Auteur/autrice : CH91

 

Le livre magique par Tony DiTerlizzi et Holly Black

Fiche de Le livre magique

Titre : Le livre magique (Tome 1 sur 5 – Les chroniques de Spiderwick)
Auteur : Tony DiTerlizzi et Holly Black
Traduction : B. Ferrier
Date de parution : 2003
Editeur : Pocket

Première page de Le livre magique

« Si quelqu’un avait demandé à Jared ce que feraient son frère jumeau et sa sœur aînée quand ils seraient grands, il aurait répondu sans la moindre hésitation : « Simon sera vétérinaire. Ou dompteur de lions. Et Mallory ? Championne d’escrime. Enfin, si elle ne se retrouve pas en prison d’ici là pour avoir embroché quelqu’un avec son épée ! »

Par contre, si on lui avait demandé ce qu’il ferait, lui, plus tard… Mais personne ne s’en souciait. D’ailleurs, personne ne se souciait de lui. Par exemple, personne ne lui avait demandé son avis sur la maison où il allait habiter avec Simon, Mallory et leur mère.

Or, Jared contemplait leur nouvelle demeure depuis un moment, et il était horrifié. Sur le toit, il y avait plusieurs cheminées reliées par une sorte de balustrade en fer. Elles formaient comme un grand chapeau ridicule et tape-à-l’œil. Jared se mit à loucher. Peut-être cette monstruosité serait-elle moins affreuse s’il la voyait floue.

— C’est pas une maison : c’est une cabane ! grogna Mallory. »

Extrait de : T. DiTerlizzi + H. Black. « Chroniques de Spiderwick – Le livre magique. »

Trolls & Licornes par Jean-Claude Dunyach

Fiche de Trolls & Licornes

Titre : Trolls & Licornes (Anthologie des Imaginales 2015)
Auteur : Jean-Claude Dunyach
Date de parution : 2015
Editeur : Mnémos

Première page de Trolls & Licornes

  • Jötnar par J.-A. Debats
  • La chasse à la licorne par E. Faye
  • Ekasrinn par P. Bordage
  • Bienvenue à Magicland par L. Davoust
  • Touellerezh par O. Paquet
  • Le troll médecin par S. Edgar
  • Le double destin du taquin, ou comment parfois reculer par R. Albert
  • Les yeux du troll par S. Jomain
  • Trolls, licornes et bolognaise par A. Tomas
  • Dans la tête de Georg Trollevitch par S. Miller & P. Ward

Trois hourras pour Lady Évangeline par Jean-Claude Dunyach

Fiche de Trois hourras pour Lady Évangeline

Titre : Trois hourras pour Lady Évangeline
Auteur : Jean-Claude Dunyach
Date de parution : 2019
Editeur : L’Atalante

Première page de Trois hourras pour Lady Évangeline

« Le Temps Incertain était l’un des plus puissants bâtiments militaires de sa catégorie. Il mit quatorze heures à mourir.
Son équipage n’avait pas l’intention de déclencher une guerre. Le vaisseau avait simplement choisi d’émerger dans une zone non cartographiée au voisinage d’Esméralda, pour y larguer un chapelet de balises de repérage censées faciliter le transit jusqu’à la planète nouvellement peuplée. Les rides de l’espace-Tau annoncèrent sa venue et froissèrent temporairement l’espace local. Si un quelconque caillou errant avait été assez gros pour endommager le vaisseau, il aurait été repoussé hors de portée.
Mais ce qui se tenait là était trop minuscule pour être affecté.
Du moins au début.
 
— Activation des tuyères principales. Accélération à 1,8 g pendant quarante-cinq secondes. Déployez les déflecteurs de poussée.
Avec lenteur, le vaisseau émergea dans l’espace normal. Les remous de son sillage se dissipèrent en gerbes de lumière froide, tandis que la déchirure de l’espace-Tau se refermait derrière lui comme des lèvres après un baiser. »

Extrait de : J.C Dunyach. « Trois hourras pour lady Évangeline. »

Roll over, Amundsen ! par Jean-Claude Dunyach

Fiche de Roll over, Amundsen !

Titre : Roll over, Amundsen !
Auteur : Jean-Claude Dunyach
Date de parution : 1993
Editeur : Fleuve noir

Première page de Roll over, Amundsen !

« Avant de commencer, je veux qu’une chose soit bien claire : Freeky est cinglé. Je veux dire vraiment cinglé. Un artiste dans son genre. La plupart du temps, ça reste au niveau subvocal, dans la poubelle qu’est devenue sa tête depuis les bombardements japonais. On voit clignoter « SYSTEM ERROR » au fond de ses yeux comme sur un terminal déréglé, puis les fusibles sautent. À ce moment-là, il suffit de se garer pour vingt-quatre heures et de s’assurer que le bar est plein. Il m’arrive même de lui piquer des trucs. Après tout, le cinglé officiel, c’est moi. Avec une scène sous les pieds et une bonne sono, je peux être aussi dingue que n’importe qui. La différence, c’est qu’on me paie pour ça.

La tournée d’automne venait de se terminer. Plutôt mal. Freeky avait absolument voulu finir par la côte ouest. C’est par là qu’étaient arrivés les missiles et la Californie avait reçu un traitement de faveur. À New-York, au moins, il reste des gens. Les deux tiers de mon public de L.A. ne ressemblait à rien de connu et le fric là-bas était tellement radioactif que je n’osais pas le sortir du coffre plombé. Quant aux rares Japs qui surveillaient le secteur, ils ne quittaient jamais leur combinaison anti-rads, même pour dormir. Pas le genre à traîner dans les concerts après le couvre-feu. »

Extrait de : J.C Dunyach. « Roll over, Amundsen !. »

Holly Black

Présentation de Holly Black :

Née le 10 novembre 1971 à West Long Branch (dans l’État du New Jersey), Holly Black (née Riggenbach) est une romancière américaine de grand talent. Spécialisée dans la littérature de l’imaginaire destinée à la jeunesse et aux adolescents, elle s’est imposée comme l’une des figures de proue du merveilleux contemporain. Elle a d’ailleurs gagné le surnom de « reine des fées » pour son exploration fascinante et souvent cruelle du Petit Peuple.

Des racines nourries au folklore

Élevée dans une vaste demeure de l’époque victorienne, souvent qualifiée de vétuste, Holly Black grandit bercée par les histoires de fantômes et les contes de fées que lui relate sa mère. Cette atmosphère empreinte de mystère forge durablement son imaginaire. Après des études de lettres à l’université Rutgers achevées en 1994, elle travaille un temps comme rédactrice pour des revues médicales, tout en poursuivant sa passion pour l’écriture et le folklore.

En 2002, elle fait paraître son premier roman, Tithe : Un conte de fées moderne. Cet ouvrage pose les fondations de son style : un savant mélange de monde urbain contemporain et de mythologie celtique, où les fées ne sont guère des créatures bienveillantes, mais des êtres dangereux, manipulateurs et dénués de sens moral.

La renommée mondiale avec Spiderwick

Le grand tournant de sa carrière survient l’année suivante, en 2003, avec la publication du premier volume des Chroniques de Spiderwick, une série conçue de concert avec son ami, le dessinateur Tony DiTerlizzi.

Holly Black y déploie sa vaste érudition en matière de légendes féeriques pour bâtir l’intrigue et le bestiaire du récit. L’histoire des enfants Grace, découvrant un monde magique et souvent effrayant aux abords de leur nouvelle demeure, devient un véritable phénomène d’édition. La saga est traduite dans plus de trente langues, s’écoule à des millions d’exemplaires et bénéficie d’adaptations pour le cinématographe (en 2008) ainsi que pour le petit écran (en 2024).

Le triomphe du Prince cruel et les autres univers

Poursuivant sur sa lancée, Holly Black s’affirme comme un auteur d’une rare fécondité, adepte des travaux à quatre mains. Elle cosigne notamment la série fantastique pour collégiens Magisterium (2014-2018) avec son amie Cassandra Clare.

Toutefois, c’est avec la trilogie Le Peuple de l’air, initiée en 2018 par Le Prince cruel, qu’elle atteint de nouveaux sommets de popularité, portée par un immense succès international et un formidable engouement de la jeunesse. Ce cycle met en scène Jude, une mortelle enlevée dans son enfance pour vivre à la cour suprême des fées, qui doit faire l’apprentissage de la ruse et de la manipulation pour survivre, notamment face à l’arrogant prince Cardan. L’œuvre est unanimement saluée par la critique pour ses intrigues de cour machiavéliques et sa morale tout en nuances.

Un écrivain accompli

Toujours désireuse d’explorer de nouveaux horizons, Holly Black a publié en 2022 son premier roman fantastique destiné à un public plus mûr, Le Livre de la nuit, un récit à suspense reposant sur une magie liée à la manipulation des ombres. Elle a plus récemment enrichi l’univers du Peuple de l’air avec le diptyque L’Héritier trahi (2023).

Au fil de sa carrière, cette femme de lettres a été récompensée par de nombreux prix prestigieux, dont une médaille Newbery Honor, le prix Locus et le prix Andre-Norton. À travers ses romans, Holly Black a profondément dépoussiéré et redéfini l’image des fées dans la littérature contemporaine, prouvant avec brio que le merveilleux pouvait être tout aussi terrifiant que captivant.

Livres de Holly Black :

Les chroniques de Spiderwick :

Contes de Faes modernes :

Domelfe :

Le livre de la nuit :

Le peuple de l’air :

Les faucheurs :

Magisterium :

Intégrales :

Au plus profond de la forêt (2015)
Coldtown (2013)
Eleanor (2014)
Zombies contre licornes (2010)

Pour en savoir plus sur Holly Black :

La page Wikipédia sur H. Black
La page Noosfere sur H. Black
La page isfdb de H. Black

Tony DiTerlizzi

Présentation de Tony DiTerlizzi :

Né le 6 septembre 1969 à Los Angeles (Californie) et ayant grandi en Floride, Tony DiTerlizzi est un auteur et illustrateur américain incontournable dans le domaine de la littérature de l’imaginaire pour la jeunesse. Reconnu pour son trait fin et détaillé, souvent comparé à celui des grands illustrateurs de l’époque victorienne et édouardienne, il a connu une consécration mondiale grâce à la saga cocréée avec Holly Black : Les Chroniques de Spiderwick.

Des jeux de rôle aux premiers succès en littérature

Avant de se consacrer pleinement à l’édition jeunesse, Tony DiTerlizzi entame sa carrière dans les années 1990 en tant qu’illustrateur pour des jeux de rôle prestigieux. Il marque de son empreinte visuelle l’univers de Donjons et Dragons (notamment le célèbre cadre de campagne Planescape) ainsi que le jeu de cartes à collectionner Magic : L’Assemblée.

Au début des années 2000, il décide de se tourner vers la littérature pour enfants. Il écrit et illustre son premier album, Jimmy Zangwow’s Out-of-This-World Moon-Pie Adventure (2000), puis illustre brillamment le poème classique de Mary Howitt, Le Garde-manger de la sorcière (The Spider and the Fly, 2002), un travail minutieux en noir et blanc qui lui vaut la prestigieuse médaille Caldecott Honor.

Le triomphe des Chroniques de Spiderwick

C’est en 2003 que la carrière de Tony DiTerlizzi bascule définitivement avec la parution du premier tome des Chroniques de Spiderwick (The Spiderwick Chronicles), une série de romans de low fantasy cocréée avec son amie, l’écrivaine Holly Black.

La saga raconte l’histoire de trois enfants — les jumeaux Jared et Simon, et leur sœur aînée Mallory Grace — qui emménagent dans une vieille demeure délabrée, le domaine de Spiderwick. Ils y découvrent le Livre de terrain d’Arthur Spiderwick, un guide recensant les créatures magiques (fées, gobelins, trolls, sylphes) qui peuplent secrètement notre monde.

L’implication de Tony DiTerlizzi dans cette œuvre va bien au-delà de la simple illustration. Il participe activement à l’élaboration de l’univers et de l’intrigue. Néanmoins, ce sont ses dessins qui confèrent à la série son identité si particulière : inspiré par des artistes comme Arthur Rackham ou John Bauer, DiTerlizzi donne vie à un bestiaire féerique à la fois fascinant, poétique et parfois effrayant.

Composé de cinq tomes dans sa série principale (publiés entre 2003 et 2004), le cycle connaît un succès fulgurant. Vendu à des millions d’exemplaires et traduit dans une trentaine de langues, il redéfinit la fantasy pour la jeunesse du début du XXIᵉ siècle. L’univers s’étend avec une série dérivée, Au-delà du monde de Spiderwick (2007-2009), et de magnifiques hors-séries encyclopédiques comme le Livre de terrain lui-même.
L’impact de l’œuvre est tel qu’elle est adaptée à plusieurs reprises, d’abord au cinéma en 2008 dans un film produit par Paramount Pictures, puis en série télévisée en 2024.

L’après-Spiderwick : la science-fiction avec WondLa

Fort de ce succès planétaire, Tony DiTerlizzi ne se repose pas sur ses lauriers et décide d’explorer la science-fiction. Entre 2010 et 2014, il écrit et illustre seul la trilogie À la recherche de WondLa (The Search for WondLa).

Cette saga suit les aventures d’Eva Neuf, une jeune fille élevée dans un sanctuaire souterrain par un robot, qui se retrouve forcée d’explorer une Terre futuriste, métamorphosée et peuplée d’extraterrestres, pour retrouver d’autres humains. Mêlant habilement le merveilleux à la science-fiction classique (dans la lignée de L’Île au trésor ou du Magicien d’Oz), WondLa confirme le talent de conteur de DiTerlizzi. Cette œuvre innovante intégrait même à l’époque des éléments de réalité augmentée, permettant aux lecteurs d’interagir avec les illustrations.

Artiste complet, Tony DiTerlizzi a su créer, tout au long de sa carrière, des ponts entre le texte et l’image, imposant son esthétique raffinée comme une référence incontournable de la littérature de l’imaginaire moderne.

Livres de Tony DiTerlizzi :

Les chroniques de Spiderwick :

Intégrales :

Pour en savoir plus sur Tony DiTerlizzi :

La page Wikipédia sur T. DiTerlizzi
La page Noosfere sur T. DiTerlizzi
La page isfdb de T. DiTerlizzi

Le papillon tatoué par Philip Pullman

Fiche de Le papillon tatouéue du diable

Titre : Le papillon tatoué
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 1992
Editeur : Rivages/Noir

Première page de Le papillon tatoué

« Chris Marshall rencontra la fille qu’il allait tuer par une douce soirée de début juin, le jour où un des collèges d’Oxford organisait son bal d’été. Les étudiants faisaient une dernière folie avant de quitter l’université pour devenir banquiers, diplomates ou publicitaires. Ils payaient cher pour pouvoir assister à ce genre de bals : une centaine de livres sterling, voire plus dans certains cas. En échange d’une telle somme, ils attendaient beaucoup et le comité d’organisation se démenait pour les satisfaire : pistes de danse sous des tentes, buffets avec champagne, groupes à la mode et anciens orchestres célèbres, spectacles de cabaret originaux… Bref, toutes les formes de divertissement en vogue, coûteuses et disponibles.
Ce collège-ci était situé sur un terrain qui bordait un étang. Il y aurait un feu d’artifice, un orchestre style années folles sur une plate-forme flottante et un spectacle de cirque sous un chapiteau. Ce serait une soirée tout à fait spectaculaire, qui incarnait aux yeux des étudiants la richesse et la magnificence qui leur étaient dues, à cette époque, dans ce pays. »

Extrait de : P. Pullman. « Le papillon tatoué. »

La mécanique du diable par Philip Pullman

Fiche de La mécanique du diable

Titre : La mécanique du diable
Auteur : Philip Pullman
Traduction : A. Piganiol
Date de parution : 1996
Editeur : Flammarion

Première page de La mécanique du diable

« À l’époque où se passe cette histoire, on mesurait le temps avec des horloges. Je veux dire de vraies horloges, avec des ressorts, des roues dentées, des engrenages, des balanciers, etc. On pouvait les démonter pour voir comment elles marchaient et puis les remonter. Aujourd’hui, il existe des horloges électriques, des horloges à quartz et Dieu sait quoi encore. On peut même acheter des montres à panneau solaire qui se règlent automatiquement par signal radio et n’ont jamais une seconde de retard. Allez donc y comprendre quelque chose… Pour moi, c’est de la sorcellerie.
L’horloge mécanique est déjà bien assez mystérieuse. Prenez, par exemple, un ressort de réveil. Il est fait d’une lame d’acier trempé, tranchante comme un rasoir, et si vous le tripotez sans faire attention, il est capable de vous sauter à la figure comme un serpent et de vous crever un œil. Ou bien imaginez un poids, vous savez, ces poids en fer qui font avancer les grosses horloges des clochers… Eh bien, si par malchance vous en receviez un sur la tête, il vous écrabouillerait la cervelle. »

Extrait de : P. Pullman. « La mécanique du diable. »

La communauté des esprits par Philip Pullman

Fiche de La communauté des esprits

Titre : La communauté des esprits (Tome 2 sur 3 – Trilogie de la poussière)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 2019
Editeur : Gallimard

Première page de La communauté des esprits

« Pantalaimon, le dæmon de Lyra Belacqua, devenue Lyra Parle-d’Or, était allongé sur le bord de la fenêtre de la petite chambre-bureau de Lyra au collège Sainte-Sophia, dans un état aussi éloigné que possible de la réflexion. Il avait conscience du courant d’air froid qui entrait par la fenêtre à guillotine mal ajustée, de la douce chaleur de la lampe à naphte posée sur le bureau, sous la fenêtre, du grattement du stylo de Lyra sur le papier, et de l’obscurité au-dehors. Le froid et la nuit étaient les deux choses auxquelles il aspirait le plus à cet instant. Alors qu’il était couché là, roulant sur lui-même pour sentir le froid tantôt sur son dos tantôt sur son ventre, le désir de sortir l’emporta sur son refus d’adresser la parole à Lyra.
– Ouvre la fenêtre, demanda-t-il finalement. J’ai envie de sortir.
Le stylo de Lyra s’arrêta ; elle repoussa sa chaise et se leva. Pantalaimon la voyait se refléter dans la vitre, comme suspendue au-dessus de la nuit d’Oxford. Il distinguait même son expression de contrariété rebelle. »

Extrait de : P. Pullman. « La trilogie de la Poussière – La communauté des esprits. »

La belle sauvage par Philip Pullman

Fiche de La belle sauvage

Titre : La belle sauvage (Tome 1 sur 3 – Trilogie de la poussière)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 2017
Editeur : Gallimard

Première page de La belle sauvage

« Au bord de la Tamise, à cinq kilomètres en amont du centre d’Oxford, à l’écart de l’endroit où les grands collèges Jordan, Gabriel, Balliol et deux douzaines d’autres s’affrontaient dans des courses nautiques, là où la ville n’était qu’un ensemble de tours et de flèches au loin, au-dessus des nappes de brouillard de Port Meadow, se dressait le prieuré de Godstow, occupé par de gentilles bonnes sœurs qui vaquaient à leurs saintes occupations, tandis que sur la rive opposée se trouvait une auberge baptisée La Truite.
Cette auberge était une vieille construction de pierre confortable, pleine de coins et de recoins. Il y avait une terrasse, qui surplombait le fleuve, sur laquelle deux paons (nommés Norman et Barry) se déplaçaient d’un air hautain parmi les clients qui se désaltéraient, n’hésitant pas à voler des amuse-bouche et levant parfois la tête pour pousser des cris féroces, sans aucune raison. »

Extrait de : P. Pullman. « La Belle Sauvage – Trilogie de la poussière. »