Catégorie : Livres

 

Les frères Kip par Jules Verne

Fiche de Les frères Kip

Titre : Les frères Kip
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1902
Editeur :

Première page de Les frères Kip

« La taverne des « Three-Magpies »

À cette époque, – 1885, – quarante-six ans après avoir été occupée par la Grande-Bretagne, qui en fit une dépendance de la Nouvelle-Galles du Sud, trente-deux ans après son établissement en colonie détachée de la Couronne et se gouvernant elle-même, la Nouvelle-Zélande était encore dévorée par la fièvre endémique de l’or. Les désordres qu’engendre cette fièvre ne furent pas aussi destructeurs qu’ils l’avaient été en certaines provinces du continent australien. Cependant il en résulta des troubles regrettables dont se ressentit l’esprit de la population des deux îles. La province d’Otago, qui comprend la partie méridionale de Tawaï-Pounamou, fut envahie par les chercheurs de places. Les gisements de la Clutha attirèrent nombre d’aventuriers. On s’en rendra compte par ce fait que le rendement des gîtes aurifères de la Nouvelle-Zélande, entre 1864 et 1889, s’éleva à douze cents millions de francs. »

Extrait de : J. Verne. « Les frères Kip. »

Les histoires de Jean-Marie Cabidoulin par Jules Verne

Fiche de Les histoires de Jean-Marie Cabidoulin

Titre : Les histoires de Jean-Marie Cabidoulin
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1901
Editeur : BeQ

Première page de Les histoires de Jean-Marie Cabidoulin

« Un départ retardé

« Eh ! capitaine Bourcart, ce n’est donc pas aujourd’hui le départ ?…

– Non, monsieur Brunel, et je crains que nous ne puissions partir ni demain… ni même dans huit jours…

– Cela est contrariant…

– Et surtout inquiétant, déclara M. Bourcart en secouant la tête. Le Saint-Enoch devrait être en mer depuis la fin du mois dernier afin d’arriver en bonne saison sur les lieux de pêche… Vous verrez qu’il se laissera distancer par les Anglais et les Américains…

– Et ce sont toujours ces deux hommes qui vous manquent à bord ?…

– Toujours… monsieur Brunel… l’un dont je ne puis me passer, l’autre dont je me passerais à la rigueur, n’étaient les règlements qui me l’imposent…

– Et celui-ci n’est pas le tonnelier, sans doute ?… demanda M. Brunel. »

Extrait de : J. Verne. « Les histoires de Jean-Marie Cabidoulin. »

Le village aérien par Jules Verne

Fiche de Le village aérien

Titre : Le village aérien
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1901
Editeur :

Première page de Le village aérien

« Après une longue étape
 
« Et le Congo américain, demanda Max Huber, il n’en est donc pas encore question ?…
– À quoi bon, mon cher Max ?… répondit John Cort. Est-ce que les vastes espaces nous manquent aux États-Unis ?… Que de régions neuves et désertes à visiter entre l’Alaska et le Texas !… Avant d’aller coloniser au dehors, mieux vaut coloniser au dedans, je pense…
– Eh ! mon cher John, les nations européennes finiront par s’être partagé l’Afrique, si les choses continuent – soit une superficie d’environ trois milliards d’hectares !… Les Américains les abandonneront-ils en totalité aux Anglais, aux Allemands, aux Hollandais, aux Portugais, aux Français, aux Italiens, aux Espagnols, aux Belges ?…
– Les Américains n’en ont que faire – pas plus que les Russes, répliqua John Cort, et pour la même raison…  »

Extrait de : J. Verne. « Le Village aérien. »

Le testament d’un excentrique par Jules Verne

Fiche de Le testament d’un excentrique

Titre : Le testament d’un excentrique
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1899
Editeur :

Première page de Le testament d’un excentrique

« TOUTE UNE VILLE EN JOIE.

Un étranger, arrivé dans la principale cité de l’Illinois le matin du 3 avril 1897, aurait pu, à bon droit, se considérer comme le favori du Dieu des voyageurs. Ce jour-là, son carnet se fût enrichi de notes curieuses, propres à fournir la matière d’articles sensationnels. Et, assurément, s’il avait prolongé de quelques semaines d’abord, de quelques mois ensuite, son séjour à Chicago, il lui eût été donné de prendre sa part des émotions, des palpitations, des alternatives d’espoir et de désespoir, des enfièvrements, des ahurissements même de cette grande cité, qui n’avait plus l’entière possession d’elle-même.
Dès huit heures, une foule énorme, toujours croissante, se portait dans la direction du vingt-deuxième quartier. L’un des plus riches, il est compris entre North Avenue et Division Street suivant le sens des parallèles, et suivant le sens des méridiens, entre North Halsted Street et Lake Shore Drive que baignent les eaux du Michigan. On le sait, les villes modernes des États-Unis orientent leurs rues conformément aux latitudes et aux longitudes, en leur imposant la régularité des lignes d’un échiquier. »

Extrait de : J. Verne. « Le Testament d’un excentrique. »

Le superbe Orénoque par Jules Verne

Fiche de Le superbe Orénoque

Titre : Le superbe Orénoque
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1898
Editeur : BeQ

Première page de Le superbe Orénoque

« M. Miguel et ses deux collègues
 
« Il n’y a vraiment pas apparence de raison que cette discussion puisse prendre fin… dit M. Miguel, qui cherchait à s’interposer entre les deux bouillants contradicteurs.
– Eh bien… elle ne finira pas… répondit M. Felipe, du moins par le sacrifice de mon opinion à celle de M. Varinas…
– Ni par l’abandon de mes idées au profit de M. Felipe ! » répliqua M. Varinas.
Depuis déjà trois bonnes heures, ces deux entêtés savants disputaient, sans se rien céder, sur la question de l’Orénoque. Ce célèbre fleuve de l’Amérique méridionale, principale artère du Venezuela, se dirigeait-il, dans la première partie de son cours, de l’est à l’ouest, ainsi que l’établissaient les plus récentes cartes, ou ne venait-il pas du sud-ouest ? En ce cas, le Guaviare ou l’Atabapo n’étaient-ils pas considérés à tort comme des affluents ? »

Extrait de : J. Verne. « Le Superbe Orénoque. »

Le sphinx des glaces par Jules Verne

Fiche de Le sphinx des glaces

Titre : Le sphinx des glaces
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1897
Editeur :

Première page de Le sphinx des glaces

« Les îles Kerguelen

Personne n’ajoutera foi, sans doute, à ce récit intitulé Le Sphinx des glaces. N’importe, il est bon, à mon avis, qu’il soit livré au public. Libre à lui d’y croire ou de n’y point croire.
Il serait difficile, pour le début de ces merveilleuses et terribles aventures, d’imaginer un lieu mieux approprié que les îles de la Désolation – nom qui leur fut donné, en 1779, par le capitaine Cook. Eh bien, après ce que j’en ai vu pendant un séjour de quelques semaines, je puis affirmer qu’elles méritent l’appellation lamentable qui leur vient du célèbre navigateur anglais. Îles de la Désolation, cela dit tout.
Je sais que l’on tient, dans les nomenclatures géographiques, au nom de Kerguelen, généralement adopté pour ce groupe situé par 49° 54’ de latitude sud et 69° 6’ de longitude est. Ce qui le justifie, c’est que, dès l’année 1772, le baron français Kerguelen fut le premier à signaler ces îles dans la partie méridionale de l’océan Indien. »

Extrait de : J. Verne. « Le sphinx des glaces. »

Clovis Dardentor par Jules Verne

Fiche de Clovis Dardentor

Titre : Clovis Dardentor
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1896
Editeur : BeQ

Première page de Clovis Dardentor

« Dans lequel le principal personnage de cette histoire n’est pas présenté au lecteur 

Lorsque tous les deux descendirent en gare de Cette – train de Paris à la Méditerranée – Marcel Lornans, s’adressant à Jean Taconnat, lui dit :

« Qu’allons-nous faire, s’il te plaît, en attendant le départ du paquebot ?…

– Rien, répondit Jean Taconnat.

– Cependant, à s’en rapporter au Guide du Voyageur, Cette est une ville curieuse, bien qu’elle ne soit pas de haute antiquité, puisqu’elle est postérieure à la création de son port, ce terminus du canal du Languedoc, dû à Louis XIV…

– Et c’est peut-être ce que Louis XIV a fait de plus utile pendant toute la durée de son règne ! répliqua Jean Taconnat. Sans doute, le grand roi prévoyait que nous viendrions nous y embarquer aujourd’hui, 27 avril 1885… »

Extrait de : J. Verne. « Clovis Dardentor. »

Face au drapeau par Jules Verne

Fiche de Face au drapeau

Titre : Face au drapeau
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1896
Editeur :

Première page de Face au drapeau

« LE COMTE D’ARTIGAS
Au-dessous de ce nom, à l’angle de la carte, était écrite au crayon l’adresse suivante :
« À bord de la goélette Ebba, au mouillage de New-Berne, Pamplico-Sound. »

La capitale de la Caroline du Nord – l’un des quarante-quatre États de l’Union à cette époque – est l’assez importante ville de Raleigh, reculée de quelque cent cinquante milles à l’intérieur de la province. C’est grâce à sa position centrale que cette cité est devenue le siège de la législature, car d’autres l’égalent ou la dépassent en valeur industrielle et commerciale, – telles Wilmington, Charlotte, Fayetteville, Edenton, Washington, Salisbury, Tarboro, Halifax, New-Berne. Cette dernière ville s’élève au fond de l’estuaire de la Neuze-river, qui se jette dans le Pamplico-Sound, sorte de vaste lac maritime, protégé par une digue naturelle, îles et flots du littoral carolinien. »

Extrait de : J. Verne. « Face au drapeau. »

L’île à hélice par Jules Verne

Fiche de L’île à hélice

Titre : L’île à hélice
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1895
Editeur :

Première page de L’île à hélice

« Le Quatuor Concertant

Lorsqu’un voyage commence mal, il est rare qu’il finisse bien. Tout au moins, est-ce une opinion qu’auraient le droit de soutenir quatre instrumentistes, dont les instruments gisent sur le sol. En effet, le coach, dans lequel ils avaient dû prendre place à la dernière station du rail-road, vient de verser brusquement contre le talus de la route.
« Personne de blessé ?… demande le premier, qui s’est lestement redressé sur ses jambes.
– J’en suis quitte pour une égratignure ! répond le second, en essuyant sa joue zébrée par un éclat de verre.
– Moi pour une écorchure ! » réplique le troisième, dont le mollet perd quelques gouttes de sang.
Tout cela peu grave, en somme.
« Et mon violoncelle ?… s’écrie le quatrième. Pourvu qu’il ne soit rien arrivé à mon violoncelle !  »

Extrait de : J. Verne. « L’Île à hélice. »

Mirifiques aventures de maître Antifer par Jules Verne

Fiche de Mirifiques aventures de maître Antifer

Titre : Mirifiques aventures de maître Antifer
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1894
Editeur :

Première page de Mirifiques aventures de maître Antifer

« Dans lequel un navire inconnu, capitaine inconnu, est à la recherche, sur une mer inconnue, d’un îlot inconnu

Ce matin-là – 9 septembre 1831 – le capitaine quitta sa cabine à six heures et monta sur la dunette.

Le soleil pointait déjà à l’est, ou plus exactement la réfraction s’élevait au-dessus des basses couches de l’atmosphère, car son disque se traînait encore au-dessous de l’horizon. Une longue effluence lumineuse caressait la surface de la mer, largement ridée d’un léger clapotis avec la brise matinale.

Après une nuit calme, il y avait apparence que la journée serait belle – une de ces journées de septembre dont la zone tempérée bénéficie parfois au déclin de la saison chaude.

Le capitaine ajusta sa longue-vue à son œil droit, et, faisant demi-tour, il promena l’objectif sur une circonférence où se confondaient le ciel et la mer.

La longue-vue rabaissée, il s’approcha de l’homme de barre, un vieux à barbe hirsute, dont le vif regard perçait sous une paupière clignotante.

« Quand as-tu pris le quart ? demanda-t-il. »

Extrait de : J. Verne. « Mirifiques aventures de maître Antifer. »