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L’enfant du temps par Isaac Asimov et Robert Silverberg

Fiche de L’enfant du temps

Titre : L’enfant du temps
Auteur : Isaac Asimov et Robert Silverberg
Date de parution : 1991
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pocket

Première page de L’enfant du temps

« La neige était arrivée pendant la nuit, saupoudrant le paysage, fine comme de la brume, portée par le vent d’ouest. Elle avait dû venir de très loin. L’odeur de la mer y était encore présente et la chaleur du soleil matinal la faisait monter au-dessus de l’immense toundra triste.

Nuage d’Argent avait vu la mer, longtemps avant, quand il était enfant et que le Peuple chassait encore sur les terres de l’ouest. La mer était immense, obscure, toujours en mouvement, capable de luire — comme un étrange feu liquide

— quand le soleil tombait dessus sous un certain angle. S’y aventurer, c’était la mort; la contempler, c’était un enchantement. Il ne la reverrait plus, il le savait. Les Autres tenaient maintenant les terres côtières, et le Peuple reculait, se rapprochant chaque année un peu plus du, lieu où naît le soleil. Et même si les Autres venaient à disparaître aussi brusquement qu’ils étaient apparus, Nuage d’Argent  »

Extrait de : I. Asimov et R. Silverberg. « L’Enfant Du Temps. »

X comme inconnu par Isaac Asimov

Fiche de X comme inconnu

Titre : X comme inconnu
Auteur : Isaac Asimov
Date de parution : 1984
Traduction :
Editeur : Londreys

Première page de X comme inconnu

« LUMIERES !

J’ai décrit dans un de mes précédents livres comment Newton avait identifié en 1666 le spectre lumineux. Cependant, l’existence du spectre n’expliquait pas en lui-même la nature de la lumière. Newton pensait que la lumière consistait en une sorte de nuage de particules microscopiques qui voyageaient en ligne droite. Son raisonnement s’appuyait sur le fait que l’ombre projetée par la lumière avait des contours nets. Si la lumière était représentée par des ondes, comme le maintenait une autre théorie, alors elle devait s’incurver au bord de l’obstacle et projeter une ombre diffuse, voire pas d’ombre du tout. Après tout, les vagues d’un plan d’eau contournent les obstacles et le son, que l’on suspectait fortement d’être représenté par des ondes, fait de même.

Un contemporain de Newton, le scientifique hollandais Christian Huygens (1629-1695), qui était le principal défenseur de la notion d’onde lumineuse, soutenait que plus courte était l’onde, plus faible était sa tendance à s’incurver au contact d’un obstacle. Dans ce cas, les contours nets des ombres ne représentaient plus un argument s’opposant à la théorie ondulatoire dès lors que l’on pouvait prouver que ces ondes étaient suffisamment courtes. »

Extrait de : I. Asimov. « X, comme inconnu. »

Une bouffée de mort par Isaac Asimov

Fiche d’Une bouffée de mort

Titre : Une bouffée de mort
Auteur : Isaac Asimov
Date de parution : 1958
Traduction : M. Duchein
Editeur : Christian Bourgeois

Première page d’Une bouffée de mort

« La mort est toujours présente dans un laboratoire de chimie ; seulement, à force de l’y côtoyer, on oublie sa présence.
Elle est là, tapie dans les petits flacons bruns, sous forme de cristaux semblables à du sel, et dont le seul contact suffit à tuer ; dans les bonbonnes d’acides, dont une goutte peut défigurer ou aveugler ; dans les bouteilles de gaz comprimé, qui explosent pour peu qu’on commette une erreur en les manipulant. La moindre faute d’inattention, et la mort bondit sur sa proie. Un peu de poudre mal essuyée sur une table d’expérience, un sandwich posé négligemment dessus ; un verre empli d’orangeade après avoir contenu le somnifère suprême…
Louis Brade, maître de conférences de chimie organique à la faculté des sciences, effondré sur sa chaise après le départ de la police, réfléchissait à tout cela. Il se rendait compte que jamais, jamais  »

Extrait de : I. Asimov. « Une bouffée de mort. »

Orbite hallucination par Isaac Asimov

Fiche d’Orbite hallucination

Titre : Orbite hallucination
Auteur : Isaac Asimov
Date de parution : 1983
Traduction : F. Valorbe, P. Billon, M. Bocard, M. Fichkine, C. Grégoire, M. Rivelin, J. J. M. & C. M. Bailly
Editeur : Londreys

Sommaire d’Orbite hallucination :

  • C’est vraiment une bonne vie par J. Bixby
  • La machine à capter les sons par R. Dahl
  • Orbite hallucination par J. T. McIntosh
  • Le vainqueur par D. E. Westlake
  • Un autre nom pour la rose par C. Anvil
  • L’homme qui n’oubliait jamais par R. Silverberg
  • Cycle fermé par I. Asimov
  • Absalon par H. Kuttner
  • Les ailes de l’ombre par F. Saberhagen
  • En cas d’incendie par R. Garrett
  • Du bon usage des amis par J. Brunner
  • Les conducteurs par E. W. Ludwig

Première page de C’est vraiment une bonne vie

« Sur la véranda, tante Amy se balançait dans le fauteuil à bascule à haut dossier et s’éventait, quand Bill Soames atteignit à bicyclette le haut de la route et s’arrêta devant la maison.
Tout transpirant sous le « soleil » de l’après-midi, Bill souleva la caisse de produits d’épicerie, la retira du grand panier posé sur la roue avant de la bicyclette et se dirigea vers le perron.
Le petit Anthony était assis sur la pelouse et jouait avec un rat. Il avait attrapé le rat dans la cave – il lui avait fait croire qu’il sentait du fromage, le fromage à l’odeur la plus riche, le fromage le plus délicieusement crémeux qu’un rat eût jamais cru sentir, et il était sorti de son trou, et maintenant Anthony le tenait par la pensée et lui faisait faire des tours.
Quand le rat vit venir Bill Soames, il essaya de s’enfuir, mais Anthony dirigea sa pensée sur lui, et le rat culbuta sur l’herbe et resta couché là tout tremblant, ses petits yeux noirs brillants de terreur. »

Extrait de : I. Asimov. « Orbite hallucination : nouvelles de science-fiction. »

Némésis par Isaac Asimov

Fiche de Némésis

Titre : Némésis
Auteur : Isaac Asimov
Date de parution : 1989
Traduction : M. Lebailly
Editeur : Presses de la cité

Première page de Némésis

« Il était là, seul et cloîtré.
Dehors, il y avait les étoiles et une, en particulier, accompagnée de son petit système planétaire. Il pouvait la voir en imagination, plus clairement qu’il ne l’aurait vue de ses yeux en désopacifiant la fenêtre.
Une petite étoile, d’un rouge rosâtre – la couleur du sang et de la destruction – et au nom bien choisi.
Némésis !
Némésis, la Déesse du Châtiment.
Il se rappela l’histoire qu’il avait entendue dans son enfance – une légende, un mythe, le récit d’un Déluge planétaire qui avait anéanti une humanité pécheresse en épargnant une seule famille pour repartir à zéro. Pas d’inondation, cette fois. Juste Némésis. »

Extrait de : I. Asimov. « Némésis. »

Mortelle est la nuit par Isaac Asimov

Fiche de Mortelle est la nuit

Titre : Mortelle est la nuit
Auteur : Isaac Asimov
Date de parution : 2004
Traduction : M. Deutsch
Editeur : Gallimard

Sommaire de Mortelle est la nuit :

  • Mortelle est la nuit
  • Chante-cloche

Première page de Mortelle est la nuit

« Louis Peyton ne fit jamais publiquement allusion aux méthodes qu’il avait utilisées pour mystifier la police terrienne à une douzaine de reprises, à coups d’astuce et de bluff, en échappant chaque fois à la curiosité de la psychosonde. Il aurait été bien malavisé d’être aussi bavard mais, dans ses moments d’euphorie, il caressait l’idée de rédiger un testament (à n’ouvrir qu’après sa mort) à la lecture duquel il apparaîtrait clairement que toutes ses victoires étaient dues, non à la chance, mais à son habileté.

Dans ce testament, il écrirait : « Le criminel qui cherche à dissimuler son crime laisse inévitablement l’empreinte de sa personnalité dans une telle tentative. Il est donc préférable d’utiliser les données concrètes existantes et d’agir en fonction de celles-ci.  »

Extrait de : I. Asimov. « Mortelle est la nuit. »

Moi, Asimov par Isaac Asimov

Fiche de Moi, Asimov

Titre : Moi, Asimov
Auteur : Isaac Asimov
Date de parution : 1994
Traduction : H. Collon
Editeur : Gallimard

Première page de Moi, Asimov

« Surdoué ?

Je suis né en Russie le 1er janvier 1920, mais mes parents ont émigré aux États-Unis, où ils sont arrivés le 23 février 1923 ; ce qui fait de moi un Américain par la culture (et, cinq années plus tard, c’est-à-dire en septembre 1928, par la citoyenneté) depuis l’âge de trois ans.
Je ne garde pratiquement aucun souvenir de mes premiers temps en Russie ; je ne parle pas la langue, je ne connais pas plus la civilisation russe que l’Américain moyen. Bref, je suis américain à cent pour cent, de cœur comme d’éducation.
Si je veux évoquer l’enfant que j’étais à trois ans et plus – car j’ai de réels souvenirs de cette période –, je vais tenir un langage qui me vaut invariablement des critiques : on m’accuse d’être « égotiste », « vaniteux », « prétentieux ». Les plus virulents  »

Extrait de : I. Asimov. « Moi, Asimov. »

Mais le docteur est d’or par Isaac Asimov

Fiche de Mais le docteur est d’or

Titre : Mais le docteur est d’or
Auteur : Isaac Asimov
Date de parution : 1995
Traduction : D. Haas
Editeur : Pocket

Sommaire de Mais le docteur est d’or :

  • Cal
  • De gauche à droite
  • Frustration
  • Hallucinations
  • Instabilité
  • Alexandre le tout-puissant
  • Dans le canyon
  • Adieu à la terre
  • Chant de guerre
  • Feghoot et les sentences
  • L’intransigeant
  • Petit frère
  • Les nations de l’espace
  • Le sourire du Chipsé
  • Un sujet en or

+ Partie 2 : A propos de la science-fiction
+ Partie 3 : Ecrire de la science-fiction

Première page de Cal

« Je suis un robot. Mon nom est Cal. J’ai un numéro de série : CL-123X, mais mon maître m’appelle Cal.
Le X de mon numéro de série veut dire que j’ai été spécialement conçu pour mon maître. C’est lui qui m’a commandé, et il a aidé à ma conception. Il a beaucoup d’argent. Il est écrivain.
Je ne suis pas un robot très compliqué. Mon maître ne voulait pas d’un robot compliqué. Il voulait juste quelqu’un pour le seconder, pour lancer son imprimante, classer ses disquettes, des choses dans ce genre.
Il dit, Toi tu ne discutes pas, tu fais ce qu’on te demande et c’est tout, et il trouve ça bien.
Il a des gens qui viennent parfois l’aider. Ils discutent. Ils ne font pas toujours ce qu’il veut. Ça le met très en colère et sa figure devient toute rouge.
Alors il me donne quelque chose à faire, et je le fais. Et il dit, Grâce à Dieu, toi au moins tu fais ce qu’on te dit. »

Extrait de : I. Asimov. « Mais le docteur est d’or. »

Les dieux eux-mêmes… par Isaac Asimov

Fiche de Les dieux eux-mêmes…

Titre : Les dieux eux-mêmes…
Auteur : Isaac Asimov
Date de parution : 1972
Traduction : J. Fillion
Editeur : Denoël

Première page de Les dieux eux-mêmes…

« — Rien à faire ! s’exclama Lamont avec amertume. Je ne suis arrivé à rien.
Son air découragé s’accordait bien avec ses yeux profondément enfoncés et son long menton légèrement de travers. Oui, dans le meilleur des cas il avait l’air découragé et il n’était pas dans sa meilleure forme. Son second entretien officiel avec Hallam avait été un fiasco plus complet encore que le premier.
— Ne dramatise pas, dit Myron Bronowski. De toute façon, tu n’y comptais pas. Tu me l’as dit toi-même.
Tout en parlant il lançait dans les airs des cacahouètes qu’il happait au passage de sa grande bouche aux lèvres épaisses. Il n’en ratait pas une. C’était un homme ni très grand ni très mince.
— Ça n’a évidemment rien d’agréable. Mais tu as raison, ça n’a pas d’importance. Il y a d’autres choses que je peux faire, et que j’ai l’intention de  »

Extrait de : I. Asimov. « Les Dieux eux-mêmes. »

Le livre d’or par Isaac Asimov

Fiche de Le livre d’or

Titre : Le livre d’or de la science-fiction
Auteur : Isaac Asimov
Date de parution : 1980
Traduction : H. Bouboulis, S. Hilling, C. Tournier, M. Deutsch, R. Durand
Editeur : Pocket

Sommaire de Le livre d’or :

  • La preuve
  • Personne ici, sauf
  • Croire
  • Les idées ont la vie dure
  • L’amour, vous connaissez
  • Quand les ténèbres viendront
  • La cane aux oeufs d’or
  • L’élément qui manque
  • Le crime suprême
  • Ce qu’on amusait
  • Les fournisseurs de rêves

Première page de La preuve

« Francis Quinn était un politicien de la nouvelle école.

  Cette expression, comme toutes celles de ce type, n’a bien sûr aucun sens. La plupart de nos «nouvelles écoles » existaient déjà dans la Grèce antique, et peut-être aussi – mais encore faudrait-il en savoir davantage – dans la vie sociale de l’ancienne Sumer, ainsi que da ns les habitations lacustres de la Suisse préhistorique.

  Mais afin d’éviter un début compliqué et ennuyeux, il serait préférable de déclarer sans ambages que Quinn n’a jamais cherché à se faire nommes à un poste quelconque, ni sollicité les suffrages, ni fait de discours, ni bourré les urnes.

  Pas plus que Napoléon à Austerlitz, il n’a tiré la moindre balle. Comme la politique produit de curieux personnages, Alfred Lanning était assis de l’autre côté du bureau, les sourcils blancs, féroces, froncés au-dessus de ses yeux où l’impatience chronique avait fait place à une vive attention. Il n’était pas content.

  Mais il n’aurait voulu, pour rien au monde, que Quinn s’en aperçoive. Il parlait d’une voix amicale, peut-être par déformation professionnelle. »

Extrait de : I. Asimov. « Le livre d’or de la science fiction. »