Editeur : Imaginaires sans frontières
Sommaire de Les sphères de cristal :
- Les sphères de cristal
- Chhuut…
- Ces yeux-là
- Que dire à un OVNI
- Thor contre Captain America
- Feu rouge
- L’épidémie de générosité
- Troisième et sixième sens
- Les Dipneustes
- Les Pierres de pondération
Première page de Les sphères de cristal
« J’ai vraiment eu de la veine qu’on m’ait sorti d’hibernation à cette époque – l’année même où la sonde interstellaire 992573-aa4 a rapporté la découverte d’une bonne étoile dont la sphère de cristal était brisée. Seuls douze astros étaient réanimés à ce moment-là, et je faisais partie du nombre, alors naturellement je devais participer à l’aventure.
Au départ, je n’en savais rien. Quand la vieille guimbarde est arrivée, j’escaladais les flancs du plateau sicilien, dans la grande vallée qu’était devenue la mer Méditerranée de mes souvenirs à la suite d’une récente période glaciaire. Avec cinq autres Dormeurs fraîchement réveillés, j’étais venu camper et randonner dans cette merveille le temps de nous acclimater à l’époque.
Nous formions un mélange hétéroclite de gens issus de diverses époques, même si j’étais le plus âgé de tous. Nous avions juste fini de visiter les ruines de l’Atlantide, naguère immergées, et avancions sur un sentier forestier, éclairés par la lueur vespérale de la ville bâtie au-dessus de nos têtes. La ceinture étincelante et flexisolide d’habitindustrie qui ceignait notre planète s’était agrandie lors de mes derniers siècles d’hibernation. Sous les latitudes moyennes, la nuit était désormais bien claire. Plus près de l’équateur, on la distinguait peu du jour, tant le ruban lumineux rayonnait dans le ciel. »
Extrait de : D. Brin. « Les Sphères de cristal. »
La menace fantôme par Terry Brooks

Fiche de La menace fantôme – Episode 1
Titre : La menace fantôme (Star Wars – Episode 1)
Auteur : Terry Brooks
Traduction : T. Arson, J.-M. Toussaint, J.-C. Mallé
Date de parution : 1999
Editeur : Delcourt
Première page de La menace fantôme – Episode 1
« Les soleils jumeaux brillaient de mille feux dans un ciel au bleu sans nuages, déversant sur les étendues désertiques de la planète une lumière d’un blanc étincelant. À perte de vue, le sable réfléchissait le reflet aveuglant des deux astres diurnes. Des vagues de chaleur étouffante montaient en colonnes entre les crevasses de massives falaises et les affleurements géologiques qui constituaient les seuls reliefs du paysage alentour. Aussi acérés que des crocs, les monolithes semblaient monter la garde au-dessus de cet enfer bouillonnant.
Quand les Podracers fusèrent à travers les formations rocheuses, leurs moteurs hurlant comme des fauves déments et affamés, la lumière et la chaleur se mirent à vaciller. Même les montagnes parurent trembler.
Anakin Skywalker se pencha à l’intérieur du virage. Cette portion du premier tour de circuit passait sous une grande arche de pierre qui marquait l’entrée du Canyon des Voleurs. Il poussa en douceur la commande d’accélération des propulseurs. Les fusées triangulaires crachèrent avec plus de puissance encore, la gauche de façon un peu plus intense que la droite, forçant le Pod à l’oblique. Anakin déporta son poids vers la gauche afin de négocier le virage avec plus de facilité. »
Extrait de : T. Brooks. « Star Wars Épisode 1 La Menace fantôme. »
Les asticots ne sont pas des anges par Fredric Brown

Fiche de Les asticots ne sont pas des anges
Titre : Les asticots ne sont pas des anges
Auteur : Fredric Brown
Date de parution : 1994
Traduction : G. de Chergé
Editeur : Fleuve noir
Sommaire de Les asticots ne sont pas des anges :
- Sang pour sang
- La mort est un lapin blanc
- Les asticots ne sont pas des anges
- Meurtres en miniature
- SOS Fantôme
- Le Switcheroo
Première page de Sang pour sang
« Je m’éveillai dans l’obscurité totale, encore empêtré dans un rêve ridicule, incapable de savoir ce qui m’avait réveillé ni même qui j’étais. Puis, tout me revint : c’était mon petit réveil intérieur qui s’était déclenché. Je l’avais réglé en vue d’un rendez-vous. Je savais même qui j’étais et où je me trouvais.
Je m’appelais Willy Griff, je venais de faire une sieste dans ma chambre située en sous-sol. La chambre faisait partie de la pension de Mme Whelan – pension plus connue sous le nom de Zoo en raison des étranges individus qu’elle abritait. Et le Zoo, lui, se trouvait à Hollywood, la mecque des acteurs, des types dans mon genre. Non, pas dans mon genre, car je ne ressemble à personne. Je ne suis peut-être pas le meilleur, mais je suis unique.
Je pensai : que la lumière soit – et allumai aussitôt. Le réveil sur ma table de nuit indiquait huit heures. Je devais me lever pour aller retrouver Lennie, mon agent, à neuf heures au Wilshire Derby. Ça pouvait être important. Lennie m’avait dit qu’il essaierait d’amener avec lui un producteur de télévision, un type qui allait tourner une nouvelle série policière pour la Warner. »
Extrait de : F. Brown. « Les asticots ne sont pas des anges. »
Tuer pour passer le temps par Fredric Brown
Fiche de Tuer pour passer le temps
Titre : Tuer pour passer le temps
Auteur : Fredric Brown
Date de parution : 1938
Traduction : P. Legentil
Editeur : NEO
Première page de Tuer pour passer le temps
« Il n’y a pas beaucoup de rues en Amérique où l’on puisse se promener masqué sans trop attirer l’attention. Broadway, qui coupe New York en diagonale, est cependant du nombre. Dans ce royaume du bizarre, l’extraordinaire arrive à passer inaperçu.
L’homme masqué était descendu d’une auto qu’il avait arrêtée à l’angle de Broadway et de la Cinquante-huitième rue. Beaucoup de gens avaient dû le voir sortir de sa voiture, mais c’était sans la moindre importance. Même si la police était parvenue, par la suite, à suivre sa piste jusque-là, c’eut été sans la moindre importance. L’auto était volée, et la police ne pouvait matériellement être avisée du vol que dans la soirée.
L’éblouissant costume rouge que portait l’homme masqué aurait passé tout à fait inaperçu en décembre. Mais sous le soleil de plomb d’une matinée d’août, il attirait de-ci de-là des regards vaguement intrigués. Quelques passants allèrent même jusqu’à tourner la tête et à se demander pourquoi l’homme ne portait pas quelque placard publicitaire dans le dos. Car il ne pouvait évidemment s’agir que d’une vente réclame ou d’une formule publicitaire inédite pour un produit quelconque. À moins d’être cérébralement dérangé, personne ne se serait exhibé, en plein mois d’août, vêtu d’un étouffant costume de Père Noël, sans avoir quelque chose à vendre aux badauds. »
Extrait de : F. Brown. « Tuer pour passer le temps. »