Auteur/autrice : CH91

 

La guerre spéciale par Xavier Mauméjean

Fiche de La guerre spéciale

Titre : La guerre spéciale
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2009
Editeur : Mango

Première page de La guerre spéciale

« Au début il y avait Terre et ses rêves d’étoiles…

Puis les rêves se transformèrent en appétit de conquête.

Avec l’invention du système Ultra qui permettait de gagner les régions les plus éloignées de l’Univers, les nommes occupèrent Stagyre. De là, ils essaimèrent sur les différentes planètes habitables de cette partie de l’espace et créèrent la Confédération. Celle-ci avait pour but de fournir à Terre ce dont elle manquait. Mais au fil du temps, les colons prirent conscience qu’ils formaient de véritables peuples, et qu’il leur appartenait de prendre en main leur destin, loin de l’ancienne planète mère. Pourtant ils continuaient de l’alimenter, encore et encore, car Terre réclamait toujours davantage. Quand l’oppression devint trop forte, il y eut la guerre et de nombreux morts. Surtout parmi les membres de la Confédération qui finit toutefois par l’emporter. Les civils eurent leur part dans la victoire, mais ce sont les militaires qui, par leur total dévouement allant jusqu’au sacrifice, offrirent la liberté à Stagyre. C’est pourquoi, depuis, chaque citoyen doit le plus profond respect à l’armée. »

Extrait de : X. Mauméjean. « La Guerre Spéciale. »

La faim du monde par Xavier Mauméjean

Fiche de La faim du monde

Titre : La faim du monde
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2004
Editeur : Bélial

Première page de La faim du monde

« Il fallait d’abord frapper le chien. Pour attendrir la viande ou au contraire saturer les tissus d’adrénaline, afin d’augmenter sa saveur. Sur ce point, les écoles divergeaient, mais toutes admettaient l’importance du rituel. Le premier assistant de Paul Veyne tira de sa cage l’animal à poil gris, couleur de hyène. Le meilleur choix. Contrairement à la vision simpliste des Occidentaux, n’importe quel chien ne pouvait convenir pour la préparation du Thit cho. A défaut d’un gris, on pouvait se rabattre sur un jaune tacheté de marron. Jamais un noir, réservé au traitement des maladies mentales, ce qui aujourd’hui aurait fait montre d’une impardonnable faute de goût. L’aide rôtisseur plaça le chiot sur son plan de travail et le frappa en répartissant uniformément les coups pour éviter les hématomes. La bête tenta de se dégager mais ses membres étaient entravés par un câble d’acier. »

Extrait de : X. Mauméjean. « La Faim du monde. »

L’ami de toujours par Xavier Mauméjean

Fiche de L’ami de toujours

Titre : L’ami de toujours
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2011
Editeur : Flammarion

Première page de L’ami de toujours

« Cher Journal, 
Il n’y a qu’à toi que je peux confier un truc aussi dingue.

Il m’est arrivé une chose impossible ce matin.

Je me trouvais à la cafétéria de l’aéroport, prêt à prendre le vol Delta Airlines en partance de Charleston pour New York. Tout était normal, en dehors du fait que mon futur m’attendait en bout de vol. Bon, je sais que tous les avenirs se trouvent devant nous, mais certains le vivent plutôt bien. Pas moi. Même quand les choses ont l’air favorable, je m’imagine les pires trucs qui pourraient se produire. Et ça ne date pas d’hier. J’ai vingt ans, et il y a peu de chance que ça change maintenant. C’est ainsi, je suis un inquiet.

J’étais en train de boire un café quand j’ai remarqué le type accoudé au comptoir.

Pas de doute, il me fixait.

Déjà que j’étais stressé, ça n’a rien arrangé. Il n’arrêtait pas de me mater.

J’ai risqué un œil dans sa direction, en prenant soin de ne pas croiser son regard. L’idée n’était surtout pas d’établir un contact. »

Extrait de : X. Mauméjean. « L’Ami de toujours. »

Kraven par Xavier Mauméjean

Fiche de Kraven

Titre : Kraven – l’intégrale
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2009
Editeur : Mnémos

Sommaire de Kraven :

  • Neveryear
  • La ligue des héros ou comment lord Kraven ne sauva pas l’Empire
  • L’ère du dragon
  • Il était reveneure…
  • Raven K.

Kafka à Paris par Xavier Mauméjean

Fiche de Kafka à Paris

Titre : Kafka à Paris
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2015
Editeur : Alma éditeur

Première page de Kafka à Paris

« S’il y avait bien un type rigolo dans la vie, c’était Franz Kafka. Jamais le dernier à mélanger les chapeaux au vestiaire, comme la fois où le directeur Marschner n’avait pas retrouvé le sien. Après coup, même ceux du service Comptabilité avaient esquissé un sourire. Quel brimborion ! C’est sûr que, depuis qu’il avait été engagé il y a trois ans, sur la recommandation expresse du président Otto Pribram, on s’ennuyait moins à l’Office des assurances ouvrières contre les accidents du travail pour le royaume de Bohême à Prague.

Josef Krätzig songeait à cela tout en chiquant une boulette de papier imprimé. Il jeta un regard à son collègue, empreint de respect et d’envie. Kafka était svelte, élancé, l’allure sportive. Un beau visage à la peau mate. De grands yeux gris aux paupières frangées de longs cils. Des cheveux noirs d’ébène, séparés par une raie médiane, qui faisaient comme des ailes de corbeau. »

Extrait de : X. Mauméjean. « Kafka à Paris. »

Hercule Poirot, une vie par Xavier Mauméjean et André-François Ruaud

Fiche de Hercule Poirot, une vie

Titre : Hercule Poirot, une vie
Auteur : Xavier Mauméjean et André-François Ruaud
Date de parution : 2001
Editeur : Les moutons électriques

Première page de Hercule Poirot, une vie

« L’écrivain Julian Symons a un jour rapporté que, croisant Sherlock Holmes lors d’une enquête, Hercule Poirot accorda à son collègue d’être le plus grand enquêteur de Grande-Bretagne… quand lui-même s’avérait le plus fin limier d’Europe. Que l’anecdote soit véritable ou simple invention d’un auteur facétieux, elle demeure exemplaire de l’assurance un peu narquoise du petit Belge qui, de sa vie, n’eut jamais peur de rien ni de personne. Le passage du temps paraît lui avoir donné raison. Plus de cinquante ans après sa mort, près d’un siècle et demi après sa naissance, Hercule Poirot, exilé à Londres, se trouve fermement ancré dans l’imaginaire mondial. En fait, s’il est deux noms que chacun aura immédiatement en tête dans la mythologie du détective privé, ce sont ceux de Sherlock Holmes et d’Hercule Poirot. La ronde silhouette et les moustaches de ce dernier ne sont pas moins connues que le profil émacié de son prédécesseur de Baker Street. »

Extrait de : X. Mauméjean + A.F Ruaud. « Hercule Poirot, une vie. »

Gotham par Xavier Mauméjean

Fiche de Gotham

Titre : Gotham
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2001
Editeur : Editions du masque

Première page de Gotham

« Il devait être seize heures quand Rudy s’est broyé la tête dans l’étau. Seize heures parce que Clara est ponctuelle, et qu’elle venait de servir les cafés. Un expresso pour Rudy, avec un beignet, et pour Jonathan un arabica long, sans lait ni sucre. Auparavant, Rudy Bernstein, consultant à l’agence Mac Manus & Associés, avait passé la matinée, nez et ventre collés contre la paroi de verre du trentième étage, à contempler New York.
New York. Gotham. On prétend que la ville tient son surnom d’un petit village anglais, proche de Nottingham. Il y a cinq cents ans, le roi Jean avait fait savoir aux bourgeois de Gotham qu’il souhaitait traverser leurs terres. À charge des villageois de payer de leur poche le tracé de la route. Comme ils n’en avaient aucunement l’intention, ils simulèrent la folie. L’un monta son âne à l’envers, l’autre couva des coucous dans son sein. Au début du XIXe siècle, stupéfié par l’excentricité des habitants de Manhattan, l’écrivain Washington Irving, un New-Yorkais, déclara qu’ils étaient aussi fous qu’à Gotham. Le nom était resté, ainsi que la folie. »

Extrait de : X. Mauméjean. « Gotham. »

Ganesha par Xavier Mauméjean

Fiche de Ganesha

Titre : Ganesha – Mémoires de l’homme-éléphant
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2014
Editeur : Mnémos

Première page de Ganesha

« Je suis Ganesha, le dieu à tête d’éléphant, dieu de prospérité et d’abondance. Les hommes s’inquiètent de mon sommeil, car si je dors mal, l’univers entier risque de s’effondrer. Je suis un monstre. Les hommes ont peur, et c’est pourquoi ils rient de moi.

Aujourd’hui visite.

Les gens viennent me voir, et une fois leur curiosité rassasiée, ils ne me voient plus. Certains pourraient trouver cela blessant. Moi je m’en satisfais. Cela me repose. La vieille Tchalla m’a raconté un jour que dans son pays, si l’on regarde fixement un homme suffisamment longtemps, on lui enlève une couche de peau, comme on pèle un oignon. Je n’y crois pas. Je sais d’expérience que ce n’est pas vrai.

J’aurais tellement aimé que ce le soit ! »

Extrait de : X. Mauméjean. « Ganesha. »

Freakshow ! par Xavier Mauméjean

Fiche de Freakshow !

Titre : Freakshow ! (Club Van Helsing)
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2007
Editeur : Baleine

Première page de Freakshow !

« Un Noël au Club van Helsing, c’est un peu comme une bar mitzvah au Parti nazi : possible mais improbable. Et pourtant c’est bien à un revival Dickens qu’étaient conviés les chasseurs, avec Christmas pudding, Tannenbaum et tout le reste.
Tatiana Dovchenko roula sous l’arche de pierre qui marquait l’entrée du Bedlam Asylum. L’horloge fixée en hauteur indiquait depuis plus d’un siècle la même heure. Temps mort, ce qu’était précisément cette journée dans l’agenda plutôt chargé d’Hugo van Helsing. La Russe s’engagea dans le parc automobile où étaient garés plusieurs véhicules en épi. Elle reconnut la Dodge Ram, massif scarabée noir appartenant à Enrique Mendez, et la Chevrolet El Camino Tripower de 59, profilée comme un requin lourd du cul, que conduisait Samsonite.
Tatiana se gara et marcha vers l’entrée du club. Elle était vêtue d’une veste de survêtement, de pantalons en cuir noir provenant d’un stock de l’aviation chinoise et était chaussée de bottes de saut. »

Extrait de : X. Mauméjean. « Freakshow ! – Club Van Helsing. »

El gordo par Xavier Mauméjean

Fiche de El gordo

Titre : El gordo
Auteur : Xavier Mauméjean
Date de parution : 2022
Editeur : Alma éditeur

Première page de El gordo

« Le jour de ses douze ans, William tomba amoureux, trouva le billet de loterie et partit pour la guerre d’Espagne. Il vivait au village de Hole, dans un comté du sud de l’Angleterre que je serais bien incapable de situer. C’était un garçon qui faisait honneur à son espèce, la taille qu’il faut, assez costaud, tignasse en épis, genoux écorchés, nez morveux quand ce n’était pas sa manche. Ah, voilà que ça me revient, il vivait près de la Manche.
C’est donc ce jour-là que notre histoire commence, par un chaud matin d’été, quand les vacances semblent éternelles. William s’était levé tôt, vieilli d’un an en une nuit, jeté hors du lit par la promesse d’une journée extraordinaire. Un mot l’attendait sur la table de la cuisine. Sa mère lui souhaitait bon anniversaire mon grand. Il pouvait la rejoindre chez les Stratford, à l’heure du thé. »

Extrait de : X. Mauméjean. « El Gordo. »