Catégorie : Livres
Voyage avec les morts par Barbara Hambly

Fiche de Voyage avec les morts
Titre : Voyage avec les morts (Tome 2 sur 2 – James Asher)
Auteur : Barbara Hambly
Date de parution : 1995
Traduction : I. Glasberg
Editeur : Pocket
Première page de Voyage avec les morts
« L’antique demeure était de celles qu’on ne remarque pas malgré leur taille. Ce qui était bizarre, se disait Lydia Asher. Debout sur le perron, la jeune femme tendait le cou vers les cinq étages de la façade sombre entièrement close. La bâtisse semblait là depuis très longtemps, et plus bizarre encore étaient ses colombages apparents malgré les siècles de suie et de ternissures, les ouvertures en œil-de-bœuf de ses rares fenêtres dépourvues de volets, l’usure qui avait creusé en leur milieu ses marches de pierre.
Prise d’un frisson, Lydia resserra autour d’elle les pans du manteau qu’elle avait emprunté à sa cuisinière – car le plus ordinaire de sa collection personnelle aurait été cent fois trop élégant dans ces ruelles étroites et ces passages sordides qui se pressaient derrière la portion des quais comprise entre Blackfriars Bridge et Southwark. Il ne peut pas me faire de mal, pensa-t-elle en portant la main à sa »
Extrait de : B. Hambly. « James Asher – Voyage avec les morts. »
Le sang d’immortalité par Barbara Hambly

Fiche de Le sang d’immortalité
Titre : Le sang d’immortalité (Tome 1 sur 2 – James Asher)
Auteur : Barbara Hambly
Date de parution : 1988
Traduction : I. Glasberg
Editeur : Pocket
Première page de Le sang d’immortalité
« Lydia ? »
Avant même que les ombres de la cage d’escalier n’aient étouffé les derniers échos du prénom de sa femme, James Asher comprit qu’il était arrivé quelque chose de grave.
La maison était silencieuse, mais pas vide.
Il s’arrêta net dans le grand couloir obscur, et écouta. Nul bruit ne lui parvenait du tournant de l’escalier ténébreux au-dessus de lui. Pas de grassouillette Ellen pour se hâter vers la porte capitonnée au fond du corridor et débarrasser son maître de son uniforme d’Oxford, constitué de la robe noire des universitaires et d’une toque. De plus, à la froidure de la nuit automnale qui s’infiltrait dans la demeure, il savait qu’aucun feu ne brûlait nulle part. »
Extrait de : B. Hambly. « James Asher – Le sang d’immortalité. »
Les armées du jour par Barbara Hambly

Fiche de Les armées du jour
Titre : Les armées du jour (Tome 3 sur 3 – Le cycle de Darwath)
Auteur : Barbara Hambly
Date de parution : 1983
Traduction : F. Maillet, S. Guillot
Editeur : Gallimard
Première page de Les armées du jour
« La nuit était paisible. Le vent, qui s’était abattu avec une rare violence sur les montagnes glacées du nord, s’était transformé vers le crépuscule en un timide murmure entre les sombres pins qui emplissaient le sinueux Val de Renweth. À minuit, même ce murmure s’était tu. Les branches noires demeuraient immobiles d’un bout à l’autre de la vallée, lentement recouvertes de givre dans le froid grandissant. Une respiration humaine, à peine visible dans la clarté sans âme des rares étoiles hautaines et lointaines, restait suspendue telle une nuée de diamants autour du visage ou se figeait sur les lèvres en gelée blanche. Dans ce froid perçant, même les loups demeuraient terrés ; le silence s’étendait d’une falaise à l’autre, presque palpable dans ce monde glacial et désolé.
Pourtant, sous les arbres enténébrés, quelque chose avait bougé.
Rudy Solis en avait la certitude. »
Extrait de : B. Hambly. « Le cycle de Darwath – Les armées du jour. »
Les murs des ténèbres par Barbara Hambly

Fiche de Les murs des ténèbres
Titre : Les murs des ténèbres (Tome 2 sur 3 – Le cycle de Darwath)
Auteur : Barbara Hambly
Date de parution : 1983
Traduction : F. Maillet, S. Guillot
Editeur : Gallimard
Première page de Les murs des ténèbres
« La scène se passait au Shamrock Bar, à San Bernardino, un samedi soir orageux. La pluie tambourinait doucement contre la vitre, et les lumières criardes se reflétaient sur le trottoir mouillé, au-dehors. Deux motards barbus et une blonde diaphane jouaient au billard dans l’arrière-salle. Rudy Solis liquida sa deuxième bière de la soirée et regarda autour de lui. Il avait perdu quelque chose – à moins qu’on ne le lui ait arraché –, mais il ne se rappelait plus de quoi il s’agissait. Ne subsistait plus qu’une douleur sourde.
Il était fauché et pas encore assez soûl. Derrière le comptoir, Billy May allait et venait le long du rayon garni de verres à moitié vides et de bouteilles de bière, les yeux barbouillés de noir, suivie à la trace par son reflet dans le miroir taché de chiures de mouches ; la dentelle rouge de son soutien gorge dépassait du décolleté de son chandail. Le miroir révélait la faune habituelle du samedi soir, des gens que Rudy connaissait depuis l’école secondaire et même, pour certains, depuis son enfance : Peach McClain, le Hell’s Angel le plus gros du monde, avec sa nana ; Crazy Red, le prof de karaté ; Big Bull, et la bande de l’usine sidérurgique. »
Extrait de : B. Hambly. « Le cycle de Darwath – Les murs des ténèbres. »
Les forces de la nuit par Barbara Hambly

Fiche de Les forces de la nuit
Titre : Les forces de la nuit (Tome 1 sur 3 – Le cycle de Darwath)
Auteur : Barbara Hambly
Date de parution : 1982
Traduction : F. Maillet, S. Guillot
Editeur : Gallimard
Première page de Les forces de la nuit
« Gil savait que ce n’était qu’un rêve. Elle n’avait aucune raison d’avoir peur – le danger, le chaos, la terreur aveugle et l’angoisse cauchemardesque qui emplissaient la nuit hurlante n’avaient rien de réel, elle le savait ; cette ville à l’architecture sombre et insolite, cette foule d’hommes et de femmes paniqués qui la bousculaient dans leur fuite sans la voir, n’étaient que la manifestation saisissante de son subconscient surchargé des spectres qui s’évanouiraient avec le jour.
Tout cela, elle le savait ; et pourtant, elle avait peur.
Il lui semblait se trouver au pied d’un escalier de marbre vert, en face d’une cour carrée entourée de hauts bâtiments aux toits pointus. Des gens affolés passaient près d’elle en la bousculant, la repoussaient contre le socle gigantesque d’une statue de malachite sans paraître remarquer sa présence ; hommes et femmes haletants, aux yeux égarés, aux visages terrifiés d’une lividité cadavérique sous la lueur froide de la lune à son dernier quartier. »
Extrait de : B. Hambly. « Le cycle de Darwath – Les forces de la nuit. »
Via Velpa par Y. Dermèze

Fiche de Via Velpa
Titre : Via Velpa
Auteur : Y. Dermèze
Date de parution : 1975
Editeur : Le Masque
Première page de Via Velpa
« Lorsque Nel Gavard, bourreau juré d’Altaïr, décida de jouer à l’expérimentateur, il ne se doutait pas des bouleversements qu’il allait apporter dans sa constellation et dans sa galaxie tout entière. Des cerveaux beaucoup plus puissants que le sien n’eussent pas imaginé la millième partie de ce qu’allait entraîner un tout petit geste.
Nel Gavard était une demi-brute. Son front plat s’ornait de six barres verticales indélébiles. Ses yeux bovins saillaient sous ses épais sourcils noirs. Lorsque, dans son adolescence, on avait mesuré son indice intellectuel, on avait ricané avec pitié. Et Nel Gavard avait ricané aussi, incapable qu’il était de comprendre l’ironie ou la pitié. Les tests habituels l’avaient classé bon dernier. Que faire de ce dégénéré ? À partir de la septième catégorie, la loi ordonnait de les supprimer afin qu’ils ne fussent ni une charge, ni un danger pour la civilisation. Nel Gavard avait été sauvé par une toute petite étincelle qui subsistait en lui. »
Extrait de : Y. Dermèze. « Via velpa. »
Souvenance pleurait par Y. Dermèze

Fiche de Souvenance pleurait
Titre : Souvenance pleurait
Auteur : Y. Dermèze
Date de parution : 1950
Editeur : Librairie des Champs-Élysées
Première page de Souvenance pleurait
« LE PASSÉ DE GRENMARCH
Les deux hommes, bataillant avec leur ciré que les rafales plaquaient au corps ou soulevaient ridiculement, se hâtaient vers la baie.
C’était folie que de sortir par cette tempête. Ils n’auraient pas dû quitter la station radio, L’un des quatre opérateurs aurait dû rester, assurer l’écoute, alerter le port le plus proche, retransmettre le message tragique.
L’île de Grenmarch semblait prête à s’arracher de la surface des flots. Aux puissantes rafales, on avait l’étrange impression qu’elle vacillait. Des nuages gris couraient au ciel, masquant la lune.
— Valbert ! hurla une voix devant eux.
Le plus grand des deux hommes boutonna l’attache du col de son ciré noir que fouettaient les larges gouttes. »
Extrait de : Y. Dermèze. « Souvenance pleurait. »
Sept à la morgue par Y. Dermèze

Fiche de Sept à la morgue
Titre : Sept à la morgue
Auteur : Y. Dermèze
Date de parution : 1968
Editeur : Société Éditions Générales
Première page de Sept à la morgue
« Patrick Van Goneden freina lorsqu’il reconnut l’homme, et sa Jaguar rouge s’arrêta à hauteur de celui-ci. La rue était déserte.
— Quel bienheureux hasard ! s’exclama Van Goneden, souriant. Mon cher Hollegan, précisément je vous cherchais… et j’allais droit à votre domicile.
En se penchant, sans cesser de sourire, il ouvrait la portière de droite :
— Montez donc… Je vous déposerai où vous voudrez.
— Ma foi, dit Hollegan, ce n’est pas de refus. J’avais décidé de faire un peu de marche à pied… Mais je m’empâte… et je suis essoufflé presque tout de suite.
Il était plutôt petit, gros et rougeaud de visage. Tendance certaine à la congestion, pensa Van Goneden pendant que l’autre s’installait près de lui. Van Goneden, lui, était grand, élancé, souple et sportif et n’avait que dédain pour ce petit bonhomme ventripotent qu’il roulait beaucoup trop aisément depuis quelques semaines. »
Extrait de : Y. Dermèze. « Sept à la morgue. »
Les lumières par Y. Dermèze

Fiche de Les lumières
Titre : Les lumières
Auteur : Y. Dermèze
Date de parution : 1976
Editeur : Le Masque
Première page de Les lumières
« (Extrait de l’Encyclopédie galactique, volume 3 de SOL)
L’Homme avait à peine colonisé quelques planètes lorsqu’il fut brusquement coupé de ses bases. La Terre ne répondait plus.
Or, si les hardis conquérants de l’espace avaient déjà commencé à se multiplier sur diverses colonies et avaient reçu à peu près tout le matériel nécessaire à la fabrication d’objets manufacturés, ils dépendaient totalement de la planète mère pour le carburant, essentiel pour les astronefs.
Les appareils qui disposaient des réserves suffisantes s’élancèrent aussitôt vers la Terre qui ne répondait plus, mais on n’obtint jamais de leurs nouvelles. Ce n’est que beaucoup plus tard que l’on eût l’explication de ce silence.
Ils avaient atterri sans encombre, mais n’avaient trouvé sur III de Sol que ruines et désolation, et n’avaient découvert aucune goutte de carburant pour repartir. »
Extrait de : Y. Dermèze. « Les Lumières. »
Le trésor du Dieu par Y. Dermèze

Fiche de Le trésor du Dieu
Titre : Le trésor du Dieu
Auteur : Y. Dermèze
Date de parution : 1946
Editeur : Didier
Première page de Le trésor du Dieu
« — Qu’est-ce que c’est ?… murmura Mabel Bright, suffoquée, raidie par l’étonnement indigné.
Elle contourna la roche qui masquait les flots, vérifia d’un geste machinal la présence de l’automatique dans l’étui fixé à la ceinture, et s’approcha de l’homme.
Écroulé sur le dos, bras en croix, jambes écartées sur le sable chaud, il figurait assez bien un cadavre. Mabel Bright avait parfois assisté au tragique spectacle de corps humains fauchés dans leur course et s’abattant comme des pantins disloqués ; pourtant un vague émoi lui arracha un frisson.
Jusqu’à l’horizon, le Pacifique étendait son calme plat. L’ardent soleil d’après-midi scintillait aux frissons de la houle. Tout à droite, à l’extrémité du promontoire rocheux qui s’avançait dans les flots et qui cernait en demi-lune la minuscule plage de sable, un cotre à la voile carguée se balançait à la brise. »
Extrait de : Y. Dermèze. « Le trésor du dieu. »