Étiquette : auteur-Leroux

 

Le coup d’état de Chéri-Bibi par Gaston Leroux

Fiche de Le coup d’état de Chéri-Bibi

Titre : Le coup d’état de Chéri-Bibi (Tome 5 sur 5 – Chéri-Bibi)
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1925
Editeur : Bibebook

Première page de Le coup d’état de Chéri-Bibi

« — Demandez les nouvelles de la dernière heure : « La République en danger ! Le coup d’État dévoilé ! L’interpellation de cet après-midi ! La mise en accusation des coupables ! »

Les camelots débouchaient au coin des grands boulevards et de la rue Royale.

À la hauteur d’un restaurant où déjeunaient des parlementaires, ceux-ci les appelèrent pour acheter les journaux et rentrèrent hâtivement dans l’établissement où l’on fit groupe autour d’eux.

— Alors, c’est bien pour cet après-midi ?

— Mais, je vous l’ai dit : Carlier a les preuves !

— A-t-il les noms ?

— Les noms sont dans toutes les bouches !

— Moi, je vous dis que Carlier ne marchera pas. Voilà plus de quinze jours qu’on dit qu’il a les preuves… Il n’a rien du tout ! Subdamoun et sa bande sont aussi malins que lui ! »

Extrait de : G. Leroux. « Le coup d’État de Chéri-Bibi – Chéri-Bibi. »

Chéri-Bibi et Cécily par Gaston Leroux

Fiche de Chéri-Bibi et Cécily

Titre : Chéri-Bibi et Cécily (Tome 4 sur 5 – Chéri-Bibi)
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1913
Editeur : Bibebook

Première page de Chéri-Bibi et Cécily

« L’auto s’arrêta au haut de la côte de Dieppe, avant d’arriver au Pollet.
« Dois-je attendre monsieur le marquis ? demanda le chauffeur.
— Non, Carolle, tu vas retourner au Tréport, et là, tu attendras mes ordres. »

Le marquis et son secrétaire descendirent de l’auto.

« Eh bien, mon brave Hilaire, nous voici au bout de nos tribulations.

— Monsieur le marquis doit être bien ému ! » fit Hilaire en regardant son maître, un homme superbe, de grande et forte corpulence, tandis que lui, chétif, flottait dans un complet veston de voyage qui paraissait trop grand pour son étroite poitrine, pour ses membres grêles et fragiles.

« Oui, Hilaire, oui, je suis ému, tu peux le croire, si ému que je ne suis point fâché d’arriver à la nuit tombante dans un pays où chaque pierre, tu entends, chaque pavé de la route évoque pour moi un souvenir. »

Extrait de : G. Leroux. « Chéri-Bibi et Cécily – Chéri-Bibi. »

Fatalitas ! par Gaston Leroux

Fiche de Fatalitas !

Titre : Fatalitas ! (Tome 3 sur 5 – Chéri-Bibi)
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1919
Editeur : Bibebook

Première page de Fatalitas !

« Il y a de certains moments où le mensonge devient une chose sacrée et dérobe à la vérité son éclat, son rayonnement, sa force irrésistible de persuasion. On ne voit point d’ombre alors sur la figure qui ment, ni de trouble dans le regard. Et cependant Françoise ne sait pas mentir. Elle n’a jamais menti. Voilà pourquoi elle ment si bien quand elle ment pour la première fois, soutenue par cette idée terrible que si elle ment mal, elle va déterminer une catastrophe. Laquelle exactement ? Elle l’ignore !… Elle ne comprend rien à ce qui se passe, si ce n’est que la police poursuit son mari, que son mari se cache de la police, et d’elle, Françoise !…Et qu’il a partie liée avec cette espèce de monstre blessé dont il lui semble entendre le souffle au-dessous d’elle.

« Il y a longtemps que vous êtes dans cette pièce, madame ? demanda l’inspecteur… »

Extrait de : G. Leroux. « Fatalitas ! – Chéri-Bibi. »

Palas et Chéri-Bibi par Gaston Leroux

Fiche de Palas et Chéri-Bibi

Titre : Palas et Chéri-Bibi (Tome 2 sur 5 – Chéri-Bibi)
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1919
Editeur : Bibebook

Première page de Palas et Chéri-Bibi

« Sur la grève embrasée, devant le flot redoutable où glissaient les requins affamés, gardiens de sa prison, Palas était étendu. Le forçat semblait une bête lasse au repos. Au fait, il avait profité de la « relâche » de dix heures pour venir chercher là un peu de fraîcheur et de solitude, entre deux rochers qui l’isolaient du reste du bagne. Ah ! s’isoler ! Ne plus entendre !… Ne plus voir !…Ne plus penser !… Mais comment Palas eût-il fait pour ne plus penser à ce qu’il avait vu le matin même ?… à ce qu’il avait été forcé de voir ?…

Ce matin-là, il y avait eu double exécution !… un terrible exemple nécessaire… de la bonne besogne pour Pernambouc, le bourreau du bagne, et pour son aide : « Monsieur Désiré »… Horreur ! oh ! horreur !

Palas en frissonnait encore. C’était un corps encore jeune, plein de force et de souplesse. Appuyé sur les coudes, le menton dans la coupe de ses mains, il semblait faire quelque rêve impossible… Le large chapeau de paille jetait son ombre sur l’ombre de son regard profond qui glissait vers les lointains horizons. Ce que l’on apercevait de sa figure rase et de son profil était un dessin ferme et plein de finesse. Malgré la puissante empreinte du bagne qui a tôt fait de vieillir les plus jeunes, cet homme ne paraissait guère avoir plus de quarante ans… »

Extrait de : G. Leroux. « Palas et Chéri-Bibi – Chéri-Bibi. »

Les cages flottantes par Gaston Leroux

Fiche de Les cages flottantes

Titre : Les cages flottantes (Tome 1 sur 5 – Chéri-Bibi)
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1913
Editeur : Bibebook

Première page de Les cages flottantes

« Mon rêve, à moi, a toujours été d’être un honnête homme ! fit Petit-Bon-Dieu en jetant un coup d’œil du côté des gardes-chiourme qui, revolver au poing, se promenaient entre les cages.

— Pour quoi faire ? demanda Gueule-de-Bois.

— Pour quoi faire ? Pour m’établir marchand de vin, donc !

— Tout le monde peut pas être marchand de vin, philosopha Gueule-de-Bois, ça serait trop commode ! Chacun a son lot en venant au monde. Ainsi, toi, Petit-Bon-Dieu, t’étais bien sûr destiné à arracher ton copeau à Cayenne. Comme dit Chéri-Bibi : Fatalitas !Ce qui est écrit est écrit. On peut pas y faire à la Providence ! À propos de Chéri-Bibi, savez-vous ce que m’ dit l’ Rouquin ?

— C’est point ce que te dit l’ Rouquin qui m’occupe, répliqua Petit-Bon-Dieu, en baissant la voix, mais le moment est venu de causer sérieusement. Voyons, c’est-y pour aujourd’hui ? C’est-y pour demain ? »

Et les autres bandits, sur le même ton, répétèrent autour de Petit-Bon-Dieu :

« Il a raison !… C’est-y pour aujourd’hui ? C’est-y pour demain ? »

Extrait de : G. Leroux. « Les cages flottantes – Chéri-Bibi. »

La colonne infernale par Gaston Leroux

Fiche de La colonne infernale

Titre : La colonne infernale
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1916
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de La colonne infernale

« La chaleur de ces premiers jours d’août était accablante.
Par les fenêtres entrouvertes du vieux château, la clameur d’un peuple en délire entrait, venait réjouir les oreilles des courtisans casqués, bottés, éperonnés, des dames en toilette de demi-gala, attendant dans la salle des Colonnes Leurs Majestés pour se former en cortège et se rendre dans la grand-salle à manger où devait être servi le dîner de ce glorieux jour.
Par-delà le Lustgarten et le pont de l’Empereur-Guillaume gardé par ses Victoires, toute la vie grondante de la Königstrasse et d’Unter den Linden, toute la fureur belliqueuse de Berlin se traduisait dans ce cri retenu tant d’années au fond des gorges teutonnes : Nach Paris ! Nach Paris ! »

Extrait de : G. Leroux. « La colonne infernale. »

Le sept de trèfle par Gaston Leroux

Fiche de Le sept de trèfle

Titre : Le sept de trèfle
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1921
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Le sept de trèfle

« – Lottie ! Tu ne vas pas bientôt « sortir de ton duvet », bedide feignante ! Veux-tu que je t’étouffe avec ta baillasse ? C’est une vraie « loche » c’t’enfant-là ! Tiens ! v’là pour t’apprendre à « faire ton rond » à quatre heures du matin bassées !…
Et deux gifles bien appliquées, suivies d’un gémissement de terreur, remuèrent l’ombre au fond du taudis.
Un bec de gaz fut parcimonieusement allumé ; à sa lueur falote et sifflante, les objets d’alentour sortirent de la nuit… un réceptacle des plus bizarres, où s’entassaient des assortiments de costumes romantiques, mêlés à des défroques modernes, des cottes de mailles pendues aux murs avec de vieux habits ; dans un coin, des armures toutes droites figuraient trop bien des fantômes de chevaliers pour la terreur des courtes nuits de la petite Lottie. »

Extrait de : G. Leroux. « Le sept de trèfle. »

Tue-la-mort par Gaston Leroux

Fiche de Tue-la-mort

Titre : Tue-la-mort
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1920
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Tue-la-mort

« Ce jour-là, l’express du Dauphiné était en retard d’une heure et demie. Les voyageurs qui en étaient descendus se précipitaient dans la cour de la gare pour y prendre la diligence qui faisait le service entre cette dernière station et les chemins de fer du Sud. Le conducteur, le bonhomme Rango, dont la face s’illuminait de tout l’alcool consommé pour charmer les loisirs d’une longue attente, les avertit :
– Mes braves gens, nous manquerons sûrement la correspondance du Sud et vous serez obligés de coucher à l’auberge du Petit-Chaperon-Rouge.
Ceci posé, il se cligna de l’œil à lui-même, exprimant ainsi son intime satisfaction de l’effet qu’il n’avait point manqué de produire ; de fait, pendant que, retourné vers ses bêtes impatientes qui agitaient leurs sonnailles, le conducteur semblait ne s’apercevoir de rien, il y avait derrière lui des protestations et de la consternation. »

Extrait de : G. Leroux. « Tue-la-mort. »

Confitou par Gaston Leroux

Fiche de Confitou

Titre : Confitou
Auteur : Gaston Leroux
Date de parution : 1917
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Confitou

« — Comment va Mme Raucoux-Desmares, mon cher maître ? On ne la voit plus !
— Elle est un peu souffrante, répondit évasivement le célèbre professeur Raucoux-Desmares à la petite Mme Lavallette qu’il avait croisée dans le vestibule de son fameux institut de Saint-Rémy-en-Valois, transformé, sur son initiative, en hôpital militaire ; et il hâta le pas vers la sortie.
Il venait de passer encore une nuit blanche, car le dernier train du Nord avait laissé à Saint-Rémy une douzaine de grands blessés qui avaient dû être opérés d’urgence. Depuis trois jours il n’avait pas dormi huit heures ; et comme il allait être cinq heures du matin et qu’on attendait d’autres blessés à onze heures, il n’avait pas de temps à perdre. Son repos aurait dû être aussi précieux aux autres qu’à lui-même. C’est sans doute ce qu’il aurait désiré que la petite Mme Lavallette comprît bien ; mais elle courut derrière lui.
— Mon cher maître ! mon cher maître ! Je tiens à vous dire… »

Extrait de : G. Leroux. « Confitou. »

Gaston Leroux

Présentation de Gaston Leroux :

Gaston Leroux, qui poussa son premier cri aux premiers jours du mois de mai de l’an 1868 au cœur de notre capitale, s’inscrit au panthéon des lettres françaises comme l’un des maîtres incontestés et flamboyants du roman populaire. Avant de régner en monarque absolu sur l’imaginaire de ses concitoyens, ce fils de la bourgeoisie provinciale fut d’abord promis au prétoire. Toutefois, mû par une soif inextinguible d’aventures, il ne tarda point à jeter sa robe d’avocat aux orties pour embrasser la carrière, alors fort trépidante, de journaliste.

Grand reporter pour les colonnes du quotidien Le Matin, Gaston Leroux courut le monde avec une verve infatigable, relatant à ses lecteurs ébahis les soubresauts de son époque, depuis les sables de l’Afrique jusqu’aux sanglantes convulsions de l’Empire russe lors de la révolution de 1905. C’est indéniablement de ces années de reportage qu’il puisa ce sens aigu du rythme et cette scrupuleuse précision documentaire qui feront, plus tard, le sel de ses fictions.

C’est à l’aube de la quarantaine, en l’an 1907, que cet homme au tempérament rabelaisien décida de s’adonner pleinement à la chose littéraire, signant un authentique coup de tonnerre dans le ciel du roman policier : « Le Mystère de la chambre jaune ». Avec cette intrigue à la machiavélisme diabolique, il posa les fondations du problème de la chambre close et donna naissance à l’inoubliable Joseph Rouletabille. Ce jeune reporter, armé de la seule puissance de la déduction et des « bons bouts de la raison », triomphe là où les limiers les plus chevronnés s’égarent. Fort d’un immense succès de librairie, l’auteur lui offrit une suite tout aussi vertigineuse, « Le Parfum de la dame en noir », parachevant ainsi son statut de démiurge de l’énigme.

Cependant, l’on aurait tort de cantonner Gaston Leroux à la seule littérature policière. Son imagination fertile le poussa à s’aventurer dans les territoires ombreux du fantastique et du drame gothique. Il convient de citer, pour la bonne bouche, le célébrissime « Fantôme de l’Opéra », paru sous les presses en 1910. En explorant les dédales souterrains de l’Académie nationale de musique, il livre une fresque tragique, mêlant la terreur à l’amour le plus fiévreux. N’oublions pas non plus la figure truculente et pathétique du forçat Chéri-Bibi, dont le cri de ralliement, « Fatalitas ! », résonne encore dans la mémoire des fervents amateurs du roman-feuilleton.

Emporté par la maladie au printemps de l’an 1927 sous le ciel clément de la cité niçoise, Gaston Leroux s’en est allé après avoir noirci des milliers de feuillets avec une prodigalité prodigieuse. En cette époque où les cénacles universitaires redécouvrent enfin la noblesse des littératures dites de genre, il apparaît plus que jamais indispensable de saluer le génie de cet artisan de l’illusion. Par son art consommé du suspense, son écriture truculente et son sens inné du mystère, Gaston Leroux a su élever le divertissement populaire aux plus hautes cimes de l’art romanesque.

Livres de Gaston Leroux :

Chéri-Bibi :

Herbert de Renich :

Les ténébreuses :

Rouletabille :

Balaoo (1911)
Coffret 3 (2019)
Confitou (1917)
L’épouse du soleil (1913)
L’homme qui a vu le diable (1908)
L’homme qui revient de loin (1916)
La colonne infernale (1916)
La double vie de Théophraste Longuet (1904)
La machine à assassiner (1923)
La poupée sanglante (1923)
La reine du Sabbat (1910)
Le coeur cambriolé (1920)
Le fantôme de l’Opéra (1926)
Le fauteuil hanté (1909)
Le fils de trois pères (1925)
Le roi mystère (1908)
Le sept de trèfle (1921)
Les mohicans de Babel (1926)
Mister Flow (1927)
Quelques nouvelles terrifiantes (1911-1924)
Tue-la-mort (1920)
Un homme dans la nuit (1910)

Pour en savoir plus sur Gaston Leroux :

La page Wikipédia sur G. Leroux
La page Noosfere sur G. Leroux
La page isfdb de G. Leroux