Auteur/autrice : CH91

 

Patience d’Imakulata par Orson Scott Card

Fiche de Patience d’Imakulata

Titre : Patience d’Imakulata
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 1987
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : L’Atalante

Première page de Patience d’Imakulata

« SON PRECEPTEUR la réveilla bien avant l’aube. Patience sentit le froid du matin qui perçait la mince couverture ; elle était tout ankylosée d’avoir dormi sur une paillasse dure à même le sol. L’été avait bel et bien pris fin et elle se laissa aller à regretter, brièvement certes, que la fenêtre nord de sa chambre ne soit pas vitrée, ou au moins munie de volets, pendant l’hiver.

Mais cela faisait partie de l’entraînement que lui imposait son père pour l’endurcir, l’aguerrir, lui faire mépriser le luxe de la cour et les gens qui ne pouvaient s’en passer. Elle supposa que la main revêche d’Ange sur son épaule participait de ce même régime. Quoi, aurais-je souri en dormant ? Aurais-je donné l’impression de faire des rêves agréables ? »

Extrait de : O.S Card. « Patience d’Imakulata. »

Les maîtres chanteurs par Orson Scott Card

Fiche de Les maîtres chanteurs

Titre : Les maîtres chanteurs
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 1980
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Denoël

Première page de Les maîtres chanteurs

« Nniv n’alla pas accueillir Mikal à la descente de l’astronef. Il avait préféré l’attendre derrière les murs bruissants du palais du Chant, à l’écoute de la rumeur des murs, du murmure de ces centaines de voix juvéniles issu des chambres et des loges, du rythme froid des pas cadencés. Peu d’hommes dans la galaxie se seraient permis de convoquer Mikal auprès d’eux. En cela pourtant, nulle audace de la part de Nniv : simplement, pour lui, il était impensable que le Maître Chanteur éprouvât le besoin de rencontrer quiconque.
Hors les murs, toutefois, le reste du peuple de la planète Tew ne se montrait pas aussi placide. Et lorsque le vaisseau de Mikal déversa ses flots sauvages d’énergie sur le terrain d’atterrissage et se posa, énorme et délicat, sur le sol, ils étaient des milliers à attendre de le voir. On aurait pu le prendre pour un chef bien-aimé, à entendre les fanfares et les acclamations de la foule qui envahit le terrain dès que le revêtement eut assez refroidi pour en permettre l’accès. »

Extrait de : O.S Card. « Les maîtres chanteurs. »

Le trésor dans la boîte par Orson Scott Card

Fiche de Le trésor dans la boîte

Titre : Le trésor dans la boîte
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 1996
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : L’Atalante

Première page de Le trésor dans la boîte

« Quentin Fears ne révéla jamais à ses parents les derniers mots que Lizzy lui avait dits avant qu’on la débranche et la laisse mourir.

Trois jours après l’accident de voiture, Lizzy était toujours dans le coma, criblée de tubes, de tuyaux, de pompes, de sondes, d’instruments de mesure, de médication et d’alimentation afin de maintenir ses organes en bon état de transplantation, tandis que son père et sa mère se heurtaient à une question douloureuse : était-elle vraiment morte ?

Ils n’avaient pourtant pas le moindre doute. Les médecins leur avaient montré les courbes plates des électroencéphalogrammes de Lizzy ; les médecins avaient respectueusement assuré aux Fears que, s’il existait la plus petite parcelle d’espoir que Lizzy fût vivante dans ce crâne emmailloté de pansements, ils s’y accrocheraient et feraient tout leur possible pour la ranimer. Mais il n’y avait plus d’espoir que pour ceux dont on pourrait sauver la vie grâce aux organes de Lizzy, et encore, à condition qu’on puisse les prélever avant détérioration. Le père et la mère avaient acquiescé, le
visage ruisselant de larmes, et les avaient crus. »

Extrait de : O.S Card. « Le trésor dans la boîte. »

Espoir-du-cerf par Orson Scott Card

Fiche de Espoir-du-cerf

Titre : Espoir-du-cerf
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 1983
Traduction : E. Jouanne
Editeur : Denoël

Première page de Espoir-du-cerf

« Ô Palicrovol, toi dont les yeux sont pleins de mort et de vengeance, je t’écris car il est des histoires que tu as oubliées au cours des siècles, et d’autres que tu n’as jamais connues. Je vais te conter tous les contes et, puisque mes récits sont vrais, tu retiendras ta main armée de fer et ne chercheras plus à tuer le jeune Orem, nommé Hanches-Maigres, nommé Rive-du-Banning, nommé le Petit Roi.

LE REBELLE EN EXIL ET LA PRINCESSE DES FLEURS

Ce récit n’est pas le premier de tous, mais il est celui que je dois faire d’abord ; car si tu te souviens de ceci, tu m’écouteras jusqu’à la fin. »

Extrait de : O.S Card. « Espoir du cerf. »

Enchantement par Orson Scott Card

Fiche de Enchantement

Titre : Enchantement
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 1999
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Points

Première page de Enchantement

« J’ai dix ans et vous m’avez toujours appelé Vanya. Dans mes dossiers scolaires, sur mes papiers d’identité, mon nom est Ivan Petrovitch Smetski ; et vous me dites maintenant que je m’appelle en réalité Itzak Schlomo. Mais je suis quoi, alors ? Un agent secret juif ?

Le père de Vanya l’écoutait en silence, le visage aussi lisse, vierge et satiné que du parchemin. La mère de Vanya, qui flottait aux franges de la conversation plutôt qu’elle n’y participait, semblait avoir du mal à s’empêcher de sourire – d’amusement ? Et, si oui, vis-à-vis de quoi ou de qui ? De Vanya ? De son mari et de sa subite passion pour le judaïsme ?

Peu importait le motif de son quasi-sourire : Vanya n’avait pas envie d’avoir l’air ridicule. Malgré ses dix ans, il tenait à sa dignité. Il s’imposa le calme et reprit d’un ton plus mesuré : « Nous mangeons du porc, du rak, du caviar.

– Je crois que les juifs ont le droit de manger du caviar, fit sa mère, toujours serviable. »

Extrait de : O.S Card. « Enchantement. »

Comment écrire de la fantasy et de la science-fiction par Orson Scott Card

Fiche de Comment écrire de la fantasy et de la science-fiction

Titre : Comment écrire de la fantasy et de la science-fiction
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 1990
Traduction : K. Chergui
Editeur : Bragelonne

Première page de Comment écrire de la fantasy et de la science-fiction

« Un écrivain ne sait jamais qui va lire son livre, mais j’ai tout de même fait quelques suppositions à votre sujet. J’imagine que vous n’êtes probablement pas un écrivain confirmé œuvrant dans le domaine de l’imaginaire(1), car sinon vous ne ressentiriez pas le besoin de lire un livre sur la façon d’y parvenir. Pourtant, votre intérêt pour l’écriture de la science-fiction et de la fantasy est authentique, non parce que vous vous dites qu’il est sans doute « plus facile » de faire des sous dans ce domaine (si telle est votre erreur, lâchez tout de suite l’affaire !), mais plutôt parce que vous pensez que le genre d’histoire que vous désirez raconter sera peut-être mieux reçu par ce public-là.

J’espère que vous avez raison, car, sous bien des aspects, il s’agit du meilleur public au monde auquel s’adresser. Ce sont des gens ouverts et intelligents. Ils veulent réfléchir tout autant que ressentir, comprendre tout autant que rêver. Par-dessus tout, ils veulent qu’on les emmène dans des endroits que personne n’a encore jamais visités. »

Extrait de : O.S Card. « Comment écrire de la Fantasy et de la Science-Fiction. »

Abyss par Orson Scott Card

Fiche de Abyss

Titre : Abyss
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 1989
Traduction : F.M Watkins
Editeur : France Loisirs

Première page de Abyss

« Buddy aurait pu écrire le scénario de cette matinée avant qu’elle ne commence. Junior, son frère aîné, demanderait s’il pouvait se servir de la camionnette pour aller à la plage. Papa allait dire non, Junior discuterait. Papa sermonnerait, Junior se mettrait en rogne et dirait des gros mots. Papa ôterait sa ceinture et lui courrait après. Toujours la même chose.
— On est en octobre, bien trop froid pour la plage, dit Papa, si fort que le bébé eut peur, dans son berceau, et se mit à hurler.
— Écoute cette mioche, dit Junior. On dirait une souris en chaleur.
Maman, tout en courant calmer le bébé, balança une gifle à Junior.
— Fais attention à ce que tu dis dans cette maison, jeune homme !
— Pardon, m’man. »

Extrait de : O.S Card. « Abyss. »

Cruels miracles par Orson Scott Card

Fiche de Cruels miracles

Titre : Cruels miracles – Contes de la mort, l’espoir et la sainteté (Tome 4 sur 4 – Portulans de l’imaginaire)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 1990
Traduction : A. Mousnier-Lompré, L. Carissimo
Editeur : L’Atalante

Sommaire de Cruels miracles

  • Les dieux mortels
  • Grâce salvatrice
  • Oeil pour oeil
  • Le conte de Sainte-Amy
  • Mets de roi
  • Sacré

Première page de Les dieux mortels

« LE PREMIER CONTACT se déroula pacifiquement, pratiquement sans incident : atterrissages soudains près des bâtiments gouvernementaux sur toute la surface du globe, brèves discussions dans les langues indigènes suivies de traités autorisant les extra-terrestres à élever certains édifices à des endroits déterminés en échange de certains services – rien de spectaculaire. Les améliorations technologiques apportées par les extra-terrestres contribuèrent à rendre la vie plus facile pour tout le monde, mais elles eussent été à la portée des ingénieurs humains d’ici une ou deux décennies. Mais leur plus grand cadeau se révéla une déception : le voyage dans l’espace. Les extra-terrestres ne possédaient pas la propulsion supra-luminique. Au contraire, ils apportaient la preuve définitive de la totale impossibilité de dépasser la vitesse de la lumière. »

Extrait de O.S Card. « Cruels miracles – Portulans de l’imaginaire. »

Avatars par Orson Scott Card

Fiche de Avatars

Titre : Avatars – Récits d’avenirs (Tome 2 sur 4 – Portulans de l’imaginaire)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 1990
Traduction : A. Mousnier-Lompré, L. Carissimo, F. Bury
Editeur : L’Atalante

Sommaire de Avatars

  • Mille morts
  • A moins que l’âme ne tape dans ses mains
  • Trottecaniche
  • Faisons comme si ce n’était pas vrai
  • Retour aux sources
  • A la niche
  • L’originiste

Première page de Mille morts

«  Vous ne ferez pas de discours, dit le procureur.
— Je pensais bien qu’on ne m’y autoriserait pas », répondit Jerry Crove avec une assurance qu’il était loin de ressentir. L’attitude du procureur n’avait rien d’hostile ; il avait plus l’air d’un professeur d’art dramatique que d’un homme qui voulait la mort de Jerry.
« Non seulement on ne vous y autorisera pas, reprit le procureur, mais, si vous tentez quoi que ce soit, ça ne fera qu’aggraver votre situation. Nous vous tenons, vous savez ; nous avons des preuves plus que suffisantes contre vous.
— Vous n’avez rien prouvé du tout !
— Nous avons prouvé que vous étiez au courant, répliqua le procureur avec douceur. La discussion est désormais close : avoir vent d’un complot contre la sûreté de l’État sans le dénoncer revient à commettre soi-même un acte de haute trahison.  »

Extrait de : O.S Card. « Portulans de l’Imaginaire – Avatars.  »

L’homme transformé par Orson Scott Card

Fiche de L’homme transformé

Titre : L’homme transformé – Récits d’angoisse (Tome 1 sur 4 – Portulans de l’imaginaire)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 1990
Traduction : A. Mousnier-Lompré, L. Carissimo
Editeur : L’Atalante

Sommaire de L’homme transformé

  • L’homme transformé et le roi des mots
  • Les Euménides dans les toilettes du quatrième
  • Quietus
  • Exercices respiratoires
  • Commerce de gros
  • Temps morts
  • Jeux sans frontières
  • Les chants du sépulcre
  • Contrainte préalable
  • Souvenirs de ma tête
  • Enfants perdus

Première page de L’homme transformé et le roi des mots

« IL ÉTAIT UNE FOIS un homme qui aimait son fils plus que la vie.

Il était une fois un enfant qui aimait son père plus que la mort.

Ce sont deux histoires différentes, à vrai dire, mais je ne peux pas vous raconter l’une sans vous raconter l’autre.

L’homme était le docteur Alvin Bevis, l’enfant son fils Joseph, et la seule femme qu’ils aimèrent l’un et l’autre était Connie qui, en 1977, épousa Alvin dans l’espoir et l’allégresse, en 1978 donna le jour à Joe à l’orée de la mort et les adora tous deux en conséquence. Ils formaient une famille où régnait l’affection : il était donc presque certain que le malheur les frapperait.
Après Joe, Connie ne put avoir aucun autre enfant. Même lui, elle n’aurait pas dû l’avoir. Son médecin la traita de folle lorsqu’elle refusa d’avorter au quatrième mois, au moment où les problèmes apparurent. »

Extrait de : O.S Card. « L’homme transformé – Portulans de l’imaginaire. »