Catégorie : Livres
Les îles du soleil par Ian R. MacLeod

Fiche de Les îles du soleil
Titre : Les îles du soleil
Auteur : Ian R. MacLeod
Date de parution : 2005
Traduction : M. Charrier
Editeur : Gallimard
Première page de Les îles du soleil
« Ce soir, comme presque tous les dimanches soirs, un message de ma relation m’attend sur le mur du troisième box des toilettes publiques pour hommes de Christ Church Meadow. Il fut un temps où nous testions la craie, mais tout est nettoyé si régulièrement, de nos jours, qu’on nous l’effaçait souvent. Depuis, nous nous débrouillons en plantant l’ongle du pouce dans la peinture moelleuse.
L’édicule est devenu tellement propre et net qu’il ne ressemble plus guère à des toilettes publiques : rouleaux de papier sur tous les dévidoirs, lavabos immaculés, lunettes au bois poli, ancien combattant installé dans une cabine vitrée, à lire John Bull(1) en fumant des Capstan Full Strength. Toutefois, il est parti, à présent. Le tintement résonnant des cloches appelant à l’office du soir traverse la minuscule fenêtre en verre givré : huit heures passées, déjà. »
Extrait de : I. R. MacLeod. « Les îles du Soleil. »
La viandeuse par Ian R. MacLeod

Fiche de La viandeuse
Titre : La viandeuse
Auteur : Ian R. MacLeod
Date de parution : 1999
Traduction : M. Charrier
Editeur : Bélial
Première page de La viandeuse
« Moi, j’étais la viandeuse – mais, à mon avis, personne ne sait plus ce que ça veut dire, de nos jours. L’eau et le sang ont tellement passé sous les ponts. Quand je suis allée sur la colline toucher ma retraite, les gamines de la Poste se demandaient combien de guerres mondiales il y avait eu la semaine dernière et qui au juste les avait gagnées.
Je m’étais engagée, oui, je pensais que ça me permettrait d’échapper à la puanteur des poêles à frire qui régnait dans l’arrière-boutique de notre salon de thé de Manchester. La Royal Air Force, s’il vous plaît, et moi persuadée de ma chance, une chance incroyable, insolente, parce que c’était la classe et qu’il y avait les gars, les beaux gars, les meilleurs gars du monde, avec l’accent BBC tel que je l’imaginais, des gars qui avaient joué au rugby et au foot pour leurs écoles chics et leurs comtés chics du sud. C’était globalement vrai, même si je me suis retrouvée à taper à la machine dans l’annexe des cuisines pour commander de la moutarde et de la sauce HP du fait, je cite, d’une expérience considérable de vendeuse dans la restauration. »
Extrait de : I. R. MacLeod. « La Viandeuse. »
L’âge des lumières par Ian R. MacLeod

Fiche de L’âge des lumières
Titre : L’âge des lumières
Auteur : Ian R. MacLeod
Date de parution : 2003
Traduction : J.-P. Pugi
Editeur : Denoël
Première page de L’âge des lumières
« Je vais toujours la voir.
Je vais la voir dans les quartiers les plus misérables de Londres. Là-bas, au-delà des nouveaux ponts métalliques qui permettent aux tramways de concurrencer les transbordeurs, là où la Tamise écarte ses doigts liquides dans le limon fétide des marées. Je vais la voir en un lieu qui ne figure sur aucune carte mais qui se situe au-delà des taudis surpeuplés des Easterlies. Infesté de mouches et de taons-dragons, empuanti l’été par les relents de l’humanité et grisé par les fumées d’usine et le givre tout au long de l’hiver, ce quartier n’a même pas de quoi séduire les propriétaires des industries les plus pestilentielles.
C’est là, au-delà des derniers galetas et des décharges publiques de Londres, que je retrouve mon anamorphe.
Je vais la voir quand j’emprunte les rues qui m’éloignent de ma belle demeure de Northcentral. »
Extrait de : I. R. MacLeod. « L’âge des lumières. »
La vitesse de l’obscurité par Elizabeth Moon

Fiche de La vitesse de l’obscurité
Titre : La vitesse de l’obscurité
Auteur : Elizabeth Moon
Date de parution : 2003
Traduction : L. du Breuil
Editeur : Gallimard
Première page de La vitesse de l’obscurité
« Des questions, toujours des questions. Ils n’attendent même pas les réponses. Ils se ruent sur moi et me bombardent de questions ; chaque minute n’est qu’un matraquage de questions qui m’ôte toute sensation pour ne laisser qu’une douleur semblable à celle de l’épine qui s’enfonce sous des coups de marteau.
Et des ordres. Si ce n’est pas : « Lou, c’est quoi ? », c’est : « Dis-moi quel est cet objet. » Une boule. La même boule, cent fois de suite ; une boule moche, une boule horrible, une boule d’ennui, une boule dure, sans intérêt. Cette boule sans intérêt ne m’intéresse pas.
Puisqu’ils ne m’écoutent pas, pourquoi leur parlerais-je ?
J’ai mieux à faire que de leur parler. Tout ce qui dans ma vie a eu de la valeur, je l’ai gagné au prix du silence, en leur cachant mes pensées profondes et en disant ce qu’ils voulaient entendre. »
Extrait de : E. Moon. « La vitesse de l’obscurité. »
La résistante par Elizabeth Moon

Fiche de La résistante
Titre : La résistante
Auteur : Elizabeth Moon
Date de parution : 1996
Traduction : P.-P. Durastanti, B. Emerich
Editeur : J’ai lu
Première page de La résistante
« La terre humide était fraîche entre ses orteils, mais la sueur perlait déjà à la racine de ses cheveux. Il allait faire plus chaud qu’hier. Avant midi, les belles fleurs rouges du journelierre auraient replié leurs coupelles délicates aux senteurs depices et pendraient, inertes, à l’extrémité de leurs tiges. Du bout du pied, Ofélia tassa le paillis autour des plants de tomates. Elle aimait la chaleur. Si sa bru n’avait pas été là, elle aurait ôté son chapeau pour laisser la sueur s’évaporer. Mais Rosara redoutait le cancer de la peau et, d’autre part, il n’était pas convenable qu’une vieille femme sorte sans autre couvre-chef que des cheveux gris.
Ils n’étaient pas si rares, pourtant. Ofélia effleura ses tempes comme pour remettre en place des mèches folles. En réalité, ce geste lui permettait de s’assurer que son épaisse queue-de-cheval était là, et bien là. Sa crinière était toujours épaisse, ses jambes toujours aussi musclées et ses mains, quoique noueuses à force d’années et de labeur, toujours habiles. Elle jeta un regard vers sa belle-fille, à l’autre bout du jardin : malingre, des cheveux de papier roussi, des yeux de boue. »
Extrait de : E. Moon. « La résistante. »
Génération warriors par Elizabeth Moon et Anne McCaffrey

Fiche de Génération warriors
Titre : Génération warriors (Tome 2 sur 2 – Les planètes pirates)
Auteur : Elizabeth Moon et Anne McCaffrey
Date de parution : 1991
Traduction : K. Chergui
Editeur : J’ai lu
Première page de Génération warriors
« — Nous disposons de ressources qu’ils ne soupçonnent pas, répéta Sassinak (même si cet aveu ne la rassurait pas).
L’atmosphère conviviale, dans laquelle Sassinak et Lunzie avaient décidé d’associer leurs forces contre les pirates planétaires, s’était évanouie depuis longtemps. Les deux femmes s’étaient laissées entraîner par l’euphorie qui avait succédé à l’incroyable cathédrale thèke – laquelle avait jugé comme il se devait le capitaine Cruss. Celui-ci avait atterri illégalement sur Iréta, à bord d’un transporteur colonial lourdmondien, juste sous le nez du croiseur de Sassinak. La conférence thèke avait révélé des choses fascinantes au sujet des supérieurs du capitaine. Non seulement les theks avaient résolu le problème de savoir à qui « appartenait » Iréta, mais ils étaient partis sans parler de convoquer les pirates planétaires à un procès similaire. »
Extrait de : E. Moon et A. McCaffrey. « Génération Warriors – Les planètes pirates. »
Sassinak par Elizabeth Moon et Anne McCaffrey

Fiche de Sassinak
Titre : Sassinak (Tome 1 sur 2 – Les planètes pirates)
Auteur : Elizabeth Moon et Anne McCaffrey
Date de parution : 1990
Traduction : K. Chergui
Editeur : J’ai lu
Première page de Sassinak
« Quand on s’aperçut que le transporteur avait un problème, il était déjà trop tard.
La fête avait commencé deux jours locaux auparavant, lorsque la dernière navette était arrivée de Zeebin. Sassinak et ses camarades de classe avaient aidé à décharger les conteneurs d’effets personnels, avant de s’éparpiller dans les rues noires de monde. L’année passée, elle était trop jeune – mais de peu – pour qu’on lui laisse une telle liberté. Aujourd’hui encore, la cohue la rendait nerveuse.
La population triplait pendant la semaine où arrivaient les convoyeurs de minerai. Chaque fermier, mineur, technicien ou mécanicien de navette – tous ceux qui le pouvaient, et d’autres qui n’auraient pas dû – venaient en Ville. Et, pour une fois, cette dernière méritait presque ce nom. Des foules se pressaient entre les rangées d’immeubles en préfabriqué à un étage qui servaient de logements, d’entrepôts et d’ateliers à la jeune colonie. »
Extrait de : E. Moon et A. McCaffrey. « Sassinak – Les planètes pirates. »
Héroïne d’un jour par Elizabeth Moon

Fiche de Héroïne d’un jour
Titre : Héroïne d’un jour (Tome 4 sur 4 – Heris Serrano)
Auteur : Elizabeth Moon
Date de parution : 1997
Traduction : M. Fazi
Editeur : Bragelonne
Première page de Héroïne d’un jour
« Esmay Suiza s’était décrassée de son mieux avant de se présenter devant l’amiral sur son vaisseau, mais la mutinerie puis la bataille lui avaient laissé peu de temps. Elle s’était douchée et avait nettoyé son uniforme, mais ce n’était pas sa tenue de cérémonie : la bataille à bord du Mépris avait criblé de trous les cloisons intérieures et causé d’innombrables départs de feu, dont l’un avait pris dans le compartiment de rangement des officiers subalternes. Esmay était restée propre, mais n’avait pas dormi correctement depuis le début de cette histoire. Elle savait que ses yeux étaient injectés de sang et irrités par l’épuisement, que ses mains tremblaient. L’impression la tenaillait, contractant son estomac, que faire de son mieux ne suffirait pas.
L’amiral Serrano ressemblait au capitaine Serrano en plus âgée, même charpente svelte et compacte, même peau mate. Ici, les cheveux noirs étaient striés de mèches d’argent et quelques rides marquaient le large front, mais elle dégageait une énergie crépitante tout juste contenue. »
Extrait de : E. Moon. « Héroïne d’un jour – Heris Serrano. »
Couleurs gagnantes par Elizabeth Moon

Fiche de Couleurs gagnantes
Titre : Couleurs gagnantes (Tome 3 sur 4 – Heris Serrano)
Auteur : Elizabeth Moon
Date de parution : 1995
Traduction : M. Fazi
Editeur : Bragelonne
Première page de Couleurs gagnantes
« Les conspirateurs se divisent en deux parfums de base, songea Ottala. Les Vanille un peu fades, souvent aisés, qui se réunissent dans des salles de conférence ou salles à manger confortablement meublées, dont l’atmosphère respire les parfums hors de prix, les liqueurs et la bonne chère. Les Chocolat plus complexes, souvent pauvres, qui se retrouvent dans les arrière-salles miteuses de commerces en faillite et d’entrepôts lugubres, où l’air charrie des odeurs de moisi, de produits chimiques dangereux et de corps mal lavés. Quand les Vanille juraient, c’était avec l’intuition de prendre un risque, comme si les jurons risquaient de leur éclater dans la bouche en leur blessant la langue, tels des ballons de mauvaise qualité. Les Chocolat juraient sans y penser et leur discours y gagnait en texture, tant les expressions familières y étaient enrobées comme des noisettes dans des friandises. »
Extrait de : E. Moon. « Couleurs gagnantes – Heris Serrano. »
Double jeu par Elizabeth Moon

Fiche de Double jeu
Titre : Double jeu (Tome 2 sur 4 – Heris Serrano)
Auteur : Elizabeth Moon
Date de parution : 1994
Traduction : M. Fazi
Editeur : Bragelonne
Première page de Double jeu
« — Bien sûr, nous avons un léger problème, dit lady Cecelia tout en confiant son étole à sa domestique.
La pluie cinglait les fenêtres sous les assauts du vent, dans un concert de sifflements et de crépitements.
— Oui ?
Heris Serrano considéra sa patronne d’un air méfiant. L’expression « léger problème » était devenue entre elles une rengaine beaucoup trop fréquente. Heris était contrariée par les petits détails insignifiants qui avaient retardé leur voyage. Ils auraient dû prendre le départ deux jours plus tôt pour rejoindre Rockhouse Major. Le vaisseau et l’espace commençaient à lui manquer. Par ailleurs, plus tôt ils atteindraient Rockhouse, plus tôt ils seraient débarrassés de ce jeune agitateur de prince, qu’on placerait alors sous la responsabilité de quelqu’un d’autre.
— Encore un problème de nombre. »
Extrait de : E. Moon. « Double jeu – Heris Serrano. »