Catégorie : Livres
M. Ré-dièze et Mlle Mi-bémol par Jules Verne
Fiche de M. Ré-dièze et Mlle Mi-bémol
Titre : M. Ré-dièze et Mlle Mi-bémol
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1893
Editeur :
Première page de M. Ré-dièze et Mlle Mi-bémol
« Nous étions une trentaine d’enfants à l’école de Kalfermatt, une vingtaine de garçons entre six et douze ans, une dizaine de filles entre quatre et neuf ans. Si vous désirez savoir où se trouve exactement cette bourgade, c’est, d’après ma Géographie (p. 47), dans un des cantons catholiques de la Suisse, pas loin du lac de constance, au pied des montagnes de l’Appenzell.
« Eh ! donc, vous là-bas, Joseph Müller ?
– Monsieur Valrügis ? répondis-je.
– Qu’est-ce que vous écrivez pendant que je fais la leçon d’histoire ?
– Je prends des notes, monsieur.
– Bien. »
La vérité est que je dessinais un bonhomme, tandis que le maître nous racontait pour la millième fois l’histoire de Guillaume Tell et du farouche Gessler. Personne ne la possédait comme lui. »
Extrait de : J. Verne. « M. Ré Dièze et Mlle Mi Bémol. »
Claudius Bombarnac par Jules Verne
Fiche de Claudius Bombarnac
Titre : Claudius Bombarnac
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1892
Editeur :
Première page de Claudius Bombarnac
« Claudius Bombarnac reporter XXe Siècle.
Telle est la suscription de la dépêche que je trouvai le 13 mai, en arrivant à Tiflis.
Voici le texte de cette dépêche :
Toute affaire cessante à la date du 15 courant Claudius Bombarnac se trouvera au port Ouzoun-Ada littoral est de Caspienne. Là prendra train direct Grand-Transasiatique entre frontière Europe et capitale Céleste-Empire Devra transmettre impressions sous forme chroniques interviewer personnages marquants rencontrés sur parcours signaler moindres incidents par lettres ou télégrammes suivant nécessités de bon reportage.
XXe Siècle compte sur zèle intelligence activité adresse de son correspondant auquel il ouvre crédit illimité.
Or, c’était le matin même que je venais d’arriver à Tiflis, ayant l’intention d’y passer trois semaines, puis de visiter les provinces de la Géorgie pour le profit de mon journal, et, je l’espérais, pour celui de ses lecteurs.
Voilà les inattendus, les aléas de l’existence d’un reporter ambulant ! »
Extrait de : J. Verne. « Claudius Bombarnac. »
Le château des Carpathes par Jules Verne
Fiche de Le château des Carpathes
Titre : Le château des Carpathes
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1892
Editeur :
Première page de Le château des Carpathes
« Cette histoire n’est pas fantastique, elle n’est que romanesque. Faut-il en conclure qu’elle ne soit pas vraie, étant donné son invraisemblance ? Ce serait une erreur. Nous sommes d’un temps où tout arrive, — on a presque le droit de dire où tout est arrivé. Si notre récit n’est point vraisemblable aujourd’hui, il peut l’être demain, grâce aux ressources scientifiques qui sont le lot de l’avenir, et personne ne s’aviserait de le mettre au rang des légendes. D’ailleurs, il ne se crée plus de légendes au déclin de ce pratique et positif XIXe siècle, ni en Bretagne, la contrée des farouches korrigans, ni en Ecosse, la terre des brownies et des gnomes, ni en Norvège, la patrie des ases, des elfes, des sylphes et des valkyries, ni même en Transylvanie, où le cadre des Carpathes se prête si naturellement à toutes les évocations psychagogiques. Cependant il convient de noter que le pays transylvain est encore très attaché aux superstitions des premiers âges. »
Extrait de : J. Verne. « Le Château des Carpathes. »
Mistress Branican par Jules Verne
Fiche de Mistress Branican
Titre : Mistress Branican
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1891
Editeur : BeQ
Première page de Mistress Branican
« Le « Franklin »
Il y a deux chances de ne jamais revoir les amis dont on se sépare pour un long voyage : ceux qui restent peuvent ne se plus retrouver au retour ; ceux qui partent peuvent ne plus revenir. Mais ils ne se préoccupaient guère de cette éventualité, les marins qui faisaient leurs préparatifs d’appareillage à bord du Franklin, dans la matinée du 15 mars 1875.
Ce jour-là, le Franklin, capitaine John Branican, était sur le point de quitter le port de San-Diégo (Californie) pour une navigation à travers les mers septentrionales du Pacifique.
Un joli navire, de neuf cents tonneaux, ce Franklin, gréé en trois-mâts-goélette, largement voilé de brigantines, focs et flèches, hunier et perroquet à son mât de misaine. Très relevé de ses fayons d’arrière, légèrement rentré de ses œuvres vives, avec son avant disposé pour couper l’eau sous un angle très fin, sa mâture un peu inclinée et d’un parallélisme rigoureux, son gréement de fils galvanisés, aussi raide que s’il eût été fait de barres métalliques, il offrait le type le plus moderne de ces élégants clippers, dont le Nord-Amérique se sert avec tant d’avantage pour le grand commerce, et qui luttent de vitesse avec les meilleurs steamers de sa flotte marchande. »
Extrait de : J. Verne. « Mistress Branican. »
César Cascabel par Jules Verne
Fiche de César Cascabel
Titre : César Cascabel
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1890
Editeur : BeQ
Première page de César Cascabel
« Fortune faite
« Personne n’a-t-il quelque autre monnaie à me donner ?… Allons, enfants, fouillez-vous !
– Voici, père ! » répondit la petite fille.
Et elle tira de sa poche un carré de papier verdâtre, chiffonné et crasseux. Ce papier portait ces mots presque illisibles : United States fractional Currency, entourant la tête respectable d’un monsieur en redingote, avec le nombre 10 six fois répété – ce qui valait dix cents, soit environ dix sous de France.
« Et d’où cela te vient-il ? demanda la mère.
– C’est ce qui me reste de la dernière recette, répondit Napoléone.
– Et toi, Sandre, tu n’as plus rien ?
– Non, père.
– Ni toi, Jean ?
– Ni moi.
– Qu’est-ce qui manque donc encore, César ?… demanda Cornélia à son mari. »
Extrait de : J. Verne. « César Cascabel. »
Sans dessus dessous par Jules Verne
Fiche de Sans dessus dessous
Titre : Sans dessus dessous
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1889
Editeur :
Première page de Sans dessus dessous
« Où la « North Polar Practical Association » lance un document à travers les deux mondes.
« Ainsi, monsieur Maston, vous prétendez que jamais femme n’eût été capable de faire progresser les sciences mathématiques ou expérimentales ?
– À mon extrême regret, j’y suis obligé, mistress Scorbitt, répondit J.-T. Maston. Qu’il y ait eu ou qu’il y ait quelques remarquables mathématiciennes, et particulièrement en Russie, j’en conviens très volontiers. Mais, étant donnée sa conformation cérébrale, il n’est pas de femme qui puisse devenir une Archimède et encore moins une Newton.
– Oh ! monsieur Maston, permettez-moi de protester au nom de notre sexe…
– Sexe d’autant plus charmant, mistress Scorbitt, qu’il n’est point fait pour s’adonner aux études transcendantes.
– Ainsi, selon vous, monsieur Maston, en voyant tomber une pomme, aucune femme n’eût pu découvrir les lois de la gravitation universelle, ainsi que l’a fait l’illustre savant anglais à la fin du XVIIème siècle ? »
Extrait de : J. Verne. « Sans dessus dessous. »
P’tit bonhomme par Jules Verne
Fiche de P’tit bonhomme
Titre : P’tit bonhomme
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1893
Editeur : BeQ
Première page de P’tit bonhomme
« Au fond du Connaught
L’Irlande, dont la surface comprend vingt millions d’acres, soit environ dix millions d’hectares, est gouvernée par un vice-roi ou lord-lieutenant, assisté d’un Conseil privé, en vertu d’une délégation du souverain de la Grande-Bretagne. Elle est divisée en quatre provinces : le Leinster à l’est, le Munster au sud, le Connaught à l’ouest, l’Ulster au nord.
Le Royaume-Uni ne formait autrefois qu’une seule île, disent les historiens. Elles sont deux maintenant, et plus séparées par les désaccords moraux que par les barrières physiques. Les Irlandais, amis des Français, sont ennemis des Anglais, comme au premier jour.
Un beau pays pour les touristes, cette Irlande, mais un triste pays pour ses habitants. Ils ne peuvent la féconder, elle ne peut les nourrir – surtout dans la partie du nord. »
Extrait de : J. Verne. « P’tit Bonhomme. »
La journée d’un journaliste américain en 2890 par Jules Verne
Fiche de La journée d’un journaliste américain en 2890
Titre : La journée d’un journaliste américain en 2890
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1891
Editeur :
Première page de La journée d’un journaliste américain en 2890
« Les hommes de ce XXIXe siècle vivent au milieu d’une féerie continuelle, sans avoir l’air de s’en douter. Blasés sur les merveilles, ils restent froids devant celles que le progrès leur apporte chaque jour. Avec plus de justice, ils apprécieraient comme ils le méritent les raffinements de notre civilisation. En la comparant au passé ils se rendraient compte du chemin parcouru. Combien leur apparaîtraient plus admirables les cités modernes aux voies larges de cent mètres, aux maisons hautes de trois cents, à la température toujours égale, au ciel sillonné par des milliers d’aéro-cars et d’aéro-omnibus. Auprès de ces villes, dont la population atteint parfois jusqu’à dix millions d’habitants, qu’étaient ces villages, ces hameaux d’il y a mille ans, ces Paris, ces Londres, ces Berlin, ces New York, bourgades mal aérées et boueuses, où circulaient des caisses cahotantes, traînées par des chevaux – oui ! des chevaux ! c’est à ne pas le croire ! »
Extrait de : J. Verne. « La journée d’un journaliste américain en 2890. »
Famille sans nom par Jules Verne
Fiche de Famille sans nom
Titre : Famille sans nom
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1889
Editeur :
Première page de Famille sans nom
« On plaint ce pauvre genre humain qui s’égorge à propos de quelques arpents de glace », disaient les philosophes à la fin du 18ème siècle – et ce n’est pas ce qu’ils ont dit de mieux, puisqu’il s’agissait du Canada, dont les Français disputaient alors la possession aux soldats de l’Angleterre.
Deux cents ans avant eux, au sujet de ces territoires américains, revendiqués par les rois d’Espagne et de Portugal, François 1er s’était écrié : « Je voudrais bien voir l’article du testament d’Adam, qui leur lègue ce vaste héritage ! » Le roi avait d’autant plus raison d’y prétendre, qu’une partie de ces territoires devait bientôt prendre le nom de Nouvelle-France. »
Extrait de : J. Verne. « Famille-sans-nom. »
Deux ans de vacances par Jules Verne
Fiche de Deux ans de vacances
Titre : Deux ans de vacances
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1888
Editeur :
Première page de Deux ans de vacances
« Pendant la nuit du 9 mars 1860, les nuages, se confondant avec la mer, limitaient à quelques brasses la portée de la vue.
Sur cette mer démontée, dont les lames déferlaient en projetant des lueurs livides, un léger bâtiment fuyait presque à sec de toile.
C’était un yacht de cent tonneaux – un schooner, – nom que portent les goélettes en Angleterre et en Amérique.
Ce schooner se nommait le Sloughi, et vainement eût-on cherché à lire ce nom sur son tableau d’arrière, qu’un accident – coup de mer ou collision – avait en partie arraché au-dessous du couronnement.
Il était onze heures du soir. Sous cette latitude, au commencement du mois de mars, les nuits sont courtes encore. Les premières blancheurs du jour ne devaient apparaître que vers cinq heures du matin. Mais les dangers qui menaçaient le Sloughi seraient-ils moins grands lorsque le soleil éclairerait l’espace ? Le frêle bâtiment ne resterait-il pas toujours à la merci des lames ? »
Extrait de : J. Verne. « Deux ans de vacances. »