Catégorie : Livres

 

La nuit des mutants par Jean Sadyn

Fiche de La nuit des mutants

Titre : La nuit des mutants
Auteur : Jean Sadyn
Date de parution : 1970
Editeur : Marabout

Première page de La nuit des mutants

« — Mais enfin, messieurs, cette course, je ne vous la demande pas pour rien ! Je vous paierai, que diable !

À ce mot malencontreux, les deux chauffeurs se jettent un coup d’œil furtif, me dévisagent longuement. Je les sens inquiets, anxieux, réprobateurs. Enfin, sans dire mot, ils rejoignent leurs taxis, solides voitures un peu désuètes et m’ignorent résolument.

La gare relâche ses derniers voyageurs. La place se vide. Face aux remparts jaunes, je tente un nouvel effort :

— Voyons, messieurs… Un bon pourboire…

Ils secouent la tête, haussent les épaules.

La pluie efface lentement la petite ville, la dissout dans une vapeur légère. Il semble qu’une nuée monte du sol. Résigné à me passer de leurs services, je m’enquiers du chemin. Long et compliqué. Très long… »

Extrait de : J. Sadyn. « La nuit des mutants. »

Les barons de Brooklyn par H. Ellison

Fiche de Les barons de Brooklyn

Titre : Les barons de Brooklyn
Auteur : H. Ellison
Date de parution : 1978
Traduction : A. Dister
Editeur : Les humanoïdes associés

Première page de Les barons de Brooklyn

« Fallait que je me trouve un boulot. Une bonne couverture, en cas de soupçon, était obligatoire. J’avais peut-être lu trop de romans de contre-espionnage dans lesquels les héros craignaient que leur véritable identité ne soit révélée aux méchants ; ou je me faisais trop de mélo ; à moins que ce que j’avais vu dans les yeux de cette bande de kids de Times Square ne m’ait fait comprendre que je ne jouais pas à des jeux de bambins ; ces mecs pouvaient être très dangereux. Fallait que je me trouve un boulot.

N’importe quoi de régulier gênerait mon activité : la plupart des kids allaient à l’école (quand ça leur chantait) et il fallait que j’aligne mes heures de vadrouille sur les leurs. Donc j’avais besoin d’un travail à mi-temps ; l’argent importait peu, car j’avais un revenu, petit mais suffisant, grâce aux histoires vendues par mon agent. »

Extrait de : H. Ellison. « Les barons de Brooklyn. »

Du pays de la peur par H. Ellison

Fiche de Du pays de la peur

Titre : Du pays de la peur
Auteur : H. Ellison
Date de parution : 1967
Traduction : R. Foucart
Editeur : Marabout

Sommaire de Du pays de la peur

  • Le voyageur
  • Le pleureur
  • Un ami de l’homme
  • La voix dans le jardin
  • Le temps de l’oeil
  • Les cieux enflammés
  • Module de secours
  • Mon frère Paulie
  • Bataille sans étandard
  • Soldat (version 1)
  • Soldat (version 2)

Première page de Le voyageur

« Peut-être était-ce inévitable ? Peut-être n’était-ce que le résultat naturel de processus eugéniques tortueux que produisait Léon Packett ?… Quoi qu’il en soit, l’invention des vidéo-robots voyageurs vit le jour et, depuis, les choses ne sont plus tout à fait ce qu’elles devraient être.

Le succès des émissions tridimensionnelles en direct, et l’appétit insatiable du public pour tout ce qui était nouveau, rendirent la chose inéluctable : si on retransmettait des émissions tridimensionnelles depuis les Bermudes, il fallait aussi des émissions haute fidélité en direct de la région des Sudètes. Mais ce n’était pas encore assez, car, par la suite, les gens demandèrent des programmes émis depuis le sommet de l’Everest. Et quand, Dieu seul sait comment, on y parvint, l’esprit glouton et imbécile du public exigea plus encore ; on réclama des directs depuis la station Milestone, en orbite autour de la Terre. »

Extrait de : H. Ellison. « Du pays de la peur. »

Dangereuses visions 2 par H. Ellison

Fiche de Dangereuses visions 2

Titre : Dangereuses visions 2
Auteur : H. Ellison
Date de parution : 1967
Traduction : F.-M. Watkins
Editeur : J’ai lu

Sommaire de Dangereuses visions 2

  • Seigneur Randy, mon fils par J. L. Hensley
  • Eutopia par P. Anderson
  • Incident à Moderan par D. R. Bunch
  • La fuite par D. R. Bunch
  • La maison de poupée par J. Cross
  • Le sexe et / ou M. Morrison par C. Emshwiller
  • La poussière chantera-t-elle tes louanges par D. Knight
  • Si tous les hommes étaient frères, me permettrais-tu d’épouser ta soeur ? par T. Sturgeon
  • Qu’est-il arrivé à Auguste Clarot ? par L. Eisenberg
  • Ersatz par H. Slesar
  • Go, go, go dit l’oiseau par S. Dorman
  • La race heureuse par J. T. Sladek
  • Rencontre avec un plouc par J. Brand
  • Manuel officiel pour l’éducation des enfants par K. O. Neville
  • La terre des grands chevaux par R. A. Lafferty
  • La reconnaissance par J. G. Ballard
  • Judas par J. Brunner
  • Dernier test : destruction par K. Laumer
  • Carcinoma angels par N. Spinrad
  • Auto-da-fé par R. Zelazny
  • Ouais et Gomorrhe par S. R. Delany

Première page de Seigneur Randy, mon fils

« Il se rebella la nuit où l’ordre lui vint de quitter l’endroit chaud et liquide ; mais il était faible et la nature forte. Au-dehors, l’averse éclatait ; un orage si fantastique que les météorologistes allaient s’y référer durant tous les temps qui restaient. Il lutta pour rester avec la chose-mère, mais la chose-mère l’expulsa et dans sa peur et sa rage il blessa subtilement la chose-mère. Des nuages noirs. 
 
La veille au soir, Sam Moore avait laissé son fils Randy jouer fort tard dans le jardin, si l’on peut parler de « jouer ». Le garçon n’avait pas de jeux normaux, et les enfants du voisinage s’écartaient de la maison des Moore. Parfois l’un d’eux insultait le garçon, d’une cachette, mais le plus souvent ils se tenaient à l’écart.
Sam, vautré sur une chaise longue, l’observait d’un air morne, s’apitoyant sur son sort et écrivant sa propre notice nécrologique, en se posant les questions éternelles : Qui étais-tu ? Qu’as-tu fait ? Et pourquoi moi ? Pourquoi moi, maintenant ? »

Extrait de : H. Ellison. « Dangereuses visions Tome 2. »

Dangereuses visions 1 par H. Ellison

Fiche de Dangereuses visions 1

Titre : Dangereuses visions 1
Auteur : H. Ellison
Date de parution : 1967
Traduction : F.-M. Watkins
Editeur : J’ai lu

Sommaire de Dangereuses visions 1

  • Chant du crépuscule par L. Del Rey
  • Les mouches par R. Silverberg
  • Le lendemain du jour où les martiens sont arrivés par F. Pohl
  • Les cavaliers du fiel ou le grand gavage par P. J. Farmer
  • Le système Malley par M. A . Deford
  • Un jouet pour juliette par R. Bloch
  • Le rôdeur dans la ville au bord du monde par H. Ellison
  • La nuit où se produisit la grande fuite du temps par B. Aldiss
  • L’homme qui alla dans la lune… deux fois par H. Rodman
  • La foi de nos pères par P. K. Dick
  • L’homme-puzzle par L. Niven
  • En poussant les osselets par F. Leiber

Première page du Chant du crépuscule

« Lorsqu’il atteignit la surface de la petite planète, ses forces s’étaient épuisées jusqu’à la lie. À présent il se reposait, soutirant lentement un peu d’énergie au soleil jaune qui brillait sur les prés verts tout autour de lui. Ses sens étaient émoussés par une ultime lassitude mais la peur qu’il avait apprise des Usurpateurs les éperonnait à la recherche d’un nouveau soupçon d’asile.

Il s’aperçut que ce monde était paisible et cette découverte aviva sa peur. Dans sa jeunesse, il avait chéri une multitude de mondes où le jeu du flux et du reflux de la vie pouvait être joué à fond. Cela avait été alors un truculent univers pour y vagabonder. Mais les Usurpateurs ne supportaient pas de rivaux à leur propre convoitise sans limites. La paix et l’ordre même de ce lieu signifiaient que ce monde leur avait appartenu. »

Extrait de : H. Ellison. « Dangereuses visions Tome 1. »

Ainsi sera-t-il par H. Ellison

Fiche de Ainsi sera-t-il

Titre : Ainsi sera-t-il
Auteur : H. Ellison
Date de parution : 1965
Traduction : G. Bernier
Editeur : Marabout

Sommaire de Ainsi sera-t-il

  • Les fadas
  • Logos-vengeur
  • Arlequin et l’homme Tic-tac
  • Oeil de magie
  • Les laissés pour compte
  • Les docmecs
  • Plus impénétrables que les ténèbres

Première page de Les fadas

« Il se tenait au coin d’une rue, vêtu d’une longue chemise de nuit orange et coiffé d’un bonnet de nuit rouge, garni d’un pompon. Il se curait le nez, dans une attitude réfléchie.
— Surveillez-le ! cria Furth. Surveillez ce qu’il fait ! Observez attentivement la technique !
« Et dire que j’ai étudié quatre années pour me voir confier un boulot pareil ! » se dit Themus.
Furth regarda le jeune homme pour la première fois depuis plusieurs minutes qu’il était à ses côtés.
— Le surveillez-vous ?
Il le poussa du coude, si bien que le dictaphone cogna brutalement contre la poitrine de Themus.
— Oui, oui, je le surveille, répondit le jeune gardien, mais quelle peut bien être la raison de surveiller un fou se curant le nez, au coin d’une rue ? Sa voix exprimait l’agacement. »

Extrait de : H. Ellison. « Ainsi sera-t-il. »

Les enfants de la nuit par Zenna Henderson

Fiche de Les enfants de la nuit

Titre : Les enfants de la nuit
Auteur : Zenna Henderson
Date de parution : 1971
Traduction : P. Goffin
Editeur : Marabout

Sommaire de Les enfants de la nuit

  • Ceux qu’on n’oublie pas
  • Destination : Nulle part
  • Vous savez quoi, mademoiselle ?
  • Les effectifs
  • Loo Ree
  • L’école la plus proche
  • A l’abri dans un triangle
  • Tante Sophronie
  • Une enfant naïve
  • Un don de double vue
  • Pas plus compliqué que cela
  • Appartement garni
  • L’une d’elles
  • L’heure du partage
  • Ad astra
  • Avant, pendant, après
  • Les murs
  • Le couronnement de la gloire
  • Boona dans le cosmos
  • Trois petits tours pour un amour

Première page de Ceux qu’on n’oublie pas

« J’ai toujours eu les pieds bien sur terre. Quand je relis cette phrase, j’ai envie de sourire. Je vois cela différemment, maintenant. Bref, réaliste et légèrement sceptique, voilà des épithètes qui pourraient me décrire. J’ai profité – peut-être avec un rien d’envie – des fantômes des autres, des coïncidences qui vous coupent le souffle, des histoires de soucoupes volantes, de tables tournantes et de rêves prophétiques, mais jamais je n’ai fait d’expérience personnelle. Je suppose qu’il faut être très déterminée, ou très naïve – non pas puérile – pour garder ses illusions tout au long d’une existence vouée à l’enseignement. « Existence », cela semble terriblement vieux jeu, non ? Mais, de plus en plus, je sens que le rôle d’observatrice me convient mieux que celui de participante. »

Extrait de : Z. Henderson. « Les enfants de la nuit. »

Chronique du Peuple par Zenna Henderson

Fiche de Chronique du Peuple

Titre : Chronique du Peuple
Auteur : Zenna Henderson
Date de parution : 1961
Traduction : M. Deutsch
Editeur : J’ai lu

Première page de Chronique du Peuple

« La fenêtre de l’autocar était un rectangle noir sur fond de nuit. Lentement, Léa accommoda, son regard perdit sa fixité et son visage se matérialisa dans la vitre, estompé et fragmentaire, souligné par la blême lumière intérieure. « Eh bien, j’ai encore une figure », se dit-elle. Elle inclina la tête et la lueur pâle glissa sur le bombé de sa joue. Pas de couleurs hormis le noir de ses grands yeux. L’arrondi des courtes bouclettes dégageant les oreilles, l’arc des sourcils étaient des linéaments flous gravés dans les ténèbres. « Voilà comment les gens me voient, songea-t-elle avec détachement. Un extérieur intact. Une coquille d’œuf vidée de toute vie. »
Une silhouette remua dans le fauteuil voisin.
– Réveillée, ma chère petite ? (Un visage dodu s’épanouit de plaisir dans la pénombre). Vous avez fait un bon somme. Vous n’avez pas bougé depuis que je suis montée. Attendez que j’allume la veilleuse. (La vieille dame leva le bras, tâtonna). Je trouve ces lampes très astucieuses. Comment font-ils pour qu’elles soient toujours pointées dans la bonne direction ? »

Extrait de : Z. Henderson. « Chronique du Peuple. »

Pitié pour les ombres par Thomas Owen

Fiche de Pitié pour les ombres

Titre : Pitié pour les ombres
Auteur : Thomas Owen
Date de parution : 1973
Editeur : Marabout

Sommaire de Pitié pour les ombres

  • Pitié pour les ombres
  • Son époux regretté
  • Le coffret
  • Passage du Dr Babylon
  • Métamorphose
  • La montre
  • Les vilaines de nuit
  • Les petites filles modèles
  • Lumineuse dans la nuit
  • Et la vie s’arrêta
  • L’assassinat de Lady Rhodes
  • Nocturne
  • Donatienne et son destin
  • Fantôme es-tu là ?
  • Villa à vendre

Première page de Pitié pour les ombres

« Nous avions emprunté des routes peu fréquentées, suivant un itinéraire qui rompait avec les banalités touristiques. Le chemin de terre jaune, où nous roulions à petite allure, se tortillait à travers une campagne roussie. Le sol, sous des affleurements de pierre blanche et poreuse, avait crevé en maints endroits comme une peau trop sèche. Il faisait torride. Le bruit des cigales était si aigu, si régulier, que nous nous étions arrêtés déjà, croyant à quelque avarie mécanique. Immobiles alors, les tympans vibrants, nous avions compris que nous étions au centre même de millions de crissements inlassablement répétés.

Sous un ciel pur, d’un bleu impitoyable, les vallonnements se présentaient à nous avec une monotonie presque hallucinante. Après notre passage, un nuage de poussière flottait dans l’air très longtemps et dérobait à nos yeux toute la contrée parcourue. Le passé immédiat s’en trouvait aboli comme si, derrière nous, à mesure que nous progressions, des pans d’univers sombraient dans le néant. »

Extrait de : T. Owen. « Pitié pour les ombres. »

Les maisons suspectes par Thomas Owen

Fiche de Les maisons suspectes

Titre : Les maisons suspectes
Auteur : Thomas Owen
Date de parution : 1978
Editeur : Marabout

Sommaire de Les maisons suspectes

  • Le parc
  • L’informateur ambigu
  • Les taches
  • Comme un page…
  • Le coeur de jade
  • La poule noire
  • La robe de cheviotte
  • Les maisons suspectes

Première page de Le parc

« Sabine devait traverser le parc deux fois par jour en fin d’après-midi. Non dans toute la longueur, mais selon une oblique qui la faisait pénétrer du côté de l’allée des Marronniers et ressortir en face du monument au caporal Muratori. Elle allait ainsi régulièrement, du lundi au vendredi, suivre un cours d’anglais. Elle prenait le raccourci par le parc et revenait par le même chemin.
Elle aurait pu choisir un itinéraire un peu différent, en longeant le parc par l’extérieur, mais elle aimait s’enfoncer dans la petite vallée sombre plantée de grands arbres, vestiges d’une propriété privée qui avait été morcelée et dont la ville s’était réservé les derniers hectares en guise de zone verte.
Les chemins de cendrée étaient propres et bien entretenus. Lorsqu’un orage y avait creusé parfois des ornières, mettant ainsi à jour les pierres blanches du sous-sol, des jardiniers s’affairaient très vite à réparer les dégâts. »

Extrait de : T. Owen. « Les maisons suspectes. »