Auteur/autrice : CH91
Harry D. Parker
Présentation de Harry D. Parker :
Harry D. Parker est une de ces figures fantomatiques qui hantent les archives de la science-fiction américaine.
En effet, s’il est une chose certaine concernant cet auteur, c’est bien la rareté insigne de son œuvre. Ne cherchez point de vastes épopées galactiques ni de cycles romanesques à son nom ; les annales du genre, pourtant si promptes à recenser le moindre polygraphe de l’Âge d’Or, ne lui attribuent à ce jour que deux maigres contributions, enfouies dans les pages de ces fameux magazines pulps d’outre-Atlantique.
Nous lui connaissons tout d’abord une unique fiction, une nouvelle d’anticipation intitulée « The Gravitational Deflector », parue à l’automne 1929 dans le tout premier numéro de la revue Science Wonder Quarterly, alors sous l’égide du célèbre Hugo Gernsback.
Il faut ensuite patienter jusqu’au crépuscule de l’année 1936 pour voir son nom réapparaître au sommaire du prestigieux Astounding Stories (dans la livraison de décembre, pour être tout à fait exact). Il n’y signe d’ailleurs point un récit imaginaire, mais un article à vocation scientifique titré « 4th Dimensional Possibilities ». Détail d’importance : l’auteur y est crédité sous la forme « Harry D. Parker, A.S.M.E, S.O.A.E. » (l’acronyme A.S.M.E. désignant très probablement l’American Society of Mechanical Engineers). Cette précision technique laisse à penser que notre homme était un ingénieur ou un scientifique de métier s’essayant ponctuellement à la vulgarisation et à la prospective, plutôt qu’un véritable homme de lettres.
Et voilà tout. Le silence retombe ensuite définitivement sur lui. Les bibliographies officielles demeurent muettes sur sa naissance, son trépas ou le reste de sa carrière.
Livres de Harry D. Parker :
Le déflecteur gravitationnel (1929)
Pour en savoir plus sur Harry D. Parker :
La page Wikipédia sur H. D. Parker
La page Noosfere sur H. D. Parker
La page isfdb de H. D. Parker
Pat Cadigan

Présentation de Pat Cadigan :
Pat Cadigan, qui vit le jour le 10 septembre 1953 dans la bourgade de Schenectady, au sein de l’État de New York, s’est imposée avec une rare virtuosité comme l’un des esprits les plus brillants de la littérature d’anticipation nord-américaine. Écrivain prolifique et femme de lettres d’une redoutable perspicacité, elle a su donner un souffle inédit à la science-fiction, plongeant la psyché humaine dans les méandres vertigineux de l’informatique et des réalités artificielles.
C’est incontestablement au sein de cette avant-garde d’une noirceur insondable, que les exégètes baptisèrent le mouvement « cyberpunk », que le génie de cet auteur a donné sa pleine mesure. Rares sont les femmes à s’être aventurées avec tant de brio sur ces terres arides, dominées par la machine et le cynisme de l’ère électronique ; à tel point que la critique anglo-saxonne lui décerna bien vite le titre fort mérité de « Reine du cyberpunk ».
On ne saurait évoquer son nom sans s’incliner devant ses véritables œuvres magistrales. Il convient en effet de frissonner d’admiration devant « Les Synthérétiques » (paru sous le titre original de Synners en 1991) et le retentissant « Mise en abyme » (Fools, 1992). Ces sombres fresques, couronnées d’ailleurs à deux reprises par le prestigieux prix Arthur C. Clarke en Grande-Bretagne, interrogent avec une crudité inégalée la fusion contre nature entre la chair, l’intellect et les réseaux virtuels. Il faut également louer la maîtrise absolue dont elle fait montre dans l’art exigeant de la nouvelle, comme en témoignent ses remarquables recueils, traduits chez nous sous les titres de « L’Épreuve du feu » et « Les Garçons sous la pluie ».
Aujourd’hui, il est de notre devoir de redécouvrir l’œuvre authentique de Pat Cadigan. Lire cet illustre romancier, c’est accepter de confronter notre esprit aux mutations vertigineuses de notre propre ère, et reconnaître que sous le vernis étincelant de la technologie, c’est la trame même de notre identité humaine qui menace de s’effilocher !
Livres de Pat Cadigan :
Alien 3 (2021)
Alita, battle angel (2019)
Les garçons sous la pluie (1993)
Les synthérétiques (1991)
Mise en abyme (1992)
Vous avez dit virtuel ? (1998)
Pour en savoir plus sur Pat Cadigan :
La page Wikipédia sur P. Cadigan
La page Noosfere sur P. Cadigan
La page isfdb de P. Cadigan
Bruce Sterling

Présentation de Bruce Sterling :
Michael Bruce Sterling, qui vit le jour le 14 avril 1954 sous le soleil écrasant de Brownsville, au Texas, s’est imposé avec une rare fulgurance comme l’un des esprits les plus visionnaires de la littérature d’anticipation nord-américaine. Écrivain prolifique, journaliste mondain et grand théoricien des bouleversements technologiques, cet intellectuel bouillonnant a su donner un souffle inédit à la science-fiction, l’arrachant aux vieux mythes stellaires pour la plonger dans les méandres obscurs de la cybernétique et des réseaux informatiques.
C’est incontestablement en tant que chef de file et héraut du mouvement que les exégètes baptisèrent « cyberpunk » que le génie de Bruce Sterling donna sa pleine mesure au cours des années 1980. Endossant le costume de polémiste sous le pseudonyme de Vincent Omniaveritas, il publia de retentissants manifestes sous forme de fanzines, avant de diriger la mythique anthologie « Mirrorshades » (1986), véritable pierre angulaire de ce courant littéraire d’une noirceur insondable, où l’hyper-technologie fricote avec la misère des bas-fonds urbains.
Parmi les joyaux de sa bibliographie, il convient de saluer bien bas « La Schismatrice » (1985), fresque vertigineuse où l’humanité, disséminée dans le système solaire, se déchire entre les partisans de l’ingénierie génétique (les Façonneurs) et ceux de la prothèse cybernétique (les Mécas). Il faut également frissonner d’admiration devant « Les Mailles du réseau » (1988), implacable roman d’espionnage globalisé, et s’incliner devant « La Machine à différences » (1990). Cette œuvre fondatrice, coécrite avec son illustre confrère William Gibson, nous plonge dans une fascinante époque victorienne où la révolution informatique aurait débuté un siècle plus tôt, posant ainsi les jalons de ce que l’on nommera plus tard le « steampunk ».
Aujourd’hui, il est de notre devoir de redécouvrir l’œuvre protéiforme de Bruce Sterling. Lire ses anticipations, c’est accepter de confronter notre esprit aux mutations vertigineuses de notre propre ère, et reconnaître que sous le vernis étincelant des machines, c’est l’essence même de la nature humaine, dans toute sa grandeur et sa décadence, qui vacille !
Livres de Bruce Sterling :
Cristal express (1989)
Gros temps (1980)
La baleine des sables (1977)
La machine à différences (1991)
Le feu sacré (1996)
Le gamin artificiel (1980)
Les mailles du réseau (1988)
Mozart en verres-miroirs (1986)
Schismatrice + (1985)
Pour en savoir plus sur Bruce Sterling :
La page Wikipédia sur B. Sterling
La page Noosfere sur B. Sterling
La page isfdb de B. Sterling
Federico Saggio

Présentation de Federico Saggio :
Federico Saggio, dont la plume s’est abattue avec une vigueur peu commune sur le paysage de la littérature d’anticipation francophone, s’affirme comme l’un des démiurges les plus singuliers de l’imaginaire contemporain. Loin des utopies candides et des lendemains qui chantent, cet écrivain a su forger, dans le creuset d’une imagination d’une noirceur insondable, des univers oppressants où la condition humaine est mise à nu avec une crudité et un brio inégalés.
C’est incontestablement dans le registre de la science-fiction sombre et de la dystopie post-apocalyptique que le talent de M. Saggio a donné sa pleine mesure. On ne saurait en effet évoquer son nom sans s’incliner devant sa fresque magistrale, l’incontournable diptyque composé de « Lululand Ultraviolet » et de « Lululand Infrarouge », plus tard réuni sous le titre définitif de « Lululand : L’Intégrale du Pays Noir ». À travers ces pages d’une violence envoûtante, l’auteur nous transporte en l’an 2184. Il y dépeint une Terre meurtrie où l’humanité, fuyant les rayons d’un soleil devenu mortel, a dû se terrer sous une épaisse masse nuageuse artificielle. Sur les cendres de l’Ancien Monde s’est érigée la redoutable Fédération de Lululand, une société autoritaire aux accents « cyberpunk » où la mémoire elle-même est devenue l’instrument du contrôle absolu. Peuplée d’hommes revenus à l’état sauvage, de mutants dégénérés et de sentinelles impitoyables, cette œuvre viscérale interroge la perte de notre humanité avec une acuité redoutable.
Ne se contentant point des soleils mourants et des métropoles ténébreuses, cet esprit curieux a également su explorer d’autres horizons de l’épopée, comme en témoignent ses incursions dans les mythes nordiques fondateurs avec le récit « Sigurd ».
Aujourd’hui, il est grand temps de se plonger dans les visions féroces et exaltantes de Federico Saggio. Lire « Lululand », c’est accepter de regarder sans ciller les dérives tyranniques qui guettent notre modernité, et reconnaître que, sous le vernis fragile de la civilisation, les abîmes les plus inavouables de la nature humaine demeurent insondables !
Livres de Federico Saggio :
Lululand :
- Ultraviolet (2020)
- Infrarouge (2020)
Prélude au Ragnarök :
- Sigurd (2021)
- Le royaume des brumes (2021)
- Valkyrie (2021)
- Scalde (2022)
Pour en savoir plus sur Federico Saggio :
La page Wikipédia sur F. Saggio
La page Noosfere sur F. Saggio
La page isfdb de F. Saggio
Terre de héros par Richard Morgan

Fiche de Terre de héros
Titre : Terre de héros – l’intégrale
Auteur : Richard Morgan
Date de parution :
Traduction : C. Perdereau, F. Le Berre
Editeur : Bragelonne
Première page de Terre de héros
- Rien que l’acier
- A pierre fendre
- Jusqu’à l’âme
Market forces par Richard Morgan

Fiche de Market forces
Titre : Market forces
Auteur : Richard Morgan
Date de parution : 2004
Traduction : C. Mamier
Editeur : Bragelonne
Première page de Market forces
« Paiement.
Le rectangle de plastique noir glisse dans la fente.
Rien.
La machine émet un vilain gazouillis tandis que l’écran clignote, comme outré par les informations reçues. La caissière lève les yeux vers la femme qui lui a donné la carte et la gratifie d’un sourire trop large. Il y a autant de sincérité dans ce sourire que de jus de fruit dans une brique de D-lice aux Cinq Fruits.
— Vous êtes sûre que c’est la bonne carte ?
Empêtrée dans les sacs de courses, la femme pose à terre l’enfant de deux ans qu’elle avait appuyé au comptoir, puis se tourne vers son mari qui extirpe du chariot les dernières boîtes de conserve aux couleurs vives.
— Martin ?
— Quoi ?
Voix irritée par la corvée ménagère durement accomplie.
— La carte ne passe pas…
— Comment ça ? (Il croise le regard de sa femme, y lit l’angoisse, pivote vers la caissière.) Essayez encore, s’il vous plaît. Cette fois ça passera.
La fille hausse les épaules et obéit. L’écran renvoie le même message dédaigneux.
« Transaction refusée. »
Extrait de : R. Morgan. « Market Forces. »
Thin air par Richard Morgan

Fiche de Thin air
Titre : Thin air (tome 2 sur 2 – Black Man)
Auteur : Richard Morgan
Date de parution : 2018
Traduction : C. Mamier
Editeur : Bragelonne
Première page de Thin air
« Je débarquai sur l’avenue Mariner en début de soirée. Là-haut, dans la Lamina, ils essayaient encore de faire pleuvoir. Sans grand succès : la bruine froide, éparse, tombait mollement du ciel couleur paprika.
Faute de temps, je manquais d’infos sur l’opération. Une nouvelle sous-routine, à en croire les rumeurs, codée par les petits génies de l’industrie et lâchée en hauteur dans les couches frêles qui gardaient la Vallée au chaud. Le tout avec une bonne campagne de pub, vu le monde qui traînait dans les rues un soir de semaine. Dès les premières gouttes, c’était comme si toute la ville s’était réunie pour regarder. Partout, les gens levaient bêtement les yeux en l’air.
Je jetai un coup d’œil méfiant au ciel, sans m’arrêter. Poursuivis mon chemin à coups d’épaule entre les rangées de curieux et d’éco-geeks racontant n’importe quoi. Ceux qui comptaient que cette merde les mouillerait pouvaient attendre longtemps. Les sirènes du marketing leur faisaient oublier que rien ne tombait vite sur Mars. Nouveau code ou pas, cette tentative d’averse ne briserait aucune loi fondamentale de la physique. La pluie tant promise se contentait de voleter au-dessus des têtes, méprisant la pesanteur faiblarde et se teintant de rouge sang dans les dernières lueurs du jour.
Beau spectacle, pour sûr. Mais je n’avais pas que ça à faire. »
Extrait de : R. Morgan. « Thin Air – Black man. »
L’univers Black Man par Richard Morgan

Fiche de L’univers Black Man
Titre : L’univers Black Man
Auteur : Richard Morgan
Date de parution : 2007
Traduction : C. Perdereau
Editeur : Bragelonne
Sommaire de L’univers Black Man :
- Black Man
- Thin Air
Collector par Richard Morgan

Fiche de Collector
Titre : Collector
Auteur : Richard Morgan
Date de parution : 2007
Traduction : Ange, C. Perdereau, F. Le Berre
Editeur : Bragelonne
Sommaire de Collector :
- Altered Carbon
- Carbone modifié
- Anges déchus
- Furies déchaînées
- Terre de héros
- Rien que l’acier
- A pierre fendre
- Jusqu’à l’âme
- Black man
Black man par Richard Morgan

Fiche de Black man
Titre : Black man (tome 1 sur 2 – Black Man)
Auteur : Richard Morgan
Date de parution : 2007
Traduction : C. Perdereau
Editeur : Bragelonne
Première page de Black man
« Acier étincelant, acier étincelant…
Larsen cligne des yeux et s’agite légèrement sur le brancard de récupération, tandis que celui-ci glisse sous une succession de panneaux d’éclairage entre des piliers. Avec la vision vient la conscience, floue et lente. Elle se trouve dans le couloir dorsal. Au-dessus d’elle, la lumière rebondit sur chaque poutre de métal, son éclat croissant puis diminuant à mesure qu’elle passe. Elle suppose que c’est cette lueur répétée qui l’a réveillée. Ça ou son genou, qui lui fait un mal de chien, malgré le tampon des drogues de décantation. Une main appuyée sur la poitrine, au travers du tissu fin du justaucorps de cryocap. L’air frais sur sa peau lui dit qu’elle ne porte rien d’autre. Un étrange déjà-vu la noie à cette idée. Elle tousse un peu, vagues restes de gel au fond de ses poumons vidés. Elle bouge de nouveau, marmonne tout bas :
— … non, encore ?…
— Oui, encore. L’héritage du cormoran, oui, encore.
Bizarre. Elle ne s’attendait pas à une autre voix, et surtout pas qu’on lui réponde par une énigme. En général, la décantation est entièrement mécanisée. La tête de données est programmée pour les réveiller avant leur arrivée, et à moins qu’il y ait un problème…
« Alors, comme ça, tu es devenue une grande experte en cryocapsules, hein ? »
Non. Son expérience tient en trois décantations de test plus une vraie, à la fin du voyage aller. D’où l’impression de déjà vu, sans doute. Mais quand même… »
Extrait de : R. Morgan. « Black Man. »